Canalblog Tous les blogs
Suivre ce blog Administration + Créer mon blog
MENU
Histoires de l'anse du Loch
28 janvier 2020

38 - Non au nucléaire au Loch en 1980

Non au nucléaire au Loch Plogoff / Primelin. (mémoire d'une lutte)

 

   Quarante ans déjà ! A l’extrême pointe de la Bretagne, ce mercredi 31 janvier 1980, les habitants de la petite commune de Plogoff au Cap Sizun, assistent, consternés à l’irruption de plusieurs centaines de gendarmes mobiles venus prendre position dans le centre bourg de la localité : l’enquête d’utilité publique relative à l’implantation d’une centrale nucléaire de 5200 mégawatts sur la commune vient de commencer. Il s’agit de la plus puissante centrale jamais construite en France et nous sommes au premier jour de la procédure d’enquête. Cette date sonne le début d’un violent conflit de six semaines marqué par un face à face quotidien entre la population, hostile au projet et les forces de l’ordre chargées de faire respecter le calendrier d’enquête d’utilité publique. Altercations, jets de pierres, heurts, barrages et en retour, jets de grenade et coups de matraque de la part des gendarmes seront au menu de ces journées qui marqueront durablement le mouvement antinucléaire qui sera par la suite largement médiatisé.
La population telle le pot de terre affronté au pot de fer, triomphera dans ce combat grâce à sa ténacité et aux soutiens qu’elle reçoit : Ainsi la centrale ne verra jamais le jour. Plan de l'avant projet : ICI



   Je n’ai pas l’intention de reprendre tout l’historique de cet évènement. Mon propos ici se limite à quelques anecdotes et photos légendées uniquement en lien avec le Loch permettant à chacun de retrouver l’ambiance de ces journées mémorables qui ont permis à toute une population de prendre son destin en main au fur et à mesure que se forgeait la conscience du danger nucléaire et cela dans un contexte de tension où l’Etat ne voulait rien céder.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - La baricade, Libébez nos otages le dimanche 6 juillet 1980 dBarricade en feu au Loch

 

L’enquête d’utilité publique démarre fin janvier

   Les choses commencent par la réquisition le 28 janvier 1980 de l’ancien petit séminaire de Pont-Croix par 400 gardes mobiles. Le mercredi 30 janvier, sont livrés aux communes de Plogoff, Primelin, Cléden et Goulien, les dossiers (papier) de l’enquête d’utilité publique. Aussitôt mis à disposition pour consultation libre, les dossiers sont brûlés. L’Administration réagit dès le lendemain en installant des mairies annexes à l’aide de camionnettes blanches abritant les indispensables dossiers, le tout dûment protégé par des cordons de CRS. Ces mairies annexes se trouvent installées sur les différents territoires des communes concernées : A Plogoff, on choisit de camper près de la chapelle Saint Yves dans un premier temps puis à Trogor durant les quatre dernières semaines.


   Puisque ces camionnettes stationnent en journée seulement, il s’agit donc de leur barrer l’accès du site au petit matin lorsqu’elles sont escortées par les CRS. C’est ainsi qu’au lendemain de leur arrivée, le pont du Loch est transformé en barricade. Toute la nuit les habitants accumulent sur cette barricade, gravats, épaves récupérées chez le garagiste du coin, vieux matériel agricole mais aussi matériel du chantier de la déviation D784 alors en travaux. Les CRS pour cette première journée décident de pousser avec une certaine facilité la barricade en feu à l’aide d’un engin doté d’une grande lame frontale.

 

« Faisons de Plogoff une île ! »

   La deuxième nuit, les choses vont se compliquer, les habitants déterminés lancent ce mot d’ordre « faisons de Plogoff une île ! ». A l’aide d’un gros câble de chalut en acier passé entre la ferraille nouvellement accumulée et le tablier du pont, la barricade va s’avérer beaucoup moins facile à démanteler d’autant que du ciment à prise rapide est utilisé pour agglomérer l’ensemble.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Préparation de la barricade du pont du Loch 2

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Préparation de la barricade du pont du Loch 1Préparation de la barricade du Loch

 

   Conscients qu’une activité fébrile agite les habitants durant une partie de la nuit, les gendarmes sont sur le qui-vive et décident d’intervenir très tôt le matin, avant même l’heure prévue pour l’acheminement des mairies annexes, dont l’ouverture se fait à 9h. A l’époque, j’étais pensionnaire à Quimper mais rentré chez mes parents pour le week-end, je me souviens bien des évènements qui se déroulèrent ce jour-là.
Grâce à un système de transmission par talkies-walkies, le maire de Plogoff est prévenu depuis Pont-Croix du moindre mouvement des gendarmes mobiles. « Les anges se réveillent » alerte soudain un indicateur. Leur passage à Esquibien est signalé par un guetteur qui tire une fusée de détresse visible du Loch; aussitôt le feu est mis à la barricade, ce qui provoque un gigantesque embrasement destiné à accueillir la troupe de gendarmes. Tenus à distance, ceux-ci éclairent le brasier à l’aide de puissants projecteurs mais ne peuvent intervenir.

 

Da feiz an taddou koz

   Il est 4 h du matin ; Tandis que les gendarmes stationnent impuissants et bloqués, de l’autre côté du brasier s’élève un chant en breton « Da feiz hon tadou kozh » (A la foi de nos pères, nous, enfants de Bretagne, serons toujours fidèles), cantique très populaire entonné par la foule rassemblée ; ce chant fut créé dans le contexte houleux de la séparation de l’Eglise et de l’Etat au cours des premières années du XX e siècle (on lui attribue pour les paroles et la mélodie une double paternité : Goulien et Le Léon). Mais au-delà du credo religieux, ce chant est un hymne à la terre sacrée des ancêtres, un chant qui se charge dans ce contexte particulier, d’émotion et de colère face à « l’agresseur ».  
   Mais les gendarmes eux, ne peuvent pas comprendre, ni le sens des mots ni la ferveur et encore moins la force de ce chant, marqueur d’identité et de rassemblement.
   S’en suit alors un échange de projectiles entre manifestants et gendarmes : les premiers armés de lance-pierres tirant des boulons et des petits galets en direction des CRS, les seconds envoyant par-dessus les flammes des grenades offensives et lacrymogènes destinées à repousser la foule regroupée. Indice de L’ambiance haineuse, cette inscription trouvée sur l’une des grenades : « pour ta sale gueule de Breton » Imaginons donc ces gendarmes décontenancés, levés tôt et bien outillés mais stoppés net au Loch tandis que l’épaisse fumée portée par le vent d’ouest leur arrive en pleine figure. Le feu du barrage illumine maintenant tous le Loch, mélangé au bruit de guerre, cela devient apocalyptique.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch Plogoff - Feux et lacrymogène au Loch février1980Le feux du barrage illumine tous le Loch

 

    De l’autre bord, les manifestants quant à eux peuvent tranquillement observer les manœuvres des CRS qui s’ingénient à éteindre le brasier et démanteler le barrage et son enchevêtrement de ferraille, de pieux enfoncés dans la route, de câbles, de pneus et autres matériaux inamicaux. Ils suivent du regard le groupe de gendarmes qui contourne le barrage par la plage et prennent le temps de compter les heures qu’il faudra à ces derniers pour venir à bout de leur fameuse barricade : Scies, tronçonneuses, pelles mécaniques permettent d’avancer mais la progression se fait mètre par mètre et quatre heures seront nécessaires aux forces de l’ordre pour dégager le tronçon qui va du pont au bourg.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS autour de la barricade du LochLes CRS autour de la barricade du Loch

 

Jour et nuit, la résistance s’organise

   Le matin suivant, la route qui mène à Trogor porte les stigmates des actions de la veille : épaves calcinées encore fumantes et détritus repoussés vers les fossés jonchent le sol.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 1

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 2

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 3Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 4

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 5

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 6

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 7Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 8

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Reste de barricade 9

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Déblayage des restes de la barricade du Loch 4Restes de barricade au matin sur le pont du Loch

 

   La nuit suivante un ballet de tracteurs réglé par les agriculteurs rapporte vers le pont du Loch tous ces ingrédients nécessaires à la restauration de la barricade tandis qu’une équipe de soudeurs s’emploie à consolider le tout. La gendarmerie submergée appelle l’armée à son secours. C’est donc un escadron du Génie d’Angers qui arrive dans le Cap, doté de gros moyens afin de déblayer les routes chaque matin pour que l’enquête d’utilité publique puisse se faire. Eux aussi sont à la peine car les pieux en fer dissimulés dans la chaussée n’épargnent pas les roues de leurs puissantes tractopelles.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch Plogoff - Déblayage des restes de la barricade du Loch 1

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Déblayage des restes de la barricade du Loch 6

Ch38 - Non au nucléaire au Loch Plogoff - Déblayage des restes de la barricade du Loch 2

Ch38 - Non au nucléaire au Loch Plogoff - Déblayage des restes de la barricade du Loch 5

Ch38 - Non au nucléaire au Loch Plogoff - Déblayage des restes de la barricade du Loch 3Déblayage des restes de barricade au Loch

 

   La résistance s’organise et très vite des gens affluent de partout sans qu’on sache vraiment de quel coin du Cap ils viennent. Le vendredi est un grand jour de rassemblement. Au Loch et à La Baie des Trépassés, une noria de camions et camionnettes dépose pneus et matériaux pour les barricades. Sans relâche, les tracteurs tirent des carcasses de vieilles voitures et des poteaux électriques. De la vallée de Cléden et de Plogoff, montent les crépitements des tronçonneuses…

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - dans la vallée du Yun 1Ch38 - Non au nucléaire au Loch - dans la vallée du Yun 2Dans la vallée du Yun


   Le pont du Loch doit sauter ! tant pis si Plogoff n’est plus alimenté en eau et téléphone ! Une équipe se relaie pour creuser un trou à l’aide d’une barre à mine ; on y dépose de la dynamite. La mise à feu de la TNT est prévue à minuit : une violente déflagration retentit alors dans cette nuit du bout du monde sans détruire le pont.


   Au fur et à mesure que le conflit se durcit une sorte de « liturgie » s’installe : A cinq heures tous les jours, rassemblement devant les mairies annexes, c’est « La messe de cinq heures », la population venue des quatre coins du Cap vient assister au départ des gendarmes. Ces derniers prennent soin de sécuriser comme ils peuvent tous les accès à la route principale de Plogoff jusqu’à Primelin afin d’éviter les débordements ; le tout sous l’œil vigilant mais prudent d’un hélicoptère qu’on appelle « La mère poule ». Gare en effet au rase motte car les fusils sont de sortie et l’oiseau pourrait bien perdre quelques plumes !

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 1

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 2Alain-Pierre Condette, le berger de la bergerie devant les CRS au Loch

 

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 3Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 4

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 5

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Les CRS au Loch Plogoff 6Les CRS au Loch, quelques minutes avant le repli de 17h

 

   Ainsi les semaines passent avec des heurts et une pression constante. L’enquête d’utilité publique prend fin à 12h le samedi 15 mars. La population est restée présente sur le site tout ce temps. Organisée, solidaire, déterminée à faire céder les autorités, elle a géré des affrontements parfois violents en se servant de matériels lourds et dangereux sans qu’il y ait eu un seul mort. Son combat exemplaire marque les esprits, faisant de Plogoff un enjeu majeur et une cause nationale.

 

Les petites histoires font la grande…

   Le dimanche 16 mars a lieu un grand fest-noz à Plogoff ; plus de 50 000 personnes s’y rendent occasionnant des bouchons jusqu’au Loch : La France antinucléaire s’est donné rendez-vous à Plogoff.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - bouchon au Loch pour le festnoz du dimanche 16 mars 1980Bouchon au Loch pour le festnoz du dimanche 16 mars 1980 à la pointe du Raz

 

   Savez-vous qu’à l’époque, la digue du Loch porte l’inscription « NON AU NUCLEAIRE ! »

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Inscription sur la digue du Loch 1inscription « NON AU NUCLEAIRE » sur la digue du Loch

 

   Durant l’été 1978, un feu se déclare sur la Pointe des Moutons mettant à nu les terrains de la butte. Au printemps 1980, des cailloux et galets sont placés sur le dénivelé de la colline et peints en blanc pour être vus d’avion : PLOGOFF- LUTTE POUR LA VIE.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Feux sur la colline de la Pointe des moutons en 1978

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Plogoff lutte pour la viePLOGOFF LUTTE POUR LA VIE !

 

   A l’époque, durant un an, une radio pirate voit le jour à Plogoff, inondant par un puissant émetteur, les ondes FM du Finistère. (J’ai utilisé le générique de cette radio comme fond sonore dans une vidéo sur le Loch).

   Plus douloureux sont les épisodes d’arrestations et d’incarcérations des manifestants locaux lors des émeutes. Le six juillet, ils ne sont toujours pas libérés ni même jugés; la coupe est pleine ! Alors ce matin-là on barre une fois de plus le pont du Loch mais de manière symbolique : on rassemble autour d’une banderole qui porte l’inscription « LIBEREZ NOS OTAGES », les débris laissés dans les fossés depuis le mois de mars. Toute la journée la voie est coupée, rappelant par la présence d’un drapeau breton hissé sur les derniers vestiges des affrontements, ce qu’a été le combat de ces hommes. Durant l'après-midi un feu est allumé sur la barricade.

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - La barricade, Libérez nos otages le dimanche 6 juillet 1980 aCh38 - Non au nucléaire au Loch - La barricade, Libérez nos otages le dimanche 6 juillet 1980 b

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - La barricade, Libérez nos otages le dimanche 6 juillet 1980 c

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - La barricade, Libérez nos otages le dimanche 6 juillet 1980 e La barricade : "Libérez nos otages" le dimanche 6 juillet 1980

 

   Le dimanche 19 avril 1984 Haroun Tazieff vient à Trogor pour poser la première pierre de la maison autonome qui aurait dû voir le jour. Une grande foule l’accompagne et de nombreuses voitures stationnent jusqu'au Loch

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Haroun TAZIEFF - Bouchons au Loch

Ch38 - Non au nucléaire au Loch - Haroun TAZIEFF le 19-04-1984 Haroun TAZIEFF le dimanche 19 avril 1984

 

   Quarante ans après ces évènements, reste-t-il quelques traces de ces « semaines historiques » ? dans les mémoires, certes mais ailleurs ? Oui, bien sûr : un environnement sauvé qui lui, se manifeste tous les jours par la beauté de ses paysages et l’intégrité de ses espaces propices à la vie.
En montant vers Plogoff depuis Le Loch, le visiteur distinguera sur la droite une sculpture figurant un enfant, genou à terre, muni d’un lance pierre ; à ses côtés se blottissent deux moutons. Le groupe sculpté par Roger Vaillant dans un granit prélevé sur le site de Feunten Aod (site de la centrale), évoque le combat inégal et les armes dérisoires dont disposaient les habitants de Plogoff face à l’arbitraire d’une décision gouvernementale que ses initiateurs aveugles entendaient maintenir contre vents et marées.

Ch38 - Non au nucléaire à Plogoff - La sculture de l'enfant au lance-pierre à Trogor en 2020 La sculpture de l'enfant au lance-pierre à Trogor en 2020

 

Ch37 - Survol sur PlogoffLa cote sauvage et préservée de plogoff

 

   L’histoire nous raconte qu’un autre enfant muni d’un lance pierre mit un jour en échec un géant : l’enfant s’appelait David et le géant, Goliath. On en a tiré un récit biblique !

Ch38 - Non au nucléaire - Autocolant du pont du Loch

 

  Je remercie Andrée Chapalain de m'avoir aidé pour la correction orthographique de ce chapitre

 

11 novembre 2019

37 - Le goémon nourricier du Loch

 Le goémon nourricier du Loch

   La mer du Cap-Sizun est nourricière, elle fournit poissons et crustacés mais également deux autres éléments : le sable et le goémon. Le sable est prélevé par les agriculteurs pour amender les terres. Quant au goémon, il servit naguère comme combustible, ses qualités étaient notoires comme engrais au profit des sols, avant que ne soient connues les possibilités de transformation, à usages industriel et commercial. La côte nord du Cap-Sizun est constituée de falaises abruptes, peu favorables à la récolte. C’est donc sur la côte sud, plus plate, que se sont implantées les activités goémonières.

 

    L'incinération du goémon pour sa soude appartient effectivement au passé. Pourquoi brûlait-on ? Comment brûlait-on? Pour répondre à ces questions, il nous faut évoquer les 120 années de l'histoire locale de l’industrie de l'iode.

 

    Vers 1810, Bernard COURTOIS, salpêtrier de Paris imagine d'utiliser les cendres d'algues pour remplacer les cendres de bois employées à la fabrication de la poudre. Il y découvre un corps nouveau : l'iode (du grec iodos : violet).
   La première véritable usine de raffinerie de cendres d'algues est crée à Cherbourg en 1825 par un certain Mr TISSIER. En 1829, il fonde l'usine du Conquet, premier établissement construit spécialement pour la production d'iode et s'installe donc dans une région où le goémon n'est connu qu'en tant qu'engrais. Il travaille avec des courtiers qui vont former au brûlage des algues les premiers goémoniers.
   La cendre d'algue était utilisée bien avant cette époque : on se rendit compte, vers la fin du XVIIème siècle que la cendre d'algues pouvait aisément remplacer la soude dans la fabrication du verre. C’est dans ce contexte que le métier de « goémonier brûleur d'algues » se développa dans le Cotentin. Les pains d'algues brûlés et compactés garderont d'ailleurs de cette utilisation le nom de « pains de soude ». On assiste au début des années 1840-1850 à une multiplication de créations d'usines de production d'iode en France à des fins médicales et photographiques.

 

    Une ordonnance royale du 19 juillet 1836 autorise Mr BAZIRE et JOURDAN à construire au lieu-dit « Le Poul » à Audierne une usine de raffinage de soude brute de varech. Ils obtiennent également une autorisation pour brûler du goémon sur les communes de Plozévet, Plouhinec, Esquibien et Primelin. En 1836, Mr FENOUX obtient l'autorisation de fabriquer de la soude de varech sans constructions accessoires autres que de simples fours établis sur le rivage à Pouldreuzic, Plozévet, Plouhinec, Esquibien, Primelin et Plogoff. Ainsi, une multitude de fours sont installés sur ces communes. De ce fait, les cultivateurs du Cap-Sizun finirent par manquer de goémon et donc d'engrais pour leurs champs.
   En 1879 la famille De LECLUSE-TREVOEDAL termine la construction à Audierne d'une « usine de produits chimiques » pour extraire des soudes de varech, au lieu-dit Le Stum (mot breton signifiant méandre). Le bâtiment avait été réalisé dans une boucle du Goyen à l'emplacement actuel de la caserne de pompiers. L’usine traitait uniquement les produits issus des incinérations des algues réalisées dans les fours à goémon du Cap-Sizun.

 

   Les habitants du littoral (paysans mais aussi pêcheurs) construisent leur four, ils sont plus d'un millier à le faire dans le Cap-Sizun. Les fours étaient bâtis sur des terrains très proches du bord de mer. Les premiers goémoniers y avaient creusé de façon souvent anarchique leurs fosses. Au fil des ans, ces constructions temporaires sont devenues permanentes. Une fois en place, elles se transmettaient d'une génération à une autre. Les familles nombreuses possédaient jusqu’à 3 fours, situés dans des endroits différents ce qui leur permettait de choisir leur lieu de récolte et d'incinération en fonction des arrivages des d'algues sur le littoral.

 

La récolte du goémon

    Le goémon de rive était employé uniquement comme engrais pour l'agriculture ainsi que les algues arrivant à la côte en hiver car celles-ci étaient difficiles à sécher.

Ch37 - Ramassage du goémon sur la plage au lochRamassage du goémon sur la plage au loch

Ch37 - Ramassage du goémon au Loch en 1920Ramassage du goémon sur la plage au loch en 1920

 

   Les seuls goémons dont on se servait pour fabriquer de la soude étaient les goémons épaves, à condition qu'ils puissent être rapidement séchés. (Il était encore appelé : goémon de laisse ou bejin distag).
   Pour les goémons de février et mars, on pouvait procéder à une sorte d'ensilage et attendre ainsi les beaux jours pour pouvoir les sécher. Dans l'anse du Loch il y avait de nombreuses meules de ce type.

Ch37 - Meules de goémon sur la plage du Loch - 1885-1900Meules de goémon sur la plage du Loch en 1885-1900

Ch37 - Meules de goémon au port du Loch Primelin en 1929Meules de goémon au port du Loch Primelin en 1929

 

Ch37 - Meule de goèmon à Portz Tarz en 1934Meule de goémon à Portz Tarz en 1934

Ch37 - Meule de goémon - Le Loch (vue sur Kerandron de la route) en 1935Meule de goémon - Le Loch (vue sur Kerandron de la route) en 1935

 

   La récolte commençait sérieusement après les tempêtes d'avril (bejin ebrel) et battait son plein un peu plus tard quand le goémon de mai (bejin mae) était mûr et venait tout seul à la côte. Ces algues très riches en iode s'accumulaient sur les grèves sur plus d'un mètre d'épaisseur. Il fallait alors les récupérer rapidement avant qu'elles ne soient emportées par la mer.

Ch37 - Ramassage du goémon sur la plage du Loch Plogoff vers 1900Scène de ramassage du goémon vers 1900 sur la plage de Loch côté Plogoff (musée de bretagne)

 

   C'était alors la « ruée vers l'or ». Tous, grands et petits, hommes et femmes se précipitaient à la grève, quelles que soient l'heure et les conditions météo. La collecte exigeait beaucoup d'efforts avec des outils comme des fourches, longs râteaux, crocs et… mains nues. Sur la photo du Loch ci-dessus on peut remarquer des paysans coiffés de bérets moins larges que ceux des pêcheurs. Ils ramènent le goémon d’épave à l’aide de leurs râteaux de grève (rastelloù aod). Les femmes portent la coiffe kapenn.

Ch37 - Ramassage du goémon au Trez Goarem à St Tugen vers 1900a

Ch37 - Ramassage du goémon au Trez Goarem à St Tugen vers 1900c

Ch37 - Ramassage du goémon au Trez Goarem à St Tugen vers1900b3 scènes de ramassage du goémon sur la plage du Trez Goarem à Saint-Tugen (photo V. Camu - 1900)

 

   Les plus courageux rentraient dans l'eau jusqu'à la ceinture, même à la fin de l’hiver, pour ne rien perdre de cette manne. On comprend pourquoi ceux qui ont exercé longtemps ce métier ont contracté pneumonie ou tuberculose pour être restés au travail des heures, trempés jusqu'aux os et baignant dans l'humidité. Ma grand-mère originaire de Custren me parlait souvent à la fin de sa vie, avec douleur, de cette période de l'année où elle allait jusqu’à la taille chercher le goémon dans l'eau avec chevaux et char à banc au Trez Goarem.

---------------------

 

   Une fois récupéré, le goémon devait être remonté sur le rivage. Le plus pénible était de lever les algues imprégnées d'eau pour remplir les charrettes descendues sur le sable. Là où les chevaux ne pouvaient intervenir ces algues étaient remontées dans des paniers posés à même la tête ou sur des civières.

Ch37 - Remonter du goémon au Loch en 1925Remontée du goémon au Loch en 1925

Ch37 - Ramassage du goémon au Loch vers 1935Ramassage du goémon au Loch en 1933

Ch37 - Ramassage du goémon au Petit Loch en 1935Ramassage du goémon au Petit Loch en 1935

Ramassage du goémon au Loch en 1935

Ch37 - Ramassage du goémon au Loch en Novembre 1940Ramassage du goémon au Loch en 1940

 

   Quand les falaises escarpées rendaient ardu le hissage de la moisson de la journée, lourde de quelques tonnes, on pouvait utiliser un dispositif de levage de paniers, rustique mais robuste, avec mât de charge, câbles et poulie.

 

   On peut voir à Audierne sur le territoire de l’ancienne commune d'Esquibien, au lieu-dit Kernod à Lennac'h, des potences avec leurs mâts de levage qui sont utilisées une fois par an pour la fête du goémon le troisième dimanche de juillet.

Ch37 - Mât de potence à Lennac'h (Esquibien)Mât de levage au Lennac'h en 2013 sur Esquibien

Ch37 - Mât de levage sur le beg Saint Yves au Loch vers 1950Mât de levage sur le Beg Saint Yves au Loch plogoff vers 1950

 

   Il existe encore en 2019 au Loch les socles en béton des mâts de levage.

Ch37 - Socle du mât de levage sur Beg Saint Yves sur PlogoffSocle en béton du mât de levage sur Beg Saint Yves à Plogoff

Ch37 - Socle du mât de levage du coté de sud de Porzh a Briec sur PrimelinSocle du mât de levage au sud de Porzh-a-Briec sur Primelin


------------------

Ch37 - Remontée du Goémon au Kougon du Diameur Braz dans les années 1960a

Ch37 - Remontée du Goémon au Kougon du Diameur Braz dans les années 1960bRemontée de gravier au Kougon du Diameur Braz sur Plogoff dans les années 1960

 

--------------

 

   L'opération de séchage était moins pénible mais demandait des soins constants. Il fallait étendre le goémon, le retourner fréquemment et le ramasser le soir en petites meules ; il fallait surtout éviter qu'il soit « lessivé » par la pluie qui le blanchissait et dissolvait les sels d'iode. Trois jours de beau temps étaient suffisants pour sécher les algues qui pouvaient alors être brûlées.

Ch37 - Le goémon sur la route du Loch en 1950Le goémon sur la route du Loch en 1950 - mise en tas sur le terrain voisin

Ch37 - Ramassage du goémon sur la route du Loch en 1950Ramassage du goémon sur la route du Loch en 1950

 

---------------------------------

 

Le brûlage du goémon

   Les fours à goémon (forn zoud) consistaient en une tranchée de forme rectangulaire à section trapézoïdale, creusée dans le sol, longue de 6 à 9 mètres, large de ± 60 cm, profonde de ± 50 cm. Les parois et le fond de cette tranchée étaient dallés de pierres plates et lisses, assemblées avec de l'argile.
   Le brûlage avait lieu à la fin de l'été et pouvait durer 20 jours, en fonction de la quantité de goémon séché et du nombre d'opérateurs. L'allumage du four avait lieu vers 7 heures. Il se faisait, dans chaque compartiment, avec des fagots de genêt ou d'ajonc ; puis le goémon était jeté par petites poignées dans le brasier qu'il fallait alimenter sans interruption toute la journée. Des goémoniers défaisaient les tas, apportaient les algues sèches, d'autres s'occupaient du four. Les opérations se faisaient dans une chaleur d'enfer, toujours opposées au vent de façon à éviter les fumées épaisses et âcres. Pendant les brûlages, amers, rochers et falaises devenaient souvent invisibles. Ce qui obligea les instructions nautiques de l'époque à mentionner la dangerosité de certaines côtes.

Ch37 - Brulage du goémon au Loch vers 1900aBrûlage du goémon au Loch vers 1900

 

   L'art de l'incinération consistait à réguler le tirage du foyer sur toute sa longueur : la température devait être suffisante pour faire fondre les cendres des algues, mais sans être excessive pour éviter l'évaporation de l'iode, très volatil.

Ch37 - Brulage du goémon au Loch vers 1900b

Ch37 - Brulage du goémon au Loch vers 1900cBrûlage du goémon au Loch vers 1900

 

   En fin d'après-midi, le four était rempli de cendres en fusion. On homogénéisait cette masse incandescente (à l'aspect de lave) en la brassant et en la malaxant (meska ar zoud). Ce travail pénible, appelé « pifonnage » durait une à deux heures. Il s’achevait lorsque la soude, se refroidissant et s'épaississant progressivement, devenait compacte. Le magma obtenu recevait alors sa forme à coups de houe.


  Si la soude en fusion n’était pas bien remuée, elle se solidifiait mal et restait granuleuse et cassante. Par contre, ce malaxage prolongé provoquait l'évaporation de l'iode. Pourtant, malgré les recommandations des usiniers, les soudiers étaient plus sensibles à la présentation de leurs blocs, de leurs pains de soude, qu'à la teneur en iode de leur fabrication !


   Traditionnellement, on cuisait les repas sur la bouillie brûlante. On posait, sur les blocs, pommes de terre, poissons, berniques et oignons qui s'imprégnaient du goût incomparable de l'iode. La journée pouvait se terminer fort tard. Le reste de la nuit, les pains refroidissaient lentement, sans surveillance.


   Le lendemain matin, vers cinq ou six heures, on procédait au démoulage des pains. Armés de barres à mine et de piques, les goémoniers extrayaient les blocs du four (8 à 10 pains de 60 à 80 kg chacun). Pour ce faire, et pour éviter de casser les blocs de soude, ils commençaient par démolir une des extrémités du four. La section trapézoïdale du four facilitait quelque peu les opérations. Les pains de soude, grisâtres, étaient entreposés près des fours, sous une bâche (la soude ayant tendance à s'effriter dès qu'elle prenait de l'humidité). Il restait à reconfigurer le four et à préparer la place pour une autre fournée.


   En douze heures, on brûlait en moyenne 3 tonnes de goémon sec pour le transformer en 600 Kg de soude. Une fois traité à l'usine du Stum on pouvait obtenir ainsi 6 à 9 Kg d'iode.

 

 A l’usine

 

    Les pains étaient transportés en char à banc jusqu’à l'usine du Stum, puis pesé. Le goémonier était ensuite payé en fonction de la teneur en iode de sa production après prélèvement et analyse d'échantillons sur chaque pain réalisé par le laboratoire de l'usine.

Ch37 - L'usine du Stum à Audierne en 1905L'usine du Stum d'Audierne en 1905

 

   Le traitement des pains de soude pouvait débuter, il se prolongeait tout l'hiver. Diverses opérations permettaient d'extraire l'iode de la soude. Les pains étaient d'abord concassés par des femmes et passés très lentement à l'eau pour en extraire les iodures, les chlorures de sodium et de potassium. Puis, par chauffage, on provoquait l'évaporation de l'eau et la séparation des chlorures ; on éliminait les sulfures avec de l'acide sulfurique ; on recueillait alors l'iode en « produit pur ». Par vent de nord, les habitants d'Audierne et de Poulgoazec recevaient des bouffées d'hydrogène sulfuré (odeur d’œufs pourris), mal odorantes mais sans danger ! Les sous-produits extraits des pains de soude étaient revendus comme engrais.

 

    L’âge d’or de l’iode au Cap-Sizun se situa entre 1900 et 1930. Après la seconde guerre mondiale la chimie moderne prend le dessus sur les pains de soude issus du goémon. Au Loch, c'est en 1953 que l'on verra les fumées blanches pour la dernière fois. L'usine du Stum n'échappe pas à ce déclin et doit fermer ses portes en 1954. Les pains de soude ne trouvent plus preneurs, c’est la fin du brûlage du goémon, les fours deviennent inutiles et sont laissés à l’abandon. La récupération des pierres à des fins diverses et la disparition naturelle dûe à l'érosion des falaises ont eu raison du plus grand nombre. Ils sont aujourd’hui dans certains coins complètement invisibles. Un promeneur non averti peut trouver sur les bords du rivage la présence de ces trous perdus. « On dirait des sépultures d'un ancien âge que l'on aurait violées pour emporter de très longs squelettes ancestraux » écrivait Pierre-Jakez HELIAS dans le Cheval d'orgueil.

 

Ch37 - Four à goémon de Feunteun Yen en 1953Four à goémon de Feunteun Yen au Loch Plogoff en 1953

 

   En 1977 et 1978 à l’occasion de la fête de Pors-Tarz à Primelin, le public put assister à la reconstitution d'une scène de brûlage de goémon, tel qu'il se faisait autrefois, enveloppant la fête d'un nuage de fumée qui exhalait une senteur d'iode : « Ce sont des fours dans lesquels on brûlait du goémon au temps de notre jeunesse ! »  nous disaient les anciens. Durant pratiquement 120 ans, cette activité a contribué à la survie de toute une population côtière, en lui procurant un appoint de ressources appréciable, en plus de la pêche et de l'agriculture.

 

   Un inventaire réalisé par la région Bretagne nous permet de retrouver certain fours sur les côtes de Bretagne et du Cap-Sizun.

Ch37 - Carte des fours à goémon du Cap-SizunCollectage des fours encore visible : ICI

 

 Dans l'anse du Loch il n'en reste que 2 relativement visibles. Ils sont distants l'un de l'autre de quelques mètres à Prad Feunteun Yen à Plogoff.

Ch37 - Four à goémon de Feunteun Yen 1

Ch37 - Four à goémon de Feunteun Yen 2Les anciens fours à goémon de Feunteun Yen

 

-----------------------

Ch37 - Ramassage du goémon au Loch en 1993Ramassage du goémon au port du Loch en 1993

 

   Dans les années 2000, il y avait encore quelques familles équipées de tracteurs qui récupéraient du goémon à la plage ou au port pour leur potager, mais au fil des années, cette pratique s’est arrêtée.

 

   Le goémon épave, si prisé autrefois, encombre désormais les criques après les tempêtes et les fortes marées. Même s’il pourrait encore servir à amender les champs, il ne reste que de très rares agriculteurs travaillant dans le bio qui continuent à le ramasser. Les autres, utilisent maintenant des engrais chimiques.

 

 -------------------------------------------------------------------------------------------

 

   Mais revenons un peu en arrière, après la seconde guerre mondiale, lors du déclin des fours à goémon, une autre activité se met en place dans le Cap-Sizun comme dans tous le grand Ouest : le ramassage du « petit goémon » (bezhin bihan, beigin bihan, bijin Bihan ou bejin bihan) ; « le goémon blanc » (bezhin gwenn)  ou « le goémon joli » (bezhin brav ... pronocer brao) comme on disait au Loch. Il portait des noms différents suivant la région, comme « le goémon fleuri » (teil-picot ou tali-picot) dans le pays Bigouden ; « ougnachou-ru » à Poulgoazec ; « pioca ou liken » dans le nord-Finistère.

Ch37 - Le bezhin brao du LochLe bezhin brav du Loch

 

   Pour les industriels, il était nommé : lichen marin ou lichen carraghenn. Pour les botanistes : Chondrus-Crispus ; Gigratina-mamiliosa et Gymnogongrus paten. C'est un goémon particulier qui est utilisé par l’industrie pharmaceutique (dentifrice…), pour homogénéiser certains produits laitiers (flan…) et pour certains produits cosmétiques haut de gamme.

 

   Pendant des décennies, enfants, retraités ou actifs en quête d'un petit revenu complémentaire l'ont cueilli et revendu sans véritable cadre juridique. Un peu comme le muguet au 1er mai. Il pouvait y avoir de bonnes et de mauvaises années. En effet, suivant la météo, la température de la mer et l’ensoleillement, les algues se développent différemment.

 

   A la fin des années 1950, sur les terre-pleins du Loch à Primelin et de Prad Feunteun Yen à Plogoff, les récoltes étaient étalées pour y être séchées. Sa couleur passait alors au blanc d’où son nom de « goémon blanc ». A l'époque le goémon sec était ramassé dans de grands sacs en jute et stocké dans l'abri de sauvetage après avoir été préalablement pesé par le commerce de la famille GUEZINGAR du Loch (pour le coté Primelin).

Ch37 - Stockage du bezhin brao dans l'abris de sauvetage du Loch en 1963Mise au sec des sacs de bezhin dans l’abri de sauvetage après pesée en 1963

 

   Du côté Plogoff, c'est la famille d’Hervé QUERE / Anna SICOURMAT qui le collectait. A la pesée, était soustrait 2 Kg correspondant au poids du sac de jute vide.

Ch37 - Remonter du bezhin brao pour la pesée à Feunteun YenRemontée du bezhin brav à Feunteun Yen en 1958

Ch37 - Séchage du bezhin brao au soleil à Feunteun Yen
Étalage du bezhin brav à Feunteun Yen en 1958

Ch37 - En attendant la pesée du bezhin brao à Feunteun Yen
En attendant la pesée à Feunteun Yen en 1958 (photo Léa Quérré/Perfesou)

 

   Pour les locaux qui pratiquaient cette activité de mai à octobre, c'était vraiment un plus financier. Pour les plus jeunes, c’était souvent un beau vélo qui était prévu à l'achat pour ne plus se rendre à pied à l'école à la rentrée scolaire de septembre. Pour les adultes, l'argent servait souvent pour acheter de beaux vêtements pour le dimanche.

Ch37 - Ramassage du bezhin brav en 1960Ramassage du bezhin brav au Loch en 1960

 

   En parallèle du bezhin brav dans les année 65-70, il y avait aussi « le goémon laminaire (bezhin siliou) qui était coupé à la faucille durant l'été, à marée basse. Le goémon poussé par la marée montante était récupéré sur la plage à marée haute. Cette technique, optimisée, n’était possible qu’à condition qu’il n’y ait qu’une seule équipe à le faire au Loch durant la marée. Une fois remonté, il était séché sur le terre-plein des casemates du Loch à Primelin avant d’être envoyé également à Penmarc’h à des fins médicales.

 

    Au début des années 1970, c’est l’âge d’or du bezhin brav. L’été, les moyens de transport s'adapte, les récoltes seront récupérées à chaque marée directement par camions chez les collecteurs côtiers et envoyées à l’usine de Penmarc’h pour y être séchées. Une fois préparé, il était acheminé jusqu’à l'usine C.E.C.A (Carbonisation Et Charbon Actif) de Baupte près de Carentan dans le Cotentin pour être traité et réduit en poudre pour les industriels.

Ch37 - Plan des collecteurs de Bezhin sur le Cap-Sizun en 1970Plan des collecteurs de bezhin brav sur toute le grand-Ouest en 1970 : ICI



Ramassage du bezhin brav au Loch en 1970

 

    Aux grandes marées de printemps, il y avait moins de monde au ramassage. Le transport se faisait donc seulement à la fin des grands coefficients. Le bezhin devait être séché pendant au moins deux jours au soleil par les cueilleurs, car étant fragile il aurait pourri très vite dans les sacs. Les collecteurs étaient très attentifs à la qualité de ce qu'ils allaient revendre à l’usine. Il y avait donc à la pesée deux prix possibles : celui du goémon égoutté cueilli le jour même et celui du goémon sec qui se vendait quatre fois plus cher.

Ch37 - Fascicule sur le Lichen de 1970Fascicule sur le lichen de mer remis aux cueilleurs en 1970

 

   Dans le port du Loch à l'époque, il n'y avait pas encore beaucoup « d'annexe » pour stoker les sacs de goémon au fur et à mesure du ramassage. Les gamins confectionnaient pour cela des radeaux de fortune avec des chambres à air de voitures et des bidons récupérés au garage de Dany THOMAS. Ces radeaux servaient également aux jeux de plage pendant les belles journées d'été.

 

   Pour les adultes, Il était préférable d'avoir un petit canot pour aller chercher le bezhin sur les zones de roche où l'on ne pouvait pas aller à pied. La cueillette y était bien meilleure car sur la côte la compétition était rude.

 

   Enfant, j'y suis allé pour la première fois en 1974 avec mon frère pour le récolter durant les vacances de printemps et d’été.

Ch37 - Les aprentis goémonier du Loch en 1974Les apprentis goémoniers du Loch en 1974 (mon frère et moi)

 

   La première grande marée fut fastidieuse, mais quelle fierté d’avoir « gagné sa croûte » pour aller à la fête foraine de Notre-Dame du Bon Voyage. Je me suis rendu compte très vite que cet argent, il était beaucoup plus rapide de le dépenser que de le gagner en fait. Au fil des marées et des années les rendements progressaient et… la paye aussi bien sûr.

 

   Le coefficient de marée devait être supérieur à 80 pour accéder aux zones où je pouvais débusquer ce goémon particulier durant 4 heures au plus fort des coefficients. La rivalité entre les enfants était bien réel … je me suis vu, une fois, me faire expulser de Penn-Dern : « dégage, c’est mon caillou » m’a crié un des gamins d'une grosse fratrie… Nous étions contraints, mon frère et moi de godiller avec la plate vers d’autres endroits plus tranquilles. Nous avions des sacs en nylon de couleur verte pour ramasser le goémon au fur et à mesure du collectage. L’annexe de mon père nous servait à stocker les sacs une fois remplis.

 

    Il fallait aller chercher les bouquets les plus fournis au fond de l’eau en se penchant. La position courbée pour le ramassage donnait de sacrés maux de dos. En mai, l’eau était vraiment froide et je n’avais pas de combinaison pour me protéger. Mes jambes et mes mains un peu meurtries arboraient une couleur bleue violette des plus inquiétantes. J'avais des sandales en plastique pour ne pas me blesser les pieds, 20 ans auparavant, c'est avec des chaussons de sabot que les personnes allaient à la marée.

 

   Une fois la mission accomplie, il était préférable d’attendre dans le canot avec notre précieux chargement que la mer monte jusqu'au port, nous échappions ainsi au transport des sacs sur la plage. Pour avoir un sac le plus lourd possible, il y avait l’astuce de le tremper dans l’eau de mer juste avant de le monter sur la berge… mais chut, il ne faut pas dire.

 

   Il y avait au Loch un point de collecte côté Primelin, chez Francis PERHERIN jusqu'au années 1974 et un autre du côté de Plogoff au-dessus du Petit Loch à Feunteun Yen, chez la famille QUERE/SICOURMAT. Durant l’après midi, on pouvait voir des convois « processionnels » de brouettes et de brancards faire des va-et-vient jusqu’au point de pesée. Il y a eut un moment au Castel sur Primelin un poste de collecte géré par Jean MOAN, ainsi qu’un autre à Pors Loubous tenu par Jean LOSK. Pour ce lieu, le dénivelé jusqu’au point de pesée à Pennéach était très important. Les personnes disaient souvent qu’il valait plus cher qu’au Loch car bien plus compliqué à transporter. Le prix était fixé par les usines et identique pour tout le grand Ouest. Du coté de Kersiny à Plouhinec il y a eu également aussi un point de collecte tenu par la famille LOUSSOUARN.

 

   J'ai vu un jeune adulte remonter près de 300 Kg de bezhin en une marée au Loch. Cela représenterait aujourd’hui (avec l'nflation) près de 350 € pour 4-5 heures de travail. Certaines familles nombreuses en remontaient une quantité phénoménale, les plus organisés avaient un tracteur pour le transporter du bas de la plage jusqu’au point de pesée.


   Les sacs en nylon (+/- 25 kg) devaient être le plus tassé possible pour optimiser au mieux, car il était enlevé par défaut 1 kg par sac à la pesée. Les plus tassés pouvaient faire jusqu’à 34 kg, mais les collecteurs avaient l’œil pour détecter les jeunes resquilleurs éventuels qui avaient placé quelques galets au milieu des sacs « pour faire plus lourd ». Certains ont essayé. S’il y avait un doute, le peseur prenait une grande aiguille à tricoter pour piquer le sac jusqu’à son centre pour en tester l'intégrité : quelle humiliation pour les jeunes qui se faisaient prendre !. Chaque sac était ensuite étiqueté avec le nom et les coordonnées du ramasseur. Ce n'est qu'au dernier jour de la grande marée que la paye tombait.

 

   A partie de 1980, j'ai pris le tracteur de la maison pour éviter la corvée de la remontée, il y avait toujours des gamins qui « faisaient du stop » avec leur sac sur le chemin.

 

   Comme collecteur de bezhin à Primelin, il y a eu aussi pendant un ou deux ans, le boucher Alain LE BORGNE du bourg. Puis jusqu’en 1992 : Jean LOUARN. Par la suite, il fallut aller chez Mr DONNART à Lervily à Esquibien (aujourd’hui Audierne), pour la pesée. Pour les cueilleurs du Loch, c’était un peu loin pour vendre sa récolte.

Récole du bezhin brav au Loch Primelin en 2001

Ch37 - Récolte du bezhin brav par un ado au Loch - 2001Récolte du bezhin brav par un ado au Loch en 2001

Ch37 - A la pesée du bezhin brav à Lervily - Esquibien en 2001A la pesée du bezhin brav à Lervily - Esquibien en 2001

 

   C’est le déclin du « goémon blanc » car les points de collecte diminuaient sous la pression des usines qui souhaitaient réduire les frais de transport et le nombre d’intermédiaires. Dans le Finistère, de 40 points de collecte en 1970, il n’en restait plus que 6 en 2000. Celui d’Esquibien en fait encore partie.

 

   J’ai retrouvé sur certaines années les prix pratiqués en francs à la pesée

En 1970 - 0,37 F/Kg (1.25 F/Kg sec)
En 1974 - 0,45 F/Kg (1.57 F/Kg sec)
En 1976 - 0,52 F/Kg
En 1979 - 0,68 F/Kg
En 1982 - 0,80 F/Kg (3.80 F/Kg sec)
En 1984 - 1,00 F/Kg
En 1988 - 1,10 F/Kg
En 1989 - 1.15 F/Kg (4.06 F/Kg sec)
En 1999 - 1.32 F/Kg
En 2000 - 1.36 F/Kg

 

   J’ai eu deux garçons que j’ai éduqués au mieux avec mon épouse. Les vacances scolaires d’été, ils les passaient « chez mamy du Loch », jeux de plage et vie au grand air. Un jour je me suis renseigné pour qu’eux aussi apprennent à travailler dans le ramassage du goémon blanc… Mais là, grosse surprise, les choses avaient bien changé, ce n’était plus possible avant 16 ans et il n'y avait plus de collecteurs dans le Cap-Sizun !!! C’était fini depuis que le fisc, puis les Affaires maritimes y avait mis leur nez en 2009. L'activité était considérée comme souterraine, sans couverture sociale, sans possibilité de suivi de la ressource !!!


   Nos jeunes aseptisés seront les adultes de demain, je sens que nous allons avoir à l’avenir des soucis sociétaux compliqués. Comment leur apprendre l’amour du travail avec à la clef le premier argent de poche fièrement gagné ? A 16 ans c'est déjà trop tard.

 

    Aujourd’hui, il n’y a plus d’activités autour du goémon, au Loch … Malgré tout de temps en temps le LAMIPOL, un bateau goémonier avec ses scoubidous entre dans notre petite anse nous rendre visite.

Ch37 - Le goémonier Lamipol dans l'anse du Loch en 2018Le goémonier Lamipol au Loch en août 2018

 


   Je remercie Laurence B. de m'avoir aidé pour la correction orthographique de ce chapitre.

 

21 janvier 2018

31 - Toponymie côtière du Cap-Sizun

 

Carte et toponymie côtière du Cap-Sizun

 

   Les noms des lieux, des terres et des côtes ne sont pas éternels : ils peuvent changer selon l’évolution de la langue du pays. Au Cap Sizun l'évolution de la langue du breton vers le français a changé bien des choses. Certaines dénominations de lieux ne sont plus compréhensibles ; d'autres ne le sont qu'à l'aide de dictionnaire écrit sur des textes du passé ; d'autres, enfin sont formés selon des règles aujourd'hui tombées en désuétude. La toponymie nautique est plus fluctuante que la toponymie terrestre ; elle subit des variations rapides dans le temps et dans l’espace.

 

- Dans le temps, il arrive que de nouveaux noms de lieux supplantent d'autre plus anciens : comme par exemple au Loch après le déménagement de la chapelle Saint-Yves en 1817, le Kougon Saint-Yves est maintenant appelé Kougon Anna.


- Dans l'espace, les variations sont infiniment plus grandes (la mer sculpte la roche continuellement). La côte est ouverte à tous (ce qui n'est pas le cas de la terre). Il arrive souvent de trouver, en toponymie côtière, autant de noms désignant un même lieu qu'il existe de groupes de gens de mer fréquentant le lieu en question. D'autre part nos anciens hydrographes on baptisé d'office une quantité de pointes et de roches qui étaient dénommées tout autrement par les gens du pays. Les cartes portent en général une forte majorité de noms locaux, plus ou moins bien reproduits ou traduits. La déformation phonétique et orale, retranscrite du breton en français n'a pas amélioré la chose.

 

   Pour la petite histoire, dans le passé, quand des marins bretons allaient pêcher hors de leurs zones habituelles , ils ne cherchaient généralement pas à se renseigner auprès des gens du pays ou sur les cartes. Ils « rebaptisaient » eux-mêmes les lieux qu'ils avaient besoin de nommer.

 

   Je vous propose maintenant de remonter le temps avant la Révolution française. Le service hydrographique de la marine réalise les premières cartes topographiques détaillées des côtes de la Bretagne. Les relevés ont été effectués dans le Cap Sizun en 1776, le minutieux travail a été réalisé par le lieutenant CHAUDARD, géographe des armées.

Ch31 - Carte de 1776 du Cap-Sizun
    Il y a 10 zones à découvrir ci-dessous (il y a possibilité de zoomer via un clic de la souris et de se déplacer dans chaque carte avec les flèches de votre clavier ).



Zone 01 - Ile de Sein Ouest
Zone 02 - Ile de Sein Est
Zone 03 - Raz de Sein
Zone 04 - Baie des Trépassés
Zone 05 - Goulien
Zone 06 - Primelin
Zone 07 - Beuzec
Zone 08 - Audierne
Zone 09 - Pointe du Millier
Zone 10 - Plouhinec - Plozevet

 

Lexique des termes géographiques côtiers répandus au Cap-Sizun

 

Aod et Trez : aod (côte), est employé concurremment avec trez (sable), voire même à sa place, pour désigner une plage. Dans le Cap, trez est utilisé fréquemment pour les côtes sablonneuses, tandis que le terme aod concerne davantage les côtes rocheuses.

 

Bae : désigne une identification beaucoup plus grande que porz

 

Baz, Bas : Ce terme celtique signifie peu profond. Basse désigne un haut-fond rocheux, couvrant à pleine mer, et découvrant ou non à basse mer, suivant les cas.

 

Beg (pluriel begoù) : désigne généralement une pointe, un cap, un promontoire, mais aussi un sommet d'une tête de roche, falaise ou de colline.

 

Biliog (féminin) : désigne une grève de galets.

 

Dour : eau, dans le sens source, ou de ruisseau d'eau douce.

 

Enez : qui signifie île, a pour diminutif inizig, îlot à Esquibien et Cléden-Cap-Sizun.

 

Ero, erv : sillon au sens de cordon de galets, de sable, ou parfois de pierre – An Erv Vili (le sillon de galets). L'Ero est le barrage qui donne naissance au Loc'h

 

Feunteun : désigne une fontaine

 

Goban à Sein, désigne un haut-fond ne découvrant pas ou découvrant très peu à basse mer.

 

Gorlé : est employé à la pointe du Raz pour désigner des îlots et des gros rochers qui ne couvrent pas.

 

Karreg (eur garreg) : roche ou rocher, désigne le plus généralement une grande roche isolée dans la mer.

 

Kastell (pluriel Kestell) : signifie châteaux, désigne, soit des rochers escarpés ruiniformes, soit des lieux fortifiés pré-romains.

 

Karn : désigne un tas de pierre (amas de roches), qui peut être naturel ou construit par l’homme.

 

Korn : signifie coin, désigne, soit un angle brusque de la côte, soit un endroit où l'on contourne des roches en mer : Korn, ar Wrac'h (le coin de la vieille).

 

Kornog : est très utilisé à l’Ile de Sein. Cela désigne un haut-fond de forme pointue, découvrant ou non suivant les marées.

 

Kougon ou Cougon (eur c’hougon) : c'est un terme particulier du Cap Sizun, c'est une « espèce de grotte marine », l'inverse d'une pointe. Traduit ici par « gorge », faute de mieux. Comme porzs, un kougon désigne une entaille dans le trait de côte, mais la différence entre les deux n’est pas toujours évidente. En général, un kougon est une entaille profonde, étroite, au fond difficilement accessible même à marée basse, alors que le terme de porzs est plutôt réservé à des criques bien plus larges, comportant une grève accessible. Très souvent le kougon s’enfonce sous la roche ou la falaise.

Au Pays de Galles, il y a une coïncidence intrigante : on trouve un mot gallois "cogon" (ou parfois orthographié "ogof", "cogen", selon les dialectes) qui signifie aussi grotte ou caverne. Le mot "ogof" est plus standard en gallois moderne pour dire "grotte", mais "cogon" est un terme attesté, notamment dans des toponymes comme "Cogon Dinas" (grotte-forteresse). Ce rapprochement Kongon / Cogon est très probablement d’une origine celtique commune. Les langues celtiques (comme le breton et le gallois) partagent un fond lexical hérité du proto-celtique, et parfois même du proto-indo-européen. Ces ressemblances ne sont donc pas dues au hasard, mais à une origine linguistique partagée.

 

Loc'h : qui dans les langues gaéliques, désigne un lac ou un bras de mer logé dans une vallée, est très répandu sur toute la côte sud de Bretagne où il désigne un étang littoral de barrage à l'embouchure d'un ruisseau vaseux peu profond.

 

Men : (pierre). S’applique très généralement à des roches de plus petite taille que le terme karreg. Contrairement à ce dernier il peut correspondre à de simples récifs.

 

Méné ou menez (eur méné) : Littéralement « montagne », mais aussi colline, falaise ou même lande sur le bord de mer où les sommets de falaises sont couverts de landes.

 

Penn ou Pen (pluriel pennoù) : signifie généralement une tête de roche, immergée ou non, ou extrémité de quelque chose.

 

Poull : signifie mare, mais aussi un trou en mer où l'on fait bonne pêche. Comme ces « trous » de pêche sont souvent auprès de basses, il arrive à poull, par extension, de désigner également ces basses elles mêmes, qui sont cependant des saillies et non des trous.

 

Porz, Porzs ou Pors: désigne une crique, une petite baie, même non aménagée en port, qui sert d'abri aux canots.

 

Ravazenn : désigne une roche assez profonde à haute mer pouvant être visible par fort coefficient.

 

Plas, Plassen, Bladenn : désignent des roches plates généralement rattachées à la côte, couvrant ou non et constituant généralement un emplacement de pêche.

 

San ou Sann (eur zan), (ou aussi kouar) : traduit ici par « couloir », passage étroit entre un îlot rocheux et la falaise, ne séchant pas sauf exception. La plupart des roches isolées à proximité immédiate de la côte ont leur san.

 

Stivell : c'est une fontaine jaillissante.

 

Tal (eun tal) : Littéralement « front ». Ce mot désigne l’extrême pointe d’un îlot ou d’un cap. Il n’est guère utilisé que dans l’expression war an tal désignant un coin de pêche et traduisible par « à l’extrémité » ou « vers le large ».

 

Toull : désigne un trou dans tous les sens du français, trou de pêche, grotte, gouffre y compris celui de chenal.

 

Trez : est en général utilisé pour désigner les côtes sablonneuses.
 

 

La toponymie côtière du Cap-Sizun aujourd'hui

 

   Les côtes sont de moins en moins fréquentées par les riverains. Ainsi se perd d’année en année les noms des pointes, des criques, des trous de pêche, des rochers et des sentiers. Il est maintenant trop tard pour faire un collectage de fond. Il y a 15 ans cela aurait été encore possible, mais depuis la disparition des derniers anciens « à savoir » cela sera maintenant beaucoup plus difficile, voir impossible d’identifier les noms précis de certains coins.

 

   Je ne suis pas le premier à essayer de sauver notre patrimoine toponymique côtier du Cap Sizun. Il existe dans le Cap, des personnes qui on déjà fait ce travail sans le partager sur internet pour le moment (à part sur Goulien, Jean-Yves MONNAT qui a réalisé un collectage remarquable qu'il a jugé bon de mettre en ligne) : visible ici

 

   Les prochains chapitres reprendront l'intégralité des noms des côtes de certaines communes, mais cela pourrait être assez long à faire, tout dépendra des rencontres que je pourrais être amené à faire : c'est un travail d'équipe.

 

- La toponymie côtière de Primelin : ici
- La toponymie côtière d'Esquibien : ici
- La toponymie côtière de Plogoff : ici
- La toponymie côtière de Cleden : en préparation
- La toponymie côtière de d'Audierne et Plouhinec : en projet
- La toponymie côtière de Goulien : en projet
- La toponymie côtière de Beuzec : en projet

 

-------------------------------

 

   Un peu plus loin de la côte, existe aussi des noms d’endroits sans repères apparents. Ce sont les lieux de pêche… les fameux « Poull » pour la pêche au filets, aux casiers, ou à la ligne. Les anciens gardaient secrètement tous ces lieux proches de certaines roches ou d'épaves oubliées (c'est un peu comme les coins aux champignons, cela doit rester secret).

 

   Le « Poull pêche » était souvent découverts par hasard et baptisés par le pêcheur qui y faisait une pêche miraculeuse. Le repérage du lieu se réalisait par « triangulation ». c'est l'alignement de points de côte remarquables suivant plusieurs directions (proches de 90°) qui permettaient de retrouver le lieu.

 

   J'ai retrouvé dans des carnets de mon père, jaunis par le temps et l'usage, des notes sur ses lieux de pêche du sud du Cap Sizun. Tous les lieux y sont notés avec précision. Je vous laisse découvrir un exemple de note pour retrouver le Poull à tacots Treac'h (aussi appelé Poull Lano)

Ch31 - Repérage du poull tacots Treac'hRepérage du Poull tacot Treac'h

 

Dans les carnets j'ai pu trouver des noms de lieux de pêche avec leur « coordonnées visuelles » comme :
- Poull tacots d 'Albert
- Poull Kerlavenan
- Poull tour Esquibien
- Poull Alain KERNINON
- Poull tacots Mathieux CHAPALAIN
- Poull to Chile (ou Ankel Chile)
- Poull Yvonnie
- Poull ton Lan
- Poull Lennou
- Poull ar Vogar Cam
- Poull Dauracles
- …...


   Le dernier carnet est beaucoup plus mystérieux ! Il n'y a plus de dessin après les noms du « Poull pêche » mais une suite de deux numéros : ce sont des coordonnés GPS. Mon père fit l’acquisition en 1994 d'un GPS marine portatif. Il fut le premier du port du Loc'h à en faire usage.

 

----------------------------------------------

 

   Pour terminer ce chapitre, je vais vous partager un travail de collectage toponymique terrestre réalisé au début des années 2000 dans le Cap-Sizun : Ofis ar Brezhoneg (l'Office de la Langue Bretonne) réalisera ce travail par commune dans tout le département. Le service Patrimoine Linguistique de l'Office de la Langue Bretonne a travaillé à la conservation et à la mise en valeur, par sa normalisation, du patrimoine toponymique breton, trop souvent déformé par francisation ou ignorance des règles élémentaires de l'orthographe du breton.



    Les documents PDF des dix communes du Cap-Sizun : Cleden – Plogoff – Goulien – Primelin – Esquibien – Audierne – Beuzec – Pont-Croix – Confort-Meilar – Plouhinec – Mahalon, sont visibles par les liens ci-dessous. Je n'ai pas trouvé le travail concernant l’île de Sein pour le moment.

Ch31 - Communes du Cap-Sizun

 


Noms des lieux de Cleden
Noms des lieux de Plogoff
Noms des lieux de Goulien
Noms des lieux de Primelin
Noms des lieux d'Esquibien
Noms des lieux d'Audierne

Noms des lieux de Beuzec Cap-Sizun
Noms des lieux de Pont Croix
Noms des lieux de Confort-Meilar
Noms des lieux de Plouhinec
Noms des lieux de Mahalon

 
Merci à Noël PEUZIAT pour sont aide orthographique bretonnante pour la mise en forme de ce chapitre.

 

 

31 janvier 2019

35 - Mimi, la petite mouette du Loch


Mimi, la petite mouette du Loch : « La mascotte »

Où, quand, comment…

   C’est en fin d’année 2015 que j’ai remarqué pour la première fois cette mouette rieuse. Elle était posée sur le terre-plein du Loch Plogoff devant la petite maison de Jacqueline. Elle était là toute seule et en la regardant de plus près, je m’aperçus qu’elle avait une de ses pattes, tordue ! Pensant qu’elle s’était blessée dernièrement et qu’il lui restait peu de temps à vivre, je pris alors une photo. Mais le mois suivant quelle ne fut pas ma surprise de la revoir toujours en vie !  Depuis ce temps, elle est toujours là, au Loch entre Primelin et Plogoff

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 01Mimi en 2015

   En fréquentant les lieux, j’ai beaucoup appris sur les habitudes de cette petite mouette infirme que j’ai très vite baptisée « Mimi ».

   Fille ou garçon ? Bonne question… Pas simple d’y répondre car chez cette espèce le mâle et la femelle sont identiques. Cependant, au vu de sa farouche détermination à défendre son territoire dès lors qu’un de ses congénères approche, je suis amené à penser qu’il s’agit d’un mâle. Il faut la voir en effet houspiller l’intrus avec des mimiques, ce qui m’amuse fort à chaque fois. Son handicap, est quant à lui peut-être, la conséquence d’un ancien combat qui aurait mal tourné.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 03Bataille sur le perchoir de la cheminée

   « Mimi » reste dans les parages du Loch 8 à 9 mois par an mais s’absente de mars à juin durant la période de nidification. Auprès d’un spécialiste j’ai appris que les jeunes mouettes voyagent beaucoup durant leurs premières années et certaine deviendraient par la suite plus sédentaires, comme cela semble être le cas de notre petite protégée.

 

  Mais alors, à quels facteurs doit-on son installation au Loch ? A la beauté des lieux me direz-vous… Sans doute, aussi bel endroit ne se rencontre pas tous les jours ! Mais c’est probablement pour des raisons plus pragmatiques que la petite mouette a établi son habitat par ici. En effet, sur ce rivage on trouve tout ce dont une mouette a besoin : le port avec ses retours de pêche, le goémon échoué qui se décompose sous l’action d’une faune d’insectes et de petits crustacés ; les « délicieux » vers de terre qui s’agitent lors des labours dans les champs voisins et puis la petite rivière qui se jette dans la mer et que l’on nomme Le Yun, apportant à notre petite mouette l’eau douce nécessaire à sa consommation et à sa toilette. Mais ce n’est pas tout : à cet assortiment, il faut ajouter le régime saisonnier fourni par les restes de pique-niques et autres goûters d’enfants sur la plage.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 09

   Durant la période de nidification, où va-t-elle ? Eh bien, relativement loin, en fait : Il existe dans le grand Ouest plusieurs endroits possibles mais le plus probable semble être le lac Grand-Lieu en Loire Atlantique. Les mouettes sont monogames et reviennent chaque année au même endroit pour se reproduire. « Mimi » retrouve donc « sa moitié » pour reconstruire le nid qui est composé d’herbes sèches et d’algues qu’elles ont pris soin d’installer dans une dépression du sol ; un nid souvent cerné d’eau afin de le protéger des prédateurs terrestres. Après la ponte de 2 ou 3 œufs, les parents vont couver par alternance durant environ 25 jours, à la suite de quoi, peu de temps après l’éclosion, les petits qui sont nidifuges (comme les canetons), quittent rapidement le nid et préparent leur envol en 5 à 6 semaines. C’est le temps qu’il leur faut pour acquérir maturité et autonomie auprès des parents. A l’issue de ces quelques semaines, les « parents » repartent chacun de leur côté. Quand elle revient, elle se remarque au capuchon noir qui coiffe sa tête :  c’est l’apparat nuptial ; celui-ci perdure jusqu’au mois d’août puis disparaît au cours de l’été.
« Mimi » fait cela depuis au moins 3 ans ; peut-être la reverrons-nous encore partir et revenir cette année.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 07Mimi, tête nuptial à droite (de mars à août)

   « Mimi » est une mouette courageuse qui s’adapte du mieux qu’elle peut aux conditions météo parfois rudes : quand ça souffle fort, elle adopte une position horizontale face au vent, la tête rentrée dans les épaules ; alors elle s’allonge car elle ne peut rester debout sur sa seule patte valide. Cet hiver, je la trouve déjà un peu moins en forme que les hivers précédents. J’espère qu’elle restera encore longtemps avec nous malgré la crainte que j’ai des violentes tempêtes à venir et des efforts qu’elle doit fournir pour survivre.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 10

   En trois ans, « Mimi » et moi avons appris à nous connaître, à nous « apprivoiser » l’un, l’autre : elle reconnait bien ma voiture et quand je me gare, je la vois qui « pointe son nez » ; il faut dire qu’elle aime beaucoup le gras de jambon que je lui apporte ! Ainsi, je peux rester des heures à observer son « trafic », je ne m’en lasse pas. Très vite, je la repère sur la plage parmi les autres mouettes car je connais son handicap qui la rend un peu différente. L’été elle aime bien se poser sur la cheminée de la petite maison de Jacqueline, un poste d’observation central d’où rien ne lui échappe. Les réverbères, le Karreg Fily ou la digue, voilà pour cette vigie ailée, des lieux propices à la surveillance du territoire.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 04Mimi, sur le perchoir de la cheminée de la maison de Jacqueline

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 05Mimi, sur le perchoir du réverbère

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 06Mimi, sur le perchoir du Karreg Fily

   Quand elle vole, on la repère facilement du fait de cette patte qui « pendouille » et même si elle ne semble pas affectée par ce handicap, nul besoin d’être spécialiste pour imaginer combien ceci entrave sa vie quotidienne, situation qui risque bien sûr de s’aggraver avec le temps et l’âge.

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 02Mimi, survol du Loch

   Le soir, c’est en compagnie des autres mouettes qu’elle quitte Le Loch. En silence, tout le monde rejoint « un dortoir » protégé des vents et des prédateurs. Malgré ma persévérance, je n’ai pas encore réussi à savoir où elle allait.

   L’espérance de vie attestée pour les mouettes rieuses est d’environ 30 ans mais ici au Cap Sizun, compte tenu de la rigueur des hivers, cette moyenne comparable à celle d’oiseaux dits « plus nobles », est ramenée à 10 – 15 ans.

   J’ai créé ce chapitre sur la petite mouette rieuse du Loch car j’avais envie de vous faire partager et de vous expliquer son histoire au quotidien. En 2018, j'ai activé une page Facebook pour vous donner toutes les semaines de ses nouvelles en photo et vidéo
https://www.facebook.com/MimiLaMouetteDuLoch

Ch35 - Mimi, la petite mouette du Loch 08Venez me voir... Je vous attend :-)

Ch35 - Mimi la petite mouette du Loch et la maison de la pointe des moutons Mimi la petite mouette du Loch et la maison de la pointe des moutons

   Si vous passez au Loch, arrêtez-vous et cherchez-là. Vous la reconnaîtrez grâce à sa différence. Saluez-là comme on salue quelqu’un que l’on connait bien, quelqu’un de familier, dont on suit avec complicité et bienveillance les péripéties d’une existence fragile.

Ch35 - Survol sur le LochSurvol du Loch


Quelques infos plus techniques sur les mouettes rieuses de notre région.
https://fr.wikipedia.org/wiki/Mouette_rieuse
https://www.larousse.fr/encyclopedie/vie-sauvage/mouette_rieuse/184823

 

15 mai 2013

22 - Le bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS, qu'est-t'il-devenu ?

    Le CV de KERROS termine sa carrière dans le Cap Sizun le vendredi 30 mai 1952, il a été affecté par la suite :
-  en 1952 à Portsall (29)  
-  en 1955 à St Briac (35)
-  en 1956 à St Quay-Portrieux (22).
-  en 1958 il est vendu à la DDE du Morbihan pour 650.000 francs. Il servira à la compagnie Morbihannaise au transbordement de passagers et au cabotage entre Quiberon et Belle Ile. Il sera remotorisé par le moteur du canot Vice-Amiral SCHWERER (info à valider !). Ce canot avait été endommagé dans la barre d’Etel en 1958 (il y eu 9 morts) en testant, avec Alain BOMBARD, un canot pneumatique.
-  en 1980, plus de trace : le canot aurait été détruit (brûlé) au fond du port du palais à Belle Ile.

   J'ai pu trouver des articles de presse et différentes photos où nous le retrouvons dans ses différents ports d'affectation.

CH22 - Le télégramme du 03-06-1952 - CV de Kerros quitte Audierne

CH22 - Le télégramme du 03-06-1952 - CV de Kerros arrive à Portsall

CH22 - OF du 13-06-1952 - CV de Kerros arrive à Portsall

 

CH22 - OF du 14-06-1952 - CV de Kerros à Portsall

Les Annales du Bien :
   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS arrive à Portsall le 30 mai 1952, après de grosses réparations faites à Audierne. Il est prêt à répondre à tous les appels.
   Alerte du 18 Août 1952 à 14h55 - Un bateau de pêche en perdition est signalé à l'ouverture de l'anse de Penfoul, près du rocher du Coq. Vingt minutes plus tard, le CV de KERROS prenait la mer. Recherches infructueuses. Le canot rentre à Portsall à 16H45. Il est supposé que les touristes qui ont signalé l'accident, ont vu un bateau de pêche amener sa voile, ce qui a causé l'erreur. Outre cela, le canot a effectué plusieurs sorties d'entrainement.

   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS est appareillé le 15 août 1953, vers 17h45, pour une sortie d'exercice après visite du moteur. Au moment du retour, l'équipage a eu son attention appelée par la manœuvre insolite d'une barque de pêche du port, "l'idéal" montée par deux hommes. La barque, sans voile, en panne de moteur, dérivait vers le large dans de dangereux parages. Le CV de KERROS la prend en remorque et la ramène à son mouillage.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à PortsallLe bateau de sauvetage CV de KERROS à Portsall

Les Annales du Bien
   Le 17 décembre 1956 le CV de KERROS est transféré sur St Quay Portrieux après un passage d'un an 1/2 sur St Briac. Par un fort vent Ouest soufflant en tempête, le bateau de  sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS a été remis officiellement à cette section. Une foule compacte se pressait sur le port.
   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS ayant à bord M. le Docteur CAILLET, maire ; M. REVRAT Administrateur Principal de l'Inscription Maritime, à St Brieuc ; M. LOSET, Conseiller Général, entouré de la municipalité et des maires des environs. Malgré le mauvais temps, il fit, au large des îles Saint-Quay, sa première sortie officielle au cours de laquelle M. l'Abbé POLIVE, chapelain épiscopal a baptisé le bateau. Les membres de l'équipage jetèrent une gerbe de fleurs à la mer.
   Au cours du vin d'honneur qui suivit, M. le Maire : M. TREHIOU, capitaine de la marine marchande, président de la section H.S.B. ; M. René JOUVE et le MOAL.
   Désormais, les navires qui se trouveraient en détresse dans la baie de St-Brieuc, du Cap Fréhel à l'ile Bréhat pourront compter sur un secours rapide et efficace. Nous ne doutons pas que M. TREHIOU, grâce à son activité et à son dévouement ne donne à cette nouvelle station de sauvetage le meilleur rendement.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) aCH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) bCH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) c
le CV de KERROS sur St Quay Portrieux entre 1956 et 1958

   En Janvier de l'année 1958, le service Maritime des Ponts et Chaussées du Morbihan, contacte les H.S.B pour savoir si un canot pourrait être déclassé pour faire du transbordement de passagers et du cabotage dans la région de Quiberon et Belle-Île en mer.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 01CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 02CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 03CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 04CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 05

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 06CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 07CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 08CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 09CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 10
le CV de KERROS dans le port Haliguen à Quiberon dans les années 1960-1970

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au port Maria à QuiberonLe CV de KERROS au port Maria à Quiberon à coté du bateau Belle-isle

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Belle ile en mer au port du Palais
Bateau de sauvetage CV de KERROS à Belle-Ile en mer au port du Palais

   J'ai contacté Mr Tanneguy de KERROS (le fils de la marraine du bateau) qui m'a expliqué avoir vu au hasard d'une visite sur Belle-Ile, le canot de sauvetage dans le fond du port. Il se souvient d'un bateau en mauvais état.
   Un ancien mécanicien naval de Belle-Ile en mer m'a informé ce souvenir de cet ancien bateau de sauvetage reclassé en cabotage. En fin des années 1970, le canot aurai été abandonné au fond du port du Palais. Il aurait été brûlé avec d'autres vieux bateaux.
Ainsi se termine la carrière nautique du bateau de sauvetage du Capitaine de Vaisseau de KERROS en 1980.

CH22 - La fin du Bateau de sauvetage CV de Kerros au fond du port du Palais Le cimetière à bateaux au fond du port du palais dans les années 1965

 

5 mai 2013

20 - L'après guerre et la fin de la station HSB du Loch Primelin en 1949


   Déjà avant la fin du conflit, la maison mère des HSB essaye de faire le point : des inventaires sont demandés aux différentes stations.

Ch20 - Courrier des HSB à Jean-Marie Thomas - Demande d'inventaire 1Courrier des HSB - Demande d'inventaire en 1944

CH20 - Inventaire de la station de Loch Primelin en avril 1944

Ch 20 - Barometre de la sation HSB du Loch PrimelinBaromètre de la sation HSB du Loch Primelin

   Le bateau de sauvetage «CV de KERROS » sera le seul bateau à moteur que la société H.S.B possède à l’après-guerre. Tout est fait pour le mettre en valeur.

Ch20 - Courrier des HSB en 1945 - Redémarage de la stationCourrier des HSB en 1945 - Redémarrage de la station du Loch Primelin

CH20 - Redémarrage de la station HSB du Loch Primelin à l'après guerreRemise en route de la station HSB du Loch Primelin

   Pendant le conflit Franco-Allemand, il était obligatoire de peindre sur les bateaux le drapeau tricolore.
Ce détail est encore visible sur le petit canot, derrière le gouvernail du bateau de sauvetage.
 

CH19 - Projet au port du Loch Primelin en 1947Plan d’un avant projet de prolongement des rails de lancement de 1947 qui ne verra pas le jour

En septembre 1948, Mr SIGMANN du ministère de la marine marchande écrivait au préfet :

   A la lumière des précisions fournies, je suis d’avis de renoncer au dragage du port du Loch Primelin et d‘équiper dans un proche avenir le port d’Audierne d’un canot à moteur, dont la station sera à l’abri du nouveau môle.
Je propose donc à la société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés de comprendre dès à présent dans leur plan de rééquipement :
   1- L’échange du canot à moteur du Loch contre le canot à rames d’Audierne, des arrangements financiers intervenant entre ces deux Sociétés sans que nos Départements respectifs aient à s’en occuper.
   2- La construction d’un nouvel abri dans la crique du Loch, de telle manière que le canot puisse sortir à tout moment de la marée.

   Je vous serais obligé, de bien vouloir faire part de ces nouvelles dispositions au Conseil Général du Finistère qui, dans sa séance du 11 Mai dernier, m’avait présenté un vœu tendant à accorder une subvention pour l’équipement de la côte en station de sauvetage.

CH20 - Les annales du bien en octobre 1948

   Donc les années après guerre sonnèrent la fin de la station HSB du Loch Primelin. La cale de lancement du canot, ne donna jamais réellement satisfaction. Il n'était pas possible de lancer le bateau à marée basse. Les H.S.B prirent la décision de fermer la station en fin 1948, et de transférer le canot sur Audierne en février 1949, en attendent la création de la nouvelle station H.S.B de Ste Evette à Esquibien. Ce nouveau port est peu dépendant des marées car toujours à flot.

CH20 - Abri de sauvetage et le port du Loch Primelin en 1948l'Abri de sauvetage et le port du Loch Primelin à marée haute en 1948 (photo Eugène Perrot)

Ch21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Départ de Primelin 1949Départ du Bateau de sauvetage CV de Kerros, conduit par son équipage, pour Audierne en février 1949

 

CH20 - Logo HSB

1 juillet 2012

15 - Les premières années du bateau de sauvetage CV de Kerros du Loch Primelin


 

   Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS" est le seul bateau à moteur moderne des Hospitaliers Sauveteurs Bretons du sud Finistère. A chaque occasion, le canot est mis en valeur. Les coûts d'entretien sont importants, et des dons sont régulièrement demandés à la population.

CH15 - Presse OE du 12-10-1937 - SOS des HSBCH15 - Presse OE du 21-06-1938 - Soirée musicale des HSB pour la sation de sauvetage du Loch PrimelinCH15 - Presse OE du 20-05-1939 - HSB à la foire-exposition à Quimper

L’équipage du nouveau bateau de sauvetage était composé de deux équipes :
La première de Primelin, (dite ordinaire)

  •      Eugène CISSOU - Patron
  •      Jean-Marie THOMAS - Mécanicien
  •      Guillaume CARVAL
  •      Henri DOUGUET
  •      Jean YVEN
  •      Jean KERSAUDY


Et la seconde de Plogoff, (dite de remplacement)

  •      Hervé QUERE - Patron
  •      Clet YVEN
  •      Henri DANZE
  •      J. KERSAUDY
  •      COATMEUR
  •      SICOURMAT

Durant les différentes interventions, le mélange des équipes était fréquent.

 

CH15 - Presse OE du 15-10-1937 - Station de sauvetage HSB du Loch Primelin - Bateau CV de Kerros

Ch15 - Presse 1937-10-16 - HSB - DB La Dépèche de Brest - 16-10-1937

CH15 - Les annales du bien - la section HSB de Quimper en 1938

 

CH15 - Presse OE du 04-07-1939 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Bénédiction de la mer au Loch Primelin

 

Ch15 - Presse - CV de Kerros - Fête de la mer au Loch le 2 juillet 1939Bénédiction de la mer le dimanche 2 juillet 1939

CH15 - Presse OE de Aout 1939 - CV de Kerros - Fête du Sauvetage à Tréboul

CH15 - Logo HSB

 


 

1 mars 2013

18 - Tempête dans le Cap Sizun le 18 avril 1940

Récit des canots de sauvetage du CAP lors de la tempête du jeudi 18 avril 1940

Extraits de la dépêche de Brest du vendredi 19 et samedi 20 avril
SORTIE DES BATEAUX DE SAUVETAGE
- Hier, vers midi, l’administrateur de l’inscription maritime d’Audierne était avisé par le garde maritime de l’île de sein que la flottille de pêche se trouvait en difficultés. L’administrateur alerte aussitôt les station de la région. Le « Général BESIAT », d’Audierne ; le « Capitaine de vaisseau KERROS », du Loch, en Primelin, et « l’Amiral TOUCHARD » de l’île de sein ainsi que la vedette « Velléda », des ponts et chaussées, prirent la mer. Vers 16 heures, la « Velléda » rentrait au port d’Audierne avec 2 équipages. Qui avaient du abandonner leurs barques. Au même moment, « l’Amiral TOUCHARD » ramenait à l’île de sein les équipages de trois autre bateaux. Pendant ce temps, le bateau de sauvetage du Loch prenait en remorque un bateau qui ce trouvait en difficulté au large. Une petite barque de l’île de sein s’est échouée sur la grève de Plouhinec. Les deux hommes qui la montaient on été sauvés …….

..…La  Velléda accomplit une série de sauvetages. Le patron Jean-Marie PORSMOGUER, qui commande la vedette Velléda, des ponts et chaussées, attaché a l’île de sein, a déjà plusieurs sauvetages à son actif. Avant hier, les circonstances lui ont permis de manifester pleinement ses qualités de sauveteur. Aux premiers instants de l’après-midi, apercevant un canot en très mauvaise posture à l’entrée du port de sein, près du Nerroth, il se dirigeait aussitôt sur les lieux, Six jeunes garçons de 6 à 8 ans occupaient la frêle embarcation, qui très visiblement allait sombrer. Par bonheur, il parvint à sauver les occupants. Il était grand temps, car le canot coulait tout aussitôt. A peine les avait-il conduit à terre qu’il repartait vers un autre bateau en danger, le Paris-Brest, qui faisait eau. Il prit à son bord deux mousses et convois le bateau, ou l’on s’efforçait de combattre les entrées d’eau. Cependant, apercevant d’autre bateaux en difficultés, il se rendit près d’eux successivement. Il y en avait six. Comme il les convoyait tous à Audierne, l’un d’eux coula en route à environ deux milles du petit port de Bestrée, prés de la pointe du Raz. L’équipage fut sauvé………. A présent, c’est le canot de sauvetage du Loch qui, étant sorti pour prêter son aide, se trouvait mauvaise posture. La « Velléda » le trouva tout prés de la cote, réussit à le dégager et à le conduire au port.   …..

CH18 - La vedette Velleda 1

La vedette Velléda 1


   La vedette Velléda "1" des ponts et chaussées pour les ravitaillement des phares et balises basé à l’île de sein, servie ce jour du 18 avril, comme bateau de sauvetage en portant assistance à 42 bateaux, parmi lesquels le canot CV de KERROS du Loc’h. !

Presse - 1940-04-25 - La Dépêche de_Brest - accident KerrosLa Dépêche de Brest du 25 avril 1940

 

Rapport de sortie, du bateau de sauvetage De KERROS, de Mr Marcel LOUARN Garde maritime chef de la station du Loc’h écrivant à Mr Léon BERTHAUT.
   J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que, le jeudi 18 avril 1940, vers 11h30, une bourrasque éclata sur nos côtes. Le vent soufflait de l’ouest. Les bateaux de l’île de sein se trouvaient au Sud et à l’Est de l’île et ainsi dans l’impossibilité de rejoindre leur port. Il y avait également des bateaux au large d’Audierne. Le vent soufflait avec une rare violence et la mer devint très grosse. En voyant le temps et sachant les bateaux dehors, je descendis au Loc'h pour faire sortir le canot de sauvetage pendant que Mr THOMAS fils faisait les dernier préparatifs, moi, je formais un équipage de fortune. Je pris même des marins de passage au Loc’h.
   A 13h un équipage de huit hommes était formé et je confiais le commandement au matelot Goraguer Eugène
(matelot titulaire).  Mr l’Administrateur de l’inscription maritime à Audierne téléphona au Loc’h pour dire au bateau de sauvetage d’assurer la veille sur les bateaux de l’île de Sein qui faisaient route sur Audierne.
   Après avoir donné connaissance aux marins de leur mission, je faisais sortir le bateau à 13H15 .
   Il pris immédiatement la direction indiquée. Au large de la pointe du Raz le « De KERROS » rencontra un groupement de quatre bateau ; après avoir passé au près de ces bateaux pour voir s’ils n’avaient pas besoin de secours immédiat, Goraguer se plaça au milieu du groupe, prêt à intervenir. Il conduisit ces bateaux au port d’Audierne, le « De KERROS » ressortait d’Audierne pour se porter au devant de 2 bateaux de ce port au large de Plozévet. Après avoir remorqué l’un deux à Audierne, l’autre étant rentré par ses propre moyens, le bateau de sauvetage mouillait au port d’Audierne vers 16h30 en attendant de rejoindre son abri au Loc’h…….
   Les hommes de l’équipage ont risqué leur vie par une violente tempête, pour porter secours à leurs camarades. Je vous les propose pour médaille ou diplôme de la société.
   Equipage du 18 avril :

- Eugèné GORAGUER : patron
- Jean-Marie THOMAS : mécanicien
- Henri DOUGUET : matelot
- Jean KERSAUDY : matelot
- Jeab Le BERRE : matelot
- Henri GORAGUER : matelot
- Jean CARVAL : matelot
- Clet BIGOT : matelot

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 4Tempête au port du Loch
CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 1Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

Rapport de sortie de Jean-Marie THOMAS
Primelin le 22 avril 1940
   Cher Monsieur Léon BERTHAUT
Je suis heureux de pouvoir vous faire ce rapport concernant la sortie du Capitaine de Vaisseau de KERROS, sortie faite par moi, mécanicien et un équipage de volontaire dans un temps furieux.
   J’avais comme provision dans le réservoir à essence tribord, environ 75 litres, à bâbord  90 litres, et un fût de 50 litre plein en réserve …..
   Le départ du chariot a été faite par marche arrière, une seul manœuvre de marche avant fit sortir le bateau du port dans un temps record. J’ai fait tourner le moteur au dessous de son régime au début, d’ici son réchauffage parfait ( 5 minutes ). En route toute  j’étais très satisfait de la bonne marche pendant ½ heures peut être quand des ratés se produisirent dus au manque d’essence. J’ai mis le réservoir bâbord en communication, la marche normale reprend.
   Par précaution j’ai diminué légèrement les gaz. Souvent je purgeai la cuve du carburateur craignant quelques gouttes d’eau de mer dans mes réservoirs. On a pu faire beaucoup de route ainsi.
   Puis mes premières difficultés ont réapparues, l’essence n’arrivait plus suffisamment. Plus de 10 fois le moteur a stoppé, combien de fois ai-je démonté la tubulure d’arrivé d’essence sur le carburateur, soufflé dans ce tuyau en cas d’obstruction par  impuretés ou inversement aspiré à pleines bouchés cette essence qui ne coulais plus parce que le bateau était follement agité. Je ne puis vous dire combien de temps dura cette lutte contre la mer, avec notre moteur qui ne nous avançait que de quelque mètres après chaque redémarrages à la manivelle du pont. La dérive l’emportait
   Une vedette des ponts et chaussés était non loin de nous, nous déhala à l’entré du port d’Audierne, peut être pendant 5 minutes, nous marchions au ralenti. En eau calme, j’ai bien nettoyé mon carburateur.
   Tous préparé de nouveau le patron me demande de remettre en route pour reprendre le mer. Nous sommes repartis en dehors des jetées mais ne pouvant pas mettre en grand les gaz, j’ai prévenu l’équipage de faire rentrer le bateau et de l’amarré en lieu sur dans le port d’Audierne.
   Parmi les hommes il y eut des blessé, Mr l’Administrateur les fit conduire chez eux pour se changer…..
Je  restais à bord pour rechercher les défauts. Le soir une partie de l’équipage est venu me rejoindre et le temps ayant mollit, nous avons regagné notre station vers minuit, notre moteur à plein régime marchait.
   Cette journée du 18 avril nous ne l’oublierons jamais, mais c’est du matériel que je vous entretien aujourd’hui et cette expérience, cet essai rare à faire, doit nous éclairer suffisamment pour les temps à venir. Notre tuyauterie d’essence a 4m environ, 6mm de diamètre intérieur, une demi douzaine de coudes sur la longueur. Le niveau de l’essence, c’est à dire entre réservoir et carburateur a une chute de 70 à 80 centimètre.
Par beau temps, l’écoulement de l’essence est régulier, mais par mer agitée pour avoir une alimentation suffisante au carburateur il faut :
   1 – une tuyauterie plus forte, plus grosse
   2 – une tubulure genre trop plein qui permettrai d’avoir la pression atmosphérique dans le réservoir. Actuellement c’est un petit trou dans le bouchon du réservoir qui permet cet équilibre. Je vous demanderai donc l’autorisation de remédier à ces anomalies.
   Encore quelques mots au sujet du bateau : Tous le monde doit être satisfait de la tenu du canot……le bateau tient bien la mer.
   J’ai prévenu Mr Louarn que j’avais à vous communiquer ce rapport de sortie, je l’amplifierai encore ayant de très sérieux renseignement à vous fournir. Pour aujourd’hui je vais poser ma plume que la fatigue m’empêchait de tenir ces jour derniers. Recevez encore cette fois cher Monsieur Léon BERTHAUT l'assurance de mon plus grand  attachement à votre oeuvre et le souvenir cordial de toute ma famille

 

CH18 - Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940

Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940


 Jean-Marie THOMAS adressa un autre courrier à Mr BERTHAUT le 14 mai 1940 : en voici quelque extrait.

………..  Pour revenir à mon rapport sortie, je vous dirai que les mats n’ont pas été mis en place, nous avions confiance en notre moteur. Quant cette tourmente brusquement se leva, quand le téléphone par la bouche de Mr l’administrateur d’Audierne nous dit de sortir notre bateau, que des bateau de l’île de se sein faisaient route sur Audierne, leur bateau de sauvetage était en panne, nous fîmes au plus pressé. D’abord c’est une équipage de 3 hommes qui rentrant au port vient m’aider, on alerta encore d’autre marin, tous vaillants marin de métier, ils crurent bon de laisser les mats ramassés. on assista 6 bateaux entre le Loc’h et Port-Poulhan, nous primes la mer dans tous les sens, ce qui réconforte le courage des pêcheurs en fuite et montra la valeur de notre Capitaine de Vaisseau de KERROS. Au sujet d’améliorations, je signalerai encore ceci : une guérite pour l’homme de barre, le poste avant facilement accessible … Qu’on puisse de la chambre du moteur, débrayer, commander les gaz, etc. Et un porte voix afin que le mécanicien de son compartiment puisse faire les manœuvres nécessaires. Je ne demande pas de faire ces transformations à notre bateau, je me contente de vous signaler cela comme réflexion personnelle … La barre que j’ai eu modifié (remplacé la transmission avant en fil d’acier, par une chaîne, est au point à présent (l’homme de barre en est satisfait).
   Le bateau dans son état général est très bien, malgré la rude sortie de l’autre jour rien n’a cassé. Les marins sont fiers de leur sortie et je suis heureux pour eux que vous m’annonciez qu’il seront récompensés…….

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 2

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 3Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

 

 

 

15 juin 2012

11 - Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS"


 

   Début 1935, il est décidé de remplacer le canot de sauvetage Paul LEMONNIER par un canot à moteur moderne. Rapidement des échanges techniques s'établissent entre Jean-Marie THOMAS (le fil de Daniel THOMAS) et l'ingénieur LEPELTIER, missionné par Léon BERTHAUT pour travailler sur le projet.

Courrier de Jean-Marie THOMAS à Léon BERTHAUT en février 1935

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 aCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 bCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 c

   Les Chantiers Navals de Normandie de Fécamp furent choisis pour construire le canot, sous la direction de M. Henri LEMAISTRE. Début 1936 le cahier des charges est défini :
Caractéristique du Bateau de sauvetage CV de KERROS

Plan du Canot de sauvetage CV de Kerros

CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4CH11 - Charpentiers du Chantier Naval de Normandie à Fécamp

   La construction du bateau sera réalisée durant le premier semestre 1936. ( Plan du canot de sauvetage )

   La réalisation d'un bateau moderne de ce type reste très onéreuse. En mai 1935, une souscription pour la construction d'un bateau à moteur et à voile pour le Loch Primelin est lancée.

 OE de 1935 - Souscription pour le bateau du Loch PrimelinOE de 1935 - Soucription du bateau du Loch PrimelinCH11 - Souscription pour le Nouveau Bateau de Sauvetage du Loch Primelin

   En juillet 1936, un article des Annales du Bien nous informe que la somme de 41.968 Francs est atteinte ; nous pouvons y retrouver les principaux donateurs. En octobre 1936, c'est la somme de 45.000 Francs qui sera récoltée.

Les Annales du Bien 1936 :

Souscription pour la construction du bateau à moteur et à voile destiné à la station des marins-pêcheurs du Loc’h en Primelin.

   Nous avons dit comment et pourquoi, dans la crise économique subie par notre Pays, nous avons cru devoir ouvrir, au début de l'année 1936, une souscription destinée à doter enfin la station du Loc’h d’un canot de toute sécurité pour remplacer le Paul LEMONNIER, arrivé à bout de bord.
   Immédiatement, nous avons été entendus déjà d’un certain nombre de personnes, gens d’esprit et gens de cœur, qui avaient pu lire notre appel. Nous voulions que l’entreprise pût être menée à bonne fin avec les seules ressources liquides de la Société de H.S.B., complétées par le produit de la souscription et sans avoir à toucher aux réserves de sécurité.
   Aujourd’hui, nous pensons que l’heure est venue :
   - 1er de remercier nos souscripteurs
   - 2ème de faire appel à d’autres.
   Toute notre fidèle gratitude va en effet aux Bienfaiteurs, Amis et Sociétaires dont nous publions la liste en vue de leur rendre hommage. Riches ou non, grands et petits souscripteurs méritent notre reconnaissance dans l’effort commun pour le développement régulier d’une œuvre qui, de toutes parts sollicitée, n’a qu’un défaut, celui de ne pas disposer de sommes correspondant à la sympathie qui l’entoure, non plus qu’aux besoins de son organisation, qui, actuellement, outre ses grandes stations, inévitablement coûteuses de création et d’entretien, comprend plus de 300 postes avec embarcations diverses de petit secours, lignes, bouées, lochs de Kerros, lignes flottantes, caisse de secours, appareils panis, etc. …
   Mais avec le temps et la suite dans les idées, nous touchons au but visé, raisonnable et de plein rendement : maintenir les stations utiles là ou les H.S.B. ont répondu aux besoins et au désir des populations ; remplacer, entretenir, perfectionner ces stations et celles-là seulement ; n’en établir aucune qui ne réponde à un besoin nouveau et indiscutable ; entretenir sur les plages, au long des cours d’eau, dans les ports et sur le littoral, les 300 postes divers fondés avec le concours de nos Sections et des populations régionales ; enfin accroître le nombre des postes et des engins selon qu’il en sera besoin et avec le souci d’un perfectionnement indéfini. Tout cela, sans cesser d’encourager l’enseignement de la natation et du sauvetage, en complète union de cœur et de pensée avec nos amis de la Fédération Nationale et des autres grandes Associations maritimes et de secours, sur terre et sur mer, selon la devise adoptée par notre fondateur NADAULT DE BUFFON.
    Aussi bien, ayant rendu hommage à nos Bienfaiteur, Amis et Sociétaires, aux Présidents des Sections dont l’excellente administration nous a permis d’augmenter considérablement le total de nos ressources liquides, les prions-nous de nous faire connaître davantage encore autour d’eux, par leurs amis personnels, par la Presse, par la journée des plages et par tous les moyens de raison et d’honneur qu’ils jugeront susceptibles de réussite. Dans le trouble qui agite et inquiète toutes les nations et désoriente les individus depuis cette immense catastrophe que fut la guerre mondiale, c’est aux tâches de vie et de fierté, de qualité indiscutable, qu’il convient de se consacrer pour « servir ». La nôtre, étant telle, efforçons-nous, non seulement de « tenir » malgré tout, mais de grandir et de justifier notre existence même, en dehors et au-dessus tout ce qui divise.

Le Capitaine de Vaisseau De KERROS sera le nom du bateau (hommage à Léon De KERROS - 1867-1930)

Le Capitaine de Vaisseau Léon de Kerros (1867-1930)
Un article de la revue SNSM n° 54 de 1995 retrace
l'histoire de la famille de KERROS avec la mer Revue SNSM n° 54

 La Revue Les annales du bien de juillet 1936

CH11 - Courrier des chantiers navals de Normandie a Jean Marie Thomas en sep 1936

 

 

Courrier des CNN
à Jean-Marie THOMAS
en septembre 1936

 

 
   

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin de l'abriCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin du Chariot

   Des échanges techniques auront lieu tout au long de l'année 1936 entre M. LEMAISTRE des Chantiers Navals de Normandie à Fécamp et Jean-Marie THOMAS du Loch Primelin pour l'adaptation du canot aux dimensions de l'abri existant, ainsi que pour les modifications à apporter au chariot de l'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER.

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2
Premier contact du canot avec l'eau au CNN de Fécamp

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 5

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4La première mise à l'eau du bateau CV de KERROS fut réalisée à la mi-septembre 1936 au CNN de Fécamp

Article sur le bateau de Kerros dans la revue Le Yacht n°2760 du 18 Avril 1936

Logo des HSB

 

 


 

 

25 juin 2012

13 - Le brillant début du Bateau de sauvetage CV de Kerros dans la baie d'Audierne


 

   Le 30 octobre 1936, 15 jours avant son baptême au Loch Primelin, le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise une série de sauvetages très remarquée.

CH13 - Presse OE du 05-11-1936 - Les beaux début du CV de Kerros

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 b
Les Annales du Bien : Octobre / Décembre 1936

Brillant début, au Loch, de notre canot  « Capitaine de Vaisseau de KERROS »
Voici la partie la plus substantielle du remarquable rapport adressé au Président Général par M. EON, Chef de Station au Loc'h, sur la première sortie du Capitaine de vaisseau de KERROS, le 30 octobre :
« Le temps était beau et plusieurs embarcations se livraient à la pêche dans la baie d'Audierne.
Alors que rien ne pouvait le faire prévoir, une houle formidable se leva tout à coup, déferlant avec fracas sur les falaises et interdisant l'entrée du Loc’h à cinq embarcations de ce port, surprises en mer par ce coup de temps inattendu. Mis au courant de ce qui se passait, je me rendis aussitôt à la station afin de prendre toutes dispositions utiles.
   Le patron CISSOU, conscient de ses devoirs, avait déjà rassemblé son équipe et disposé le matériel en vue d'une sortie. Jugeant critique la situation des embarcations surprises en mer, je mis le canot à l'eau à 13 heures, la hauteur de la marée ne me permettant pas d'opérer plus tôt. La manœuvre fut faite avec plein succès.
   Les barques en mer, voyant que l'entrée du Loch leur était impossible, avaient mis le cap sur Audierne, estimant sans doute que la passe de ce port serait plus aisée. J'ordonnais donc au patron CISSOU de faire route de ce côté, de rentrer nos embarcations à Audierne et de prêter son concours si d'autres barques se trouvaient en difficulté aux abords de ce port. La manœuvre de sortir de là était délicate, car la houle déferlait avec une extrême violence en plein travers de la baie, submergeant complètement la digue et balayant la route de grande communication qui longe le Loch. L'équipe du Capitaine de Kerros nous démontra, à cette occasion, toutes ses qualités manœuvrières et exécuta cette opération d'une façon impeccable, à la grande admiration des nombreuses personnes spectatrices.
   Peu après, il atteignait successivement les barques numéros 1481, 1264 et 1756, du Loch, montées par les marins Ferdinand KERLOCH, de Plogoff ;  Arsène CARIOU, de Primelin ; Yves et Simon COSQUER, de Primelin. Ces hommes furent recueillis à bord du Capitaine de vaisseau de KERROS et les trois canots mis à la remorque. Deux embarcations restaient à secourir ; mais l'état de la mer à l'entrée de la baie d'Audierne ne permettait pas d'en prendre un plus grand nombre sans risques d'avaries. CISSOU les prévint de rester au large en attendant son retour. Il fit alors route sur la passe d'Audierne. En passant la barre, l'étrave d'une des embarcations dut accrocher par la violence des lames : le canot partit à la dérive. Quant au Capitaine de vaisseau de KERROS, il atteignit heureusement Audierne, avec ses trois équipages déposés à quai.
   Se jouant des lames énormes qui déferlaient à l’entrée, il ressortit aussitôt, rattrapa l'embarcation qu'il avait perdue quelques instants plus tôt et recueillit les marins Laurent CARIOU et Jean-Marie FOLLIC. Leur canot fut pris en remorque et entré à Audierne à 15 heures. Nouvelle sortie pour le canot monté par les marins Henri CARADEC et Joseph CARIOU, de Plogoff. La manœuvre réussit d’une façon aussi brillante que les précédentes. Il est alors 15h20. On signale alors au Capitaine de vaisseau de KERROS que deux embarcations de Pors-Poul’han, sont en difficulté au large. Il reprend la mer aussitôt, fait route au Sud-Est et rejoint, environ à trois milles de la passe, les deux embarcations qui sont montées par 5 hommes : Guillaume ANSQUER, Le DERN ; les autres noms me sont malheureusement inconnus. Les hommes et les embarcations sont ramenés à Audierne à 16h30 sous les acclamations de la foule enthousiasmée.
   Le mécanicien Jean-Marie THOMAS me signale leur rentrée à Audierne. Je lui donne l'ordre d'amarrer le canot à l'abri dans le fond du port, estimant que l'état de la mer au Loch ne permet pas de le hisser sans risque d'avaries.
   Le samedi 31, le temps étant plus clément, le Capitaine de Vaisseau de KERROS rejoignait Le Loch et était rentré dans son abri sans incident. D'après les déclarations de M. JAFFRY d'Audierne, secrétaire de la Société Générale, qui assistait en personne aux opérations de sauvetage, il y aurait eu, sans l'heureuse intervention de notre canot, mort d'hommes à déplorer, le canot de sauvetage d'Audierne, vu ses faibles moyens, ne pouvant franchir la barre, se trouvait dans l'impossibilité d'apporter le moindre secours aux équipages en danger. II m'a de plus fait de grands éloges de l’équipage et du canot du Loc’h qui ont causé l'admiration de la population d'Audierne.
Ceci est tout à l'honneur de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons. Treize hommes sauvés, sept barques arrachées à une perte certaine, le Capitaine de Vaisseau de KERROS s'est, pour sa première sortie, taillé la part du lion, espérons qu'il ne s'en tiendra pas là.

L'équipage tout entier, qui a fait preuve d'initiative et d'un cran digne d'éloges était ainsi constitué :
Eugène CISSOU, patron
Jean-Marie THOMAS, mécanicien.
Jean KERSAUDY, matelot.
Jean YVEN, matelot.
Henri DOUGUET, matelot.
Guillaume CARVAL, matelot.
Tous de Primelin.

Je les propose à M. le Directeur pour la prime prévue par les statuts.
Le matériel s'est comporté d'une façon admirable, le Capitaine de Vaisseau de KERROS est une merveille et fait grandement honneur à l’ingénieur qui a conçu ses lignes et à son constructeur. Le moteur a fonctionné d’une façon parfaite.

Le Chef de Station
Signé : J. EON

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 a
Article de presse Ouest Eclair du 10 novembre 1936 - Une visite au petit port du Loch Primelin

CH13 - Daniel Thomas ancien patron du Paul Lemonier et Chef de la station HSB du Loch Primelin   Photo de Daniel THOMAS, ancien Patron du Paul LEMONNIER et ancien Chef de la station HSB du Loch Primelin, devant le bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS en Octobre 1936.

CH13 - Logo HSB

 


 

20 mai 2012

05 - Bien avant 1903 ... à Primelin

Carte de l'anse du Loch vers 1820 en HD

Ch03 - L'Anse dio Loch vers 1820L'Anse du Loch en 1818

   Auguste-Jean-Marie, Baron BACHELOT DE LA PYLAIE (1786-1856) est un botaniste, un explorateur, un dessinateur, un archéologue, doté d'une curiosité et d'une ouverture d'esprit peu communes. Il est un grand voyageur, principalement à travers la France mais aussi en Afrique et en Amérique. En 1850, il publie un livre intitulé " Études archéologiques mêlées d'observations et de notices diverses ".
Un passage m'a particulièrement intéressé, car il nous parle de la réalisation d'un port au Loc'h en Primelin.

" Port de refuge à créer dans l'anse du Loc'h, entre Audierne et la pointe du Raz-de-Sein."

   Les fréquents et inévitables naufrages qui se répètent annuellement sur les côtes de la baie d'Audierne m'en ont fait étudier avec soin toute la partie occidentale, parce qu'elle est la plus dangereuse. On peut arriver souvent avec l'espoir de la vie sauve, en faisant côte sur cette plage sablonneuse qu'on appelle le plateau de Penhors, et qui s'étend en demi-cercle d'Audierne jusqu'à la pointe de Penmarch ; tandis que toute la partie occidentale de la baie, sur une longueur de quatre lieues et demie, ne nous présente plus jusqu'à la pointe du Raz, excepté quelques anses, qu'une côte formée de rochers à pic, contre lesquels les flots viennent se briser pendant les gros temps, de la manière la plus impétueuse.
   J'ai examiné en conséquence toutes ces anses avec attention, et l'une d'elles, qui est en même temps la principale, devient par sa position au milieu de toute cette longueur de côte, par son étendue suffisante, ses autres avantages particuliers, l'endroit où le gouvernement devrait établir cet asile si nécessaire aux navires. On pourrait, par la suite, en faire un bon port de marée, comme Morlaix, Audierne, Quimper, etc. Il faudrait des travaux... ; mais les travaux sont et seront toujours la poule aux œufs d'or du génie, et quand un intérêt majeur, celui du commerce et l'humanité les commandent, il doit les provoquer. Il faut remarquer d'abord que l'entrée de l'anse du Loc'h n'est point barrée, comme celle du port d'Audierne, par un vaste plateau de rochers. Depuis le sud, jusqu'à l'ouest, on peut y venir à pleines voiles ; seulement, par les vents du sud-est, il y aurait à tourner les rochers qui s'avancent de ce côté, au-devant de son ouverture.
   Comme les vents entrent en plein dans cette anse, depuis le sud-est jusqu'au sud-ouest, il deviendrait alors indispensable d'établir un brise-lames en face de son entrée, derrière lequel deux môles opposés, partant de la côte et s'entrecroisant à la distance requise pour le passage des vaisseaux, formeraient derrière eux le port de refuge.
   Ce port serait ensuite parfaitement abrité des vents d'ouest par la haute chaîne qui porte sur son extrémité la chapelle de Notre-Dame de Bon-Voyage, au delà de laquelle elle forme le reste de la côte jusqu'à la pointe du Raz. Les hauteurs du fond de l'anse le protègent contre les vents du nord ; et celles ensuite qui portent le bourg de Primelin, situé près d'elle du côté de l'orient, ainsi que leur extension qui forme la côte défendraient à leur tour le port que nous indiquons, du côté du nord-est et de l'est.
   Cette localité ajoute encore aux avantages que nous venons de mentionner une gorge profonde, par laquelle les eaux d'un bassin, long de trois lieues d'occident en orient, arrivent de deux côtés opposés au fond de l'anse. L'entrée de cette gorge ayant été obstruée par la mer, comme dans presque tous les lieux analogues, par un atterrissement de sables et de galets, on a profité de celui-ci pour l'établissement de la chaussée sur laquelle passe le chemin vicinal qui se rend d'Audierne à la pointe du Raz ; et par derrière se trouve un étang, en partie rempli de roseaux, dont le déblayement ne serait pas difficile. C'est là qu'on pourrait établir un arrière-port, ou des bassins dans lesquels on tiendrait les navires toujours à flot, au moyen d'écluses, ainsi qu'au Havre ; et de chaque côté, l'étendue du bas-fond permettrait de construire des maisons.
   Le cours d'eau (le Yun) qui arrive ici par le vallon dont nous venons de parler serait utilisé pour les besoins des pêcheries de sardines, du lieu et du maquereau, dont le port de refuge favoriserait l'établissement. Sauf erreur de ma part, je crois qu'on peut faire beaucoup ici, d'autant plus qu'il y a tant de circonstances où les navires ne peuvent franchir le passage du Raz, et qu'ils trouveraient au Loc'h, tout auprès, un port de relâche parfaitement sûr ! Son entrée présente encore soixante pieds d'eau au maximum d'abaissement des marées des équinoxes, tandis qu'Audierne n'en a que douze environ.
   Je dois ajouter encore que c'est le long de la côte de Notre-Dame de Bon-Voyage, et surtout vis-à-vis l'entrée de cette anse, que les navires viennent se mettre à l'abri lorsque les vents et la marée leur refusent le passage du Raz : ils se tiennent dans cette espèce de mouillage jusqu'au moment où il devient praticable.
   Comme on m'avait indiqué quelques réduits où l'on croyait possible d'établir un petit port, j'ai suivi toute la côte depuis l'anse qui nous occupe jusqu'au Bec du Raz ; j'ai vu toutes ces criques, et je me fais un devoir de déclarer qu'on n'y obtiendrait que des résultats minimes, avec des frais énormes.
   On m'objectera peut-être que la mer brise en avant du Loc'h dans les gros temps ? Elle y brise en effet comme elle brise en avant d'Audierne, en dehors du plateau de la Gamelle; mais ces brisants n'ont pas empêché l'établissement du port, et l'entrée du Loc'h offre l'avantage majeur de n'être pas masquée et interdite pendant les tourmentes, par une autre Gamelle. Je terminerai cet exposé en appuyant ma demande sur la sanction des marins de l'île de Sein et des côtes voisines : ce sont pour moi des autorités compétentes : et le gouvernement, en l'accueillant, offrirait une nouvelle sécurité pour la marine marchande, ainsi qu'aux vaisseaux inférieurs de la marine royale.

Plan du loch 1850 en HD

Plan du loch Primelin de 1850 (env)

-------------------------------------------------------------

 

Pour que l’histoire ne meurt pas (écrit par Blandine MEIL épouse DANZE en 1991).

“En la terre d’Armorique
Tout là-bas vers L’océan
Où fleurit le jonc celtique
Où vole le cormoran »


   Entre mes doigts, je tourne et retourne une médaille à l’effigie de NAPOLEON III. Encore un de ces objets qui traîne dans mes tiroirs, dans ma boîte à trésors. Bien des fois j’ai voulu la jeter, mais toujours quelque chose me retenait. « Raconte encore grand-mère, me dit ma petite-fille, l’histoire de la médaille ».

   Alors, pour que l’histoire ne meurt pas, pour mon plaisir, celui de mes petits-enfants et peut-être de quelques lecteurs, je hisse la voile sur l’océan de ma mémoire, espérant que le vent me soit favorable, pour vous narrer ces quelques bribes de souvenirs, transmis oralement de veillée en veillée et échouant aujourd’hui sur ce rivage.

   Qui était donc cet ancêtre qui, à lui seul et pieds nus, seize hommes sauva d’un naufrage ?

   Nous sommes en 1855, sous la deuxième République. C’était donc avant le téléphone et l’électricité, avant les automobiles et la navigation à vapeur. Dans le Cap Sizun, souvent noyé sous un crachin ou émergeant sous un ciel rieur, vivent des gens à la fois pêcheurs et cultivateurs. La vie est rude, il faut tirer son pain de là où l’on peut. Le pain de seigle, les pommes de terre, le lard et la bouillie de froment forment le menu frugal de tous les jours. Le poisson aussi, quand la mer le permet, ainsi que des berniques et des bigorneaux que les enfants cueillent à marée basse.

   Dans le village de Kerdugazel habite la famille DANZE, le père, la mère, et leurs trois enfants : Pierre, Yvon et Marie. Le travail ne manque pas. La terre demande des bras solides et le père est rigoureux quand il s’agit du travail.

   Pierre y est habitué. Il a fait ses études collégiales au petit séminaire de Pont-Croix, avec les Pères GRIGNON DE MONFORT, où sévérité et discipline étaient au programme. Aussi, à chaque période de vacances, vive la liberté ! Il prend le chemin de la côte, lieu de rendez-vous des gamins du village. Aucune crique, aucune plature (grève) ne leur sont inconnues. Ils défient la marée montante jusqu’au dernier moment et c’est un jeu pour eux, d’escalader les rochers à la vitesse de leur jeunesse. Pierre aime braver les éléments. Du sang celte coule dans ses veines. Il est né, comme dit un proverbe breton, avec de l’eau de mer autour du cœur.

   Septembre 1855. Le temps des gamineries a passé. Pierre a vingt huit ans. Rentrant des champs, il dit à la maisonnée attablée :

- Ça moutonne au large, le mauvais temps s’en vient.
- C’est l’équinoxe, lui répond son père.

   Le lendemain matin,  la sirène d’un navire en détresse a réveillé les gens de la côte. Pierre, sans mot dire, enfile son bragou (pantalon), sa vareuse et saute dans ses sabots. Il attrape au vol un falot que sa mère lui tend. La purée de pois est épaisse. « Sois prudent » lui dit-elle. Elle le connaissait bien son Perric (petit Pierre), elle savait qu’il ne ferait qu'à sa tête ou n’agirait que selon son cœur. Chemin faisant des voisins se joignent à lui.

- Voyez-vous quelque chose ?
- Dirigeons-nous vers Porz Tarz,  il doit être dans ce coin !

   Débouchant ensemble derrière la dune, ils le virent là, le géant, orgueil des mers, donnant de la bande, la coque crevée, les voiles pendantes.

« Ce n’était plus qu’un bateau sans falot
qui s’enfonçait coque et mâts dans les flots »
O ma Doué! O Santez Anna! O pet truez !
 
   Tous ils se signèrent.

   Spectacle terrifiant sur l’écume bouillonnante ! Des vies humaines se soulèvent et disparaissent tour à tour dans les vagues, luttant jusqu’au bout de leur souffle contre les rafales, la houle, les rocs, contre tout ce qui nage, se soulève et se brise. La mer, après les avoir bercés furieusement, les rejette à la côte, ne faisant aucune différence entre les épaves et les hommes. Et comment faire pour les remonter sur le rivage ? Qui affrontera ces écueils que la mer couvre et découvre avec fracas ?

- Regardez, dit Jean le sabotier, voilà Pierre qui en ramène un sur son dos !
- Il n’y a que lui pour risquer sa vie ainsi, dit Pierre Gloaguen son voisin.

   Le danger est grand. Aucun n’ose lui dire  de ne plus retourner dans cet enfer. Ils font plutôt de leur mieux pour l’aider aussitôt qu’il en ramène un autre sur le rivage. Pendant ce temps, d’autres secours s’organisent. Des tombereaux garnis de paille fraîche sont amenés.

   Yvon le frère de Pierre, fut envoyé quérir le médecin à Audierne, distant de cinq kilomètres. Eh ! Fouette les chevaux dans les chemins boueux aux ornières bien creusées ! Il avisa aussi les douaniers de la côte, selon la procédure légale. Un hôpital de fortune fut installé dans la grange des DANZE. En attendant le médecin, les femmes ont préparé des paillasses, distribué des vêtements, de la soupe et des boissons chaudes.

   Ainsi réconfortés, rescapés et sauveteurs se remirent de leurs émotions. Pierre, les pieds et les mains ensanglantés d’avoir trente deux fois escaladé les rochers, dormit vingt-quatre heures d’affilée. Et l’on retourna au quotidien. Les gens de la côte ayant fait leur devoir de chrétiens et de citoyens, l’Administration Maritime prit les choses en mains.

   Septembre 1856. Les tours de la Cathédrale Saint-CORENTIN  viennent d’être inaugurées. Mais que nous importe ! Quimper est loin. Au bourg de Primelin, Cap Sizun, dans la cour de l’école communale, presque tous les habitants sont attroupés. Que se passe-t-il donc ? Les copains de Pierre soufflent de toute la force de leurs poumons dans leurs binious. Ils sont parés de leur vêtements du dimanche : gilets brodés et bragou braz, chapeaux ronds au large ruban de velours, boucle de métal bien astiquée. On peut voir le représentant  de l’inscription maritime d’Audierne et le maire de Primelin, ceint de son ruban tricolore. Après le discours d’usage, il épinglera sur la poitrine de notre héros une médaille à l’effigie de NAPOLEON III. Au revers, ces mots :

  Ministère de la Marine - A Pierre DANZE cultivateur - Courage et dévouement 1856

Ch05 - Médaille de Napoléon III - Courage et dévouement
   De leurs marches silencieuses et sûres, cent cinquante ans ont passé. Les tours de la cathédrale de Quimper sont toujours debout, et moi, je tiens dans ma main cette médaille qui atteste de l’histoire. Qui n’a pas dans ses tiroirs quelque objet oublié attendant que l’on fasse revivre son histoire ?

Je vous mets au défi de la raconter.

Blandine MEIL (épouse DANZE.)

   Il y plus de 20 ans que Blandine avait écrit ce texte en se servant comme sujet, la médaille et des bribes d’histoires retenues dans sa famille. Son mari Pierre DANZE répétait souvent : « mon grand-père habitant à Kerdugazul était d’une force titanesque, durant un naufrage il ramena à lui seul au rivage, 16 hommes sur son dos.»
   Elle l’avais presque oubliée, cette histoire à moitié sortie de son imaginaire, mais sa sœur Annette MEIL épouse SICOURMAT, cartophile invétérée, s’est prise de curiosité pour cette histoire. Avec la passion qui l’anime pour la recherche, elle a fait le tour de ses connaissances afin de trouver le nom de ce bateau échoué en/ou vers 1855. Paul LE BESCOND trouva au archive de la marine les réponses : « La Province d’Oran » 206.60 tonneaux, Amateurs LE LOUP et RUEL du Havre. Immatriculé à Cette (Sète) avec comme Capitaine : LANGLOIS et 19 hommes à bord. Naufragé sous le raz de Sein le 13 septembre 1855. Il n'y eu aucune perte parmi l'équipage.

   La recherche pour la médaille a donné ceci :
   En date du 30 décembre 1856, trois médailles attribuées à trois hommes. Médailles de deuxième classe en argent.
1 - Jean-Yves DANZE
2 - Pierre DANZE
3 - Pierre GLOAGUEN – Cultivateurs à Kerdugazel.

   Quelque info complémentaire sur la Cie du bateau :
   Une nouvelle adjudication fut enlevée le 27-12-1852 par une Cie cettoise du nom de "Cie Impériale", entre la France et l'Algérie. Ce service devait commencer le 01-01-1854. Pour son programme, cette Cie devait construire 10 vapeurs de 350 chevaux en fer et à hélice et 6 autres de 80 à 120 chevaux.
   On lança à Cette le 19-03-1853 un de ces derniers, " la Province d'Oran " qui effectuera un 1er départ le 30-06-1853 pour Philippeville et Stora. Pour commencer son service, la Cie impériale acquit et affréta un certain nombre de bateaux à aubes ou à hélices déjà affectés aux lignes d'Alger ou venus du Nord de la France, tel le Méditerranée, le Havre, la Ville de Marseille, le Hambourg, le Languedoc, l'Isly, la Province d'Alger, etc. Malheureusement pour elle, la Cie Impériale dut bientôt, faute de capitaux, renoncer à la lourde charge qu'elle avait cru pouvoir assumer, et le gouvernement fut contraint de recourir à un autre entrepreneur.

   ------------------------------------------------------

   Pierre DANZE (le petit fils) se lance en 1932 dans l'extraction de gravier et de galets à la grève de Pors-ar-Briec, à l'est du port du Loch. L'entreprise de cimenterie qu'il a créé alimentera en matières premières toutes les constructions du coin durant une dizaine d'années.
   Pierre migre, avec son épouse Blandine, au Canada dans les années 1951.

extraction de gravier et de galet au Loch Plan d'extraction de gravier et de galet en HD

 ------------------------------------------------------

   Pour la petite histoire, l'arrière-grand-père de Pierre DANZE (le mari de Blandine MEIL), a eu 10 enfants, dont Pierre et Yvon (Jean Yves) DANZE : les sauveteurs de 1855. Seulement 7 enfants atteindront l'age adulte et se marieront.
   Dans les petits cousins de Pierre, j'ai pu trouver le futur Maire de Primelin : Jean Yves HELIAS (maire de Primelin de 1925 à 1941) et un certain Marc Jean Noël CARIOU né à St Tugen en 1884. Ce Marc CARIOU, je le retrouve également dans ma généalogie, car mon père Jean a comme cousine germaine : Jeanne CHAPALAIN (née à Custren à Esquibien) mariée à Noël Cariou, fils de l'intéressé.
   Bref, même si son histoire n'a aucun lien avec l'histoire du Loch, je la trouve suffisamment intéressante pour vous la présenter.

Marc CARIOU - La vie d'un planteur aux Nouvelle-Hébrides en PDF
ou ici

Marc Carriou et son épouseMarc CARIOU et son épouse

 


 

17 mars 2023

45 - Conférence toponymique côtière et histoire locale du Cap-Sizun (VIDEO)


Conférence toponymique côtière et histoire locale du Cap-Sizun
Vidéo du dimanche 12 mars 2023

 

   A qui tend l’oreille, la côte sauvage du Cap Sizun murmure une infinité de noms qui hélas vont disparaître avec le temps qui passe, faute d’avoir pu les transmettre. Les riverains d’aujourd’hui ne sont pas ceux d’hier, les usages non plus et la langue encore moins. Que leur accès soit familier ou leur approche redoutée, rochers, criques, pointes, grèves et plages ont acquis depuis la nuit des temps des noms précis à caractère descriptif ou symbolique. Mais parfois dans leur langue d’origine, c’est-à-dire le breton, leur signification s’est perdue. D’où l’utilité et l’urgence d’en dresser l’inventaire avant que ce riche lexique ne laisse place à de vagues désignations. Ainsi les pratiques d’aujourd’hui, pêche, sport et tourisme auront tout à gagner à s’immerger dans l’histoire locale pour en puiser des connaissances et s’inscrire dans la continuité.   


   Les toponymes en français mais surtout en breton sont imagés comme la langue, ils désignent aussi bien une forme suggérée qu’une couleur dominante, ils rappellent parfois une anecdote ou évoque un élément de légende.

 

Ch45a - Conférence toponymie Cap-Sizun - Hervé THOMAS - 12-03-2023

Ch45b - Conférence toponymie Cap-Sizun - Hervé THOMAS - 12-03-2023

Ch45c - Conférence toponymie Cap-Sizun - Hervé THOMAS - 12-03-2023

 

 Je vous propose 10 chapitres vidéo

 

Vidéo chapitre 1 - Intro
https://youtu.be/-uWQclW8owM

 



 Vidéo chapitre 2 - Pointes et Kougons
https://youtu.be/o0i3gBt9ZcA

 


 

 Vidéo chapitre 3 - Histoires diverses
https://youtu.be/BjxxkHVELEw

 


 

 Vidéo chapitre 4 - Ar Puns, Toull, Poull, Baz, Ravazenn
- https://youtu.be/z3Qc8ySie1U

 


 

 Vidéo chapitre 5 - Les ports du Cap-Sizun
- https://youtu.be/B21d3vS1MDI

 


 

 Vidéo chapitre 6 - Amers et cartes marine
- https://youtu.be/Mgkzjt6bHLk

 


 

 Vidéo chapitre 7 - Pêche et repères
-
https://youtu.be/RVMcucWN9LU

 


 

 Vidéo chapitre 8 - Préhistoire et mégalithes
- https://youtu.be/KEk3vKdQF6U

 


 

 Vidéo chapitre 9 - Une Chapelle oubliée
- https://youtu.be/ScuQwpI8vgA

 


 

 Vidéo chapitre 10 - De la Pointe du Raz au phare de la Vieille
- https://youtu.be/TJP9EJekZ6I

 


 

 

Ch43 - Conférence

 

24 mars 2021

41 - Photos d'école du Christ Roi de Primelin

 

Photos de groupes de l'école du Christ Roi de Primelin (1950-1986)

Ch41 - 1950 - Mère Anne-Marie et ses élèves1950 - Première rentrée des classes avec 5 élèves - L'entrée de l'école avec Mère Anne-Marie

Denise Le BERRE - Émilienne PELLE - Yvonne Le MOIGNE - Marie-Lorette LADAN - Marie-Josée  Le MOIGNE


------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1950 - Mlle DREULETTE avec les 2 premières religieuses et leur 5 élèves
1950 - Mlle DREULETTE avec Jeannine X
Mères Anne-Marie et Marie-Thérèse
Derrière : Denise Le BERRE - Émilienne PELLE
Devant : Marie-Lorette LADAN - Marie-Josée et Yvonne Le MOIGNE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1951-06 - (École du Christ Roi)-
Juin 1951

Derrière : Émilienne PELLE - Marie-Josée Le MOIGNE - Marie-France Le BOURDON - Marie-Lorette LADAN
Devant : Yvonne Le MOIGNE - Monique SAOUZANET - Jeannine Le BOURDON - Annie GOURMELEN - Denise Le BERRE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1952-06 - (École du Christ Roi)Juin 1951

3ème rang : Émilienne PELLE - Marie-Josée Le MOIGNE - Jeannine Le BOURDON - Marie-France Le BOURDON
2ème rang : Yvonne Le MOIGNE - Monique SAOUZANET - Annie GOURMELEN - Denise Le BERRE - Marie-Lorette LADAN
1er rang devant : Jean Le MOIGNE - Joseph Le BOURDON - Marie-Josèphe MARCHAND - Georges LADAN

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1952-10 - (École du Christ Roi) 2Octobre 1952

3ème rang : Marie-France Le BOURDON - Marie-Josée Le MOIGNE - Marie-Henriette Le BERRE - Jeannine Le BOURDON
2ème rang : Marie-Lorette LADAN - Marie-Yvonne PRIOL - Émilienne PELLE - Yvonne Le MOIGNE - Denise Le BERRE
1er rang devant : Monique SAOUZANET - Monique Le BERRE - Marie-Josée BREHONNET - Simone GOUILL - Annie GOURMELEN - Marcelle PRIOL

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1954-1955 - La petite classe - (École du Christ Roi)1954-1955 - La petite classe

3ème rang : Joseph Le BOURDON - Monique Le BERRE - Marie-Alice HÉLIAS
2ème rang : Daniele PRIOL - Marie-Josée BREHONNET - Marie-Josèphe MARCHAND - Simone GOUILL
1er rang devant : Jacqueline Le BOURDON - Séraphine ALANOU - Georges LADAN - Anne-Marie et Michel Le BERRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1954-1955 - La grande classe - (École du Christ Roi)1954-1955 - La grande classe

3ème rang : Marie-Thérèse Le PAPE - Jeannine Le BOURDON - Marie-Henriette Le BERRE - Marie-Josée Le MOIGNE - Denise Le BERRE
2ème rang : Marie-Lorette LADAN - Émilienne PELLE - Marie-France Le BOURDON - Marie-Yvonne PRIOL
1er rang devant : Marcelle PRIOL - Annie GOURMELEN - Monique SAOUZANET - Yvonne Le MOIGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-01 - 1 - (École du Christ Roi)1955

Georges LADAN - Séraphine ALANOU - Anne-Marie Le BERRE - Jacqueline Le BOURDON - Michel Le BERRE - Daniele PRIOL - Simone GOUILL - Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Josée BREHONNET - Joseph Le BOURDON - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-01 - 2 - (École du Christ Roi)Juin 1955

4ème rang : Annie GOURMELEN - Marcelle PRIOL - Marie-Yvonne PRIOL - Marie-Lorette LADAN - Yvonne Le MOIGNE - Monique SAOUZANET
3ème rang : Émilienne PELLE - Marie-Thérèse Le PAPE - Jeannine Le BOURDON - Marie-Henriette Le BERRE - Marie-Josée Le MOIGNE - Denise Le BERRE - Marie-France Le BOURDON
2ème rang : Marie-Josèphe MARCHAND - Danielle PRIOL - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Marie-Josée BREHONNET - Simone GOUILL - Jacqueline Le BOURDON
1er rang devant : Séraphine ALANOU - Joseph Le BOURDON - Georges LADAN - Michel et Anne-Marie Le BERRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-06-01 - (École du Christ Roi)Juin 1955

4ème rang : Monique SAOUZANET - Annie GOURMELEN - Marcelle PRIOL - Marie-Lorette LADAN - Marie-Yvonne PRIOL - Yvonne Le MOIGNE
3ème rang : Émilienne PELLE - Marie-France et Jeannine Le BOURDON - Marie-Henriette Le BERRE - Marie-Josée Le MOIGNE - Marie-Thérèse Le PAPE - Denise Le BERRE -
2ème rang : Daniele PRIOL - Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Joseph Le BOURDON - Marie-Josée BREHONNET - Simone GOUILL
1er rang devant : Anne-Marie Le BERRE - Michele CHAPALAIN - Séraphine ALANOU - Michel Le BERRE - Jacqueline Le BOURDON - Georges LADAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-1957 - 1 - (École du Christ Roi)1956 - Petite section

Derrière : Séraphine ALANOU - Marie-France et Jacqueline Le BOURDON (du Poullou) - Anne-Marie Le BERRE - Marie-France CHAPALAIN
Devant : Marie-Louise ALANOU - Jean-Pierre DONNART - Marie-Josée GOUILL - Maryvonne KERSAUDY - Marie-Henriette MAUBRAS - Jean-Luc LADAN - Georges LADAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-1957 - 2 - (École du Christ Roi)1956 - Grande section

3ème rang : Maryvonne PRIOL - Annie GOURMELEN - Marie-France Le BOURDON - Marcelle PRIOL
2ème rang : Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Marie-Josée BREHONNET - Monique SAOUZANET
1er rang devant : Simone GOUILL - Danielle PRIOL

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-1957 - 3 - (École du Christ Roi)1956

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956 - (École du Christ Roi)- 1956

Séraphine ALANOU - Marie Yvonne KERSAUDY - Marie-Henriette MAUBRAS - Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Georges LADAN - Marie-Josée GOUILL - Jacqueline Le BOURDON - Jean-Pierre DONNART - Anne-Marie Le BERRE - Michelle CHAPALAIN - Jean-Luc LADAN - Marie-Louise ALANOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1957-1958 - 1 - (École du Christ Roi)1957 - Petite section

Derrière : Christine MAUBRAS - Jean PERROT - Andrien PELLE - Chantal RIOU
Devant : Cécile Le LAY - Monique AMINOT - Marie-Henriette MAUBRAS - Marie-Louise ALANOU - Jean-Luc LADAN (+ devant) - Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Marie-France CHAPALAIN - Marie-Josée GOUILL - Marie-Josée CHALM - Mireille Le BOURDON - Brigitte Le BIHAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1957-1958 - 2 - (École du Christ Roi)1957 - Grande section

Derrière : Danielle PRIOL - Simone GOUILL - Jacqueline Le BOURDON - Marie-Josèphe MARCHAND - Anne-Marie Le BERRE - Séraphine ALANOU
Devant : Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Monique SAOUZANET - Marie-France Le BOURDON - Michelle CHAPALAIN (+ devant) - Marcelle PRIOL - Annie GOURMELEN - Marie-Josée BREHONNET

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1958-1959 - 1 - (École du Christ Roi)1958 - Petite section

4ème rang : Marie-Noëlle REUNGOAT - Marie-France CHAPALAIN - Adrien PELLE - Jean PERROT - Pierre LAOUENAN - Chantal RIOU
3ème rang : Marie-Josée GOUILL - Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Cécile Le LAY - Mireille Le BOURDON
2ème rang : Christine MAUBRAS - Maryvonne KERSAUDY - Brigitte Le BIHAN - Marie-Josée CHALM - Marie-Louise ALANOU
Devant : Jean-Luc LADAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1958-1959 - 2 - (École du Christ Roi)1958 - Grande section

3ème rang : Simone GOUILL - Danielle PRIOL - Jacqueline Le BOURDON - Anne-Marie Le BERRE
2ème rang : Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Marie-Josée BREHONNET
1er rang devant : Séraphine ALANOU - Michelle CHAPALAIN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1958-1959 - 3 - (École du Christ Roi)1959

2ème rang : Marie-Alice HÉLIAS - Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Josée BREHONNET - Monique Le BERRE - Jacqueline Le BOURDON
1er rang devant : Simone GOUILL - Anne-Marie Le BERRE - Séraphine ALANOU - Michelle CHAPALAIN - Danielle PRIOL

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1959 - Récréation - (École du Christ Roi)1959 - En récréation

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1959-08 - Émilienne et Adrien PELLE - (École du Christ Roi)
1959 - Émilienne et Adrien PELLE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1960-06 - La petite classe - (École du Christ Roi)1960

Derrière : Marie-Louise ALANOU - Mireille Le BOURDON - Cecile Le LAY - Christine MAUBRAS - Marie-Josée CHALM
Devant : Jean-Luc LADAN - Pierre LAOUENAN - Martine Le BORGNE - Maryvonne KERSAUDY - Marie-Thérèse GUILLOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1960-06 - La grande classe - (École du Christ Roi)1960

Derrière : Simone GOUILL - Marie-Josèphe MARCHAND - Marie-Alice HÉLIAS - Marie-Josée BREHONNET - Jacqueline Le BOURDON - Danielle PRIOL
Devant : Marie-Noëlle REUNGOAT - Claudine LOUARN - Séraphine ALANOU - Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Michelle CHAPALAIN - Marie-Josée GOUILL

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1961-05 - 1 - (École du Christ Roi)1961

3ème rang : Daniel LAOUENAN - Jean-Luc LADAN - Pierre LAOUENAN - Maryvonne KERSAUDY - Marie-Thérèse GUILLOU - Jean-Jacques LANCOU
2ème rang : Marie-Josée CHALM - Christine MAUBRAS - Mireille Le BOURDON - Cécile Le LAY - Annie GOARDON - Brigitte Le BIHAN - Marie-Louise ALANOU
1er rang devant : Sylviane Le BORGNE - Sylvia KERNINON - Dominique CARVAL - Martine Le BORGNE - Christian PENVEN - Claude FILY

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1961-05 - 2 - (École du Christ Roi)1961

Annie GOARDON - Cécile Le LAY - Daniel LAOUENAN - Marie-Thérèse GUILLOU - Marie-Josée CHALM - Claude FILY - Jean-Luc LADAN - Christine MAUBRAS - Maryvonne KERSAUDY - Pierre LAOUENAN - Christian PENVEN - Martine Le BORGNE - Dominique CARVAL - Mireille Le BOURDON - Marie-Louise ALANOU - Jeannick Le BORGNE - Sylviane Le BORGNE - Sylvia KERNINON

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1961-05 - 3 - (École du Christ Roi)Mai 1961

4ème rang : Marie-Noëlle REUNGOAT - Marie-Josée GOUILL - Cécile Le LAY - Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Séraphine ALANOU - Marie-Henriette MAUBRAS - Mireille Le BOURDON
3ème rang : Claudine LOUARN - Danielle PRIOL - Marie-Josèphe MARCHAND - Jacqueline Le BOURDON - Marie-Alice HÉLIAS - Anne-Marie Le BERRE - Michèle CHAPALAIN
2ème rang : Marie-Louise ALANOU - Marie-France CHAPALAIN Annie GOARDON - Marie-Yvonne KERSAUDY - Brigitte Le BIHAN - Jean-Luc LADAN - Christine MAUBRAS - Pierre LAOUENAN - Marie-Josée CHALM
1er rang devant : Christian PENVEN - Martial THOMAS - Marie-Thérèse GUILLOU - Daniel LAOUENAN - Claude FILY - Sylviane Le BORGNE - Dominique CARVAL - Martine Le BORGNE - Sylvia KERNINON

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1963-06 - 1 - (École du Christ Roi)1963

4ème rang : Sylvia KERNINON - Dominique CARVAL - Josette FRAVALLOT - Marie-Thérèse GUILLOU - Jean-Jacques LANCOU
3ème rang : Marie-Thérèse CHAPALAIN - Sylviane Le BORGNE - Marie-Pierre LOUARN - Christian PENVEN - Philippe Le BORGNE - Jean-Yves CARVAL - Martine Le BORGNE
2ème rang : Marie-Thérèse KERLOC'H - Clara KERNINON - Jeannick Le BORGNE - Claude LANCOU - Jean-François PENVEN - Martial THOMAS
1er rang devant : Hélène GUILLOU - Brigitte NORMANT - Marie-Henriette Le HIR - Marie-Claire FLOC'H  - Gilbert Le CORRE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 

Ch41 - 1963-06 - 2 - (École du Christ Roi)1963

5ème rang : Dominique CARVAL - Josette FRAVALLOT - Christine MAUBRAS - Marie-Louise ALANOU - Marie-France CHAPALAIN - Marie-Josée CHALM - Maryvonne KERSAUDY - Marie-Thérèse GUILLOU
4ème rang :  Marie-Henriette MAUBRAS - Cécile Le LAY - Chantal FRAVALLOT - Mireille Le BOURDON - Brigitte Le BIHAN - Annie GOARDON
3ème rang : Marie-Thérèse CHAPALAIN - Sylviane Le BORGNE - Sylvia KERNINON - Martine Le BORGNE - Jean-Jacques LANCOU - Christian PENVEN - Philippe Le BORGNE - Jean-Yves CARVAL
2ème rang : Hélène GUILLOU - Marie-Thérèse KERLOC'H - Clara KERNINON - Jeannick Le BORGNE - Marie-Pierre LOUARN - Claude LANCOU - Jean-Francois PENVEN - Martial THOMAS - Gilbert Le CORRE
1er rang devant : Brigitte NORMANT - Marie-Henriette Le HIR - Marie-Claire FLOC'H

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1964-05 - 1 - (École du Christ Roi)Mai 1964

3ème rang : Michele LOUARN - Jeannick Le BORGNE - Marie-Thérèse KERLOC'H - Brigitte NORMANT - Claude LANCOU - Gilbert Le CORRE
2ème rang : Marie-Claire FLOC'H - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Marie-Pierre LOUARN - Sylviane Le BORGNE - Philippe Le BORGNE - Jean-Yves CARVAL - Jean-François PENVEN
1er rang devant : Dominique YVEN - Josianne Le HIR - Laurence YVEN - Marie-Henriette Le HIR - Christian Le BORGNE - Gisèle FLOC'H

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1964-05 - 2 - (École du Christ Roi)Mai 1964

3ème rang : Marie-Louise ALANOU - Brigitte Le BIHAN - Mireille Le BOURDON - Cécile Le LAY - Annie GOARDON
2ème rang : Maryvonne KERSAUDY - Christine MAUBRAS - Marie-Josée CHALM - Marie-France CHAPALAIN
1er rang devant : Dominique CARVAL - Martine Le BORGNE - Marie-Thérèse GUILLOU

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-02 - La petite classe 1 - (École du Christ Roi)Février 1967 - La petite classe

4ème rang : Pierre HÉLIAS - Christian Le BORGNE
3ème rang : Dominique YVEN - Joceline NORMANT - Laurence YVEN - Michèle LOUARN - Gisèle FLOC'H
2ème rang : Sylviane PRIOL - Odile KERLOC'H - Dominique POULHAZAN - Guy LANCOU - Jean-Pierre LANCOU
1er rang devant : Gilles YVEN - Patrick HÉLIAS - Patrice POULHAZAN - Clarisse PRIOL - Martine CHALM - Anne-Marie KEROUEDAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-03 - La grande classe - (École du Christ Roi)Mars 1967 - La grande classe

3ème rang : Marie-Thérèse GUILLOU - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Marie-Pierre LOUARN - Marie-Claire FLOC'H
2ème rang : Martine Le BORGNE - Syviane Le BORGNE - Brigitte NORMANT
1er rang devant : Hélène GUILLOU - Marie-Thérèse KERLOC'H - Jeannick Le BORGNE - Marie-Noëlle PRIOL

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-03 - La petite classe - (École du Christ Roi)Mars 1967 - La petite classe

3ème rang : Clarisse PRIOL - Gilles YVEN - Anne-Marie KEROUEDAN - Jocelyne NORMANT - Dominique YVEN - Guy LANCOU - Sylviane PRIOL
2ème rang : Pierre HÉLIAS - Laurence YVEN - Christian Le BORGNE - Gisèle FLOC'H - Michèle LOUARN - Dominique POULHAZAN
1er rang devant : Patrice POULHAZAN - Anne-Marie KEROUEDAN - Martine CHALM - Patrick HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-04 - La petite classe - (École du Christ Roi)
Avril 1967 - La petite classe

5ème rang : Christian Le BORGNE - Gisèle FLOC'H - Michèle LOUARN
4ème rang : Guy LANCOU - Pierre HÉLIAS - Jocelyne NORMANT
3ème rang : Martine CHALM - Clarisse PRIOL - Odile KERLOC'H - Sylviane PRIOL
2ème rang : Patrick HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU - Anne-Marie KEROUEDAN - Hervé THOMAS -
1er rang devant : Patricia NORMANT - Philippe HÉLIAS - Guy MARZIN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-06 - La petite classe 1 - (École du Christ Roi)Juin 1967 - La petite classe

3ème rang : Michèle LOUARN - Pierre HÉLIAS - Guy LANCOU - Christian Le BORGNE - Gisèle FLOC'H
2ème rang : Patricia NORMANT - Jean-Pierre LANCOU - Guy MARZIN - Patrick et Philippe HÉLIAS - Anne-Marie KEROUEDAN
1er rang devant : Jocelyne NORMANT - Sylviane et Clarisse PRIOL - Martine CHALM - Hervé THOMAS - Odile KERLOC'H

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-06 - La petite classe 2 - (École du Christ Roi)Juin 1967 - La petite classe

3ème rang : Hervé THOMAS - Odile KERLOC'H - Martine CHALM - Clarisse et Sylviane PRIOL - Jocelyne NORMANT
2ème rang : Gisèle FLOC'H - Christian Le BORGNE - Pierre HÉLIAS - Guy LANCOU - Michèle LOUARN
1er rang devant : Anne-Marie KEROUEDAN - Philippe et Patrick HÉLIAS - Guy MARZIN - Jean-Pierre LANCOU - Patricia NORMANT

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1967-06 - La grande classe - (École du Christ Roi)Juin 1967 - La grande classe

4ème rang : Marie-Thérèse KERLOC'H - Marie-Thérèse GUILLOU - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Marie-Pierre LOUARN
3ème rang : Marie-Noëlle PRIOL - Brigitte NORMANT - Marie-Claire FLOC'H
2ème rang : Hélène GUILLOU - Syviane Le BORGNE
1er rang devant : Jeannick Le BORGNE - Martine Le BORGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05 - 1 - (École du Christ Roi)Mai 1968

5ème rang : Hélène GUILLOU - Syviane Le BORGNE - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Marie-Pierre LOUARN - Marie-Claire FLOC'H - Brigitte NORMANT - Marie-Thérèse KERLOC'H
4ème rang : Jocelyne NORMANT - Jeannick Le BORGNE - Gisèle FLOC'H - Marie-Noëlle PRIOL - Michèle LOUARN - Martine TRÉANTON
3ème rang : Anne-Marie KEROUEDAN - Martine CHALM - Odile KERLOC'H - Sylviane et Clarisse PRIOL
2ème rang : Anne GUILLOU - Philippe HÉLIAS - Patricia NORMANT - Chantal Le CORRE
1er rang devant : Guy MARZIN - Hervé THOMAS - Jean-Pierre LANCOU - Patrick HÉLIAS - Jean-Yves KEROUEDAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05 - 2 - (École du Christ Roi)Mai 1968

3ème rang : Anne-Marie KEROUEDAN - Martine CHALM - Odile KERLOC'H - Clarisse PRIOL
2ème rang : Thierry CHALM - Philippe HÉLIAS - Anne GUILLOU - Patricia NORMANT
1er rang devant : Jean-Yves KEROUEDAN - Guy MARZIN - Jean-Pierre LANCOU - Patrick HÉLIAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05 - Devant NMai 1968 - Devant Notre Dame de Lourde

4ème rang : Marie-Noëlle PRIOL - Gisèle et Marie-Claire FLOC'H - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Hélène GUILLOU - Jeannick Le BORGNE - Marie-Pierre LOUARN - Sylviane Le BORGNE
3ème rang : Jocelyne NORMANT - Martine TRÉANTON - Odile KERLOC'H - Clarisse PRIOL - Patrick HÉLIAS - Martine CHALM - Michelle LOUARN - Brigitte NORMANT - Marie-Thérèse KERLOC'H
2ème rang : Jean-Pierre LANCOU - Philippe HÉLIAS - Anne GUILLOU - Chantal Le CORRE - Patricia NORMANT - Anne-Marie KEROUEDAN - Sylviane PRIOL
1er rang devant : Jean-Yves KEROUEDAN - Guy MARZIN - Hervé THOMAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970-04 - 1 - (École du Christ Roi)Avril 1970

3ème rang : Martine TRÉANTON - Hélène Guiiou - Michelle LOUARN - Jeannick Le BORGNE - Gisèle FLOC'H - Anne-Marie KEROUEDAN - Jocelyne NORMANT - Marie-Thérèse KERLOC'H
2ème rang : Sylviane PRIOL - Odile KERLOC'H - Clarisse PRIOL - Patrick HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU - Philippe et Pascale HÉLIAS - Guy MARZIN - Chantal Le CORE - Jean-Yves KEROUEDAN - Thierry CHALM - Serge GOUDEDRANGE - Hervé THOMAS
1er rang devant : Estelle POUCHOUS - Valérie CURUNET - Sylvie FEUNTEUN - Laurent THOMAS - Roselyne CHALM - Claude MARZIN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970-04 - 2 - (École du Christ Roi)Avril 1970

Balançoire : Michelle LOUARN
Trapèze : Clarisse PRIOL
Corde : Jean-Yves KEROUEDAN
Debout : Jocelyne NORMANT - Marie-Thérèse KERLOC'H - Gisèle FLOC'H - Martine TRÉANTON - Odile KERLOC'H - Hélène GUILLOU
Par terre : Sylviane PRIOL - Anne-Marie KEROUEDAN - Patricia NORMANT - Valérie CURUNET - Philippe HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU - Pascale et Patrick HÉLIAS - Serge GOUDEDRANGE - Chantal Le CORRE - Thierry CHALM - Guy MARZIN - Roselyne CHALM - Claude MARZIN - Hervé THOMAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - 1 - (École du Christ Roi)1970

Derrière : Sylvie FEUNTEUN - Patricia NORMANT - Anne-Marie KEROUEDAN - Chantal Le CORRE
Devant : Serge GOUDEDRANGE - Thierry CHALM - Roselyne CHALM - Valérie CURUNET

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - 2 - (École du Christ Roi)1970 - La lecon de gymnastique

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - La classe des petits 1 - (École du Christ Roi)1970 - La classe des petits et moyenne section avec Mère Marie-Régis

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - La classe des petits 2 - (École du Christ Roi)1970 - La classe des petits

Serge GOUDEDRANGE - Catherine PENVEN
Laurent THOMAS - Roselyne CHALM
Pascal HÉLIAS - Sylvie FEUNTEUN
Eddy et Estelle POUCHOUS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

CH41 - 1970 - La classe des petits 3 - (École du Christ Roi)1970 - Les élèves de la moyenne section

Thierry CHALM - Martine CHALM
Patrick HÉLIAS - Hervé THOMAS
                      - Philippe HÉLIAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - La classe des grands 1 - (École du Christ Roi)1970 - La classe des grands avec Mère Anne-Marie

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - La classe des grands 2 - (École du Christ Roi)1970 - La classe des grands avec Mère Anne-Marie

Gisele FLOC'H - Hélène GUILLOU
Sylviane PRIOL - Michel LOUARN
Marie-Thérèse KERLOC'K - Martien TRÉANTON
Jocelyne NORMANT - Jeannick Le BORGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970 - Le réfectoire - (École du Christ Roi)1970 - Le réfectoire

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1970-09-21 - Claude MARZIN
Claude MARZIN décède accidentellement à l'age de 4ans 1/2 le 21 septembre 1970

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1971 env - École du Christ Roi1971 env

2ème rang : - Chantal Le CORRE - Anne GUILLOU - Pascale HÉLIAS - Laurent THOMAS - Serge GOUDEDRANGE - XX - Thierry CHALM - Roselyne CHALM
1er rang devant : François GORAGUER -  Hélène CHAPALAIN - Céline CHAPALAIN - Catherine PENVEN - Olga GOUDEDRANGE - Marie-Claude Le BORGNE - Fabienne LANCOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1973 - École du Christ Roi - Primelin 11973 env

3ème rang : XX - Jean-Pierre LANCOU - Patrick HÉLIAS - Guy MARZIN - Jean-Yves KEROUEDAN
2ème rang : Eddy POUCHOUS - François GORAGUER - Laurent THOMAS
1er rang devant : Thierry CHALM - Serge GOUDEDRANGE - Philippe HÉLIAS - Hervé THOMAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1973 - École du Christ Roi - Primelin 21973 env

4ème rang :  Roselyne CHALM - Serge GOUDEDRANGE - Thierry CHALM
3ème rang : Eddy POUCHOUS - Laurent THOMAS - Pascale HÉLIAS - Chantal Le CORRE
2ème rang : Estelle POUCHOUS - Catherine PENVEN - Fabienne LANCOU - Sylvie FEUNTEUN
1er rang devant : Valérie CURUNET - Jean-Yves KEROUEDAN - Anne GUILLOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1979 - École du Christ Roi1978 env

Institutrice : Marie Angèle Le BRAS avec Nicolas POULHAZAN
Debout - Nathalie PRIOL ? - Françoise GOUDEDRANGE - Laurent PRIOL - Yvan Le LAY - Michel HÉLIAS - Marc KEROUEDAN
Balançoire de gauche : Sophie FERRAND - Gwenaëlle PRIOL
Balançoire de droite : Hervé et Anne DONNARS
Assis devant : Claude GORAGUER - Olivier NORMANT

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1978-79 - École du Christ Roi - 11978-1979 - La petite section

3ème rang : Yvan Le LAY - Claude GORAGUER - Gwenaëlle ou Nathalie ? PRIOL - Marc KEROUEDAN - Michel HÉLIAS - Laurent PRIOL
2ème rang : - Sophie FERRAND - Valérie DAOULAS - Olivier NORMANT - Françoise GOUDEDRANGE - Hervé et Anne DONNARS
1er rang devant : Nicolas POULHAZAN

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1978 - École du Christ Roi1978-1979 - La grande section

3ème rang : Olga GOUDEDRANGE - Hélène CHAPALAIN - François GORAGUER - Fabienne LANCOU - Fabienne QUILLIVIC
2ème rang : Cécile CHAPALAIN - Daniel GORAGUER - Béatrice ALLAIN - Marie-Claude Le BORGNE
1er rang devant : Isabelle Le GALL - XX ? - Jean Claude MENS - Laurence QUILLIVIC

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1979 env - École du Christ Roi1979 env - La grande section

Derrière : Céline CHAPALAIN - Hélène CHAPALAIN - François GORAGUER - Fabienne QUILLIVIC
Devant : Laurence QUILLIVIC - Olga GOUDEDRANGE - Isabelle Le GALL - Béatrice ALLAIN - Marie-Claude Le BORGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1981-06-01 - École du Christ Roi - 11 juin 1981

Institutrice : Nicole X?
Derrière :  - Sophie FERRAND - Valérie DAOULAS - Olivier NORMANT -  XX? - Hervé DONNARS - Françoise GOUDEDRANGE
Devant :  Nicolas POULHAZAN - Stéphanie FERRAND - Mikael EPICRATE - Christophe EPICRATE - Patrice FERRAND - Ronan MENS - Alain DONNARS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1985 - École du Christ Roi - NoelNoël 1985 (dernier Noël)
(Elève à identifier)

 


 

Fêtes et déguisements de Noël

Ch41 - 1952 - Marie-Lorette LADAN et Annie GOURMELEN - (École du Christ Roi)1952 - Marie-Lorette LADAN et Annie GOURMELEN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1954-1955 - Noel 1 - (Ecole du Christ Roi)Noël 1954

Derrière : Simone GOUILL - Anne-Marie Le BERRE - Marie-Alice HÉLIAS - Joseph Le BOURDON - Monique Le BERRE - Marie-Josée BREHONNET - Marie-Josèphe MARCHAND - Daniele PRIOL
Devant : Georges LADAN - Michel Le BERRE - Séraphine ALANOU

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1954-1955 - Noel 2 - (École du Christ Roi)-Noël 1954

Derrière : Georges LADAN - Séraphine ALANOU - Simone GOUILL - Marie-Alice HÉLIAS - Monique Le BERRE - Marie-Josèphe MARCHAND - Danièle PRIOL - Michel et Anne-Marie Le BERRE
Devant : Joseph Le BOURDON - Marie-Josée BREHONNET

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-12 - Noël - (École du Christ Roi)Noël 1955 (Tout le monde se marie)

      -  Georges LADAN (Petit poucet) et Marie-Henriette MAUBRAS (Chaperon rouge)
      -  Simone GOUILL (Le fils du roi) et Danièle PRIOL (Cendrillon)
      -  Marie-Alice HÉLIAS (Père Lustucru) et Marie-Josèphe MARCHAND (Mère Michelle)
      -  Michèle CHAPALAIN (Pierrot) et Séraphine ALANOU (Colombine)
      -  Jacqueline Le BOURDON (Prince charmant) et Anne-Marie Le BERRE (Blanche neige)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-12 - Noël - École du Christ RoiNoël 1955

A gauche - Émilienne PELLE (Le bergé) et Marie-France Le BOURDON (L'ange)
Au milieu - Marie-Lorette LADAN (Tante Ursuline)
A droite - Marie-Alice HÉLIAS (Père Lustucru) et Marie-Josèphe MARCHAND (Mère Miichelle)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1955-12 - Noël - Marie-Josèphe Marchand (La Mère Miichelle G - La tante de la Bouzule D)Noël 1955

Marie-Josèphe MARCHAND (La Mère Michelle à gauche - La tante de la Bouzule à droite)

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-01-01 - Réception du jour de l'an - (École du Christ Roi)Réception du jour de l'an 1956

4ème rang : Marie-Lorette LADAN - Émilienne PELLE - Marie-Josée Le MOIGNE - Marcelle PRIOL - Monique SAOUZANET - Maryvonne PRIOL
3ème rang : Marie-France Le BOURDON - Yvonne Le MOIGNE - Annie GOURMELEN - Monique Le BERRE - Marie-Alice HÉLIAS - Danielle PRIOL - Simone GOUILL
2ème rang : Marie-Josèphe MARCHAND - Michelle CHAPALAIN - Marie-Josée BREHONNET - Jacqueline Le BOURDON - Anne-Marie Le BERRE - Séraphine ALANOU
1er rang devant : Georges LADAN - Marie-Henriette MAUBRAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968 - Noël - J'ai vu trois Anges - (École du Christ Roi)Noël 1968 - J'ai vu trois Anges

Marie-Noëlle PRIOL - Gisèle FLOC'H - Brigitte NORMANT - Jeannick Le BORGNE - Hélène GUILLOU - Marie-Thérèse KERLOC'H - Michelle LOUARN
Pascal MOULLEC (Saint Joseph) - Chantal Le CORRE (La Sainte Vierge)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968 - Noël - Les Pierrots - (École du Christ Roi)Noël 1968 - Les Pierrots

Philippe HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU - Guy MARZIN - Patrick HÉLIAS - Sylviane PRIOL - Odile KERLOC'H - Clarisse PRIOL - Martine CHALM - Anne-Marie KEROUEDAN - Patricia NORMANT

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968 - Noël - La noce à Aimée - (École du Christ Roi)Noël 1968 - La noce à Aimée

Martine CHALM - Guy MARZIN - Hervé THOMAS - Jean-Pierre LANCOU - Patricia NORMANT - Thierry CHALM - Valérie CURUNET - Chantal Le CORRE - Serge GOUDEDRANGE - Anne GUILLOU - Philippe HÉLIAS - Anne-Marie et Jean-Yves KEROUEDAN - Clarisse PRIOL - Odile KERLOC'H - Jocelyne NORMANT - Michelle LOUARN - Martine TRÉANTON

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968 - Noël - (École du Christ Roi)Noël 1968

A gauche : Thierry CHALM et Valérie CURUNET (La noce à Aimée)
Au milieux : Marie-Pierre et Michelle LOUARN
A droite : Marie-Thérèse KERLOC'H - Hèléne GUILLOU - Jeannick Le BORGNE (Une maman en herbe)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968 - Noël - Réception du jour de l'an 1969 - (École du Christ Roi)1969 - Réception du nouvel an

Derrière : Sylviane Le BORGNE - Marie-Thérèse CHAPALAIN - Marie-Pierre LOUARN - Marie-Claire FLOC'H - Brigitte NORMANT - Marie-Thérèse KERLOC'H - Hélène GUILLOU - Michelle LOUARN
Devant : Martine TRÉANTON - Gisèle FLOC'H - Jocelyne NORMANT - Marie-Noëlle PRIOL - Odile KERLOC'H (lunette noires) - Jeannick Le BORGNE - Sylviane et Clarisse PRIOL
Assise : Patricia NORMANT

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1969 - Noël 2 - (Ecole du Christ Roi)Noël 1969

Anne-Marie KEROUEDAN - Pascale HÉLIAS - Catherine PENVEN - Sylvie FEUNTEUN - Roselyne CHALM - Chantal Le CORRE - Patricia NORMANT - Jean-Yves KEROUEDAN - Thierry CHALM - Valérie CURUNET

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Ch41 - 1969 - Noël 3 - (Ecole du Christ Roi)Noël 1969

A gauche : Patricia NORMANT - Patrick HÉLIAS
Au milieux : Marie-Thérèse KERLOC'H - Roselyne CHALM
A droite : Jeannick Le BORGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1969 - Noël 1 - (Ecole du Christ Roi)Noël 1969 - La Crèche

A gauche : Jeannik Le BORGNE - Odile KERLOC'H - Héléène GUILLOU - Anne-Marie KEROUEDAN - Clarisse PRIOL - Michelle LOUARN
A droite : Jocelyne NORMANT
Derrière : Serge GOUDEDRANGE - Pascale HÉLIAS - Valérie CURUNET - Claude MARZIN
A genoux : Roselyne CHALM - Laurent THOMAS - Catherine PENVEN - Sylvie FEUNTEUN - Chantal Le CORRE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1969 - Noël - Sylvie FEUNTEUN (La Sainte Vierge) et Laurent THOMAS (Saint Joseph) - (École du Christ Roi)
Noël 1969 - Sylvie FEUNTEUN (La Sainte Vierge) et Laurent THOMAS (Saint Joseph)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------ 

 

Ch41 - 1972 env - Fête l'école du Christ Roi
Noël 1972 env - Hervé THOMAS et Martine CHALM

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1975 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 1

Ch41 - 1975 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 2

Ch41 - 1975 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 3

Ch41 - 1975 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 4

Ch41 - 1975 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 5Noël 1975 - Alain Le BORGNE (à droite)

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1976 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 1

 

Ch41 - 1976 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 2

 

Ch41 - 1976 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 3Noël 1976

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1977 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 1

Ch41 - 1977 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 2Noël 1977

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1979 - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 1Noël 1979

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1980 env - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 1

Ch41 - 1980 env - Fête de Noël - (Ecole du Christ Roi) 2Noël 1980 env

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 


 Fêtes religieuses

Ch41 - 1956-04-25 - Communion solennelle et confirmation 1 - (École du Christ Roi)25 avril 1956

3ème rang : Marie-France Le BOURDON - Émilienne PELLE - Marie-Josée Le MOIGNE - Denise Le BERRE - Marie-Lorette LADAN - Jeannine Le BOURDON - Maryvonne PRIOL - Marie-Thérèse Le PAPE
2ème rang : Anne-Marie Le BERRE - Marie-Alice HÉLIAS - Marie-Thérèse NORMAND - Marcelle PRIOL - Marie-Josée BREHONNET - Monique SAOUZANET - Yvonne Le MOIGNE - Annie GOURMELEN - Jacqueline Le BOURDON - Monique Le BERRE - Simone GOUILL - Marie-Josèphe MARCHAND
1er rang devant : Marie-France Le BOURDON (du Poullou) - Monique AMINOT - Mireille Le BOURDON - Georges LADAN - Adrien PELLE - Danielle PRIOL - Marie-Louise et Séraphine ALANOU

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-04-25 - Communion et confirmation - (École du Christ Roi)25 Avril 1956 - Confirmation et communion solennelle (derrière Mr GOURMELEN et Mlle DREULETTE)

Marie-Lorette LADAN - Jeannine Le BOURDON - Marie-France Le BOURDON - Marie-Thérèse Le PAPE - Denise Le BERRE - Yvonne Le MOIGNE - Annie GOURMELEN - Émilienne PELLE - Marcelle PRIOL - Marie-Josée Le MOIGNE - Monique SAOUZANET - Maryvonne PRIOL

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1956-04-25 - Communion solennelle et confirmation 2 - (École du Christ Roi)25 Avril 1956 - Communion solennelle

Marie-Lorette LADAN - Denise Le BERRE - Émilienne PELLE - Marie-Josée Le MOIGNE - Maryvonne PRIOL

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1960 - Confirmation 1 - (École du Christ Roi)-1960 - confirmation à Primelin

Derrière : Michel KERSAUDY - Jean-Noël KERSAUDY - Noël Le BERRE - Louis GAONAC'H - Mr QUENNEC (curé de Pt+)
Devant : George LADAN - Étienne Le CORRE - Roger PERON - Pierre LAOUENAN - Jean-Luc LADAN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1964-05-12 - confirmation - (Ecole du Christ Roi)Ch41 - 1964-05-12 - confirmation - Monseigneur Favé et Mr Guillaume Yvinec recteur de Primelin - (Christ Roi)


 

Ch41 - 1964-05-12 - confirmation - monseigneur FAVE - (École du Christ Roi)12 mai 1964 - Confirmation à Primelin -  Monseigneur FAVE et Mr Guillaume YVINEC recteur (photo en haut à droite)

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05-15 - Confirmation Mgr FAVE et Mr l'abbé QUEINNEC de Pt+ (École du Christ Roi)
15 mai 1968 - confirmation avec Mr QUEINNEC (Curé de Pont croix) et Mgr FAVE
A gauche Marie-Thérèse KERLOC'H - Jeannick et Sylviane Le BORGNE

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05-15 - Confirmation - (Ecole du Christ Roi)15 mai 1968 - Les confirmations

3ème rang : Marie-Thérèse CHAPALAIN - Sylviane Le BORGNE - Marie-Pierre LOUARN - Marie-Claire FLOC'H - Brigitte NORMANT
2ème rang : Hélène GUILLOU - Jeannick Le BORGNE - Marie-Thérèse KERLOC'H
1er rang devant : Sylviane PRIOL - Jocelyne NORMANT - Marie-Noëlle PRIOL - Michelle LOUARN

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1968-05-15 - Les enfants de choeurs - (Ecole du Christ Roi)15 mai 1968 - Les enfants de chœurs de Primelin

Derrière : Claude Le BORGNE - Guy POULHAZAN - Michel BIGOT - Jean-Luc LADAN
Devant : Christian Le BORGNE - Gilbert Le CORRE

------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1972-04-12 - Confirmation (École du Christ Roi)12 mars 1972 - Confirmation des élèves de l'école du Christ Roi

Derrière : Martine CHALM - Odile KERLOC'H - Guy MARZIN - Patrick HÉLIAS - Jean-Pierre LANCOU
Devant : Patricia NORMANT - Anne-Marie KEROUEDAN - Anne GUILLOU - Philippe HÉLIAS - Jean-Yves KEROUEDAN - Hervé THOMAS

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1972 - Les enfants de Chœurs1972 - Les enfants de chœurs de Primelin

3ème rang : Christian Le BORGNE - Gilbert Le CORRE - Pierre HÉLIAS
2ème rang : Jean-Pierre LANCOU
1er rang devant : Guy MARZIN - Hervé THOMAS - Gérad COLIN

 ------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch41 - 1974 env - Les enfants de Chœur1974 - Les enfants de chœurs de Primelin

Derrière : Guy MARZIN - Hervé THOMAS
Devant : Laurent THOMAS - Gérad Le LAY - Thierry CHALM


 

 Les sorties scolaires

Ch41 - 1967-06-23 - Sortie sclolaire St Marine 1 - (Ecole du Christ Roi)

Ch41 - 1967-06-23 - Sortie sclolaire St Marine 2 - (Ecole du Christ Roi)

Ch41 - 1967-06-23 - Sortie sclolaire sur l'Odet 1 - (Ecole du Christ Roi)

Ch41 - 1967-06-23 - Sortie sclolaire sur l'Odet 2 - (Ecole du Christ Roi)

Ch41 - 1967-06-23 - Sortie sclolaire sur l'Odet 4 - (Ecole du Christ Roi)Juin 1967 - Sorties scolaires sur l'Odet

 

PS : Si vous ne souhaitez pas que votre visage apparaisse sur certaines photos, faites le moi savoir, je le flouterai


La suite de ce chapitre : l'histoire de l'école du Christ Roi


 

25 mai 2012

06 - La digue du port du Loch Primelin au fil du temps

 

Port du Loch Primelin vers 1885

Port du Loch Primelin vers 1885-1900 (avant la construction de la digue)

 

   Rapidement après la construction de la digue en 1906 (longueur 76m), la flottille de bateaux augmenta considérablement, du fait de la sécurité qu’apportait l’ouvrage. Et c’est tout naturellement qu'en juin 1908 les pêcheurs réclamèrent, par une pétition aux pouvoirs publics, l’allongement du " môle ", abri du port.

Plan technique de la digue du Loch en 1906 en HD

 

Peinture du Port du Loch en 1911 de Henry MORET

Peinture du Port du Loch en 1911 de Henry MORET

 

   Les ingénieurs avaient, en conséquence, établi un avant-projet sur une longueur supplémentaire de 60 mètres environ, et évalué à 40.000 Francs la dépense de l'entreprise, pour deux tiers à charge de l'état, et l'autre tiers à charge des intéressés locaux.
   En mai 1910 une somme de 13.334 Francs est votée par la municipalité, en mars 1911 un crédit est accordé. La construction commence en 1912 et se termine en 1913. 64 mètres furent ajoutés à la digue, ce qui porta sa longueur à 140 mètres. La municipalité de Plogoff ne voulut pas participer aux frais de la construction, bien que des bateaux de la commune y mouillaient.

Prolongement de la digue du Loch Primelin en 1912-1913

Prolongement de la digue du Loch en 1912-1913
 

Plan technique de la digue du Loch en 1913 en HD

 

Le salaire des ouvriers en 1912 - Prologation de la digue (HD)

 

 

La construction fut réalisée par de la main d'œuvre locale.
Toutes les personnes sont identifiées par un listing.
Nous pouvons retrouver leur fonction ainsi que le nombre d'heures travaillées sur une période du 28 septembre au 9 novembre 1912.
Le salaire des ouvriers - 1912 - Prolongation de la digue (HD)

 

 

 

 

Plan du port du Loch - Prolongation de 1913 en HD

 

   Plan du port du Loch de 1913 en HD

 

 

 


1931-02-22_29_56_06 - réparation de la digue

 

Tout au long des années, la digue a été sollicitée en permanence. A la fin de l'hiver un
minimum d'entretien est nécessaire. Une dégradation, même mineure, peut avoir des
répercussions désastreuses sur tout l'ouvrage.


Exemple d'un article de presse de 1931

Le port du Loch Primelin en 1937

 

Le port du Loch Primelin en 1937

 Le port du Loch Primelin en 1937

 Le port du Loch Primelin en 1948

 Le port du Loch Primelin en 1948



   En 1951, le conseil municipal de Primelin réclame l’allongement de la digue, qui reste encore insuffisante. Les bateaux de pêche sont plus nombreux à l'après-guerre. Cette fois le financement est partagé entre les deux communes, pour un allongement de 45m supplémentaires. Les travaux se montent à 8 millions de Francs, Primelin participe pour 2.225.000F et Plogoff pour 1.700.000F. La prolongation de l’ouvrage est confiée à l’entreprise Marc de Brest. Cette partie sera réalisée en béton armé en 1953, à la différence des 2 premiers tronçons réalisés en pierre.

Prolongement de la digue du Loch Primelin en 1953

 

 

Troisième prolongation de la digue en 1953


   La longueur de la digue est maintenant de 185 mètres, c’est la dimension que nous connaissons aujourd’hui.

 

Ch06 - Dessin de la digue du Loch Primelin réalisé en 1974

   En 1975 des travaux de consolidation furent réalisés dans la partie centrale (1/2 carapace en béton armé), pour consolider les parties fissurées par les assauts répétés de l’océan (les matériaux utilisés en 1913 n’étaient peut être pas de bonne qualité). Au bout de quelques années, les vagues réussirent à décoller quelques plaques, rendant la carapace localement inefficace. Malgré tout, l'ouvrage a tenu bon au fil des années 1990-2000.

 

Ch06 - Consolidation de la Digue du Loch Primelin en 1975 bCh06 - Consolidation de la Digue du Loch Primelin en 1975 a
Travaux de consolidation de 1975



Dégradation de la digueDégradation de la digue

Au début des années 2000, nous remarquons une dégradation importante sur la partie réparée en 1975. Tout est à refaire.
Pour réduire et briser la force des vagues, la pose de gros blocs de granit, côté large, aurait été très indiquée pour protéger l’ouvrage.

 

 

   En 2005 c'est un nouveau coffrage qui sera réalisé sur la partie de la digue érigée en 1913 et réparée en 1975. Cette réalisation est remarquable, l'ouvrage est enrobé de haut en bas.

Réparation de la digue du Loch Primelin 2005Réparation de la digue du Loch Primelin 2005

Réparation de la digue du Loch Primelin 2005 bRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 cRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 aRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 d
Réparation de la digue du Loch Primelin 2005 fRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 eRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 hRéparation de la digue du Loch Primelin 2005 g
Réparation de la digue du Loch Primelin 2005 x
Fin des Travaux en octobre 2005

 ----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

   En ce début d’année 2013 ... encore et toujours la mer ronge et travaille l'édifice. Mais cette fois-ci, les choses se compliquent sur la partie construite en 1906.

Ch06 - La digue du Loch Primelin en 2013 aCh06 - La digue du Loch Primelin en 2013 b

   Même si sur l'extérieur tout semble relativement correct, il suffit de s'approcher de la partie de la digue construite en 1906 pour se rendre compte de l'étendue des dégâts, causés durant la fin de l'hiver 2012-2013..

Ch06 - La digue du Loch Primelin en 2013 c
   La mer a creusé une grotte de près de 100 m3, à l'intérieur de la digue. La houle à marée haute vient comprimer l'air de la poche, ce qui provoque des gerbes d'eau sous pression. Le phénomène est également visible côté port par le joint des pierres. Il est certain que cette partie de la digue s'écroulera si des réparations ne sont pas réalisées avant la fin de cette année 2013, mais les coûts de réparation sont bien trop importants pour la seule commune de Primelin.

Ch06 - La digue du Loch Primelin en 2013 dCh06 - La digue du Loch Primelin en 2013 e

Encore et toujours la mer du Cap Sizun continue son œuvre destructrice ....

Ch06 - La digue du Loch Primelin en 2013 f

   L'accès à la digue est donc pour le moment interdit au public étant donné la dangerosité liée au risque d'éboulement.

   La réparation de la digue a été entreprise en mai 2013. La partie endommagée a été coffrée à l’aide de planches,  et les ouvriers ont créé un trou d’accès au sommet afin de pouvoir combler de ciment l’immense cavité.

----------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Durant l'hiver 2017-2018 la partie de la digue initial sera fortement endommagé. Des réparations importante seront réalisées en août 2018

Ch06 - Réparation de la digue du Loch en aout 2018a

Ch06 - Réparation de la digue du Loch en aout 2018b

Ch06 - Réparation de la digue du Loch en aout 2018c


 

13 novembre 2022

44 - Peintures et tableaux du Loch

Dans l'émotion de l'artiste.



   Ce chapitre va être dédié à la peinture, à l'aquarelle, et aux autres dessins du Loch Primelin et du Loch Plogoff réalisés au fil du temps ....

 

   « La peinture est un art et l'art dans son ensemble n'est pas une vaine création d'objets qui se perdent dans le vide, mais une puissance qui a un but et doit servir à l'évolution et à l'affinement de l'âme humaine », disait déjà le peintre Wassily Kandinski.


   Mais comment s'approprier et se nourrir des émotions que dégagent certains tableaux qui nous bouleversent ?


   Pour cela quoi de mieux que l'art, quoi de plus fort, émotionnellement, qu'un tableau qui nous accroche et nous emporte ?

 

   Chacun a son ressenti face à une « œuvre d'art ». Elle a atteint son but si elle nous touche et si elle fait naître en nous des questions, des sentiments, positifs ou négatifs, des émotions petites ou grandes ... « L'émotion esthétique n'est pas de l'ordre du rationnel, elle transcende le beau, la technique, les influences, la valeur marchande... Comme toute émotion, elle est d'autant plus forte que nous en ignorons les raisons.

 

   J'ai envie de partager avec vous mon ressenti devant des photos de tableaux amassées au fil des années sur l'anse du Loch.

Ch44 - Aquarelle d'un canot au Poulen - Loch Primelin (fin 19ème)Aquarelle d'un canot au Poulen vers 1895 - Loch Primelin (auteur inconnu)

 

Le plus ancien document date de la fin du 19eme siècle : la digue du Loch n'existe pas encore.

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Peinture du Port du Loch Primelin en 1911 de Henry MORET
Peinture du Port du Loch Primelin en 1911 de Henry MORET

Peinture du Port du Loch en 1911 de Henry MORET (1856-1913)

Peinture de l'anse du Loch en 1911 de Henry MORET

Peinture de l'anse du Loch en 1911 de Henry MORET (1856-1913)

Vue sur la pointe des moutons - Henri-Paul ROYER vers 1911

Aquarelle - Vue sur la pointe des moutons - 1911 - Henry MORET (1856-1913)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

 Le Loch - côte de Bretagne - Henri-Paul ROYER

Peinture "Le Loch - Côte de Bretagne" vers 1900 - Henri-Paul ROYER (1869 - 1938)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture du port du Loch vers 1920 de S ROULIERPeinture du port du Loch vers 1920 d'un certain S. ROULIER (collection privée)

 

 Ce tableau a une perspective relativement étrange avec des bâtiments mal placés ... Le peintre l'a peut être réalisé de mémoire.

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Aquarelle du port du Loch 1920-30 de André DAUCHEZAquarelle du port du Loch 1920-30 de André DAUCHEZ (1870-1948) - collection privée

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Aquarelle du port du Loch 1920-30 de Mathurin MEHEUTAquarelle du port du Loch 1920-30 de Mathurin MEHEUT (1882-1958) - collection privée

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

Peinture de l'anse du Loch vers 1925 - Mathurin MEHEUT

Peinture de l'anse du Loch vers 1920 (vue sur Plogoff) - Mathurin MEHEUT - (1882-1958)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Peinture de l'anse du Loch vers 1929 - Henri SOLLIER (Primelin - PLogoff)

Peinture de l'anse du Loch en 1929 - Henri SOLLIER (1886-1966)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Vue sur le Loch Primelin - Peinture de Georges LAPORTE (1926-2000)

Vue sur le Loch Primelin - Peinture de Georges LAPORTE (1926-2000)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture de l'abrit de sauvetage du Loch de A MAQUET (1960 env)Peinture de l'abri de sauvetage du Loch d'un certain A. MAQUET vers 1960 - (collection privée)



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

   Pour réaliser une peinture il faut de nombreuses heures de travail, le faire de mémoire n'est pas toujours aisé, le faire à partir de photo est bien plus courant maintenant. Les 3 séries de tableaux qui vont suivre ont été réalisés à partir de cartes postales.

Ch44 - Peinture - ramassage du goémon au Loch Primelin - Carte postaleCarte postale YVON « baie du Loch » de 1933

 

Ch44 - Peinture - ramassage du goémon au Loch PrimelinPeinture sur le ramassage du goémon au Loch Primelin - Claude GLOAGUEN (collection privée)

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture du port du Loch - Carte Postale (1964)Carte postale JEAN du port de Loch en 1964.

 

Ch44 - Peinture du port du Loch de Claude GLOAGUENPeinture du port du Loch Primelin - Claude GLOAGUEN - visible à la crêperie du Raz de sein - Plogoff



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin - carte postale Jean de 1964Carte postale JEAN du port de Loch en 1964.

 

   Cette carte postale a inspiré plusieurs peintres.

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin d'un certain CORNENPeinture du port du Loch d'un certain CORNEN (collection privée)

 

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin d'un certain AllainPeinture n°1 du port du Loch d'un certain Allain (collection privée)

 

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin d'un certain Allain (au galoin)Peinture n°2 du port du Loch d'un certain Allain – visible à la crêperie du Galion – Plogoff.

 

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin d'un certain RONSIN - 1977Peinture n°1 du port du Loch d'un certain RONSIN (collection privée).

 

Ch44 - Peinture - Port du Loch Primelin d'un certain RONSIN - 1978Peinture n°2 du port du Loch d'un certain RONSIN (collection privée).

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Dessin de la digue du Loch Primelin réalisé en 1974    Le port du Loch à l'encre de chine réalisé en 1974 par une personne de la DDE de Quimper dans le cadre de travaux sur la digue.

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Le port du Loch à l'encre de chine de Bernard JACQUET issu du livre Le Cap-Sizun mystérieuxLe port du Loch à l'encre de chine de Bernard JACQUET issu du livre "Le Cap-Sizun mystérieux"



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

   En début 2009 des panneaux explicatifs (histoire des lieux, travaux, aménagements, moments forts...ont été installés aux abords des petits ports-abris du Cap-Sizun. Pour le Loch, le panneau a été nommé l'Anse du Loch.

Ch44 - Panneau de l'anse du Loch Primelin

   Le document est illustré de 2 dessins réalisés par Bruno PILORGET d'après des documents photographiques que je lui avais fournis.

   Le panneau de l'anse du Loch : ICI en PDF

 

   Le premier dessin est une représentation d'un jour de tempête au port du Loch dans les années 1930.

Ch44 - Aquarelle de Bruno PILORGET du port du Loch PrimelinDessin d'ébauche.

 

Ch44 - Aquarelle de Bruno PILORGET du port du Loch Primelin+Dessin final.

 

   Le 2eme dessin est issu d'une photo de l'inauguration du bateau de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS » au Loch Primelin le 15 novembre 1936.

Ch44 - Bateau de sauvetage de Kerros - inauguration en novembre 1936Photo du bateau avant la mise au l'eau - Joseph VILLARD.

 

Ch44 - Aquarelle de Bruno PILORGET - Inauguration du canot de sauvetage CV de KERROS en 1936Dessin d'ébauche.

 

Ch44 - Aquarelle de Bruno PILORGET - Inauguration du canot de sauvetage CV de KERROS en 1936+Dessin final

 

   L'artiste, à ma demande, a recréé les 2 pavillons du canot qui étaient tronqués sur la photo originale.

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

   La mystérieuse petite maison, en haut de la pointe des moutons, construite au début des année 1960 est souvent source d'inspiration pour les gens qui y font une halte en passant par le GR34.

Ch44 - Peinture sur papier de la maison de la pointe des moutons 1
 

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 4

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 3

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 2
 

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 5

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 6
 

 

 

Dans la petite maison, certains visiteurs dessinent quelques esquisses sur le livre d'or

 

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons vers le port du Loch

Ch44 - Dessin de la maison de la pointe des moutons 7
 

-------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

Ch44 - Aquarelle de La pointe des moutons de Nicolas DUVERGERAquarelle de La pointe des moutons de Nicolas DUVERGER



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Aquarelle après la plage du Loch de Malene LELOUPAquarelle après la plage du Loch de Malene LELOUP

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Peinture de la pointe des moutons de Till WARWAS en 2022

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Peinture de la pointe des moutons de Philippe BLANCHARD

Ch44 - Peinture du port du Loch Primelin de Philippe

Peinture du port du Loch Primelin par Philippe BLANCHARD

Peinture du port du Loch Primelin de Philippe BLANCHARD - Temps gris sur le Loch



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture du port du Loch Primelin de Youn LIJOURPeinture du port du Loch Primelin de Youn LIJOUR – Visible à la salle communale de Primelin


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Peinture du Loch Plogoff de Marie-gabrielle GLOCK en 2017

Peinture du Loch Plogoff de Marie-gabrielle GLOCK en 2017

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Digue du Loch de Alexandrine PELPEL

 

Port du Loch Primelin de Alexandrine PELPEL

Port du Loch Primelin de Alexandrine PELPEL



--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Les pêcheurs à Plogoff (2000) Peinture par Nicole MARTINEAU

Les pêcheurs à Plogoff (2000) Peinture par Nicole MARTINEAU


--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Affiche de l'anse du Loch de Marie COLIN
Affiche de l'anse du Loch de Marie COLIN

 

Affiche Le Loch - Plogoff * Finistère Bretagne -

15.00€ - 25.00€ Poster / Affiche Bord de mer, Finistère, Bretagne Format standard Papier épais à partir de 200gr/m² selon les modèles Illustration réalisée en Pays Bigouden / Affiche imprimée en Finistère Située à l'entrée de Plogoff, cette étendue de sable est une plage au caractère très familial, facile d'accès et jonchée de petites criques...

https://marie-colin.com

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Peinture de l'abri de sauvetage du Loch par Joël LETARD
Peinture de l'abri de sauvetage du Loch par Joël LETARD (dit Léthargie)

 

   L'artiste, qui a fait l'école des Beaux-Arts, est arrivé jeune dans la région. Il vit aujourd'hui une partie de l'année à Primelin. Joël réalise régulièrement des toiles sur le thème du port du Loch.

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Aquarelle - Abris de sauvetage du Loch 1995 - Remy le BERRE

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

Ch44 - Aquarelle - la plage du LochEt lorsque, plus loin, vous passerez l'anse du Loch, attention aux embruns ! La route recule, au fil des tempêtes.

Point névralgique de la nature, de la lutte des hommes. C'est peut-être ici que l'on quitte le continent pour de bon ...

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

   Le 30 avril 2016 s'était déroulé le vernissage de l'exposition des Peintres Officiels de la Marine (POM) à la maison du site de la Pointe du Raz.

 

   Cette exposition était l'aboutissement de l'escale des POM en Cap Sizun en septembre 2015, escale au cours de laquelle les artistes ont sillonné tout le territoire du Cap ainsi que l'Île de Sein afin d'en magnifier non seulement les paysages les plus emblématiques, les ouvrages les plus remarquables mais aussi les humbles hameaux de la campagne ou du littoral.

 

Au moins sept peintures ont été réalisées sur l'anse du Loch

Ch44 - Peinture de l'anse du Loch de Christoff DEBUSSCHER en 2015Peinture de l'anse du Loch de Christoff DEBUSSCHERE en 2015 - (photo Henri CAMUS)

 

Ch44 - Peinture de l'anse du Loch de François LEGRAND en 2015Peinture de l'anse du Loch de François LEGRAND en 2015 - (photo Henri CAMUS)

 

Ch44 - Peinture de l'anse du Loch de Patrick CAMUS en 2015Peinture de l'anse du Loch de Patrick CAMUS en 2015

 

Ch44 - Peinture de l'anse du Loch avec le titre de La plage de Landrer de Michèle BATTUT

Peinture de l'anse du Loch avec le titre "La plage de Landrer" de Michèle BATTUT en 2015

 

Ch44 - Peinture de la Pointe du Castel de Jean Pierre ARCILE en 1915Peinture de la Pointe du Castel de Jean Pierre ARCILE en 2015

 

Peinture de la pointe du Castel et l'anse du Loch de Stéphane RUAIS en 2015

 

Peinture de l'anse du Loch de Michel BERNARD en 2015

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

   En 2021 les usagers du port du Loch ont réalisé un logo pour des t-shirt. Il m'a été demandé des photos du port pour servir de base au travail pour l'infographiste. C'est celle d'une vue du port pris de la mer qui a été sélectionnée.

Ch44 - Logo (photo de 2002) - Port du LochPort du Loch - photo de 2002


 

Ch44 - Logo - Port du Loch 1Ch44 - Logo - Port du Loch 2

Logo des usagers du port du Loch

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------
 

   Une amie : Hélène NICOL-LENIG,originaire de Cléden peint régulièrement des toiles sur le Loch.
   En voici quelques-unes :

Ch44 - Peinture Hélène NICOL-LENIG - La pointe des montons
Peinture de la pointe des moutons par Hélène NICOL-LENIG

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 1Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 1

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 2Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 2

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 3

Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 3

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 4
Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 4

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 5Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 5

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 6Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 6

 

Ch44 - Peinture de la plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG 7Peinture de la Plage du Loch par Hélène NICOL-LENIG - 7

 

Ch44 - Peinture de la plage et port du Loch par Hélène NICOL-LENIG 1Peinture de la plage et port du Loch Primelin par Hélène NICOL-LENIG - 1

 

Ch44 - Peinture de la plage et port du Loch par Hélène NICOL-LENIG 2Peinture de la plage et port du Loch Primelin par Hélène NICOL-LENIG - 2

 

Petit mot écrit par Hélène NICOL-LENIG

   Je remercie Hervé de publier ici quelques-uns de mes tableaux qui représentent le Loch , cette plage qui nous est si chère et qui enchante tant de nos beaux souvenirs.
   L'histoire continue aujourd'hui dans la joie et l'émerveillement de nos petits-enfants sautant, plongeant dans les vagues ou courant sur le sable de ce lieu si familial.
   J'y suis si attachée que la peindre est pour moi comme fixer et figer sur la toile le spectacle des saisons, des heures, des ciels, des nuages, des oiseaux, des personnages, des enfants pour les retrouver plus tard avec les mêmes émotions et suspendre un peu du temps qui passe.
   J'aime ce lieu, les nuances de ses couleurs la solitude que l'on trouve en basse saison, son calme, le bruit des vagues mais j'apprécie aussi le mouvement et l'animation de l'été .
   Ma peinture, c'est avant tout une invitation au partage de l'amour de cet endroit si particulier, de mon pays, et, si je réussis cela c'est, pour moi, une grande satisfaction.
                                                                                                     Lenig Nicol

 

--------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------------

   Les artistes-peintres vendent très souvent leurs œuvres à des particuliers. Il y a sûrement dans les habitations du cap une multitude de tableaux... Si vous souhaitez partager des représentations de l'anse du Loch, contactez-moi, je me ferai un plaisir de les mettre en valeur dans ce chapitre dédié à la peinture.

 

   Je remercie Hélène NICOL-LENIG pour son éclairage et pour son aide orthographique pour l'élaboration de ce chapitre dédié à la peinture.

 

   C'est le regard du public qui '' fait'' le tableau. Sans ce regard il n'existe pas. C'est son regard qui lui donne vie et qui rencontre celui du peintre et ses émotions. Et si c'est au point de vouloir l'acquérir, il y a partage.
 

 

30 mai 2012

07 - La station de sauvetage HSB du Loch Primelin dans les années 1920

 

Ch07 - Aquarelle du port du Loch 1920-30 de André Dauchez

Aquarelle du port du Loch Primelin 1920-30 de André DAUCHEZ
 

 

  Le matériel est fortement sollicité. Le canot de sauvetage Paul LEMONNIER est construit en acier. L'entretien est de tous les instants.

Courrier de Jean Marie THOMAS à Mr COIGNERAI sur l’entretien et réparation du Paul LEMONNIER.

  (...) Le Loch Primelin, le 30 décembre 1920
   Monsieur le Président

   Mon père me charge encore de vous écrire, étant très occupé en ce moment et me trouvant plus apte à vous donner les explications désirables au sujet de la réparation du bateau de sauvetage.
   En effet je suis mécanicien de métier et j’ai suivi de près la réparation qui a été faite par deux chaudronniers riveurs d’Audierne. Il s’agissait de coller une plaque de tôle galvanisée de 60x40cm sur l’endroit en mauvais état et troué. C’est ce qui a été fait, après avoir au préalable interposé une bonne couche de céruse sous la plaque de tôle pour faire le joint. Le tout a été fixé solidement par 3 rangées de rivets. Ainsi, la réparation est bonne et j’en répond. Les 2 ouvriers riveurs ont changé et réparé également le câble qui sert à la manœuvre du bulbe ou fausse quille. Ce travail leur a demandé plus de temps, car étant plus délicat et compliqué. Vous savez les démontages qu’il faut entreprendre pour cela. Les écrous ont dû être chauffés et même coupés en deux. Nous avons mis un bout neuf de chaîne galvanisée que nous croyons plus solide. Le tout remonté, nous avons testé le mécanisme du bulbe. La chaîne a cassé. Pas d’accident heureusement. Nous avons mis un autre câble en fil d’acier mais plus gros, 12mm au lieu de 10mm. Après remontage, nous l’avons essayé également à 2 hommes. Ca tient bon, et je crois que cela durera. En somme le canot de sauvetage a été indisponible 4 jours. Depuis il est en très bon état pour prendre la mer. La voilure a été réparée et le foc changé pour un neuf. La mature est en bon état ainsi que sa garniture (haubans, drisses, écoutes, etc.) Les avirons sont également au complet et en bon état ainsi que leurs dames de nage. La peinture a été faite aussi bien à l’intérieur qu'à l’extérieur. Les caissons étanches ont été soigneusement grattés et piqués. Nous n’avons pas découvert d’autres endroits en mauvais état. Le tout a été passé au minium et sur le fond nous avons mis une légère couche de ciment (100kg pour les 12 caissons), et une couche de peinture grise sur les parois des caissons. En un mot, le Paul Lemonnier est en très bon état…

Ch07 - La Plage du Loch Primelin en 1925La Plage du Loch Primelin (avec vu sur Plogoff) en 1925




Les annales du bien

 Les H.S.B. : les Hospitaliers Sauveteurs Bretons
 éditent un périodique : Les annales du Bien.
 Le fascicule reprend les faits récents de
 sauvetage, les évolutions des stations, ainsi
 que les récompenses et médailles remises
 aux sauveteurs.

Les Annales du bien de 1921

 

 

 Ouest Eclair de Avril 1926 - Telephone au lochOuest Eclair de Mars 1926 - Telephone au lochOuest Eclair de Mai 1926 - Telephone au loch

   En mai 1926, la station de sauvetage du Loch Primelin sera dotée d'une ligne
 téléphonique, en effet encore dernièrement il y a eu des erreurs de transmission
 dans la direction du secours à porter. Une ligne de 1500 mètres sera posée du
 bureau de Primelin jusqu'à la maison du Patron Daniel THOMAS

 

 

 

 

La station du Loch Primelin - Daniel Thomas

 Au pays des héros.
 En Juillet 1926, un article de l'Ouest Eclair met en valeur la station
 du Loch Primelin " Une visite aux Hospitaliers Sauveteur Bretons "

 

 Article Ouest Eclair du 7 juillet 1926 - La station HSB du Loch Primelin

 

Le port du Loch Primelin

 

 

 

 

Rapport de sauvetage du Patron Daniel THOMAS du 10 Décembre 1926

  (...) Monsieur DRILLIEN (secrétaire H.S.B. section de Quimper)                 

   J'ai le plaisir de vous annoncer la belle sortie du bateau de sauvetage le Paul LEMONNIER hier soir. 3 canots du Loch ont été surpris hier par grosse mer. A l'entrée du port, les lames de fond déferlèrent avec furie, et les bateaux n'osaient rentrer sans la présence du bateau de sauvetage. Voyant le danger, je préviens le patron Le BERRE qui arrive aussitôt avec une partie de l'équipage. Immédiatement le bateau de sauvetage fut descendu à l'extrémité de la cale. Au premier coup de ressac, comme la mer montait, le canot pris majestueusement sa flottabilité et se rendit sur le lieu dangereux et resta là jusqu'à la rentrée du dernier bateau. Ceux ci furent conduits l'un après l'autre dans le lieu de sécurité, et ainsi finit le travail de la sortie. Les marins avaient le sourire aux lèvres tellement ils étaient contents d'avoir reçu la protection du bateau de sauvetage. Le bateau fut ensuite mis sur son chariot et hissé dans son abri et ainsi finit la corvée.

   Recevez, Monsieur DRILLIEN, l'assurance de mes meilleurs sentiments dévoués.

    Daniel THOMAS, Chef de la station du Loch Primelin.

 

-----------------------


Station du Loch en Primelin en 1929 - Prix des époux VERON de Paris (600 francs)

   L'équipage du Paul LEMONNIER des HSB a été proposé, le 20 mars 1929, par M. l'Administrateur d’Audierne, pour une récompense officielle. Motif : le 15 mars, à 17h15, apercevant le petit caboteur "Saint-François" en mauvaise posture sous grain violent, à deux milles au large, le chef de station THOMAS rassembla les hommes présents de l'équipage, au nombre de huit sur douze. Ces braves gens embarquèrent spontanément, malgré leur effectif réduit, pour aller au secours de leurs frères inconnus et en péril imminent.
   Le petit caboteur ayant coulé sous voile, les sauveteurs réussirent cependant à arriver à temps pour recueillir les quatre naufragés, lesquels n'avaient plus qu'un aviron pour se diriger avant d'être jetés à la côte et assommés sur les rocs. Les quatre rescapés ont tenu à proclamer le courageux dévouement de leurs sauveteurs.
   M. l'Administrateur d'Audierne a appuyé sur le mérite de l'équipage du "Paul LEMONNIER", qui a pris la mer en des conditions doublement méritoires : vent debout par gros temps et effectif réduit d'un tiers.
   Aux huit hommes qui ont accompli ce bel acte de vaillance, le Conseil décerne; deux récompenses de 300 francs chacune, soit 600 francs au total, augmentés d'une somme de 200 francs prélevée sur les primes de service.

 

Ch07 - Le port du Loch Primelin en 1929Le port du Loch Primelin en 1929

 

logo HSB

 


 

 

10 mai 2012

03 - L'inauguration de la station de sauvetage HSB du Loch Primelin en 1907


 

L'inauguration de la station du Loch

   Le mardi 16 avril 1907 a lieu l’inauguration de l’abri et du canot Paul LEMONNIER. Le Courrier du Finistère ainsi que l'Ouest Eclair, nous relatent l’événement.
1907-04-21 - le courrier de Finistere1907-04-26 - l'Ouest EclairHSB logo 2


Les Annales du Bien (revue de H.S.B.) nous donne la composition de l'équipage de l'époque :

  • Daniel THOMAS, patron du Paul LEMONNIER
  • Jean CISSOU, sous-patron

Canotiers du canot du sauvetage :

  • Henry KERSAUDY
  • Jean Michel FOLLIC
  • Jean Marie BIGOT
  • Arsène CARIOU
  • Yves FILY
  • Eugène CISSOU
  • Jean Marie CARIOU
  • Jean Marie CISSOU
  • Marc CISSOU
  • Mathieu URAIN
  • Henry GORAGUER


L'inauguration de la station de sauvetage du Loch. (Les Annales du Bien 1907) :

    Le mardi 16 avril avait lieu, au Loch, le baptême du bateau de sauvetage offert par notre bienfaitrice, Mme LEMONNIER. Cette cérémonie fut très remarquable.
   Les populations des communes de Primelin, Plogoff, Cléden, Audierne, étaient ainsi venues assister à l'inauguration de notre station de sauvetage.
   Cette magnifique station, placée sur la plage du Loch presque à la pointe du Raz, est appelée à rendre de très grands services à nos marins pécheurs, si nombreux dans ces parages de Douarnenez et d'Audierne, où les tempêtes sont d'une violence inouïe et les naufrages fréquents, surtout aux environs de la Baie des Trépassés et de l'Enfer de Plogoff. Lorsque la tempête mugit, l'entrée ou la sortie du port d'Audierne devient impossible, même pour le bateau de sauvetage qui y est placé. Ce sont ces motifs qui ont décidé notre Société à occuper un poste avancé, sentinelle défiant l'ennemi jusque sur son terrain.
   Après l'imposante cérémonie de la bénédiction du bateau, faite par le clergé des paroisses de Primelin et de Plogoff le canot fut lancé à la mer avec son équipage et les invités (36 personnes étaient à bord). Son entrée à l'eau fut saluée d'acclamations par plus d'un millier de personnes restées sur le rivage ou dans les bateaux de pêche.
   Après une petite promenade en mer, les invités furent débarqués et, l'équipage resté seul dans le canot, l'on procéda à son chavirement afin de bien démontrer aux marins les qualités du bateau Henry. Un câble fut placé sous la quille; le cabestan fut manœuvré et ce fut un instant d'émotion, lorsque le bateau parut la quille en l'air et que l'on vit l'équipage se cramponnant aux filins placés sur les flancs. En un quart de seconde, le canot était redressé et l'eau évacuée instantanément, démontrant ainsi aux marins qu'ils pouvaient sans crainte affronter sur cet engin les plus effrayantes tempêtes.
   Au moment où se faisait cette inauguration, l'escadre du Nord passait à l'horizon pour se rendre à Quiberon. Coïncidence heureuse, car elle ajoutait une note gaie à cette cérémonie se déroulant dans un cadre admirable et par une belle journée de printemps.


Vue du Loch Primelin


Voici l'allocution prononcée à cette occasion par notre président M. COIGNERAI (Président des HSB) :

Mesdames, Messieurs,
   La Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, en confiant au braves marins de Primelin et de Plogoff la conduite du Paul LEMONNIER, sait qu'elle peut compter sur leur courage et leur dévouement. Ils seront les digues émules de leurs camarades qui montent nos embarcations de sauvetage, et rivaliseront de zèle avec les équipages de notre grande sœur, la Société Centrale ; les uns et les autres feront leur devoir, car tous ont le mépris de la mort lorsqu'il s'agit de lui arracher une victime. Certes, tous les pays du monde peuvent s'enorgueillir de posséder des sauveteurs. Mais est-il un coin du globe où ils soient plus nombreux que sur nos côtes de Bretagne ? La tempête, qui y fait rage une partie de l'année, habitue l'enfant dès son bas âge à lutter et à affronter ces dangers au milieu desquels il vit depuis sa naissance. Devenu homme, son courage natif s'augmente du dévouement. Si, enfant, il se jette à l'eau par instinct, comme le Terre-Neuve pour sauver, plus tard, c'est en raisonnant froidement qu'il se dévoue, car alors, il a, lui aussi, une famille, des enfants, qui attendent du chef, le pain de chaque jour, si durement gagné; s’il meurt en se dévouant, qui prendra soin de la nichée ?
   Cette pensée traverse son cerveau mais ne l'arrête pas, car il est de ceux qui croient et qui espèrent. Aussi le dévouement l'emporte ; il s’élance au devant de la mort en bravant le danger : s’il meurt, il aura fait son devoir...
   C’est l’exemple qui nous est donné chaque jour, par nos braves marin, dans les catastrophes qui portent le deuil au milieu de nos familles.
   N'est-ce pas, Mesdames, Messieurs, que le sacrifice est grand et que l'homme ne peut envisager rien de plus sublime en ce monde ? Nos sociétés de sauvetage, organisées pour venir en aide à ces braves gens, et leur procurer des engins perfectionnés, tel le bateau Henry, seraient impuissantes si nous ne rencontrions des personnes charitables, qui, ainsi que la donatrice de ce canot, font un si noble usage de leur fortune.
   Vous m'en voudriez, si je ne vous relatais quelques-uns des bienfaits répandus par Mme Lemonnier, et, dussé-je blesser sa modestie, il est de mon devoir de vous en instruire afin que vous puissiez lui en témoigner votre reconnaissance. Vous savez la grande part qu'elle a prise à la construction de votre jetée : démarches, argent, rien ne l'a arrêtée, jusqu'à ce que satisfaction lui soit donnée.
   Vous lui devez ce magnifique bateau qui fait votre admiration et qui vous permettra d'aller au secours de vos frères.
   Elle a fondé à Saint-Marie, près Pornic, un orphelinat pour une douzaine de jeunes marins qui sont instruits et placés par ses soins. C'est à son initiative que Groix doit de posséder deux dundees de pêche à moteur. Elle a payé de ses deniers le local de la première école de pêche fondée à Groix et dont la direction est confiée à M. Guillard, promoteur des écoles de pêche.
   Ses bienfaits s'étendent non seulement aux marins, mais aussi à de nombreuses familles dans le besoin.
   Tout dernièrement, elle vient de faire un don princier à la Sorbonne pour y créer une chaire ! Voilà l'œuvre de Mme LEMONNIER.
   II n'y aura qu'une voix dans cette assistance pour acclamer la bienfaitrice de ce pays, et vous vous joindrez à moi
pour crier : « Vive Madame LEMONNIER »
   Il nous reste une bien agréable mission à remplir au nom de la Société : c'est de récompenser quelques dévouements qui nous ont été signalés, aussi je suis heureux de remettre diplômes et médailles à :
      M. LUZON, conducteur des Ponts et Chaussées, pour services rendus à la Société.
      LE BOUR, retraité, qui a pris une si grande part à l'organisation de la station de sauvetage.
      SAVIN, Louis, marin pêcheur à Audierne, qui s'est tout particulièrement dévoué lors du sauvetage de l'équipage du canot de sauvetage, et fut assez grièvement blessé.

 Aquarelle du port du Loch Primelin de Mathurin MéheutDessin du port du Loch de Mathurin MEHEUT

   Au cours de cette réunion, Mme LEMONNIER, ayant réuni l'équipage du bateau offert par elle, leur a fait une courte mais énergique allocution ; elle a fait appel aux sentiments de bravoure, d'honneur et de dévouement qui caractérisent les marins, ajoutant qu'elle comptait, pour embellir le Livre d'Or des Sauveteurs, sur les hommes du Paul Lemonnier.
   Inutile d'ajouter que cette allocution et ces récompenses furent accueillis par des applaudissements et aux cris, en effet, de :« Vive Madame LEMONNIER ! »
   Belle et bonne fête - excellente journée pour la Bienfaitrice et pour la Société.

 

Note de l'abbé Claquin - Inauguration de la station de primelin 1907

 


 

1 mai 2012

01 - Le début de l'Histoire du Port du Loch Primelin


 

 Logo HSB

   La Bretagne, quasiment encerclée par la mer, est la région de France qui compte le plus de marins. La pêche est une entreprise hasardeuse et les tempêtes de l’hiver ne font que rallonger la liste des hommes disparus.

   Il y a un siècle, en mars 1903, une session extraordinaire du conseil municipal de Primelin en Finistère décidait de munir le petit port du Loch d’une véritable protection. « Une station de sauvetage sera édifiée ainsi qu’une digue ».

   Pendant près de 50 ans les langoustiers et bateaux de pêche du Loch seront sous la protection de la station de sauvetage H.S.B. (Hospitaliers Sauveteurs Bretons, ancêtre de la SNSM)
   Aujourd’hui, les bateaux de plaisance et de loisirs ont remplacé la pêche professionnelle. Les prévisions météorologiques ont permis de minimiser l’insécurité maritime. Seul l’abri de sauvetage, témoin d’une époque révolue, subsiste pour rappeler le sauvetage au temps des avirons et de la voile. Mme LEMONNIER donatrice de l’abri fit sculpter la devise « DIEU HONNEUR PATRIE » sur le porche. (remarquer les deux N inversés ?)

CH01 - Inscription de l'abri du canot de sauvetage

L’histoire,   

   Déjà en avril 1894, Simon DAGORN, maire de Primelin, écrit, après une réunion du conseil municipal, au Préfet pour l’informer de la pétition des pêcheurs du Loch qui demandent la construction d’une cale avec treuil dans l’anse du futur port.
   La cause de cette pétition est due au fait que le propriétaire du terrain sur lequel les pêcheurs remontaient leurs barques lors des tempêtes, a fait clôturer le dit terrain. Or, il y dans l’anse une cinquantaine de bateaux ; ce qui fait 250 marins pêcheurs environ, qui se trouvent ainsi sans abri – il n’y a aucun refuge sur les 52 km de côte entre Douarnenez et Audierne.

CH01 - Plan de l'anse du Loch en 1895

CH01 - Photo du Loch Plogoff de 1900
   En 1895, une lettre émanant de la direction des Routes, de la Navigation et des Mimes informe la municipalité de la décision ministérielle de l'installation d'une cale de levage avec treuil de 60m pour environ 900 F.

Plan du treuil de levage Plan du treuil de levage en HD

Ch01 - L'anse du Loch en 1895L'anse du Loch en 1895

  En Janvier 1898, Mr Simon POULHAZAN, cultivateur à Kermaléro, s’engage enfin à vendre la parcelle n°9 section D, appelée Dour Salou.
      signé de GLOAGUEN : conseiller municipal
      de Daniel THOMAS : Patron pêcheur  
      et de Simon POULHAZAN : signé d’une croix  

  En début 1899, cette promesse de vente fut contestée par son propriétaire, et par la suite, sous prétexte que ce n’était pas vendu assez cher, les années passèrent sans que rien ne se passa.

CH01 - Plan de l'anse du Loch Primelin de 1903

   En juillet 1899, une souscription est ouverte, car la commune est pauvre. Certains pêcheurs ont versé des sommes allant de 3 F à 12 F par bateau, pour permettre à la municipalité de réunir la somme de 75 F l’are (soit 375 F) demandée par Mr POULHAZAN : L'installation du treuil de hissage sera réalisé.
       Jean Marie FOLLIC du Loch
       Alain CARIOU de Kermaléro - bateau « St Germain »
       Pierre QUEMENEUR de Kerandraon - bateau « le chasseur »
       Mathieu URCUN du Loch - bateau « Anne Josephe »
       Jean Clet CARIOU du Trez - bateau « Ste Anne »
       Mathieu CISSOU de Kerandraon - bateau « L’intrépide »
       René RIVIER de Kerandraon - bateau « Trident »
       Yves URCUN de Kérandraon - bateau « Joséphine »
       Simon LE BERRE et Pascal COZ du Loch
       Simon COSQUER de Kerandraon - bateau « Bayard »
       Pierre COSQUER de Kerandraon - bateau « Jean Bart »

   Durant les années suivantes, d’autres réunions et commissions se succéderont mais les différents dossiers n’avanceront guère. En Début 1903, une session extraordinaire du conseil municipal de Primelin exprima les difficultés des marins à exercer leur métier, mais aussi les grands dangers des côtes entre le Raz de Sein et Audierne.

représentation du Port du Loch Primelin en 1900

   En avril 1903, une pétition des marins fréquentant le Loch est rédigée simultanément à Plogoff et à Primelin, demandant au Président de la commission départementale un secours pour les 150 hommes du Loch (ce qui fait une trentaine de barques).
 

Pétition de mars 1903  Pétition de mars 1903 - Page 1

  Pétition de mars 1903 - Page 2

  Pétition de mars 1903 - Page 3

  Pétition de mars 1903 - Page 4

  Pétition de mars 1903 - Page 5


   Le 29 avril 1903, il est question qu’une personne, Madame LEMONNIER, offrirait un bateau de sauvetage sur sa fortune personnelle. Ce canot serait dessiné par HENRY concepteur de navires à Rochefort-sur-mer. Il sera insubmersible.

Courrier d'avril 1903Courrier d'avril 1903

   Le 2 mai 1903, Dans une lettre au préfet du Finistère, Mme LEMONNIER, veuve de Mr Paul LEMONNIER, déclare : « C’est moi qui ai découvert le Loc’h et me suis attachée avec persévérance à l’idée arrêtée d’arriver à faire créer un petit port de refuge »

Courrier Mme Lemonnier 1Courrier Mme Lemonnier 2Courrier Mme Lemonnier 3Courrier Mme Lemonnier 4

   En juillet 1904, la commission nautique se réunit en vue de la construction d’un brise lame au Loch. Elle est composée de l’administrateur du quartier d’Audierne, du maire de Primelin, de Daniel THOMAS, Jean Yves BRENEOL, Jean CARIOU, Mathieu CISSOU, Jean COSQUER, Mathurin URCUN.
Commission nautique de juillet 1904 Commission nautique de Juillet 1904 en HD

début du 20 siècle - après la construction de la digue

   Jusqu'à présent, le Loch (lac : écrit Loc'h en Breton) le lieu du futur petit port, est un abri précaire protégé, si l’on peut dire, par deux plans de rochers. Au moindre coup de vent, les marins devaient à l’aide d’un treuil fixé sur le rivage, hisser leur bateau.

   L’avant projet de la digue est estimé à 30.000 F avec 20.000 F, pour la part de l’état et 5.000 F pour la part départementale. Le 24 août 1904, grâce à l’effort du conseil municipal, la commune a réussi à rassembler la somme de 4729 F (y compris les 2500 F de Mme LEMONNIER). Il manque 271 F pour atteindre les 5000 F prévu pour la part de la commune. Une subvention de 271 F est accordée.

Proces-verbal d'août 1904 Proces verbal - Août 1904 en HD

   L’ abri de sauvetage fut construit par l’entrepreneur M. le Naour en 1904, pour recevoir le futur canot. Les travaux furent terminés en fin décembre.

CH01 - Plan de la cale de Lancement de 1905CH01 - L'abri de sauvetage

Ch01 - Le loch Plogoff en 1905Le Loch Plogoff en 1905

   En octobre 1905, la construction de la digue d’une longueur de 76m est confiée par adjudication à l’entrepreneur Pierre GUIRAUDIE de Douarnenez pour la somme de 18.392 F.

Adjudication restreinte en octobre 1905CH01 - Plan de la digue de 1904

Adjudication - Construction d'un brise-lames en octobre 1905 en HD

Ch01 - Port du Loch en 1911 - peinture sur toile de Henri MoretLe port du Loch en 1911 - peinture sur toile de Henri MORET

------------------------------------

La création de la station de sauvetage H.S.B. du Loch Primelin

   Madame veuve LEMONNIER, la soixantaine alerte, débarque, par hasard, un beau jour de 1903 à Locronan, le village lui plaît, elle se lie d'amitié avec la famille DANIELOU.
    La même année en mars, le conseil municipal de Primelin juge nécessaire la création d'une station de sauvetage un peu plus à l'Ouest au Loch, petit port situé entre Audierne et la Pointe du Raz, hors de portée pratique du canot d'Audierne.
    Un adjoint, M. RIOU, offre un terrain et c'est le début d'une petite histoire locale, celle de la station de sauvetage des Hospitaliers Sauveteurs Bretons du Loch en Primelin inaugurée grâce à la générosité de Madame LEMONNIER Marie Louise née TOULMOUCHE (1840-1924), en mémoire de son mari Paul LEMONNIER (1836-1894, Ingénieur des Mines). Le canot qui restera en service jusqu'en 1936, portera son nom.

Mme et Mr LemonnierMme et Mr Paul LEMONNIER 

   A Primelin, elle offre donc aux Hospitaliers Sauveteurs Bretons une station de sauvetage complète : abri, rampe de lancement, canot redressable (8.500 F) système Henry, baptisé Paul LEMONNIER et contribue, pour 2.500 F à la construction de la digue de protection du port.
   Elle assiste à l'inauguration le mardi 16 avril 1907 et y prononce un discours bref et énergique. Les H.S.B. souhaitaient répartir sa contribution entre les stations de Primelin (Le Loch ) et de l'Aber Wrach dont le canot fut remplacé à la même époque, mais elle exigea la prise en charge complète de celle de Primelin.

----------------------------

   J’ai voulu rassembler quelques documents pour retracer l’histoire du port sur un siècle. Ma famille a eu dans le passé un rôle actif dans la vie de la station de sauvetage et il restait dans les greniers quelques papiers relatant cette époque. Il était important de synthétiser par des écrits avant que le temps et l’oubli effacent tout cela.
   Je remercie tous les passionnés qui m’ont aidé à écrire ce petit blog sans prétention, et en particulier mon père Jean, mais aussi toute ma famille, ainsi que : Roger MOULLEC, Annette et Blandine MEIL, Pierre KERISIT, Joseph HEURTE, Henry KERISIT, Claude VILLARD, René KERMEL, Nenette CISSOU, Gabi STRUILLOU, Tanguy DE KERROS, Famille Eugène PERROT, Mr RENAULT (SNSM St Malo), Md ROSSI (SNSM Paris), Pascal SERVAIN, Michel BESCOU, Andrée CHAPALAIN  …….
 

La totalité de l’histoire se composera d’environ 60 chapitres qui seront mis en ligne tout au long des années 2012-2030.

Tirelire (HSB) Hospitaliers Sauveteurs Bretons de la station de sauvetage du Loch Primelin

Hervé THOMAS
https://lochprimelin.canalblog.com

 


 

5 mai 2013

21 - L'arrivée de bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS sur Audierne

 

Ch21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Arrivée à Audierne 1949Arrivée du Bateau de sauvetage CV de Kerros, conduit par son équipage, à Audierne en février 1949

CH20 - Remerciment des HSB à Jean-Marie Thomas et son épouse Anna Alanou en 1949Remerciement des HSB à Jean-Marie THOMAS et son épouse Anna ALANOU en 1949
 

CH21 - Courrier des HSB au Commandant BrusqCourrier des HSB au Commandant Brusq d'Audierne en avril 1949

 

Audierne le 19 avril 1949
Compte rendu d’alerte (sans doute écrit par le Commandant BRUSQ  responsable des HSB d'Audierne)

   Le 15 avril, à 1H du matin, j’ai été réveillé par Mr LEBRETON, Chef du Quartier, accompagné de  Mr THOMAS fils (dany). Un bateau de pêche, genre « malamock », s’était échoué à la côte, sous Primelin, par beau temps clair, mais par justant, et demandait assistance. Du Loch, Mr THOMAS avait prévenu téléphoniquement l’Administrateur, qui,  pour faire vite, avait prié Mr THOMAS d’emmener à Audierne, dans sa camionnette, l’équipage du Loch.
   L’équipage et le patron CISSOU, avait rallié d’urgence le Capitaine de Vaisseau de KERROS, mais le moteur n’avait pu être lancé : la batterie au ferro-nickel que Mr THOMAS avait placée à bord pour la traversée du Loch-Audierne, le mois dernier, en attendant l’arrivée d’une batterie commandée au plomb, était déchargée. J’ai remis aussitôt au jeune THOMAS la batterie neuve. Il l’a mise en circuit à bord. Le moteur a tourné dès que lancé.
   A ce moment la mer montait et le chenal devenait praticable. Le bateau de sauvetage allait appareiller quand un nouveau coup de téléphone a prévenu Mr l’Administrateur que le « malamock » s’était désenchoué par ses propres moyens à la marée montante, puis avait gagné le large et mis le cap sur le Raz de Sein. Depuis, nous avons appris que ce « malamock » était de Camaret, qui faisait route de Concarneau sur son port d’attache.
   Notre équipage, déçu de n’avoir pu se rendre utile, a rejoint le Loch dans la camionnette de Mr THOMAS.

Commentaire :
   Cette alerte a constitué un excellent exercice. L’équipage éprouvé du Loch a montré son ardeur coutumière. En faisant appel à cet équipage, Mr l’Administrateur l’a jugé salutaire pour venir en aide à un navire à la côte, les hommes de cette côte sont plus qualifiés que tout autre marin, en raison de leur connaissance exacte de tous les dangers avoisinants. Dans un cas analogue c’est la même manœuvre qu’il conviendrait d’appliquer. Il semble donc tout indiqué de garder l’ancienne équipe du Loch Primelin comme deuxième (ou 3ème) équipage de notre canot, tout au moins tant que la station de Ste Evette ne sera pas en service.
   Les bacs en aluminium de la batterie au férro-nickel de Mr THOMAS ont été piqués et percés par l’eau de mer, à bord. La Société devra donc rembourser à Mr THOMAS du coût de la réparation. Elle lui doit déjà la fourniture d’une batterie neuve, au plomb de 12 volts. La Société lui doit également le coût du transport en camionnette de l’équipage du Loch à Audierne et retour. Elle doit à l’équipage une indemnité pour son dérangement en pleine nuit.
Mr LEVRETON, Chef du Quartier d’Audierne, a droit aux remerciements des HSB.
   La nuit dernière encore, un bateau neuf, du Guilvinec, qui se rendait du Guilvinec à Douarnenez, s’est échoué sur les rochers de la Pointe de Lervily. La mer était houleuse. Le bateau a été détruit avant qu’il n’ai été possible de lui porter secours. Tout l’équipage est sauf.
 

Ch21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 01Le canot de sauvetage CV de KERROS dans le port d'Audierne


L'équipage du Bateau de CV de KERROS était composé de 2 équipes :

 1 - L'équipage d'Audierne
      Jean JAFFRY : patron
      Yves GUEVEL : sous-patron
      Henri GUILLOU : mécanicien
      Félix JAFFRY, Francois PRIOL, Corentin MALEOZ : matelots.

2 - L'équipage du Loc’h Primelin (comme équipe de remplacement)
      Eugène CISSOU : patron
      Hervé QUERE : sous patron
      Dany THOMAS (mon oncle) : mécanicien
      Jean KERSAUDY, Jean YVEN, Jean BOURVEAU : matelots
 

CH21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - durant l'été 1949 (dany Thomas)Le Canot à Audierne durant l'été 1949 avec le mécanicien du Loch : Dany THOMAS à la barre

 

CH21 - Equipage du CV de Kerros en 1950

CH21 - Presse - Le télégramme du 05-05-1949

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 02CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 03CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 04

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 05CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 06CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 07

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 08CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 09CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 10
Le canot de sauvetage CV de Kerros dans le port d'Audierne de 1949 à 1952

 

   En septembre 1949 Les H.S.B décideront d’équiper la station de Ste Evette par un nouveau grand canot.
(OF du 13-10-1949 - Un Nouveau canot pour Audierne)
   Le nouveau bateau construit par les chantiers navals de Fécamp arrive à Audierne le mercredi 18 avril 1951 et c’est le 20 mai que sont inauguré la station et le bateau de sauvetage Nadault de Buffon (nom du fondateur des H.S.B en 1873).  Ce canot de 1ère classe tout temps en bois d’une longueur de 14,50 m et d’un poids de 22 tonnes navigue à une vitesse de 9 nœuds. ... Nous en reparlerons dans un prochain chapitre
 

 

20 juin 2012

12 - L'arrivée du bateau de sauvetage CV de Kerros à la station HSB du Loch Primelin

   Le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise en moins d'une semaine les essais moteur et les essais en mer aux Chantiers Navals de Normandie à l’issue de sa première mise à l'eau.


J'ai pu retrouver différents articles de presse qui relatent son transfert de Fécamp à Primelin, en plusieurs étapes.

 

CH12 - Article de presse - passage a St Malos - CV de KerrosCH12 - Article de presse de Rennes sur le Canot CV de KerrosCH12 - Article de presse - Ministre a Lorient - Bateau de sauvetage CV de Kerros

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Rennes devant les HSB

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 1

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 2

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 1CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 3CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 2

   Mon grand père, Jean-Marie THOMAS, le mécanicien du bateau, récupère le bateau de sauvetage à Redon avec 3 autres membres d'équipage : Eugène CISSOU, Jean KERSAUDY et Jean YYEN. Pour cette dernière étape avant sa destination finale, le canot a rendez-vous à Lorient au congrès des HSB. Le ministre de la mer de l'époque en est l’invité d'honneur.

 


CH12 - Notes de Jean-Marie Thomas au HSB

 

A son retour à Primelin, Jean-Marie THOMAS fait une petite note à Léon BERTHAUT pour lui expliquer que la traversée par la mer s'est bien déroulée.

 

 

 Le canot arrive au Loch Primelin le 5 octobre 1936. Des photos du "De KERROS" monté sur son chariot sur la rampe de lancement furent réalisées par Joseph VILLARD.

 

 

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 aCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 bCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 c


   Durant les semaines qui précédèrent l’arrivée du nouveau bateau, une série d’aménagements furent nécessaires : le chariot de l’ancien canot dû être modifié. Jean-Marie THOMAS (mon grand-père) travailla sur cette adaptation à partir des plans du bateau, fournis par les chantiers navals de Normandie. A l’arrivée du bateau en octobre, tout était donc pratiquement déjà prêt. L'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER fut placé sur le sable de la partie haute du port en attendant son transfert sur Bénodet (voir Ch 02). Les coefficients des marées augmentant, un après-midi, le canot se mit à flotter, ce qui plut semble-t-il beaucoup aux jeunes du Loch qui se trouvaient là. Ils montèrent à bord et allèrent se promener dans le port au plus grand énervement des anciens. Au bout de la digue, la houle étant plus forte, un des enfants dégoupilla la lourde dérive pour stabiliser le bateau. Mais au retour, la quille touchant le sable, nos jeunes « sauveteurs en herbe » ne purent la remonter vu son poids et durent regagner la rive avec de l'eau jusqu'à la taille. Mon père, Jean THOMAS, me raconta cette petite anecdote. Agé alors de 6 ans, il vit toute la scène du haut de la grève, sans doute trop jeune pour faire partie de l'équipe d'aventuriers.

 

   Je n'ai pas trouvé la date exacte du transfert de l'ancien canot, mais il est probable que cela se soit passé avant l'inauguration du nouveau bateau de sauvetage qui eu lieu le Dimanche 15 novembre 1936.

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Remorquage du Paul Lemonnier à Bénodet

 Départ du Paul LEMONNIER pour Bénodet, remorqué par le nouveau bateau de sauvetage "CV de KERROS"

 

La dépêche de Brest du 03-11-1936 - Arrivée du Bateau de sauvetage CV de KERROS à Primelin

 

Logo HSB

 

 

 


 

22 février 2013

17 - Daniel THOMAS, patron du Paul Lemonnier et chef de la station de sauvetage HSB du Loch Primelin

Ch17 - Daniel THOMAS+

   Daniel THOMAS, surnommé Denniel Gola, doit son surnom à une particularité linguistique bretonne : Gola est une mutation de Cola, diminutif populaire de Nicolas, prénom porté par son grand-père. Très jeune, il hérite de ce surnom, probablement pour le distinguer de proches cousins ou d’autres enfants du quartier portant le même prénom.
 

   Né le 11 avril 1854 à Kerhas Biliec, en Primelin, il est l’aîné d’une fratrie de deux enfants. Son père, Pierre THOMAS, cultivateur, le voit répondre dès l’âge de 16 ans à l’appel de la mer. Il débute sa carrière comme novice sur le bateau Saint-Michel, basé à Pors-Tarz. Le 30 avril 1874, à 20 ans, il s’engage dans la Marine nationale pour effectuer son service militaire. Pendant cinq ans, il navigue sur plusieurs navires, fréquentant les ports de Toulon, Brest et Cherbourg. Il se spécialise comme canonnier et atteint le grade de quartier-maître.
 

   En 1876, le décès de son père entraîne la vente de la ferme familiale de Kerhas Biliec. Sa mère, Marie-Marguerite KERNINON, et sa sœur Marie Michelle s’installent au Faubourg. De retour à Primelin en 1879, Daniel reprend la pêche en tant que patron.
 

   Dès 1880, son courage en mer est reconnu lorsqu’il sauve un jeune mousse de son propre bateau, le Bernadette Marie Éléonore, qui sombre dans l’anse du Cabestan. Son acte héroïque lui vaut une médaille d’argent de 2e classe, décernée le 18 novembre 1880.
 

   L’année suivante, en 1881, il épouse Marie-Louise LANCOU, originaire de Kerlaouen, en Esquibien. Ensemble, ils font construire une maison au bourg de Primelin, où ils accueillent sa mère jusqu’à son décès en 1892.

 

CH17 - Daniel Thomas et Marie Jeanne LancouDaniel THOMAS et Marie Louise LANCOU
 

   De l'union de Daniel THOMAS et Marie Louise LANCOU, naitrons 7 enfants (3 mourront jeunes). 3 de leurs fils auront également une carrière tournée vers la mer : François, Jean-Marie (mon grand-père) et Jean Guillaume
 

CH17 - François THOMAS - Jean Marie THOMAS - Jean Guillaume THOMAS


   Au début du 20e siècle, Daniel THOMAS joue un rôle actif dans la vie de Primelin en tant que membre du conseil municipal. En 1905, il fait construire une maison au Loc’h afin de se rapprocher du futur abri de sauvetage, affirmant ainsi son engagement envers la sécurité maritime. Le 14 septembre de la même année, à l’âge de 51 ans, il devient membre des H.S.B (Hospitaliers des Sauveteurs Bretons).
 

   Parallèlement à son activité de sauveteur, Daniel THOMAS et son épouse tiennent un petit commerce dans leur maison. Il développe également un commerce de langoustes, servant d’intermédiaire entre les pêcheurs du Loc’h et les viviers du petit port de Pors-Tarz, contribuant ainsi à l’économie locale.
 

   De 1907 à 1926, il occupe la fonction de patron du canot de sauvetage Paul LEMONNIER, dirigeant de nombreuses opérations de secours en mer. Son engagement et son expérience lui valent ensuite d’être nommé chef de la station de sauvetage HSB du Loc’h Primelin en 1927, un poste qu’il occupera jusqu’en 1936. Son dévouement exemplaire envers la communauté maritime fait de lui une figure incontournable du littoral breton.

 

   Durant sa carrière nautique Daniel THOMAS obtiendra une 10ène décoration, certaines ont été perdues ou endommagées. Le temps nous en laisse six.

 

CH17 -1- Médaille Daniel THOMAS - Courage et dévoumentCH17 -2- Médaille Daniel THOMAS - ColonialCH17 -3- Médaille Daniel THOMAS - Marine Marchande

CH17 -4- Médaille Daniel THOMAS - HSBCH17 -5- Médaille Daniel THOMAS - Encouragement au bienCH17 -6- Médaille Daniel THOMAS - Mérite maritime
Médaille de Daniel THOMAS

 

  Certains diplômes ont accompagné la remise de médaille.

 

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 1CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 2CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 3CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 4

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 5CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 6CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 7CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 8
Diplôme de sauvetage de Daniel THOMAS

 

   En 1931, Daniel Thomas est honoré une dernière fois pour son engagement exceptionnel en recevant l'Ordre du Mérite maritime. Cette prestigieuse distinction, créée quelques mois auparavant, récompense les personnes ayant rendu des services éminents à la marine marchande, à la pêche ou à la navigation en général. Pionnier dans son domaine, Daniel Thomas fait ainsi partie des tout premiers récipiendaires de cette médaille, reconnaissant ainsi son dévouement et son parcours exemplaire au service de la mer et des marins. Cette distinction vient couronner une carrière marquée par le courage, la persévérance et une contribution significative au monde maritime.


 

CH17 - Proposition Mérite maritime - Daniel Thomas

 

Proposition de décoration de L'Ordre du Mérite Maritime à Mr Daniel THOMAS validée par le député PERROT.

 

CH17 - Presse - OE -du 23-05-1931 - Daniel ThomasCH17 - Médaille de l'Ordre du Mérite Maritime - Daniel THOMAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Daniel THOMAS reçoit sa décoration lors du congrès des H.S.B (Hospitaliers Sauveteurs Bretons), à Bordeaux le dimanche 24 mai 1931.

 

CH17 - Presse - La dépèche de Brest du 09-06-1931- Daniel THOMAS

 

 

   J’ai retrouvé de nombreux courriers datés des années 1933-1935 entre Daniel THOMAS et le siège des HSB à Rennes. Avec son fils, Jean-Marie mécanicien, ils vont travailler ensemble sur le projet du nouveau canot de sauvetage à moteur qui sera baptisé en 1936 : Capitaine de Vaisseau de KERROS.

 

 

CH17 - Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage - Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage : Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936

 

CH17 - Courrier des HSB à Jean-Marie Thomas - Décès de Daniel Thomas
 Courrier des HSB à Jean-Marie THOMAS au décès de son père Daniel

 

   Après une vie dédiée à la mer et au sauvetage, Daniel THOMAS s’éteint au Loc’h Primelin le 4 janvier 1941, à 86 ans, un mois seulement après le décès de son épouse. Un journal de l’époque lui rend hommage sous le titre "Mort d’un vieux brave", saluant son engagement et son courage. Sa dépouille est portée au cimetière par les marins de la station H.S.B du Loc’h Primelin, témoignant de l’admiration et du respect de toute une communauté.

 

 

Les Annales du bien 1941

Nécrologie de Daniel THOMAS,

 

   Au Loc’h en Primelin, ou il fut un patron modèle et un Chef de station tout à son devoir, Daniel THOMAS, est décédé le 4 janvier de cette année 1941. Cet homme de courage et de caractère que fut toujours «le père THOMAS», appellation affectueuse dont usaient, pour désigner, ses amis et ses anciens canotier, a droit à notre amical et fidèles souvenir.
   Il était âgé de 87 ans et avait noblement consacré ses qualités de marin et Chef à notre œuvre de sauvetage. C’est avec satisfaction que nous avons appris la façon dont il s’est « éteint » après quelques jour de lit, tranquillement.
   Inutile d’entrer en des détail oiseux. Depuis le sauvetage du bateau, Pigeon-Voyageur, il avait révélé ses hautes qualités professionnelles et humaines, il n’avait cessé de s’affirmer un type admirable de « patron », un collaborateur digne de toute estime. Naturellement, des médailles maintes fois méritées, et la croix du Mérite Maritime, brillaient sur la poitrine de ce héros.
   Empêchés que nous fûmes, au Siège Social, d’aller au Loc’h pour saluer notre vieil ami, nous avons du moins eu la satisfaction d’apprendre par notre dévoué chef de station, que la dépouille mortelle de notre cher THOMAS fut conduite au cimetière par les marins de la station, au milieu desquels Cissou, son courageux et adroit successeur comme patron du Capitaine de Vaisseau de Kerros.
    A notre mécanicien Jean-Marie THOMAS, fils du défunt, et à toutes sa familles, nous envoyons l’assurance de nos affectueux regret et l’expression de nos condoléances unanimes.

 

 

CH17 - Presse - OE du 22-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

CH17 - Porte Clef HSB

CH17 - Presse - OE du 20-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

 

 

15 mai 2012

04 - Les premières années de la station de sauvetage HSB du Loch Primelin


 

   La cale de lancement du canot, qui avoisine les 60 mètres, fut réalisée à la fin de l’année 1906 (après la construction de la digue). Mais à l’arrivée du canot Paul LEMONNIER en janvier 1907, et après quelques mois d’essais et d’utilisation, la cale de lancement fut reconnue insuffisante en longueur car les rails venaient finir dans la grève, loin des flots à marée basse.

Note du Patron de la station, Daniel THOMAS, à Mr COIGNERAI Président des H.S.B de l’époque

Courrier du Patron Daniel THOMAS

Le prolongement de 20 mètres supplémentaires fut réalisé en juillet 1907.
Les rails avaient maintenant une longueur de 80 mètres.
plan de la cale du Loch Primelin de 1905

plan de la cale du Loch Primelin de 1907

1907-10-28 - plan du prolongement de la cale

 
1907 - Abri du marin du Loch primelin

Durant l'année 1907, Mme LEMONNIER insistera pour faire Construire un abri du marin attenant à l’abri du canot de sauvetage. Cette construction aurait empiété sur la zone de passage des barques.

Ce projet ne verra pas jour.

1907-12-19 - Courrier Mme Lemonnier page 11907-12-19 - Courrier Mme Lemonnier page 2

 

Les premiers sauvetages

Les Annales du bien de 1908 :
Le Paul LEMONNIER sauve une barque de pêche et son équipage au Loc’h en Primelin
    Le bateau de Mme LEMONNIER, au Loc’h, vient de commencer sa tâche par une très heureuse sortie.
    En effet, le lundi 2 mars 1908, vers trois heures de l’après midi, un bateau de pêche de l’île de Sein, Confiance en Dieu, patron Henri Salaün, se rendant à Audierne, fut surpris par un coup de vent et désemparé, entre la Basse-Ninkino et la Basse-Piriou. Ce bateau fit des signaux de détresse.
    L’ayant aperçu, le patron du Paul LEMONNIER, notre camarade THOMAS, fit mettre le canot à la mer et se porta au secours des pêcheurs.
    Les ayant rejoints, il demanda au patron pêcheur s’il n’était pas arrivée d’accident de personnes, du fait de la chute de la mâture. Ayant appris que non, le patron THOMAS fis ses offres de services en personnel et en cordage ; on put ainsi établir une gran'voile au bas ris sur le tronçon de mât qui restait et l’on se mit en route vers Audierne.
    Le Paul LEMONNIER conduisit le bateau de pêche en sûreté jusqu'à la rade, et, après s’être assuré que tous les danger étaient écartés, le patron THOMAS vira de bord pour rentrer au Loc’h où il arriva vers huit heures du soir. Le lendemain, il faisait son rapport à la marine.
    Notons, à cette occasion, que le Paul LEMONNIER est aussi sorti le 10 novembre 1907, pour protéger l’entrée des bateaux de pêche du Loc'h en Primelin, surpris en mer par forte houle : tous d’ailleurs purent accoster, sans aucun accident. Nous adressons au patron THOMAS et à son équipage nos doubles et plus sincères félicitations, non seulement pour le sauvetage du lundi 2 mars 1908, mais aussi pour l’initiative du 10 novembre 1907.
   Deux fois de plus, nos chers Bienfaiteurs peuvent se rendre compte de l’utilité de leur générosité éclairée.

 Pub des HSBPub des HSB

Les annales du bien de 1909 :
Un beau Sauvetage au Loc'h en Primelin
   Nous avons reçu de M. DANZE, maire en Primelin, le très circonstancié rapport qui suit :
J'ai le vif plaisir de porter à votre connaissance que le canot Paul LEMONNIER, de la station du Loc'h, vient d'accomplir un nouveau sauvetage.
   Hier samedi, 6 mars courant, un bateau de pêche d'Audierne, Pigeon Voyageur n°2027, monté par 8 hommes d'équipage, quittait ce port dans la matinée pour aller lever ses filets de raie. Il se trouvait vers une heure de l'après-midi dans les parages de Bigorne, à 7 ou 8 milles au sud de l'anse du Loc'h, lorsqu'il fut assailli par une violente tempête du sud-ouest accompagnée de pluie et de grêle, de sorte que la mer fut démontée en un instant. Par suite de brusque sautes de vent au nord, le bateau, risquant d'être chaviré, dut amener ses voiles et se trouva dès lors à la merci des flots.
   De la côte de Primelin, des marins avaient vu le danger que courrait le bateau. ils le crurent même submergé à deux reprises différentes. Son équipage était au complet et le patron THOMAS tenait la barre.
   Dès que le canot eût franchi la barre du Loc'h, il fut mis à la voile et dirigé vers l'endroit ou l'embarcation avait été aperçue en dernier lieu, car l'embrun ne laissait apercevoir qu'à des intervalles très espacés.
   Après une heure et demie d'efforts héroïques, le canot de sauvetage fut aperçu par le bateau en détresse. Les pêcheurs qui le montaient reprirent courage, et sûrs qu'il étaient maintenant d'être secourus, ils établirent deux petites voiles et mirent le cap sur Audierne. Le Paul LEMONNIER, qui courait sur lui vent arrière, l'eut bientôt rejoint, et, après s'être enquis de l'état de l'équipage, convoya le bateau jusqu'au port d'Audierne, où il arriva vers 6 heures du soir.
   J'ajouterai que notre vaillant patron THOMAS et son équipage furent acclamés par la foule qui se pressait sur le môle et félicités chaudement par M. l'Administrateur de l'Inscription maritime qui avait été avisé par le sémaphore de la pointe de Lervily qu'un bateau de pêche désemparé, et convoyé par un canot de sauvetage, se dirigeait vers Audierne. L'équipage étant exténué par une lutte de 5 heures contre les éléments déchaînés, le canot fut mouillé en lieu sur et les hommes revinrent chez eux à pied.
   Le patron THOMAS se rendra à Audierne, dès que le temps le permettra, pour y reprendre le canot et le ramener à la station.
   Le Paul LEMONNIER s'est très bien comporté à la mer. Rempli à trois reprises différentes, il s'est vidé instantanément. En franchissant la barre du Loc'h, un aviron fut entièrement brisé et deux autres mis hors d'usage ainsi qu'une dame de nage. C'est vous dire assez quel était l'état de la mer à ce moment là. C'était à la fois grandiose et terrible. II serait utile que les avirons et la dame fussent remplacés le plus tôt possible afin que le Paul LEMONNIER pût de nouveau, si cela était nécessaire, se porter au secours des bateaux en péril, et accomplir son œuvre d'assistance et de dévouement.

 1909-03-18 - HSB - Sauvetage au Loch Primelin

Les annales du bien de 1910 :
Nos Sauveteurs du Loc'h, une bonne sortie du Paul LEMONNIER
   Le lundi 11 avril 1910, le bateau langoustier n°293, inscrit à Audierne, mouilla dans la matinée à l’entrée de l’anse du Loc'h. Pendant le justan, l’équipage vint à terre dans un petit canot, pour faire ses provisions, et attendit le flot, pour retourner à bord.
   Dans l’intervalle, la mer avait grossi considérablement. Le bateau, mouillé sur rade, chassait sur ses ancres, et il y avait à craindre qu’il vint se jeter sur les rochers de la côte.
   L’équipage, monté dans le petit canot, faisait tous ses efforts pour rejoindre son bord, mais ne pouvait franchir la barre. A deux reprises, il embarqua passablement d’eau et fut sur le point d’être coulé. Il était alors 2 H ½ de l’après midi.
   Le patron THOMAS, voyant le danger que courrait la frêle embarcation, fit armer le canot de sauvetage Paul LEMONNIER. Ce dernier, ayant son équipage au complet, fut bientôt sur le banc. Il prêta son concours à l’équipage du petit canot et le convoya jusqu’au bateau de pêche, qui, peu après leva l’ancre et prit le large.
   A ce moment, un autre bateau de pêche, le 277, rentrait au port. Le Paul LEMONNIER resta sur la barre pour protéger la rentrée de cette embarcation. Lorsque celle ci fut hors de danger, le canot de sauvetage rentra à son tour et fut hissé sous son abri.
   Au patron THOMAS la Société décerne : La médaille d’honneur des H.S.B. A tous un insigne d’honneur et un prix collectif de cent francs.

 1913-04-27 - Naufrage à PrimelinLogo HSB

 

 


 

 

16 juin 2021

43 - Les cloches de St Tugen : devoir de mémoire

Les cloches de Saint-Tugen : devoir de mémoire

    Il y a très longtemps que je voulais vous parler des cloches de cette chapelle car étant enfant, le jour du pardon, je me souviens d’entendre ces puissantes cloches sonner et faire vibrer les alentours. Je restais observer les sonneurs et je me disais qu'un jour je les ferai sonner aussi…

Ch43 - Les Cloches de Saint-Tugen - devoir de mémoireLes 4 cloches de Saint-Tugen

 

   Je n’ai pas vraiment prévu de vous raconter l’histoire de la chapelle : il existe déjà suffisamment d’écrits à ce sujet. Je vais plutôt me concentrer sur les trois cloches que renferme la tour. Ces cloches n’ont jamais été électrifiées et, au fil des années, après la disparition des anciens du village, les techniques pour les faire sonner se sont perdues. En effet, il y a encore quelques années, plus personne à Saint-Tugen ne savait les faire sonner correctement. Je ne parle pas de les lancer en volée, mais de les utiliser comme autrefois, au rythme des jours et des cycles de la vie : l’Angélus, le glas, les offices religieux, etc.

 

   Par exemple, pour les enterrements, dans les années 2000, plus personne ne savait manipuler les cordes des cloches pour sonner le glas. Il fallait alors qu’une personne monte au clocher pour le faire à la main. L’équipe de l’association de la chapelle s’est, à juste titre, inquiétée de cette situation en 2015. Elle a cherché dans la commune s’il restait encore des personnes se souvenant de ces savoir-faire particuliers. L’appel a été entendu.

Ch43 - Guy DONNARS et Jean-Luc LADAN en 2016 (photo Laurence BOCCOU)
Guy DONNARS et Jean-Luc LADAN en 2016 (photo L Boccou)

 

   Ce chapitre s’inscrit donc dans un devoir de mémoire que je vais mettre en valeur par la présence de nombreuses vidéos : faire voir, faire comprendre, faire faire... Mais avant cela un peu d'histoire et de campanologie :

 

Histoire de la chapelle

 

   La chapelle ou plus exactement l’ancienne église tréviale de Saint-Tugen se trouve à 1.5 km à l'est du bourg de Primelin. La chapelle actuelle a été commencée vers 1530, elle fut précédée d'une église dont l’existence est attestée en 1118 d’après les archives. Elle aurait été construite sur l'emplacement de l'ermitage de Saint Tugen établi près d'une fontaine et d'une stèle de l'âge du fer attestant la présence ici d'un lieu de culte préhistorique.

 

   L'église (chapelle maintenant) de Saint-Tugen a été, une trève (succursale) de la paroisse de Primelin jusqu’aux environs de 1785. On la retrouve tout au long de l’histoire sous d'autres dénominations : Eugen sur le cadastre de 1836. Les registres de l'état civil, à partir de 1700 indiquent : Tugen, Eugen, Tugean, Tugeant, Tujan, Eugène, Tuchan, Thugen. Chaque recteur l'écrivait à sa façon.

Ch43 - Cadastre de Saint-Tugen de 1836Cadastre de Saint-Tugen de 1836

 

   La tour carrée imposante (6.5x6.5m), bâtie sur un cimetière du haut moyen-âge est construite de 1579 à 1581, sa terrasse supérieure culmine à 22 mètres de hauteur, la pointe actuelle du paratonnerre au-dessus du coq est à 29,50 mètres.

Ch43 - Le haut de la tour de St Tugen
   La chapelle n'a pas de flèche car la nature du terrain est apparue trop instable à la fin de la construction de la tour (je l'estime à 2800 tonnes) pour la supporter. Il semblerait que sous elle le sous-sol soit composé de strate argileuse qui a commencé à fluer sous le poids de l'édifice rendant l’ajout de la flèche impossible. La fabrique de Saint-Tugen souhaitait pourtant que la flèche soit plus haute que celle de l'église de Saint-Herlé à Ploaré (55 mètres).

 

   Cette tour comportait à l'origine trois grandes arcades, la faisant communiquer avec la nef et les bas-côtés. Les bâtisseurs inquiets de l'intégrité de la construction durent en combler deux, celles qui séparaient la tour des bas-côtés. Aujourd’hui, on peut encore observer les traces de ces deux grandes arcades latérales sur les murs au fond de la chapelle. Le mur sud étant renforcé par un solide contrefort extérieur et peu esthétique.

 

   La chapelle a donc un lanternon polygonal sans grand caractère au sommet de sa tour. Les trois cloches s’y trouvent. Aux angles de la terrasse, on aperçoit les substructions hexagonales des quatre clochetons qui auraient dû s'élever autour de la flèche.

Ch43 - les substructions hexagonales des quatre clochetons
    Pour la petite histoire, la chapelle a bien sa flèche, mais pas aux proportions ni à l’emplacement prévu. Les bâtisseurs en on construit un morceau qu’ils ont élevé au-dessus de l'escalier sud.

Ch43 - La petite flêche de Saint-Tugen
La petite flêche de la chapelle

 

   J'ai réalisé un photomontage sur une photo de Victor Camus de 1908 en rajoutant sur la tour une flèche. Avec une flèche, une église a beaucoup plus d'allure car sans celle-ci elle semble amputée. Les bâtisseurs avaient tendance à choisir ce qu'il y avait de plus beau et de plus esthétique, c’était sans compter sur la résistance insuffisante du sol.

 

Ch43 - Chapelle de St Tugen avec une flèche 1

Ch43 - Chapelle de St Tugen avec une flèche 2

Ch43 - Chapelle de St Tugen avec une flèche 3
Voilà des exemples de ce qu'aurait pu être la chapelle de Saint-Tugen

 

 ---------------------------------------------------------

 

Les cloches de Saint-Tugen : comment ça marche ?

 

Un plan pour comprendre :

Ch43 - Descriptif d'une cloche

   Les cloches rythment la vie quotidienne en indiquant les heures canoniales (matines, laudes, primes, tierces, sextes, nones, vêpres, complies), ainsi que la vie de la paroisse (offices, baptêmes, mariages, funérailles). Elles sont généralement faites en airain, un bronze composé, généralement en France, de 78 % de cuivre et 22 % d'étain. Néanmoins certaines cloches peuvent aussi être constituées de fer, de fonte ou d'acier.

 

   La cloche est très complexe du point de vue sonore. En effet, lors de la frappe au niveau de la pince, en particulier en volée, le son émis est composé de cinq notes harmoniques entre elles. La principale, généralement qualifiée de note de la cloche, est la note que l’on entend comme celle de la cloche. Les autres notes peuvent être obtenues isolément en frappant la cloche à des endroits précis. Il est possible, en variant le diamètre et donc le poids (pour un même profil), de couvrir une plage de cinq octaves chromatiques. Une cloche a donc une note principale et des notes secondaires par ses harmoniques. A Saint-Tugen les harmoniques des cloches donnent un merveilleux timbre sonore lorsqu'elles sonnent en plénum. Ce n'est pas le cas de certains clochers du Cap-Sizun qui sonnent, soyons charitables, comme des casseroles.

 

   Nous n'avons pas vraiment d'information sur les cloches de la chapelle dans le passé. Un document de 1626 évoque la présence de deux cloches en fonte pesant plus de 500 kg. (L’ensemble des deux cloches je pense). La chapelle possédait en 1706 un mécanisme type horloge monumentale qui sonnait automatiquement les heures. Il n'en reste plus que les deux contrepoids visibles dans le bas de la tour posé de chaque coté de la porte d'entrée.

Ch43 - Les deux mystérieux contrepoids

Ch43 - Les deux mystérieux contrepoidsLes deux mystérieux contrepoids (100kg à gauche, 82kg à droite)

 

   En mai 1793 durant la Révolution les cloches de Saint-Tugen ont été descendues pour être fondues. Bizarrement les écrits de l'époque parlent d’une seule cloche de ± 196 kg qui part pour Brest. Aucune information à propos de la deuxième ! La toiture de la tour, qui était en plomb fut enlevée pour servir à la fabrication de balles de fusils. Pour information, la terrasse en était également recouverte pour protéger la pierre. Le toit sera reconstruit en zinc quelques années plus tard.

 

 -----------------------------------------

 

   Les trois cloches actuelles de la chapelle se trouvent donc à l'intérieur du lanternon hexagonal (daté de 1584) en haut de la tour : 126 marches sont à monter pour les découvrir. Il faut dans un premier temps prendre les 55 marches de l'escalier sud, traverser le balcon extérieur (hauteur 8.5m) puis poursuivre par les 71 marches de l'escalier nord pour arriver sur la terrasse (hauteur 22m).

Ch43 - Pour monter au clocher de Saint-TugenPour monter au clocher de la chapelle

 

   Nos cloches sont alignées dans un axe nord/sud, les deux grosses sont au même niveau tandis que la plus petite est décalée en hauteur.

Ch43 - CAO des cloches de Saint-TugenReprésentation informatique du clocher de Saint-Tugen

 

Ch43 - Les 3 cloches de Saint-TugenLes trois cloches de Saint-Tugen

 

   Description des trois cloches de la chapelle :

 - La cloche N°1 de 1803 n'a pas de nom, il s’agit de la petite à gauche.
Inscription : Simon DAGORN, maire, Jean Thomas MARGUILLIER et Jean Le MASSON, membres du Conseil de la commune.
Diamètre : 70.5 cm - Hauteur : 59 cm - Note : DO#4 - (277.18 hertz)
Estimatif du poids de la cloche seule : 200 Kg - Fondue à l'atelier LEPINE à Quimper

Inscription brute de la cloche N°1
J'AI ETE FAITE DU TEMS DE SIMON DAGORN MAIRE – JEAN THOMAS MARGUILLIER & JEAN LEMASSON MENBRE DU CONSEIL DE LA COMMUNE DE PRIMELIN

LEPINE FONDEUR A QUIMPER, L'AN 1803

Ch43 - Gravures de la cloche n°1Gravures de la cloche n°1



------------------------------------------------

   En 1895 les deux autres cloches arrivent. Des écrits existent sur le sujet ainsi le vendredi 14 Juin 1895 dans La semaine religieuse du diocèse de Quimper et de Léon (p.380) on pouvait lire  :

   PRIMELIN – Le Pardon de saint Tujen Cette année, le Pardon du grand saint qu'on invoque contre la rage sera célébré avec un éclat particulier. On peut en juger d’après le programme ci-dessous.
   Deux nouvelles cloches seront bénites, le samedi 29 juin
(D’ordinaire, le pardon est célébré le dimanche avant la Saint-Jean. Je pense qu’en cette année 1895 il a été décalé en raison des personnalités qui ont été invitées à l’événement), veille de la grande fête. La magnifique chapelle de saint Tujen réclamait un carillon plus en rapport avec l'importance du pèlerinage annuel. Bientôt ce carillon chantera, mieux que nous ne saurions le dire, le zèle de M. le Recteur de Primelin et la générosité des personnes dévouées qui l'ont secondé dans une entreprise, au début, bien hasardée.
   Qui, dans la Cornouaille, ne connaît saint Tugen ? Allez d'Audierne à la Pointe du Raz ; entre Esquibien et Primelin, regardez sur la gauche : dans un bouquet d'arbres, en face de l'Océan, vous voyez émerger une grande tour carrée, dominant une église aux vastes proportions. C'est la chapelle de saint Tujen, ou 10.000 pèlerins viennent prier tous les ans.

Ch43 - La semaine religieuse du Quimper et de Léon (Vendredi 14 juin 1895)

- Cloche N°2 de 1895 (la moyenne à droite) porte le nom de Marie-Françoise-Joséphine
Parrain : François-Joseph LAURENT
Marraine : Marie-Anne RIOU
Diamètre : 82.5 cm - Hauteur : 69 cm - Note : SI3 - (246.94 hertz)
Estimatif du poids de la cloche seule : 320 kg - Fondue à l'atelier de Ch. DROUOT à Douai

Inscription brute de la cloche N°2
MON NOM EST : MARIE-FRANCOISE-JOSEPHINE – PARRAIN : FRANCOIS-JOSEPH LAURENT – MARRAINE : MARIE ANNE RIOU
J'AI ETE BENITE EN L'HONNEUR DE ST TUJAN – L'AN 1895 – LEON XIII PAPE - MGR VALLEAU EVEQUE DE QUIMPER ET DE LEON – N. BOURVON RECTEUR DE PRIMELIN – J. SERGENT VICAIRE – S DAGORN MAIRE – P LAOUENAN ADJOINT – Jn Mel PRIOL PRES. DE LA FABRIQUE S. POULHAZAN FABRICIEN

FONDERIE DE CH. DROUOT A DOUAI (Nord)
F. KAMBRUN REPRESENTANT A PLOUISY, COTES-DU-NORD

Ch43 - Gravures de la cloche n°2 - Marie-Françoise-Joséphine 1

Ch43 - Gravures de la cloche n°2 - Marie-Françoise-Joséphine 2 Gravures de la cloche n°2 - Marie-Françoise-Joséphine

 

-----------------------------------------------------

- Cloche N°3 de 1895 (la plus grosse au milieu) porte le nom de Marie-Anne-Marguerite
Parrain : Jean CARVAL (trésorier)
Marraine : Marie-Anne CELTON
Diamètre : 90.5 cm - Hauteur : 76 cm - Note : LA3 - (220.00 hertz)
Estimatif du poids de la cloche seule : 450 Kg - Fondue à l'atelier de Ch. DROUOT à Douai

Inscription brute de la cloche N°3
JE ME NOMME MARIE-ANNE-MARGUERITE, J'AI EU POUR PARRAIN : JEAN CARVAL, TRESORIER, ET POUR MARRAINE : MARIE-ANNE CELTON.
J'AI ETE BENITE ET DEDIEE A SAINT TUJAN, L'AN DU SEIGNEUR 1895, SOUS LE PONTIFICAT DE LEON XIII, MGR VALLEAU EVEQUE DE QUIMPER ET DE LEON – MR BOURVON RECTEUR DE PRIMELIN, MR SERGENT VICAIRE, SIMON DAGORN MAIRE PIERRE LAOUENAN ADJOINT, Jn Mel PRIOL PRESIDENT DE LA FABRIQUE, SIMON POULHAZAN FABRICIEN.

FONDERIE DE CH. DROUOT A DOUAI (Nord)
F. KAMBRUN REPRESENTANT A PLOUISY, COTES-DU-NORD

Ch43 - Gravures de la cloche n°3 - Marie-Anne-Marguerite 1

Ch43 - Gravures de la cloche n°3 - Marie-Anne-Marguerite 2Gravures de la cloche n°3 - Marie-Anne-Marguerite

 

-----------------------------------------------------

   Comme évoqué au début de ce chapitre, la façon d’utiliser les cloches de Saint-Tugen avait pratiquement été perdue. C'est en 2015 que Guy DONNARS alors âgé de 77 ans est approché par l'Association de Sauvegarde du Patrimoine Religieux de Primelin. Il accepte de transmettre un patrimoine particulier : les différentes techniques pour sonner les cloches à l'aide des cordes à Saint-Tugen.

Ch43 - La formation avec Guy Donnars en 2015La formation avec Guy DONNARS en septembre 2015

 

    En mai 2021, J'ai rencontré Guy qui m’expliquait « c'est Jeanne RIOU (1876-1967) épouse KERSUAL, plus connue sous le nom de Ti Chann RIOU qui m'a appris à sonner les cloches ». C'était en 1948, elle avait déjà 72 ans et Guy 10 ans. « Sonner les cloches n'est pas quelque chose de physique, c'est une technique ». Je dois dire que je reste impressionné qu'à 10 ans il arrive à sonner l'Angélus, pas trop pour la volée mais plus pour les 3x3 tintements (coups) qui la précède. Je me suis mis à l'exercice récemment, et je dois vous dire que ce n'est pas si simple à maîtriser au début.

 

Guy m'avait préparé un texte avant mon arrivée avec quelques notes :

 

« On ne peut prétendre devenir sonneur de cloches qu'après avoir reçu une formation spécifique et exigeante. La réussite de cette formation dépendra des conseils éclairés du formateur. Enrichis des conseils reçus, les postulants font meilleur usage de la traction des cordages reliés aux cloches, améliorant l'harmonie dispensée soit individuellement soit en carillon. 

 

Mon formateur Mme KERSUAL du bourg de Primelin, au service de l'église, se chargeait à longueur d'année de tous les Angélus : matin à 7h30, 12h et soir à 19h, le glas aux enterrements, la volée aux mariages, baptêmes et messe du dimanche. Elle était connue sous le nom de Ti Chan RIOU. Elle collectait aussi l'argent des chaises comme cela se faisait jusqu'aux années 1950. Il fallait aussi assurer le service à Saint-Tugen cela demandait beaucoup de déplacements objets liturgiques, calices, paternes, ciboires, hosties, etc. En assurant cette formation, elle me confiait une partie de sa charge. Je me suis adapté à la beauté de ce carillon d'une rare harmonie. »

 

   Guy m’expliquait qu’autrefois les cordes des cloches de la chapelle étaient en réalité des cordages maritimes offerts par des marins. Affecter ces cordages en fin de vie aux cloches n’était pas toujours une bonne idée, il y avait de temps en temps de la casse.

 

------------------------------------------------

 

   Cette année, pendant une journée, trois personnes ont été formées par Jean-Luc LADAN (actuel président de l'association) lui-même formé en 2015 par Guy DONNARS.

 

   Le matin fut consacré à l'apprentissage, l’après-midi à l'enregistrement vidéo. Pour cela j'avais placé sept caméras réparties en haut et en bas de la tour pour partager ce devoir de mémoire.

 

   Pour obtenir un tintement net et sonore pour un glas ou début de l’Angélus j'ai pu me rendre compte que ce n'était pas si simple à travailler avec les cordes des deux grosses cloches et ce malgré le mimétisme à répéter consciencieusement les gestes du formateur : « on ne voit pas en bas ce qui se passe en haut ». Pour contourner cette difficulté j’avais installé au clocher un émetteur vidéo qui retransmettait sur une télévision en bas l'image des cloches en action. C’est le son du glas noble qui est vraiment difficile à effectuer proprement par une personne mais c'est possible avec de la pratique, comme toute chose.

 

   Les autres glas sont plus simples à réaliser car on tinte deux ou trois fois chaque cloche par cycle. Je me suis aperçu que c'est le premier son qui est un peu dur à accrocher, le deuxième et troisième sont plus faciles car on peut jouer sur l’élasticité des 22 mètres de cordes en chanvre pour y arriver proprement.

 

Je vous propose maintenant de rentrer en immersion en visionnant un film documentaire que j'ai intitulé :


" Les cloches de Saint-Tugen : devoir de mémoire "

Pour en savoir plus, voici ci-dessous, les explications et les détails des différents sons et sonneries manuels des cloches de Saint-Tugen  :

 

 Les cloches en plénum - (Les 3 cloches en volée) : Vidéo ICI
   Les trois cloches sont sonnées pour le début et la fin des offices, les mariages, les baptêmes, le 11-novembre à 11h … Pour cette vidéo, Olivier (jeune et fort) a pu les lancer seul avant d’être rejoint par d'autres personnes. Il faut normalement une personne par cloche pour sonner afin d’homogénéiser le rendu des sons.

 

 L'appel aux offices : Vidéo ICI
- La cloche N°2 est lancée en volée 1/2 heure avant la messe. (1h avant les années 1970)
- La cloche N°3 est lancée en volée 1/4 heure avant la messe. (1/2h avant les années 1970)
- Les trois cloches sont lancées en volée trois minutes avant le début de l'office.

   Autrefois, lors des grandes fêtes religieuses et le jour de pardon, il y avait une variante avant le début de l’office. En effet, au dernier son de la volée, les célébrants avaient comme habitude de quitter la sacristie. Lorsqu’ils arrivaient devant l'autel, la cloche N°1 (la petite) était sonnée alors au rythme du tocsin durant quinze secondes pour prévenir les derniers retardataires du début de la cérémonie.

   Dans le passé, pour la basse messe, la petite cloche était utilisé en volé pour le début de l'office. (cela n'a plus cours de nos jours) : Video ICI



L'Angélus :
   Les heures de prières de l'Angélus correspondent généralement à sept heures, midi et dix-neuf heures. Ces prières ont pour but de sanctifier ces trois moments clef de la journée.

1 – L'ange du Seigneur porta l'annonce à Marie : Elle conçut du Saint-Esprit.
2 – Je suis la servante du Seigneur : Qu'il me soit fait selon ta parole.
3 – Et dans notre monde, le Verbe s'est fait chair : Et il a habité parmi nous.
Prie pour nous Sainte-Mère de Dieu pour que nous soyons dignes des promesses de notre Seigneur Jésus-Christ. Amen

   A Saint-Tugen, il y a deux Angélus, celui de tous les jours et le solennel réservé pour le jour du pardon et des grandes fêtes religieuses.

- L'Angélus : 3 x 3 tintements avec la cloche N°2, puis volée. Vidéo ICI
- L'Angélus Solennel : 3 x 3 tintements avec la cloche N°3, puis volée. Vidéo ICI

 

 Les glas :
   Le glas est la sonnerie de cloche signalant la mort ou les obsèques d'une personne, dans la tradition catholique et orthodoxe. Le glas a la particularité de varier entre les régions et parfois même entre les communes. Chaque clocher étant différent, il est normal que l'on puisse trouver une multitude de compositions possibles.

   A Saint-Tugen, il existe trois glas différents : le glas des hommes, le glas des femmes et le glas noble. Le glas noble (enterrement de première classe) n'est plus utilisé depuis l’après-guerre. Il était réservé aux personnes de « haut rang » (ou qui avaient les moyens financiers). Comme déjà évoqué plus haut, cette sonnerie est difficile à réaliser et ne pouvait être exécutée que par des personnes aguerries à l'exercice.

   Le glas était également sonné le lendemain de la Toussaint, c’est-à-dire le 2 novembre, jour des défunts, pour annoncer le début des vêpres.

   Actuellement à Saint-Tugen, les glas sont sonnés à l'arrivée et à la sortie du cercueil du défunt. Mais également si la famille en fait la demande dès lors que la nouvelle du décès est connue par le sonneur.

   Pour les églises du Cap-Sizun (comme ailleurs), les glas sont réalisés pars des automates, mais pour certains clochers, les cycles utilisés sont loin de respecter le tempo d’autrefois (c’est le cas aussi pour l'Angélus). D'autre part, le son obtenu par un marteau lors de la frappe sur l'extérieur de la cloche est moins beau que le son obtenu lors de la frappe intérieure par le battant comme nous le réalisons manuellement à Saint-Tugen.

   Dans certaines régions de France il existe également un glas nommé « le glas romain ». Ce glas n'est pas utilisé au Cap-Sizun (nous l'avons testé). Pour le réaliser, il faut être trois personnes : la grosse cloche est lancée en volée en bas par la corde et deux personnes au clocher frappent le battant sur les cloches 1 et 2 en alternance dans le rythme donné par la grosse cloche. Cette mélodie est très belle et très jolie à écouter. C’est très rapide et étonnant de faire sonner les cloches ainsi pour un enterrement. Nous sommes habitués au Cap-Sizun à quelque chose de plus lent et solennel.

 

- Le glas des hommes : trois tintements avec la cloche N°2 et trois tintements avec la cloche N°3. Vidéo ICI


- Le glas des femmes : trois tintements avec la cloche N°2 et deux tintements avec la cloche N°3. Vidéo ICI


- Le glas noble : un tintement avec la cloche N°2 puis un tintement avec la cloche N°3. Vidéo ICI


- Le glas romain : expérience sonore pédagogique réalisée avec les cloches de la chapelle. Vidéo ICI

 

    Pour information, il n’existait pas de glas pour les enfants à Saint-Tugen mais pour le décès d'enfants une volée avec les trois cloches étaient sonnés pour la « messe des anges ».
   L'enfant qui meurt avant 7 ans va directement au paradis, sans condition ni purgatoire puisqu'il n'aura pas atteint l'âge du discernement du bien et du mal. Il devient un ange de Dieu et peut alors intercéder auprès du Créateur pour les siens. Du fait de ce caractère providentiel, l’Église imposait un cérémonial spécifique dédié au décès de l'enfant où le noir laissait place au blanc, le rituel faisait référence à la fête plutôt qu'au chagrin, et les cloches sonnaient joyeusement plutôt que lugubrement. Mais…. encore fallait-il pour cela que l'enfant soit baptisé.
   Jusqu'aux années 1930, pour les obsèques des petits enfants, l'usage déconseillait très vivement à la mère d’assister à l'enterrement. Elle devait rester à la maison sinon d'autre petits de la famille risquaient de mourir dans l'année.


Le tocsin :
   Le tocsin est une sonnerie de cloches civile pour alerter la population d'un danger imminent tel qu'un incendie, une invasion, une catastrophe naturelle, un naufrage, mais aussi pour rassembler la population en urgence. Cette sonnerie n’est plus usitée en France depuis la fin des années 1950. Normalement le rythme d'un tocsin est de 90 à 120 coups par minute, à Saint-Tugen la petite cloche de 200 kg (la N°1) est trop grosse pour le réaliser à ces fréquences. En bas avec la corde nous sommes au mieux à 60 coups par minute, il faut monter au clocher pour le faire correctement

   J'ai trouvé des écrits sur son utilisation dans les archives de la paroisse le 1er août 1914 à 17h pour annoncer la mobilisation générale. Le 3 août, l’Allemagne déclara la guerre à la France.

 

- Le tocsin avec la corde en bas : coups répétés à 60 coups/minute avec la corde en bas - Vidéo ICI
- Le tocsin au clocher : réalisé dans le clocher à 120 coups/minute - Vidéo ICI

 ---------------------------------

   Pour rester sur les cloches, je vous propose de faire un comparatif avec le clocher de l'église de Primelin.

Ch43 - St Tugen et St PrimelDe Saint-Tugen à Saint Primel

 

   En comparaison avec l'église paroissiale, la plus petite cloche de Saint-Tugen est plus grosse que la plus grosse cloche du clocher de Primelin.

 

   Les cloches de Primelin ont été changées durant la seconde guerre mondiale, les deux ou trois cloches précédentes étaient en fin de vie. La plus grosse s'était même fêlée en septembre 1916.

Ch43 - Le clocher de PrimelinLe clocher de Primelin (à gauche, la plus grosse cloche, à droite la plus petite)

 

    Description des quatre cloches de l'église paroissiale, de la plus petite à la plus grande (toutes les quatre fondues par la FONDERIE PACCARD à ANNECY).

 

Cloche N°1 : Jeanne-Monique (côté Nord-Est, installée en avril 1940)
Diamètre : 42 cm - Hauteur : 36 cm - Poids : 50 kg - Note : SIb4
« TOUTE MA VIE JE LOUERAI LE SEIGNEUR MON DIEU »
Parrain : Jean-Michel RIOU
Marraine : Jeanne KERSUAL (Ne serait-ce pas notre Ti Chann RIOU épouse Kersual ? L’usage veut en effet qu’au quotidien on utilise les noms de jeune fille.)

 

Cloche N°2 : Marguerite-Marie (côté Nord-Ouest, installée en avril 1940)
Diamètre : 50 cm - Hauteur : 42 cm - Poids : 84 kg - Note : SOL4
Cette cloche est équipée d'un marteau.
« JE PLEURE AVEC CEUX QUI SONT MORTS »
Parrain : Daniel LAOUENAN
Marraine : Marguerite DAGORN

 

Cloche N°3 : Yvonne-Bernadette (côté Sud-Ouest, installée en janvier 1941)
Diamètre : 57 cm - Hauteur : 49 cm - Poids : 130 kg (estimation) - Note : FA4
L’Angélus et les heures sont sonnées avec cette cloche, elle est équipée d'un marteau.
« QUE MA VOIX REMPLISSE VOS OREILLES ET VOS COEURS DES NOMS BENIS DE DIEU, DE L'EGLISE ET DE LA FRANCE »
Parrain : Yves CARVAL
Marraine : Fanny POULHAZAN

 

 Cloche N°4 : Anna-Thérèse (côté Sud-Est, installée en avril 1940)
Diamètre : 64 cm - Hauteur : 53 cm - Poids : 164 Kg - Note : MIb4
cette cloche est équipée d'un marteau
« VOX DOMINI IN VIRTUTE » (Psaume 29 : La voix du Seigneur est puissante)
Parrain : Henri GOUZIEN
Marraine : Jeanne NORMANT

 

   Pour information, ces quatre cloches ont été électrifiées au premier semestre 1959. Les trois plus grosses ont un marteau, la plus petite en est dépourvue. Cette cloche a un problème de fonctionnement car son battant est surdimensionné et légèrement décentré.

 

 ---------------------------------

 

   Pour finir ce chapitre je vous propose de revenir à Saint-Tugen. Le jour du Pardon a lieu tous les ans le dimanche qui précède la Saint-Jean fêtée le 24 juin. Cette date du solstice d'été, très anciennement vénérée chez les Celtes (comme chez la plupart des peuples), plaide également en faveur d'un culte solaire, célébré sans doute autrefois sur l’emplacement de l'actuelle chapelle. Jadis il y avait plusieurs pardons à Saint-Tugen : le 1er février fête celte d'Imbolc, le jour de la Toussaint qui est la Samain, le jour de Noël qui est le solstice d'hiver et pour la petite histoire, le pardon de Saint-Primel (l'église paroissiale) le 1er Août correspond à la fête celte de Lugnasad.

 

   Au début du XXème siècle le pardon se déroulait sur plusieurs jours et d'après les écrits de l'évêché, plus de 10.000 personnes y assistaient. Un siècle plus tard, il y a beaucoup moins de pèlerins. 2016 sera la dernière année ou la procession des vêpres ira jusqu'à la croix du Trez. Les anciens sont partis et les jeunes n'ont pas pris la relève.... Est-ce la fin des grandes processions durant les pardons au Cap-Sizun ?

Ch43 - Derniere procession de Saint-Tugen jusqu'au Trez en 2016a

Ch43 - Derniere procession de Saint-Tugen jusqu'au Trez en 2016bDernière procession de Saint-Tugen jusqu'au Trez en 2016

 

--------------------------------

 

Ch43 - Saint-Tugen - La cathédrale du Cap-SizunLa chapelle de Saint-Tugen aussi nommée : « La cathédrale du Cap » porte bien sa légende.

 

   Je remercie pour ce chapitre Jean-Luc LADAN actuel président de l'association de la chapelle pour son aide et son dévouement, ainsi que Laurence BOCCOU pour son aide orthographique.

 

   Je dédie ce chapitre à Roger MOULLEC qui nous a quittés en mars 2020. Il avait beaucoup œuvré depuis trente ans pour cette chapelle comme l'avait fait l'abbé VELLY un siècle auparavant.

Ch43 - Roger Moullec en 2008
Roger MOULLEC au pardon des cerises de Saint-Tugen en juin 2008

 

 

 

Ch43 - Les clefs de Saint-Tugen

 

 

 
 
19 avril 2021

42 - Histoire de l'école du Christ Roi - Primelin


Histoire de l'école du Christ Roi de Primelin (1950-1986)
 Puis l'arrivée d'Emmaüs ...

 

   Ce chapitre sera un peu particulier, ce n'est pas « un truc » lié vraiment au port du Loch, mais dans les alentours très proches du lieu. Depuis un moment me trottait dans la tête de vous raconter l'histoire de l'école du Christ Roi de Primelin. J'y ai été élève il y a 50 ans, et cette école n'existe plus. Cette histoire devient donc une affaire du passé que le temps fera très rapidement oublier. Je vais donc vous parler de l'implantation de cette école et comment, par la suite, l'association des Compagnons d'Emmaüs s'y est implantée.

 

   La cheville ouvrière de cette aventure vient d'une personne atypique : Mlle Henriette DREULETTE. C'était une personne « spéciale » m'ont dit tous les témoins qui l'ont bien connue, quand je dis « spéciale », ce n'est pas péjoratif. Elle avait une réelle bonté d’âme et était bouillonnante d'idées hors du commun qu'elle à réalisées.

Ch42 - Mlle Henriette Dreulette jeune Mlle Henriette DREULETTE (jeune)

 

   Henriette, Aline DREULETTE, est née le 18 février 1885 à Pouldergat (Pouldavid). Son père François était maçon, tailleur de pierre, et sa mère : Henriette CARNEC. Le couple à eu 8 enfants. Toute la famille déménage sur Tréboul vers 1900 pour gérer un restaurant devant la gare. En 1905 n'ayant pas le désir du mariage, elle part dans une communauté religieuse assez stricte en Belgique où elle fera son noviciat. Hélas, les affaires familiales de son père et le mal du pays lui font renoncer à ses vœux. De retour au pays, elle travaille dans le restaurant familial, puis se lance dans la fabrique de dentelles bretonnes au début des années 1920.

Ch42 - Mlle Dreulette - Fabrique de dentelles bretonnes sur Tréboul
   Je n'ai aucune information sur la raison de son arrivée sur Primelin en 1925. Mlle DREULETTE à géré, pendant quelques temps, l'usine de petits pois du Loch puis créé un atelier de couture. Elle forme des jeunes femmes à ce métier : « La ruche ouvrière de Primelin ».

Ch42 - Ruche ouvrière de Primelin

Ch42 - Mlle Dreulette et 2 de ses fillesMlle Dreulette et 2 de ses filles ouvrières - Yvonne FILY (mariée LOUARN) et Anna BARAOU (mariée DANZE)

 

   Elle tient également un commerce et une salle de noces sur les hauteurs de Kerloch Huella (un peu plus haut de l'actuel Intermarché, côté nord de la route) au lieu-dit Poullou-Kerforn.

Ch42 - 1935 -Henri GORAGUER de Kermalero (PRI) -X- Marie Jeanne CHALM de Kerloc'h Huella (PRI)
    Photo de mariage à Poullou Kerforn en 1935 de Henri GORAGUER de Kermaléro et Marie-Jeanne CHALM de Kerloc'h Huella avant de passer dans la salle de noces (tenu par Mlle DREULETTE) par la droite

 

   Durant la guerre, elle organise des repas pour des réfugiés, elle élève plusieurs orphelins et, pour les enfants qu’elle ne peut entourer de soins directs, elle réunit les fonds pour un projet de création d’une école.

 

   Vers 1943, elle achète un terrain à la famille Ladan sur les hauteurs de Kerforn à Kéramu et y construit plusieurs bâtiments, des locaux et lieu de vie pour son atelier de couture, une salle équipée d'une scène pour les soirées théâtre organisées par la jeunesse agricole catholique (JAC) ou pour les musiciens qui animaient les bals de noces (pour info, cette salle servira de réfectoire bien plus tard pour l'école). Elle construira également une épicerie - quincaillerie dans le grand bâtiments qui borde la route nationale.

 

   Une cousine germaine de mon père : Francine THOMAS du Loch, rejoint Mlle DREULETTE à Kéramu pour l'épauler. (Francine est une personne qui aurait dû être religieuse également, mais cela ne c'est pas fait pour raison de santé).

Ch42 - 1948 - Jeanne Tiec - Francine Thomas et Mlle Dreulette avec des scouts1948 - Sur le pas de la porte : Jeanne TIEC - Francine THOMAS et Melle DREULETTE avec des scouts
Jeanne TIEC était une fille que Melle DREULETTE à élevée

 

   Une société est créée sous le nom de « Société d’espérance » via Maître EMERY de Pont-Croix. Pour gérer cette structure avec plusieurs associés - Mlle DREULETTE s'entoure de Francine THOMAS et Michel L'HENORET recteur de Primelin.

 

   Le bâtiment de la future école se construit au sud de la propriété, Mlle DREULETTE remuera ciel et terre pour faire venir des religieuses mais n’y arrivera pas dans un premier temps. Les Évêchés du grand Ouest ne donneront pas suite. Elle finit malgré tout par parvenir à ses fins, mais pas par le biais des congrégations religieuses de France. C'est via la Congrégation Auxiliatrice de l'Eucharistie ou religieuses de l'Eucharistie de Bruxelles en Belgique que cela se fera.

 

   C'est dans l'année 1948 ou 1949 que les 2 premières sœurs arrivent de Bruxelles: Mère Anne-Marie, institutrice ,originaire de Grand'champ (56) et Mère Marie-Thérèse originaire du Canada, qui plus tard suivra une formation infirmière pour faire vivre la communauté.


Ch42 - 1950 - Les 2 premières religieuses - (École du Christ Roi)
1950 - Les 2 premières religieuses - Mère Anne-Marie et Mère Marie-Thérèse

 

   Topologie des lieux avant l’ouverture de l'école en début 1950 :

Ch42 - 1950 - Batiment de l'école du Christ Roi de Primelin
   1 - Commerce, atelier de couture + logement
   2 - Salle de danse qui deviendra la salle de réfectoire pour les élèves
   3 - Appentis - Emplacement de la future chapelle
   4 - Logement et bâtiment de vie des sœurs

 

   Grande fut la joie de Michel L'HENORET recteur de Primelin (de 1946 à 1958) d'accueillir à Kéramu les religieuses de la Sainte-Eucharistie, pour y ouvrir une école libre.

Ch42 - 1953 - Mlle Dreulette et Mr Michel L'Hénoret recteur de Primelin - (Ecole du Christ Roi)Mlle DREULETTE et Mr Michel L'HENORET recteur de Primelin

 

Ch42 - Fin de la construction des classes de l'école du Christ RoiFin de la construction des 2 classes de l'école du Christ Roi

 

Ch42 - 1950 - Mère Anne Marie et ses élèvesSeptembre 1950 - Première rentrée scolaire avec 5 filles uniquement - L'entrée de l'école avec Mère Anne-Marie

 

Ch41 - 1950 - Mlle Dreulette avec les 2 premieres religieuses et leur 5 élèves
1950 - Première rentrée des classes avec 5 élèves

 

Ch42 - 1950-11 - Intérieur de la grande classe - petite section - (École du Christ Roi)1950 - Intérieur de la grande classe - petite section - (École du Christ Roi)

 

Ch42 - 1950 - Cour de récréation - (École du Christ Roi)1950 - Cour de récréation - École du Christ Roi



--------------------------------------------------------------------------------------------------------

 

29 octobre 1950 - Inauguration de l'école du Christ Roi de Primelin

Ch42 - 1950-10-29 - Bénédiction de l'école du Christ Roi - 1
Croix de procession ouvrant la marche vers l'école du Christ Roi

 

Ch42 - 1950-10-29 - Bénédiction de l'école du Christ Roi - 3Bénédiction de l'école du Christ Roi : Compliment à Monseigneur dans la cour

 

Ch42 - 1950-10-29 - Bénédiction de l'école du Christ Roi 2Bénédiction de l'école du Christ Roi  - Marie TIEC (devenue plus tard Sœur Marie-Henriette) porte le brancard avec les deux crucifix devant les cinq premier élèves : Denise Le BERRE - Émilienne PELLE - Yvonne Le MOIGNE - Marie-Lorette LADAN - Marie-Josée Le MOIGNE

 

Ch42 - 1950 - Notre Dame du Chêne - (École du Christ Roi)
1950 - Oratoire de Notre-Dame du Chêne

 

Ch42 - 1955 env - Classe de Mère Marie-Régis - (École du Christ Roi)1955 env - Classe de l'école du Christ Roi

 

    Par la suite, (je n'ai pas de date) Mère Marie-Régis arrive de Bruxelles. Elle sera rejointe quelques années plus tard par sa sœur également religieuse (± 1965), Mère Jeanne-Marie. Elles sont toutes deux originaires d'Arzal (56).

    Les années passent, et les classes s'agrandissent. Les premiers garçons arrivent en 1954, mais avaient obligation de quitter l'école pour leur 7 ans : c'est une école de filles. Ce n'est qu'à partir de 1960 que la mixité totale sera de rigueur.

   En 1960, une petite chapelle est construite attenante au bâtiment de vie des sœurs en lieu et place d'un ancien appentis.

Ch42 - 1962 - La chapelle 1 - (École du Christ Roi)1962 - La Chapelle

 

Ch42 - La chapelle 2 - (École du Christ Roi)

Ch42 - 1974 - La chapelle 3 - (École du Christ Roi)Intérieur de la Chapelle

 

   Le 2 avril 1967, au sein même de l'école, la Mère Anne-Marie reçoit, par le député Mr MIOSSEC, les palmes académiques après 53 ans passées dans l'enseignement libre.

Ch42 - 1967-04-02 - Palmes académique de Mère Anne-Marie - (Ecole du Christ Roi)Remise des palmes académiques à Mère Anne-Marie

 

   C'est en fin d'année 1966 ou début d'année 1967 que je fais ma première rentrée scolaire à 4 ans. Je n'en ai aucun souvenir évidement. Je suis resté dans cette école jusqu'en 1974. Je n'étais pas bon élève à cet âge de ma vie, mes problèmes de dyslexie m’ont particulièrement fait souffrir durant ces 7 années. Les baffes reçues régulièrement par Mère Marie-Régis n’ont pas arrangé les choses.

Ch42 - 1967-06 - La petite classe 1 - (Ecole du Christ Roi)Juin 1967 - Photo de classe

 

Ch42 - 1967-03-16 - Photo aérienne - Ecole du Christ-Roi+Photo aérienne de 1967

 

   1  - Commerce + logement de Mlle DREULETTE et Francine THOMAS
   2  - La salle de réfectoire pour les élèves (ancienne salle de dance)
   3  - La chapelle de l'école
   4  - Logement et bâtiment de vie des soeurs
   5  - La balançoire
   6  - Les préaux
   7  - La petite classe (grande section)
   8  - La grande classe (petite section)
   9  - L'oratoire de Notre-Dame du Chêne
  10 - L'oratoire de Notre-Dame de Lourdes

 

   Beaucoup de petits souvenirs heureux malgré tout me reviennent à l’esprit : les copains, les récrés bien entendu mais pas seulement. La journée scolaire commençait toujours par 1/2 heure de catéchisme, Mère Anne-Marie était très pédagogue sur le sujet, c’était passionnant à l'écouter. Les cours des différentes matières étaient coupés par le repas du midi qui devaient être pris en silence (quel supplice) … Encore quelques baffes par-ci par-là avec Mère Jeanne-Marie. Le menu des repas était toujours le même d'un jour de la semaine sur l'autre semaine, mais je crois me souvenir que l'on avait des frites pour les jours de fête avec les saucisses d'Alain Le BORGNE le charcutier de Primelin.

Ch42 - 1970 - Le réfectoire - (Ecole du Christ Roi)1970 - Le réfectoire de l'école

 

    Après le repas, nous avions la corvée de vaisselle : assiettes, récurage des casseroles et fourneaux un peu comme le principe des bordées de l'armée et cela 1 jour sur 2 et pas de récréation après avoir mangé de ce fait. Tout cela était réalisé sous l’autorité de Mère Marie-Thérèse (On la surnommait la sœur piqueuse, du fait qu'elle avait un diplôme d’infirmière. Elle se déplaçait en 2 CV pour prodiguer des soins dans les familles des alentours).

 

   Pour l'apprentissage de l’hygiène corporelle, pas simple avec ce qui était mis à notre disposition dans les WC type toilettes à la turque. Nous avions du papier journal coupé par les sœurs dans un format « standard » proche de ce que nous connaissons dans notre monde moderne de maintenant. En « faisant l'affaire », j’essayais de recomposer le puzzle des différentes pages pour retrouver la bande dessinée du journal. Puis venait l'horreur pour s'essuyer proprement ...

 

    Retour en classe l’après-midi. Il y avait 1 ou 2 fois par semaine un cours de musique en FM sur France Culture. Nous l'écoutions et reproduisions vocalement chaque passage ou phrase musicale. J'attendais ce moment avec impatience mais régulièrement la réception était tellement mauvaise que l'on ne recevait que des grésillements.

 

    A partir de mi-novembre, nous préparions le spectacle de fin d'année que l'on présentait devant nos familles le dimanche précédent Noël. La mémoire des meilleurs élèves était mise à contribution pour réciter les textes et comptines appris par cœur (je n'en faisais pas partie). Si il y avait un trou de mémoire durant la représentation, on entendait les sœurs dans les coulisses qui nous soufflaient "la bonne parole". Il y avait également des costumes et une mise en scène bien travaillée. A la fin de l’après-midi, nous avions, à notre attention, un petit cadeau sous le sapin (pas de babiole chinoise à l'époque), de mémoire, il y avait également distribution de 2 mandarines : un vrai jour de fête !

Ch42 - 1969 - Noël - (Ecole du Christ Roi)Noël 1969 - Ecole du Christ Roi

 

   Si vous avez dans vos cartons des films super 8 de cette époque de Noëls à l'école, je suis preneur. Je n'ai que des photos à vous faire découvrir. En début et fin d'année scolaire ou durant les fêtes religieuses, la Mère Marie-Thérèse (la piqueuse) nous rassemblait pour les photos de groupe. C'est grâce à elle que nous avons toutes ces photos de nous enfants. Elle les dupliquait afin que chaque famille garde une trace de notre passage dans cette école. Le collectage que j'ai réalisé regroupe toutes les photos que vous n’avez pas eues ou que vous avez perdues. A découvrir dans le chapitre précédent  : ICI (photo de 1950 à 1986).

 

    En 1965, le stylo à bille Bic obtient par décret l’autorisation d’être utilisé dans les écoles françaises : encriers et papier buvards disparaissent de notre univers d'écolier ? Non, pas au Christ Roi. La plume en métal montée sur un manche en bois et encriers de porcelaine blanche placés dans un trou de la table seront notre quotidien. Étant gaucher, les sœurs m’ont imposé l'apprentissage de l'écriture par la main droite. Impossible d’écrire avec une plume et de l’encre sans faire des tâches, surtout en phase d'apprentissage. L’encre ne sèche pas instantanément et les gauchers sont contraints d’utiliser leur main droite. Saisir le porte-plume dans la main gauche faisait étaler l’encre sur la page avec le poignet. Le Bic m'aurait permis d'apprendre l'écriture avec la main gauche, mon équilibre et mon évolution auraient été sans doute bien différents.

CH42 - 1970 - La classe des petits - (Ecole du Christ Roi)"je suis un gaucher refoulé" (au 2ème rang en mode pas content)

 

   Le plus grande classe (côté Nord), c'était pour les maternelles et les CP. La petite classe (côté Sud) était réservée pour les grandes sections, CE1, CE2, CM1, CM2. Il y avait du tuilage entre les classes suivant le niveau des élèves.

Ch42 - 1970 - La classe des petits et des grands - (Ecole du Christ Roi)1970 - La classe des petits et des grands - (Ecole du Christ Roi)

 

   Les jours de fête, on nous projetait des petits films pédagogiques en super 8, invariablement, d'une année sur l'autre les mêmes films repassaient, pas grave, ça nous changeait des dictées à zéro faute que je n'ai jamais connues.

 

    La présence des bonbons était interdite sur le campus, en posséder était considéré comme une faute grave. Il n'y a que lorsqu'un élève fêtait son anniversaire que l'intéressé avait le droit d'en envoyer pour les autres élèves. Nous nous mettions en rang, et nous passions l'un après l'autre prendre qu'un seul bonbon (pas deux !). A la fin du repas du midi, nous avions droit aux bougies d'anniversaire sans le gâteau.

Ch42 - 1977 - Laurent Thomas - 11 ans1977 - Anniversaire de Laurent THOMAS - 11ans

 

   Il y avait durant notre période dans cette école catholique, les sacrements à découvrir : la première communion, confirmation … etc. Nous avions en exemple pour la première communion un cours pour l'apprentissage de la communion sur la langue avec des hosties non consacrées. La confession, maintenant appelée le sacrement du pardon, était un vrai supplice. Nous allions dans la chapelle de l'école la semaine précédant les grandes fêtes religieuses. Derrière l'autel il y avait un lugubre corridor au fond duquel nous attendait le curé de Primelin de l'époque : Guillaume YVINEC : Il me tétanisait. La liste des péchés à réciter était une chose, mais il y avait toute une liste de prières à retenir que je ne maîtrisais pas correctement : l'acte de contrition, examen de conscience, liste des 7 péchés capitaux... etc. En 1971, le nouveau recteur François TROADEC arrive dans la commune et la corvée de « la confesse » deviendra beaucoup plus humaine.

 

    Durant le mois de Marie, en mai, nous allions réciter le chapelet devant l'oratoire de Notre-Dame de Lourdes dans un coin du jardin des sœurs.

Ch42 - Mlle Dreulette devant l'oratoire de ND de Lourde (Ecole du Christ Roi)Mlle Dreulette devant l'oratoire de ND de Lourdes

 

   Il y avait également au milieu du jardin l'oratoire de Notre-Dame du Chêne (voir photos ci-dessous), à l'intérieur il y avait des colombes blanches, c’était de toute beauté. J'aimais beaucoup m'approcher de cet endroit, je regardais les colombes prisonnières derrière leur grillage, un peu comme moi dans cette école. Une magnifique statue de la Vierge de Notre-Dame du Chêne se trouvait là au milieu d'un tronc depuis l'ouverture de l'école en 1950.

Ch42 - 1960 - Notre Dame du Chêne - (École du Christ Roi)1960 - Oratoire/pigeonnier de Notre-Dame du Chêne

 

Ch42 - 1970 - Notre Dame du Chêne1970 - Oratoire/pigeonnier de Notre-Dame du Chêne

 

Ch42 - Notre Dame du Chêne 1
Notre-Dame du Chêne

 

   Je n'ai connu que les 2 sœurs institutrices pour les cours, mon frère Laurent plus jeune de 3 ans a eu une institutrice laïque en maternelle et CP (Marie-Angèle Le BARS), puis Mère Marie-Régis dans les grandes sections. A cette époque, la blouse était encore de rigueur. Je quitte l'école en juin 1974 à 11 ans pour l'école Saint Joseph d'Audierne.

 

    En 1975 l'école fête le 25ème anniversaire. Voilà le menu gastronomique qui a été servi ce jour-là : ICI - Je ne sais pas où avait lieu ce repas mais une chose est sûre, c'est que ce n'était pas à l'école.



   Le chant était une seconde nature pour nous, peut-être que cette formation nous était donnée pour nous permettre de participer avec plus de foi aux offices. Toutes les occasions étaient bonnes pour développer ce don. En exemple en 1977, pour les 80 ans de Mère Anne-Marie, un chant avait été composé pour la circonstance : en voici les paroles : ICI

 

    Mère Marie-Régis prend sa retraite de l'enseignement, il y aura par la suite d'autres institutrices laïques pour les 2 classes. (J'ai très peu de photos concernant cette période)
- Mme FOUQUET : maternelle et CP
- Nicole TROADEC : maternelle et CP
- Mme PLOUZENNEC pour les CE1, CE2, CM1, CM2
- Etc
Alain Le BORGNE sera président de l'APPEL durant cette période

 

   En mars 1974, l'école organise sa première kermesse, parents et enfants sont sollicités pour créer ou fournir de nombreux lots. D'une année sur l'autre, il y a alternance entre la kermesse de l'école et celle de M. le recteur. 1985 sera la dernière année d'une kermesse pour l'école.

Ch42 - 1974 et 1983 - Kermesse de l'école du Christ Roi - PrimelinArticle de presse - Kermesse de l'école du Christ Roi

 

Ch42 - 1978 - Kermesse de l'école du Christ Roi 1

Ch42 - 1978 - Kermesse de l'école du Christ Roi 21978 - Kermesse de l'école


---------------------------------------------------------

Ch42 - 1979 - Kermesse de l'école du Christ Roi 1

Ch42 - 1979 - Kermesse de l'école du Christ Roi 2

Ch42 - 1979 - Kermesse de l'école du Christ Roi 3

Ch42 - 1979 - Kermesse de l'école du Christ Roi 41979 - Kermesse de l'école

 

    L'école du Christ Roi de Primelin (Unité Administrative Immatriculée de l'école : 0291475W) ferme ses portes en 1986, Il n'y aura pas de 37ème rentrée scolaire. Mère Jeanne-Marie et Mère Marie-Régis quittent l'école après un pot donné en leur honneur 1 ou 2 ans plus tard (+/-1988). Elles intègrent une filiale de leur congrégation à Lourdes.

Ch42 - 1987 - Pot de départ des religieuses - Mère Jeanne-Marie et Mère Marie-Régis (Ecole du Chris Roi) Pot de départ des religieuses - Mère Jeanne-Marie et Mère Marie-Régis - (L'abbé René FERTIL à droite)

 

    Pour information l’école du Christ Roi de Plogoff sera en activité de 1952 à 2003 (soit 51 ans). Cette école à bizarrement pris le même nom que celle de l'école des sœurs de Primelin : il n'y avait aucun lien entre les deux établissements.

   L'école publique du bourg de Primelin ferme ses portes en 2011.

 

 -----------------------------------------------------

   Fin de vie des personnes ayant participé à la vie de l'école

Ch42 - 1968-08 - Mlle Dreulette - (Ecole du Christ Roi)
   Mlle DREULETTE décède le 07 septembre 1973 à l'âge de 88 ans dans sa maison de Kéramu. Son corps sera placé dans la chapelle de l'école pour les visites mortuaires.

 

Ch42 - 1973-09-07 - Décès de Mlle Henriette Dreulette (chapelle de l'école du Christ Roi)    Mlle DREULETTE dans la chapelle de l'école

 

- Mère Anne-Marie (Marie-Josèphe PASCO) décède le 13 novembre 1977 à l'age de 80 ans
- Mère Marie-Thérèse (Denise JENVRIN) décède le 12 août 1983 à l'age de 70 ans
- Mère Jeanne-Marie (Augustine LOLICAR) décède à Lourdes le 11 avril 1994 à l'age de 81 ans
- Mère Marie-Régis (Gabrielle LOLICAR) décède à Lourdes le 8 octobre 2004 à l'age de 89 ans

Ch42 - Tombe de Mlle Dreulette et des soeurs La tombe de Mlle DREULETTE et des deux premières sœurs est située à côté de l'entrée du cimetière de Primelin.

 

------------------------------------

 

Au décès de Mlle DREULETTE en 1973, Francine THOMAS continuera à s'occuper de l'épicerie-quincaillerie. Francine était une personne discrète, elle était connue pour être, durant les offices religieux de Primelin, l'organiste attitré … qui ne se souvient pas de ses accompagnements musicaux aux sonorités si particulières.

Ch42 - Francine Thomas
Francine THOMAS

 

   Francine ferme son commerce en décembre 1988. Elle remuera ciel et terre pour trouver une suite possible pour que les lieux de l'ancienne école gardent vie en contactant différentes œuvres caritatives. Ce n'est qu'en 1990 qu'une opportunité se présente via les Compagnons d'Emmaüs. En 1991, la chose se concrétise en permettant à Francine de garder l'usufruit de la maison ainsi que son ancienne boutique jusqu’à son décès.

Ch42 - 1990 - Ecole du Christ RoiPhoto des bâtiments en 1990 – Remarquez que le tronc de Notre-Dame du Chêne avait été déplacé un moment.

 

    Pour les bâtiments, il y a beaucoup de travaux à réaliser. Il faudra plusieurs années de labeur avec les compagnons d'Emmaüs de l'abbé Pierre pour aménager le site en centre de vacances pour les Compagnons.

Ch42 - Groupe d'Emmaüs Primelin années 1990Groupe d'Emmaüs Primelin années 1990

 

Ch42 - 2003 - Francine Thomas et Groupe Emmaüs2003 - Francine THOMAS (avec un bouquet de fleurs) avec un groupe d'Emmaüs

 

   Francine, utilise aussi son temps de retraitée à l'écriture. Elle réalise différents ouvrages, du petit fascicule aux livres qu'elle fait imprimer.

Ch42 - Livres et fascicules de Francine Thomas

Ch42 - 1991 et 1997 - Article de presse sur Francine Thomas 1Article de presse sur les livres de Francine THOMAS

 

   En 2009, Francine ayant des difficultés à vivre son quotidien seule dans sa grande demeure de l'ancienne école, rejoint sa sœur Angèle dans sa maison du Loch. Elle y décédera le 12 juillet 2010 à 96 ans. Francine sera enterrée à sa demande dans la tombe de Mlle DREULETTE et des 2 premières sœurs mais son nom ne sera pas inscrit sur la pierre tombale.

    Les années passent et le centre connaît diverses fortunes. Mais depuis 2 ans les choses évoluent et la nouvelle équipe se donne pour ambition de dynamiser le lieu en travaillant avec les collectivités locales par des échanges et partenariats avec d'autres associations. L'ancien grand bâtiment gris, le commerce de Francine jouxtant la route nationale va être entièrement aménagé pour ce nouveau projet. Il est encore un peu trop tôt pour en dévoiler les détails.

Ch42 - 2020 - Emmaüs Primelin 1

Ch42 - 2020 - Emmaüs Primelin 2

Ch42 - 2020 - Emmaüs Primelin 32020 - Vue aérienne d'Emmaüs Primelin

 

Ch42 - 2020 - Emmaüs Primelin 42020 - Bâtiment de vie et la chapelle

 

Ch42 - 2020 - Emmaüs Primelin 52020 - La cour

 

Ch42 - 2020 - Les anciennes classes transformée en logement2020 - Les anciennes classes transformées en logements

Ch42 - 2020 - La chapelle du Christ-Roi - Emmaüs Primelin2020 - La Chapelle

 

En début 2021, l'association « A Vos Papilles » ouvre un point de retrait de panier tous les mardis dans la chapelle de l'ancienne école du Christ Roi à Emmaüs

Ch42 - 2021 - Presse Emmaüs Primelin

Emmaüs Primelin est un maintenant un vrai centre d'accueil pour les gens de passage.

Un site internet :
https://emmausprimelin.org/
Une page Facebook
https://www.facebook.com/emmaus.primelin.31
Une petite vidéo dynamique sur le centre d’Emmaüs Primelin réalisé en 2020
https://www.youtube.com/watch?v=RdfqM-gmPTk

Ch42 - 2020 - Alexandre Le PEN avec Patricia et RogerAlexandre Le PEN (responsable du centre) avec les compagnons : Patricia Le NESTOUR et Roger RAVALLEC

 

Ch42 - 2020 - Panneau Emmaüs

 

------------------------------------------------

 

   Pour finir ce chapitre, une petite histoire  : Francine THOMAS décède en 2010, en 2011 c'est sa sœur Angèle qui la rejoint. Leur maison du Loch où elles ont vécu ensemble leur fin de vie sera vidée de son contenu avant la vente car il n'y a pas de descendant direct. La famille avait donc été invitée à faire le tour des choses à récupérer avant le passage des déménageurs. J'y suis passé et à un moment donné mon regard s'est posé sur une statue en porcelaine blanche en mauvais état … C’était la statue de Notre-Dame du Chêne de l'école du Christ Roi que j'avais entre le main (40 ans plus tard). Je l'ai gardée, nettoyée, et placée dans une niche oratoire que je lui ai construite dans ma maison.

Ch42 - Notre Dame du Chëne - socle

Ch42 - Notre Dame du Chëne 1
Notre-Dame du Chêne de l'ancienne école du Christ Roi



   Cette statue provient d'un Sanctuaire Marial de la Sarthe au lieu-dit La chapelle du Chêne sur le commune de Vion :
Basilique de Notre-Dame du Chêne de Vion

 

   Je ne saurai jamais de qui de Mlle DREULETTE, les Sœurs, ou Francine THOMAS avait une dévotion pour cette Vierge.

 

 ------------------------------------------------------

 

   Je remercie la famille LADAN pour son aide :
Marie-Lorette Ladan pour ses souvenirs (elle était en 1950 une des 5 premières élèves)
Jean-Luc LADAN pour son aide orthographique

 

  ------------------------------------------------------



Retrouver toutes les photos de classes et de groupes de l'école du Christ Roi de 1950 à 1986
(dans le chapitre 41) ICI

 

 Parle, Commande, Règne

5 juin 2012

09 - L'échouage du Cargo Borgfred à Primelin le 29 mars 1933

   Histoire du cargo à vapeur BORGFRED échoué dans l'anse de Feuntenigou à coté du Loc’h Primelin, le mercredi 29 mars 1933.

   Le BORGFRED, lors de son échouage sur la commune de Primelin, venait de Requejada près de Santander (Espagne) où il avait chargé 1528 tonnes de minerai de cuivre-zinc et se dirigeait vers Odda (Norvège).

   L’échouage avait eu lieu la nuit, et au matin l’équipage s’était rendu compte que la côte était à portée de chaloupe. Ils avaient mis à l’eau leur canot et avaient quitté le navire. La nouvelle du naufrage, au petit matin, commençait à se faire savoir. Le canot de sauvetage Paul LEMONNIER ainsi que d’autres canots allaient à leur rencontre, pour leur porter assistance. Mais l’équipage avait fait demi-tour et était retourné sur leur navire… peut-être par peur de laisser le cargo aux « pilleurs d’épave » ...  sage décision.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933b+

   Le BORGFRED avait eu plus de chance que L’ESTRID qui s’était échoué à la pointe de Lervily à Esquibien le 3 février 1933, quelque mois plus tôt.

Ch09 - Naufrage de l'Estrid 1933a

Ch09 - Naufrage de l'Estrid 1933b Naufrage de L'ESTRID à Esquibien en février 1933

   Pour le BORGFRED, grâce à l’aide de plusieurs remorqueurs, le cargo avait réussi à s’extirper des roches de l'anse de Feuntenigou, malgré tout, pour y parvenir, ils avaient dû vider le cargo de son contenu cuivre-zinc. Les oranges que contenait l’ESTRID avaient fait le bonheur de la population du Cap, à l’inverse, le chargement du BORGFRED avait détruit toute la faune marine locale durant plusieurs mois.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933bb+

Article de l'Ouest Eclair du 30 mars 1933 - Echouage du borgfred

Echouage du borgfred
   Rapport du commandant du SEEFALKE remorqueur allemand de 4200 CV sur le sauvetage du BORGFRED

Le 29 mars 1933 - Le remorqueur SEEFALKE se trouvait en station à Douarnenez
à 11h40 : Il reçoit la nouvelle par téléphone que dans les parages (voisinage) d’Audierne, un navire est échoué.
à 11h50 : Il lève l’ancre et se dirige au large – vent du nord – force 3 – ciel clair.
à 14h00 : Il arrive sur les lieux où le vapeur norvégien BORGFRED est échoué dans les environs de Primelin.
   Nous mettons alors notre canot à moteur à l’eau et nous nous rendons sur le BORGFRED, où nous trouvons le
   capitaine et son équipage à bord. Nous lui offrons notre assistance dans la forme du contrat de Lloyd. (no cure,
   no pay). Nous envoyons 2 pompes transportables à bord et nous fixons la remorque à bord.
à 16h56 : Nous commençons le remorquage.
à 19h39 : Nous sommes obligés d’interrompre le remorquage, le navire ne flottant pas encore.
   Les 2 pompes à moteur travaillent à puiser l’eau dans les cales 1-2-3-4. Les ballasts sont pleins d’eau.
   A l’arrivée de la nuit, nous recueillons l’équipage du BORGFRED, à l’exception du capitaine du navire et de 2
   officiers qui restent à bord. Nous ramenons les effets des hommes de l’équipage. Nous commandons des ouvriers
   et du matériel à Brest afin de procéder au déchargement de la cargaison.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933c+

Le 30 Mars 1933 - Grosse houle de SW, vent de nord – force 3
à 04h50 : Nous commençons de nouveau le remorquage.
à 08h05 : Le remorquage est interrompu, le navire ne flottant toujours pas
   Le BORGFRED se prépare au déchargement.
à 12h00 : Les ouvriers arrivent avec leur matériel. Le nécessaire est fait pour les transporter à bord.
   Il y a 23 hommes. Commence le déchargement, par les cales 2 et 3.
à 15h00 : Déchargement interrompu .... ramené les ouvriers à terre.
à 20h00 : Le remorquage est interrompu. Une surveillance est organisée à bord du BORGFRED pour surveiller
   les pompes. Nous procédons à l’épuisement des cales.
   Appelé le remorqueur ZWARTSEE. Nous avons déchargé environ 100 tonnes.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933d+

Le 31 mars 1933 – Grosse houle de W, vent de W, force 4 – nous continuons à épuiser les cales.
à 06h40 : Commencé de nouveau le remorquage
à 07h00 : Ramené les ouvriers à terre à marée haute. Le navire ne flotte pas encore
à 08h50 : Terminé le remorquage – 30 ouvriers procèdent à l’épuisement des cales 1 et 2.
   Nous appelons le remorqueur SCHELDE
à 16h00 : Nous reprenons le remorquage
à 21h45 : Interruption du remorquage – le navire ne flottant toujours pas….
   Le navire vient de faire 10 à 20 mètres vers le large. Ramené les ouvriers à terre.
à 22h00 : Le SCHELDE arrive. Nous transportons une pompe de ce navire au BORGFRED
à 23h00 : Le ZWARTSEE arrive, l’équipage du SEEFALKE continue le déchargement.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933f+

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933g+

Le 01 avril 1933
à 01h00 : Mauvais temps, levé l’ancre. Le ZWARTSEE passe une amarre sur le BORGFRED
à 05h45 : Commencé le remorquage.
à 09h50 : Interruption du remorquage. Houle de SW, tous les équipages continuent le déchargement de la cargaison
à 18h00 : Commencé le remorquage.
à 21h55 : Le remorquage est à nouveau interrompu, le navire ne flottant toujours pas.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933e+

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933a

Le 02 avril 1933 – Vent de SW force 2, houle de SW, les équipages poursuivent le déchargement.
à 06h45 : Recommencé le remorquage. Le scaphandrier essaie de localiser les avaries
à 09h50 : Le remorquage est interrompu, le navire ne flottant toujours pas. Continué le déchargement.
à 19h00 : Recommencé le remorquage. Les pompes continuent à travailler.
à 20h40 : Le navire flotte enfin, nous l’éloignons de la côte.
à 20h55 : La remorque en manille est brisée, le ZWARTSEE est remorqué. Le SCHELDE aide à gouverner.
   la remorque est brisée à notre bord. Les pompes travaillent sans arrêt sur le BORGFRED.
   Le niveau de l’eau ne diminue pas.

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933h+

Ch09 - Naufrage du Borgfred 1933i+

Le 03 avril 1933 - Le ZWARTSEE convoie le train de remorque, après que le SEEFALKE ait fixé une nouvelle remorque
    à cause de la brume.
    Nous contournons l'Ar-Men, et nous nous dirigeons sur Brest afin d’assurer la sécurité du BORGFRED.
à 11h00 : Nous arrivons à Brest sur rade. Nous pouvons colmater les voies d’eau du BORGFRED par notre
    scaphandrier.

Signé : le capitaine.

Suivie de 2 signatures
1 - Max KLORRE : mécanicien, 27 ans, de Emden en Allemagne
2 - Henrik BAKE : matelot, 21 ans, de Wesermunde en Allemagne

-------------------------

CH09 - Remorqueur SEEFALKE 1

CH09 - Remorqueur SEEFALKE 2Le remorqueur SEEFALKE dans la baie de Douarnenez

Echouage du borgfred FIN

Le remorqueur allemand SEEFALKE fut saisi à son arrivée à Brest après le remorquage du cargo BORGFRED.
Article de l'Ouest Eclair du 4 Avril 1933
Article de l'Ouest Eclair du 5 Avril 1933

   Après être arrivé sur Brest, je perds la trace du navire ... Au vu de l'état de la coque, l'armateur Norvégien l'a sans doute vendu pour démolition.

----------------

Caractéristiques du BORGFRED (1917-1933)
Longueur : 73 m
Largeur : 11 m
Creux : 5 m
Machine : 3 cylindres pour une puissance de 900 IHP

Jauge brute : 1351 tx
Jauge nette : 784 tx
Port en lourd : 2202 Tonnes

Construit en 1917 au chantiers navals NVC van der Giessen & Zonen au Pays-Bas, il prit le nom de OOSTZEE
Il changea plusieurs fois de nom et de propriétaire durant sa carrière nautique.
en août 1917 il devient le OEDENRODE (armateur du Pays-Bas)
en décembre 1918 : le WAALSTROOM (armateur du Pays-Bas)
puis en août 1924 : le BORGFRED (armateur Norvégien)

Ch09 - Le BorgfredLe BORGFRED en navigation

 


<< < 1 2 3 > >>
Histoires de l'anse du Loch
Histoires de l'anse du Loch
Catégories principales-

56 - L'ancienne chapelle Saint-Michel de Lescoff
55 - Le corps de garde et les douaniers du Loch Plogoff

54 - Le raz de marée du 9 janvier 1924
53 - Hervé Kérivel : le sculpteur et son musée (Pt du Raz)
52 - Le Karreg Toulloù - La pierre sacrificielle (Pt du Raz)
51 - La pierre gravée de la Pointe du Raz

50 - Les mines de charbon du Cap-Sizun
49 - Les moulins à eau du Yun au Cap-Sizun
48 - La rivière du Yun, la rivière du Cap-Sizun

47 - Bulletin municipal de Primelin
46 - Bulletin municipal de Plogoff
45 - Conférence toponymique côtière du Cap
44 - Peintures et tableaux du Loch
43 - Les cloches de st Tugen :devoir de mémoire
42 - Histoire de l'école du Christ Roi de Primelin
41 - Photos d'école du Christ Roi - Primelin
40 - AU, AD : bateaux du Loch, bateaux du Cap
39 - De 1800 à 2020 : marins du Loch
38 - Non au nucléaire au Loch en 1980
37 - Le goémon nourricier du Loch
36 - Toponymie côtière de Plogoff
35 - Mimi, la petite mouette du Loch
34 - Toponymie côtière d'Esquibien
33 - La chasse aux requins pèlerins au Loch
32 - Toponymie côtière de Primelin
31 - Toponymie côtière du Cap-Sizun
30 - Le port des Saints et l'anse Saint-Yves
29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin
28 - La route du Loch D784 et l'océan
27 - La station SNSM de Sein -son nouveau canot
26 - Les 150 ans de la station SNSM d'Audierne
25 - L'ancre du parking du port du Loch
24 - La chapelle Notre Dame du Bon Voyage
23 - La petite maison de la pointe des moutons
22 - Le CV de Kerros, qu'est-t'il-devenu ?
21 - Le CV de Kerros arrive à Audierne
20 - L'après guerre et la fin de la station
19 - La période de la seconde guerre mondiale
18 - Tempête dans le Cap Sizun le 18 avril 1940
17 - Le patron Daniel THOMAS
16 - Le naufrage du pétrolier la Nièvre à Porstarz
15 - Les premières années du CV de Kerros
14 - L'inauguration du CV de Kerros à Primelin
13 - Le brillant début du CV de Kerros à Primelin
12 - L'arrivée du bateau CV de Kerros à Primelin
11 - Le bateau de sauvetage "CV de Kerros"
10 - La station du Loch Primelin - années 1930
09 - L'échouage du Borgfred à Primelin en 1933
08 - Plus loin à l'est : les HSB de Pors-Poulhan
07 - La station du Loch Primelin - années 1920
06 - La digue du Loch Primelin au fil du temps
05 - Bien avant 1903 ... à Primelin
04 - Les premières années de la station
03 - L'inauguration de la station du Loch Primelin
02 - Le canot de sauvetage "Paul Lemonnier"
01 - Le début de l'histoire du port de Primelin

Newsletter
Pages
Archives
Visiteurs
Depuis la création 142 396