48 - La rivière du Yun, la rivière du Cap-Sizun
Cela fait maintenant plus de 12 ans que je vous parle de choses et d'autres sur le Loch et alentours sans jamais avoir pris le temps de vous parler de la petite rivière qui s'y jette ... Avant de commencer la lecture : oui, le Yun n’est pas une rivière mais un fleuve « côtier ». Les vieux parlaient de la rivière du Yun : je ne les ai jamais entendu dire autre chose (on n'est pas prétentieux ici). Bon, maintenant que je deviens vieux je dis comme eux.
Dans un passé lointain, le Yun autrefois vibrant de vie et de mouvement se retrouve maintenant en friche, la nature ayant peu à peu repris ses droits. Les rives qui étaient autrefois entretenue sont maintenant envahies par une végétation sauvage et dense, cachant entièrement le cours d'eau à certain endroit. Elle se faufile maintenant péniblement à travers les herbes folles et les arbustes abandonnés. Les eaux qui autrefois scintillaient sous le soleil semblent ternes et sombres, chargées de sédiments et d'algues proliférantes.
Les habitants des environs ont peu à peu délaissé ce cours d'eau. Les vestiges de ponts effondrés et de moulins en ruine témoignent de l'activité passée qui animait jadis ces lieux, maintenant figés dans un état de décrépitude et d'abandon. Pourtant, malgré son aspect délabré, ce cours d'eau en friche garde en lui une certaine beauté mélancolique, une poésie oubliée qui attend peut-être un jour de retrouver sa splendeur d'antan.
Située en aval d’un bassin versant structurant du Cap Sizun, la rivière du Yun marque la frontière administrative entre les communes de Plogoff, Primelin et Cléden-Cap-Sizun. Cette rivière de 8,4 km prend sa source au-dessus de la chapelle St Laurent, dans la zone Est des éoliennes de Goulien ICI (48.067084 , -4.568553) à 94 mètres de hauteur par rapport au niveau de la mer. D’autres affluents ou tributaires du Yun partent également d’Esquibien et de Beuzec-Cap-Sizun.
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Nous appelons cette rivière du Cap Sizun « Le Yun » ou « ruisseau du Loch », mais cela n’est pas tout à fait exact, car ce cours d’eau se nomme en réalité Le Ster ou Steir - la vallée ou coule cette rivière a comme nom : Traoñienn ar Ster en fait (la vallée de la rivière en français). Le Yun « Ar Yeun », variante palatalisée de Geun qui veut dire "marécage, marais", est en fait l’endroit marécageux de l’arrivée de cette rivière au Loch qui par extrapolation réductrice donne ce nom à l’ensemble de la rivière.
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Le Yun et les vallées du Ster - Plan du Cap-Sizun 1776 (archive de l'armée de terre de Vincennes cote M289/24+25)
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La vallée du Ster entre Primelin (à gauche) et Cleden-Goulien (à droite)
Le Yun remonte du Loch, plein nord entre Plogoff et Primelin jusqu’à Cléden-Cap-Sizun à la confluence du Ster :
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- la partie qui part à l’ouest se nomme Ster Bihan - J’ai aussi entendu le nom de « Couer Goz »
- la partie qui part à l’est jusqu’à Goulien : Ster Braz
Les vallées du Ster ont longtemps été utilisées et entretenues par de petites exploitations agricoles (fauche et pâturage des prairies humides, polyculture sur les coteaux).
Dans le passé (1870-1923) on peut retrouver aux Archives Départementales du Finistère des documents qui parlent du curage de la rivière et de l’entretien des berges pour canaliser la rivière durant les crues d’hiver, mais aussi pour permettre aux nombreux moulins à eau de fonctionner correctement. Le travail de curage était imposé par l’administration aux riverains qui devaient curer à leur frais la moitié du lit du ruisseau de sa parcelle ou du lit entier s’ils étaient propriétaires des 2 berges.
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Plan de curage du Ster Bihan en 1900 (le yun coté ouest) - ref AD29 29 S 45
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Une vache au pont du Loch en 1930
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La vallée du Yun en 1966 - les parcelles le long de la rivière sont toujours cultivées
C’est au début des années 1970 que l’exploitation de ces parcelles « humides » s’est raréfiée. A cette époque, je me souviens encore entendre le chant des grenouilles qui résonnait dans tout le Loch les soirs de printemps. Le cours d’eau était riche en biodiversité. Les gamins du coin venaient pêcher le Carrelet (plie) avec de petits tridents souvent réalisés chez le forgeron du Loch Primelin (un dénommé Pays). Certains gamins mal équipés le faisaient avec des fourchettes fixées au bout d’un bâton. Il suffisait de « piquer » le fond du cours d’eau pour parvenir à pêcher ce poisson. Le carrelet (sorte de sole) est un poisson de mer qui remonte sans doute les rivières durant la période de ponte. Il en a été vu jusqu’au moulin à eau de Kergonvan sur Goulien. Je me souviens également voir des mulets dans ce cours d’eau ainsi que de très nombreuses anguilles.
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Gamin du Loch au Yun en 1963 avec Francis Thomas
Côté plage au Loch, les anciens nous expliquaient qu’au premier jour de l’année, en fonction de la direction que prenait le cours d’eau ce jour-là, cela déterminait sur quel côté du Loch il y aurait le plus de décès durant l’année ou encore dans une autre version de quel côté du Loch aurait lieu le premier décès de l’année.
Durant mon enfance j’ai essayé de dompter ce cours d’eau sur la plage par la création de barrages en été. La pose de gros galets pour la fondation, puis de plus petits dans les interstices avec comme liant du goémon et du sable : c’était un gage de réussite pour finir l’ouvrage. Cela permettait aux plus petits de faire trempette dans cette retenue d’eau artificielle (qui avait parfois une odeur suspecte)…
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Régulièrement, durant les tempêtes d’hiver du début du 20ème siècle, des pétitions demandaient au préfet de dégager le sable emmagasiné sous le pont du Loch qui empêchait l’écoulement de la rivière et créait des préjudices aux propriétaires des terres cultivées : Toutes les prairies en amont étant inondées sur près de 1500m. Les rapports de 1913 évoquent qu’il appartenait aux propriétaires intéressés de s’entendre entre eux pour rompre le barrage de galets et de sable qui se formait aux abords du pont…
Durant l’hiver, dans les années 1960, les violentes tempêtes obstruaient toujours ce pont de sable et de galets, bloquant de ce fait l’écoulement de la rivière (comme encore aujourd’hui).
Le marécage se remplissait d’eau à des niveaux important au fil des jours.
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L'étang du Yun en octobre 1965
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Le Yun au pont du Loch en 1968
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L'étang du Yun en 1974
Avec les copains, dans les années 1970, nous aimions alors dégager un sillon de sable à l’aide de pelles pour permettre à l’eau de se frayer un chemin jusqu’à la mer. En une demi-heure, la petite rigole se transformait alors en un véritable chenal. A cette époque, il n’y avait pas encore toute la végétation qui existe maintenant dans le marais, le débit à la sortie du pont était bien plus impressionnant que de nos jours.
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Les enfants du Loch on débouché le Yun (1976)
39 ans plus tard, je l'ai refais en 2015, avec l'aide de mon fils Vincent, nous avons libéré la rivière du Yun
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Sable au pont du Loch en 2023
Vers 1975, délaissées par l’agriculture moderne, les petites parcelles peu productives et peu accessibles de la vallée du Loc’h, se sont enfrichées et boisées au fil des décennies. La déprise agricole laisse aujourd’hui place à de nouveaux espaces qui contrastent fortement avec les paysages et les écosystèmes de la frange littorale. Ainsi, les dernières prairies humides se sont fermées et ont été colonisées par des roseaux et des saules. C’est à partir de cette époque que les grenouilles ont disparu du Loch.
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Le Yun et l'anse du Loch en 2024
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La vallée du Ster Bihan (coté ouest)
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La vallée du Ster Braz (coté est)
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Pour traverser cette rivière, par le passé, il y avait une multitude de petits ponts ou gués pour relier les villages entre eux. Tous ces ponts existaient bien avant le cadastre Napoléonien qui les a identifiés en 1837, hormis celui de la route du Loch à Cleden qui date de 1855.
Les chemins ruraux qui menaient aux différents ponts du Ster, ou ses affluents, étaient en général dans un état déplorable. Ils étaient très étroits, très encaissés et parfois très profonds. Le passage continuel des charrettes, plus que remplies, creusait des ornières dans lesquelles persistait une boue liquide. Pendant la mauvaise saison, les chemins étaient, pour ainsi dire, impraticables pour les hommes, qui devaient emprunter les bordures des champs. Les cultivateurs se plaignaient de cette situation.
A l’heure d’aujourd’hui, certains chemins ont été transformés en routes, d’autres sont restés à la campagne dans leur configuration d’origine. Enfin, d’autres ont disparu.
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Les ponts du Yun
Voici la liste des principaux ponts du Ster (entre les communes) identifiés au fil du temps :
- Le pont du Loch ICI (48.029669 , -4.632973) – Un premier pont est construit en 1832. Auparavant, la rivière se traversait au gué à l’aide de planches (lors des grandes marées, tout était emporté). Le pont fut reconstruit (en plus grand) dans les années 1880 puis élargi en 1979 lors de la construction de la nouvelle route.
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Autour du pont du Loch en 1959
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En remontant le Yun jusqu’à Cléden-Cap-Sizun :
- Le pont Pen Ar Garrek ICI (48.038651 , -4.636729)
Dès 1822, la municipalité de Cléden avait demandé l'aménagement d'une route menant au Loch, principalement pour permettre à ses habitants d'accéder plus facilement au sable et au goémon. Elle soulignait également que cette nouvelle voie offrirait une connexion plus rapide et pratique avec Primelin, Esquibien et Audierne. Cependant, les habitants de Plogoff et Primelin, qui cherchaient à monopoliser l'extraction du sable et la récolte du goémon, ont tout fait pour empêcher la réalisation de ce projet.
Déterminée à aller de l'avant, la municipalité de Cléden fit aménager, en 1848-1849, la section du chemin traversant son territoire. Devant cette avancée, les opposants au projet n'eurent d'autre choix que de céder. La portion restante, sur le territoire de la commune de Plogoff, au pieds de la colline de Landrer et le long des marais du Loch, fut achevée en 1855. Pour financer l'achat des terrains et la construction de la route, la municipalité dut imposer une taxe exceptionnelle de 15 centimes par franc pendant huit ans et contracter un emprunt de 6 000 francs à un taux de 5 % en 1854.
Le pont a été construit en pierres à la création de la route. Aux grandes pluies d’hiver, il arrive que l’eau de la rivière passe sur la route communale.
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Pont Pen Ar Garrek
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Puis sur le Ster Bihan, à l’ouest du Yun
- Le pont Kerham ICI (48.039671 , -4.646568) : chemin entre le village de Kerham (Cléden-Cap-Sizun) et le Run+Trogor (Plogoff). La rivière a été busée il y a plusieurs décennies.
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Pont Kerharm
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- Le pont de Kérazan ICI (48.04066 , -4.653432) relie Le village de Kérazan (Cléden-Cap-Sizun) au village de Trogor (Plogoff). C’est un bloc de béton qui enjambe la rivière actuellement.
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Pont Kérazan – Trogor
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- Le pont Quillec ICI (48.041257 , -4.658216) permettait de relier le bourg de Plogoff au bourg de Cléden-Cap-Sizun. C’est maintenant une route communale.
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Pont Quillec
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- Le pont Yan ICI (48.042333 , -4.666282) : relie par un chemin le bourg de Plogoff par le nord sur la commune de Cléden-Cap-Sizun. Le ruisseau à cet endroit n’est pratiquement pas visible car recouvert de végétation.
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Pont Yan
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Enfin sur le Ster Braz, à l’est du Yun :
- Le pont Meil Kerguehen ICI (48.039616 , -4.626776) : au niveau du moulin à eau du même nom entre Primelin et Cléden-Cap-Sizun, le chemin est devenu une route en 1969.
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Pont Meil Kerguehen
Une des anciennes pierres du pont se trouve toujours en bord de route à 100 mètres au sud de la rivière côté Primelin.
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Ancienne pierre du pont Meil Kerguehen
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- Pont Meil Kerscoulet ICI (48.038169 , -4.612783) : le chemin constitue la limite entre Cléden-Cap-Sizun et Goulien sur son côté nord et traverse la rivière vers Primelin sur son côté sud. C’est un guet composé de grosses pierres. Bizarrement certaines personnes nomment ce pont : le Pon Coz, alors qu'il existe un pont situé 1,5 km en amont de celui-ci qui a déjà ce nom : mystère.
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Pont Meil Kerscoulet
À 200m à l’est du moulin, il y a une pierre plate qui permettait de traverser l’ancien bief lorsque celui-ci était encore en activité. Elle est aujourd’hui inaccessible car cachée par la végétation. Dans un des coins de la pierre, il existerait une forme représentant un fer à cheval qui, suivant la légende, a été faite par le cheval de St Primel qui allait voir St Goulven à Goulien. Une autre légende parle de la trace du cheval du diable ou du sabot du diable lui-même.
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- Le pont Cadiou ICI (48.03789 , -4.605418) : Chemin entre Goulien et Primelin. Ce pont est restauré en juillet 2024.
Ce pont en pierre était très fréquenté par le passé : c’était une voie de communication principale permettant aux habitants de Cléden-Cap-Sizun de rejoindre Audierne avant l'achèvement de la route entre Cleden et le Loch en 1855. Il fallait emprunter le "gariel ar c'horvez", un sentier partant du bourg de Cleden en direction du village de Quillivic vers l’est. Après avoir traversé le ruisseau devant la chapelle de Langroas à gué, descendre dans la vallée par un chemin assez abrupt et suivre un sentier longeant les collines de Brézoulous à l'ouest puis au sud jusqu'au Pont Cadiou. Au-delà, le chemin serpentait à la base des collines de Kerloa sur Primelin avant de remonter la pente pour déboucher au Prat Honest, ICI (48.030327 , -4.592516) - (sur l’actuel route national qui n'avait pas cette configuration en 1850) un nom donné par ironie, en mémoire des attaques nocturnes qui avaient eu lieu dans cette zone par le passé : Prat = pré, Honest = honnête.
Au 19e siècle, le long du chemin après Kerloa, on trouvait d'énormes blocs de pierre intégrés dans les talus, probablement issus d'un monument préhistorique. Il y avait une grande stèle gauloise, un Lec’h (pierre taillée en forme hémisphérique), utilisée comme borne pour délimiter l’entrée de champ d’une prairie. Un autre plus petit se trouvait à proximité. Des pierres à forme phallique étaient encore visibles dans les alentours. Ces vestiges suggèrent que cet endroit aurait pu être un ancien centre de culte païen. Ils se trouvent près d’une vieille fontaine, appelée Feunteun ar Bleiz (la fontaine du loup), entre Kerloa et Loval ICI (48.035833 , -4.597502), où la tradition raconte qu’il se produisait des apparitions mystérieuses et effrayantes. Traverser ce lieu la nuit était toujours source de crainte et d’inquiétude.
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Pont Cadiou avant restauration
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Pont Cadiou après restauration (Aout 2024)
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- Le pont Meil Kergonvan ICI (48.037974 , -4.601968) au niveau du moulin à eau de Kergonvan entre Goulien et Primelin. Ce pont en pierre a été construit entre les deux guerres, auparavant il y avait qu’un guet pour traverser la rivière.
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Pont Meil Kergonvan
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- Le Pont Coz ou Pont Cor ICI (48.036949 , -4.59428) : chemin dans la campagne entre Goulien et Primelin. Ce pont en pierre a été construit entre les deux guerres. Pour les piétons auparavant il n'y avait qu’un guet pour traverser la rivière au sec, les charrettes et attelages le faisaient en traversant le lit de la rivière.
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Pont Coz ou Pont Cor
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- Le pont Meil Pen Bil ICI (48.039782 , -4.587062) n’existe plus : il reliait Goulien à Esquibien en passant par le moulin Pen Bill.
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- Le pont Kerguerrien ICI (48.045208 , -4.580934) est situé entre le village de Kerguerrien (Goulien) et Trévarha (Esquibien). La rivière a été busée il y a plusieurs décennies à cet endroit
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Pont Kerguerrien - Trévarha
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- Pont Meil Brehonnet ICI (48.047611 , -4.575102) : La route de Kervéoc entre Goulien et Esquibien traverse la rivière à cet endroit maintenant.
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Pont Meil Brehonnet
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- Pont Meil Brotel ICI (48.048124 , -4.573136) est une pierre qui enjambe la rivière entre Goulien et Esquibien.
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Pont Meil Brotel
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- Pont Guinvalc’h ICI (48.049583 , -4.570938) n’existe plus (entre Goulien et Esquibien) – ce pont a été détruit il y a longtemps,.malgré la présence encore aujourd’hui du chemin qui permettait d'y accéder du coté Goulien. Déjà en 1851, des délibérations aux conseil municipal d'Esquibien évoquait qu'un propriétaire voyait d’un mauvais œil le passage de personnes sur ses terres via ce pont.
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Reste du pont Guinvalc’h
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Une petite remarque :
- Pont Triperson ICI (48.055487 , -4.564433) : Il n’est pas sur le Ster mais sur l’un de ses affluents qui part de Beuzec-Cap-Sizun. Le nom « les trois curés » m’a intrigué jusqu’à que je comprenne que ce pont, traversé par une route, est en fait le croisement de 3 communes : Goulien, Esquibien et Beuzec-Cap-Sizun.
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Pour finir ce chapitre, un peu d’histoire et de géologie :
Cette rivière a cette configuration depuis plusieurs siècles, mais il y a 22.000 ans, à la fin de la dernière glaciation, le niveau de la mer se situait à 135 mètres en-dessous de son niveau actuel… La mer n’était donc pas visible du Loch car située à plus de 30 Km.
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Le Finistère sud il y a 20.000 ans
Sur le site data.shom.fr, dans la rubrique « LiDAR bathymétrique », on peut découvrir à quoi ressemble actuellement les fonds marins du Cap-Sizun à près de 5 Km des côtes actuelles.
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LiDAR bathymétrique du Cap-Sizun
Le Yun (le Ster) parcourrait donc dans le passé une vallée devant le Loch aujourd’hui submergée. On peut retrouver les sillons laissés par cette rivière dans la zone pour rejoindre la mer. On peut noter qu’il y a d’autres sillons d’anciens cours d’eau de Primelin et de Plogoff qui devaient être des affluents de la rivière du Loch dans cette vallée.
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Ancien lit de la rivière
Dans un temps plus ancien, Il y a 120.000 ans, le niveau de la mer se trouvait à 7 mètres au-dessus du niveau actuel. Notre Cap-Sizun devait être bien différent de ce que nous pouvons imaginer.
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Ce que je remarque, c’est que la commune de Plogoff devait être une île à cette époque
Maintenant, à quoi pouvait ressembler la rivière du Loch dans le passé... ?
Charles Armand PICQUENARD professeur d'université, tente d’y répondre dans un article qu’il publie dans le bulletin de la société géologique et minéralogique de Bretagne en 1926, sous le titre étonnant « considération sur un ancien parcours fluviatile entre Bannalec et la Baie de Trépassés » …
Il affirme l’existence ancienne d’un cours d’eau unique coulant des environs de Bannalec jusqu’à la Baie de Trépassés, puis reconstitue l’évolution qui, selon lui, aurait abouti à l’état géologique actuel. (visible ici)
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Dans le même bulletin, René MUSSET, géographe, n’accepte pas l’hypothèse présentée par Mr PICQUENARD. (visible ici)
Plus récemment, en 1975, Jacques GARREAU nous parle des reliefs en creux de la zone broyée sud-armoricaine de la Baie des Trépassés à Saint-Yvy à l’est de Quimper. (visible ici)
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Maintenant, que conclure …
La rivière du Ster avait son estuaire à la Baie des Trépassés dans le passé. Un soulèvement géologique, ou un apport maritime, s’est formé entre le village actuel de Kervizinic à Cléden-Cap-Sizun et celui du Manoir à Plogoff. Cette alluvion de ± 30m de hauteur de formation géologiquement « récente », d’après des spécialistes, barre par le travers le vallon nommé Ar Vellen.
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Le mot Velen veut dire jaune en breton … ce n’est pas Velen qu’il faut comprendre ici mais plus güelen dans le sens de vue : la belle vue étendue …. Il y a eu une mutation des consonnes un moment, d’ailleurs un vieux dicton affirme : Pa na verd e ma Kemper en eun toul, a vise bed gueled oud ar Vellen : Si Quimper n'était pas situé dans un trou, on l'apercevrait du Vellen.
Ce « barrage », a donné lieu à un phénomène curieux : le refoulement d'une partie du ruisseau vers sa source. Si bien qu'aujourd'hui, dans la même vallée, deux cours d'eau coulent à l'encontre l'un de l'autre, l'un de l'est à l'ouest, l'autre de l'ouest à l'est, pour se réunir entre Plogoff et Primelin dans un axe nord-sud en un estuaire commun, et se jeter dans la mer, à l'anse du Loch. Le cours d’eau qui se trouve à l'ouest du Vellen se déverse dans l'étang de Laoual à la Baie des Trépassés.
Le nom actuel en breton de la Baie des Trépassés est « Boe an Anaon ». Or le nom réel est « Boe an Aon » (la baie où se jette le ruisseau). La réunion de l'article au substantif a donné le mot « anaon » (les défunts). L'article « an », de nouveau ajouté pour séparer les deux noms, a donné « Boe an Anaon » (la baie des Trépassés), donnant naissance à ces légendes de naufrages et de morts. Il est avéré qu’aucun navire, ni corps de naufragé ne s’est échoué dans cette baie, les courants portant tout vers le large. Il faut se méfier de ces légendes merveilleuses qu'on débite à loisir sur la Pointe du Raz.
Le même phénomène de soulèvement géologique a t-il eu lieu du côté de Kerscao à Esquibien ? ... Mystère. Cette colline de près de 52 mètres actuellement n’existait peut-être pas dans le passé comme à Ar Vellen. Ce qui veut dire que le Goyen (qui prend sa source à Plonéis) et le Ster (Yun) ne faisaient peut-être qu’une seule et même rivière qui se jetait à la Baie des Trépassés.
Pour aller plus à l’est : cette rivière prenait-elle sa source au-delà de Quimper ? Je ne sais pas car cette région n’est plus dans mon secteur de compétence maritime.
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Je remercie Fabien SERRE pour son aide documentaire et orthographique
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Pour la suite de ce chapitre je vous propose de découvrir les anciens moulins à eau qui on existé sur cette rivière dans le passé : Les moulins à eau de la rivière du Loch
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