52 - Le Karreg Toulloù - La pierre sacrificielle (Pt du Raz)
Le Karreg Toulloù / Doulou : un rocher, des légendes, une énigme
À première vue, ce n’est qu’un rocher parmi tant d’autres. Et pourtant, le Karreg Toulloù intrigue, interroge et suscite l’imaginaire. Situé aujourd’hui à proximité immédiate de la Maison du Site, au départ du chemin menant à la Pointe du Raz par le versant sud, ce bloc de pierre ne semble pas avoir été placé là par hasard. Sa présence même, son nom, son histoire et surtout ses déplacements successifs témoignent d’un passé aussi mystérieux que captivant.
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Observation et analyse
Ce bloc granitique présente une forme singulière : sa géométrie torturée, entremêlée de sillons et de cuvettes, attire immédiatement le regard.
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Ses dimensions sont d’environ 1,90 m de long sur 1,20 m de large, pour un poids estimé à 2,5 tonnes. On observe à deux endroits des cassures sur sa périphérie, suggérant la perte de fragments.
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J’ai échangé très rapidement avec le géologue Yves Fouquet pour en savoir plus, et voici quelques pistes de réflexion qu’il m’a proposées : Les dépressions en surface sont probablement dues à une érosion naturelle, soit chimique, soit mécanique.
- L'érosion chimique peut se produire à l’air libre ou au contact des acides humiques contenus dans le sol. L’altération chimique est renforcée, en particulier le long des cassures naturelles du granite (diaclases).
- L'érosion mécanique se produit surtout sur l’estran, lorsque des galets s’accumulent dans les dépressions du granite (elles-mêmes parfois amorcées par l’altération chimique) et sont agités par les vagues. Dans ce cas, les vasques ainsi creusées peuvent devenir assez profondes et plus larges à leur base, usée par les galets. Ce type d’érosion marque ainsi d’anciens niveaux marins.
- Combinaison des deux phénomènes : il est également possible que les deux processus se soient succédé, une érosion chimique initiale suivie d’une érosion mécanique, par exemple sous l’effet des torrents issus de la fonte des glaciers lors de la dernière glaciation.
Il n’est pas exclu que les roches les mieux « sculptées naturellement » aient attiré l’œil des populations préhistoriques, qui ont pu les transformer en vasques à usage domestique. Cela se faisait encore récemment sur l’île de Sein, où des vasques naturelles, grossièrement aménagées en haut de l’estran, étaient utilisées pour retenir l’eau douce et rincer le linge avant séchage (mes parents et grands-parents l’ont pratiqué).
Une utilisation rituelle est également envisageable, mais difficile à démontrer, sauf si l’on retrouve ce bloc en association spatiale avec des tumulus, menhirs ou autres constructions préhistoriques.
Cette dernière hypothèse est particulièrement intéressante : elle a marqué pour moi le point de départ de plusieurs mois d’enquête, dans l’espoir d’en percer le mystère.
Une étymologie sujette à interprétation
Le nom Karreg Toulloù ou Doulou est porteur de plusieurs sens possibles. Sur certains sites de traduction breton-français, Doulou est donné comme signifiant « douleur » ou « douloureux », une interprétation sombre, évoquant les souffrances passées ou les rites anciens. Karreg Toulloù (Toulou) se traduit par « rocher à trous » ou « rocher percé ». Ce sens semble plus en adéquation avec l’aspect physique du bloc, creusé de petites cavités naturelles ou aménagées, évoquant les fameuses "pierres à cupules" que l’on retrouve dans diverses régions de Bretagne et d’ailleurs. Pourtant, l’appellation la plus frappante reste celle que lui donnaient les anciens de la pointe : la pierre sacrificielle. Ce surnom ouvre la porte à une dimension mythique, rituelle, voire tragique, que les récits oraux n’ont jamais totalement permis de clarifier.
Une pierre pas tout à fait comme les autres
En Bretagne, de nombreuses légendes entourent les pierres à cupules, ces roches parsemées de petites cavités souvent associées à des rites antiques, qu’ils soient druidiques ou plus anciens encore. Les pierres à cuvette avec rigole d’écoulement étaient très vénérées par les Celtes qui y pratiquaient un culte aux divinités de l'eau. Le Karreg Toulloù s’inscrit tel dans cette tradition ? Même s’il ne s’agit pas d’un mégalithe à proprement parler, certains pensent qu’il pourrait avoir servi d’autel pour des cérémonies religieuses.
Cela pourrait être une pierre de fécondité comparable à la Kazeg Vaen sur Locronan, ou encore comme la pierre des "sacrifices" du site de Manéguen à Guénin dans le Morbihan. On raconte – sans preuve formelle – que des sacrifices y auraient été accomplis, offerts à une divinité locale aujourd’hui oubliée.
Une question de lieu : que fait ce rocher ici ?
Le Karreg Toulloù n’a pas toujours été là où il repose aujourd’hui. Contrairement à ce que beaucoup croient, la nouvelle cité commerciale de la Pointe du Raz, inaugurée en juin 1996, n’a pas été bâtie autour de lui. C’est en réalité l’inverse : le rocher a été déplacé un an plus tard, en mars 1997.
Mais pourquoi ce transfert, et à l’initiative de qui ? Les personnes que j’ai interrogées sur place n’ont pas su me renseigner sur l’origine de la pierre. Le mystère demeurait entier, jusqu’à ce que je décide de contacter le directeur du site de l’époque, Bruno Cariou. Bonne intuition : c’est lui qui, conscient de la valeur patrimoniale de ce bloc si particulier, avait pris soin de le sauvegarder lors de la destruction de l’ancienne cité touristique. À l’époque, les bâtiments de béton devaient disparaître pour rendre le site à la nature, et la pierre, elle, fut déplacée — préservée d’une disparition certaine. C’est là, précisément, que le rocher se trouvait auparavant.
Retour sur l’histoire du musée et des aménagements de la Pointe
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Le Karreg Toulloù se trouvait autrefois devant le musée de l’ancienne cité, un lieu emblématique créé au début des années 1960 par Hervé Kérivel, personnage marquant du Cap Sizun. Ce dernier, sculpteur passionné, avait racheté en 1961 l’hôtel de l’Armen (attenant à l’hôtel de l’Atlantique) afin d’y aménager un musée original.
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Hervé Kérivel (à gauche) devant le musée des calvaire en septembre 1961
Ce musée, surnommé Musée de la Pointe du Raz, était à l’image de son créateur : singulier, habité, hors des sentiers battus. Il mêlait des reconstitutions historiques de la vie locale, des objets maritimes patinés par le temps, des créations personnelles sculptées dans le bois ou la pierre, ainsi que des éléments insolites ou énigmatiques, glanés au fil des années.
En travaillant sur ce chapitre, je me suis pris de curiosité pour Hervé Kérivel, son histoire et son musée. J’ai donc décidé de lui consacrer un chapitre entièrement dédié (publication à venir pour novembre 2025).
Mais revenons à notre rocher…
C’est au début des années 1970, lors de l’aménagement du terre-plein devant le musée, qu’Hervé Kérivel décide de transférer ce rocher à cet endroit. Le rocher n’était pas présent dans la zone de construction des deux hôtels, bâtis en 1958… Alors, d’où vient-il ?
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Le Karreg Toulloù devant le musée en 1971
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Le musée et le Karreg Toullous vers 1972
Hervé Kérivel, disparu en 2006, n’a laissé aucun écrit permettant de comprendre les raisons qui l’avaient poussé à déplacer cette pierre. Était-ce un geste symbolique, artistique, spirituel ? Ou bien simplement la volonté de préserver un élément du patrimoine local ?
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Le musée et le Karreg Toullous en 1995
Sans descendance directe, il ne m’a pas été possible de recueillir de témoignages familiaux immédiats. Après de longues recherches, j’ai néanmoins découvert qu’il avait des neveux et une nièce. J’ai fini, non sans mal, par entrer en contact avec sa nièce, Anne-Marie Le Coz, qui vit aujourd’hui en région parisienne. Elle avait travaillé aux côtés de son oncle au musée et conservait de précieux souvenirs de cette période. Mais concernant l’origine du rocher, ses indications restaient limitées : elle m’a simplement confirmé qu’il provenait de la zone de la Pointe du Raz et qu’il aurait été déplacé vers 1971, par un certain Jean Quiniou, de Cléden, entrepreneur en maçonnerie, avec l’autorisation du propriétaire du terrain où il se trouvait.
La Pointe du Raz avait été profondément transformée durant la Seconde Guerre mondiale, par l’édification massive de blockhaus. Si le Karreg Toulloù s’était trouvé dans cette zone, il aurait sans doute été utilisé comme matériau de construction, ou bien enseveli sous les fondations. Cela signifie donc qu’il reposait ailleurs, dans un lieu plus discret.
J’ai passé plusieurs mois à interroger les anciens de Lescoff pour tenter de retrouver son origine. Un site s’est très vite imposé : la colline au dessus de l’arche naturelle de Porzan, entre Porzan et Bestré. Cette arche relie, par une langue rocheuse, la pointe appelée Beg ar C’hastell à la côte. Étonnamment, il s’agit du tout premier site classé du Cap-Sizun, en 1909, avec les falaises de Castel-Coz — bien avant la Pointe du Raz, seulement classée en 1930. Le Kougon, qui entoure l’arche par le nord-est, porte le nom de Kougon Ninizic Braz.
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L'arche naturelle de Porzan en 1900
Il y a dans cette zone une multitude de blocs de roche identiques au Karreg Toulloù. J’ai défriché le lierre et les aubépines autour des blocs où ils étaient regroupés, pour essayer de comprendre. Ce lieu, nommé Roz Poul Gwen, Lescoff sur le cadastre napoléonien de 1836, semble particulier. Pourquoi trouve-t-on ici un regroupement de ce type de rochers, et pas ailleurs sur la Pointe du Raz ?
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La zone de Porzan est un endroit où l’on a retrouvé des traces de présence humaine à l’époque néolithique. La zone de l’Arche, battue par les vents et les embruns, pourrait avoir été un lieu sacré - un haut lieu du culte druidique lié à l’Arche. Ces hypothèses restent à explorer, mais le potentiel archéologique du site est indéniable. Le site de Porzan, protégé des vents dominants, a accueilli des peuplements humains depuis la préhistoire, grâce à la présence de la rivière et des vallées environnantes.
J’ai contacté David Duvollet, archéologue averti, pour m’aider sur le sujet : il m’a indiqué qu’une publication consacrée à la zone de Bestré à Feuteun Aod était prévue pour 2026. Dans une brève synthèse consacrée à Porzan, il précisait avoir découvert la présence d’un campement mésolithique (entre 12 000 et 6 000 av. J.-C.), ainsi que les traces toujours visibles de murs datés de l’âge du Bronze (entre 2200 et 800 av. J.-C.), et d’une nécropole de la même époque.
À la fin du Moyen Âge, la population de l’actuel Lescoff vivait encore sur ce site. Elle fut décimée par la peste autour de 1600. L’ancien village disparut alors, et son nom se transforma en Kervaroc (du breton Kervaro, « village mort »).
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J’avais passé des heures à comparer des clichés de l’IGN de 1967 et 1975 (avant et après son déplacement) espérant retrouver ce rocher mystérieux dans la zone de l’arche de Porzan. À ma grande déception, je ne l’ai pas trouvé !
Je décidai alors de retourner voir les quelques personnes que j’avais déjà rencontrées, pour leur confier mon désarroi. Parmi elles se trouvait Gaston Raoul, 80 ans, originaire de Lescoff, qui ne se souvenait pas de l’avoir vu à Porzan, mais plutôt ailleurs… le lieu exact s’était effacé de sa mémoire. Cette fois-ci, les souvenirs revinrent, éclatants, accompagnés d’anecdotes colorées : Enfant, il se tournait vers ses parents ou grands-parents et disait : « On va se promener voir le Karreg Toulloù ? » Puis il s’installait dans l’un des trous du rocher, s’imaginant les sacrifices « mystérieux » dont parlait la légende.
Il évoqua aussi un dicton un peu moqueur d’un certain Germain du Toulker, qui aurait circulé sur ce rocher il y a bien longtemps :
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« Où sont tes moutons, Germain ? »
« Ils sont là-bas, près du Karreg Toulloù, stanket par du feniou et avant qu’ils sortiront de la, il auront du béar à leur toulloù.
La traduction littérale du breton en français en atténue le charme, mais on pourrait le rendre ainsi : « Les moutons sont là-bas, près du Karreg Toulloù, attachés à un pieu, et avant de se libérer, ils auront bien du mal à leur derrière (du mal à partir de la). »
Son de l'interview ici
Voyant sa mémoire retrouver son éclat, je lui reposai la question qui me brûlait les lèvres :
« Te souviens-tu où se trouvait le rocher avant le musée ? »
« Ben, sur le Roz, sur une colline au nord de la nouvelle cité »,
me répondit-il avec l’assurance de celui qui se souvient enfin.
De retour chez moi, j’examinai de nouveau les photos IGN, cette fois dans la zone indiquée par Gaston. Et là, comme il me l’avait dit, il était enfin là, fidèle et immobile, prêt à révéler ses secrets.
Il était seul, bien visible, dans une zone de champs nommée Cap Lanval, Lescoff sur le cadastre napoléonien de 1836 (ce qui, à vrai dire, ne nous aide pas beaucoup pour une interprétation mystique du lieu). Cette colline se trouve sur une pointe à l’est de l’anse de Poul Mostrec, à 320 mètres au nord de la maison du site.
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Sur le cliché de 1975, le Karreg avait disparu : il avait été déplacé jusqu’au musée, à 850 m. Seules subsistaient les traces de roues laissées par le véhicule qui l’avait emporté.
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Je me suis rendu à son ancien emplacement ICI (48.040301 , -4.718147), aujourd’hui envahi par l’herbe haute, les ronces et la lande. À première vue, rien ne semblait intéressant à voir. Pourtant, je n’ai pas pu m’empêcher de fouiller un peu… et c’est alors que je suis tombé sur quelque chose : un petit bloc de 23 kg, à moitié enterré. En l’examinant, j’ai compris que j’avais trouvé un fragment perdu du Karreg Toulloù.
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Je ne sais pas exactement quand ce fragment s’était détaché. Il est possible que ce soit arrivé lors de manipulations précédant le transport, quand le bloc a été déplacé ou préparé pour son départ. Ce qui est sûr, c’est que les ouvriers n’avaient pas fait le lien entre ce morceau et le bloc principal — moi, je l’ai fait. S’ils l’avaient remarqué, ils l’auraient sûrement emporté avec le reste.
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Et maintenant, que conclure ? Rien de certain, sinon une cascade de questions qui s’emmêlent.
Le Karreg Toulloù repose-t-il ici depuis la dernière glaciation, comme un témoin immobile du temps géologique ? Ou bien aurait-il été déplacé depuis Prozan, ainsi que je l’imaginais au début ? Pour le savoir, il faudrait réaliser une analyse chimique du granit afin de le comparer avec celui des rochers de Prozan.
En l’observant de près, j’ai distingué sur certaines zones du bloc une étrange variation de couleur : le granit blanc-gris se nuance parfois d’un rose pâle.
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Cette teinte m’a rappelé les pierres utilisées dans les fours à goémon du Cap-Sizun. Soumises à l’ardeur de nombreux feux répétés pour l’extraction de l’iode, elles prenaient cette nuance rosée. Ainsi, une partie du Karreg Toulloù semble avoir été marquée plusieurs fois par le feu. Mais pourquoi ? Dans quelles circonstances ? Voilà une énigme de plus à ajouter au mystère de ce rocher.
J’ai songé un instant à la zone du Men Tan, la « pierre de feu », visible sur la colline à l’est de l’emplacement d’origine connu du Karreg. Mais je doute qu’un lien existe. Au IXᵉ siècle, raconte l’histoire, des guetteurs postés le long des côtes du Finistère allumaient de grands brasiers pour prévenir l’arrivée des Vikings. Le feu du Menez-Hom répondait à celui du Karreg an Tan, situé à Gouézec, appelé « Menez-Gu » dans les temps très anciens, un point élevé des Montagnes Noires (281 m). À Plogoff, le lieu-dit Men Tan participait lui aussi à ce réseau d’alerte, en relais visuel avec ces deux sommets. Des éclats de feu, comme des signaux de détresse, couraient alors sur la lande et les crêtes.
Pour comprendre la notion du temps qui passe
Dans le cadre d’une analyse géologique, il convient de prendre en compte un phénomène important : avec le temps, les sols s’épaississent sous l’effet de l’accumulation de matière organique et de dépôts minéraux. En un siècle, cette élévation reste limitée à quelques centimètres, mais sur un millénaire elle peut atteindre plusieurs dizaines de centimètres, voire davantage dans les zones humides et abritées. Ce processus explique pourquoi les vestiges préhistoriques ne se trouvent plus en surface mais sont généralement enfouis à plus de 50cm de profondeur. Pour retrouver des traces d’une activité humaine à l’emplacement initial connu du Karreg Toulloù, il serait donc nécessaire d’effectuer des sondages ou des fouilles ciblées. L’étude de l’épaisseur et de la composition des horizons de sol constitue ainsi un outil essentiel pour comprendre non seulement la dynamique géologique du site, mais aussi la localisation et l’interprétation des vestiges archéologiques.
Une énigme toujours en suspens
Aujourd’hui, le Karreg Toulloù continue de poser des questions. Il est devenu un témoin silencieux de l’histoire humaine et naturelle de la Pointe du Raz. Un rocher parmi tant d’autres, mais peut-être pas n’importe lequel.
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Post-Scriptum
L’un des grands avantages d’un blog, comparé à un livre, réside dans la possibilité d’y apporter des rectifications au fil du temps, selon les nouvelles données et les informations que des lecteurs bienveillants me font parvenir.
Je me permets donc d’ajouter à ce chapitre un post-scriptum, destiné à compléter, après coup, les éléments récemment recueillis.
Ainsi, le champ où se trouvait autrefois le Karreg Toullous appartenait, dans les années 1920, à la famille Sergent-Goardon de Laoual. Plus tard, au cours de la seconde moitié du XXᵉ siècle, il passa entre les mains de la famille Sergent-Maréchal.
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Souhaitant approfondir la compréhension de ce lieu singulier, j’ai fait appel à deux géobiologistes afin d’étudier le Karreg et son site d’origine.
L’un d’eux a perçu que, lorsque le fragment brisé que j’ai pu récupérer était emboîté dans le rocher principal, l’ensemble émettait une sorte de vibration. Une fois le morceau retiré, cette vibration semblait s’interrompre, comme si le lien avait été rompu.
Sur l’emplacement exact du rocher d’origine (sur la colline), les deux observateurs ont également ressenti la présence d’un vortex.
Il ne s’agit, pour l’heure, que d’une première approche : des analyses plus poussées seront réalisées dans les mois à venir. Il y a des veines d'énergie à explorer : une ancienne chapelle, nommée Chapelle Goz, se trouvait au XVIIIᵉ siècle non loin de là …