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Histoires de l'anse du Loch
1 janvier 2026

54 - Le raz de marée du 9 janvier 1924

 

   Dans la nuit du 8 au 9 janvier 1924, un raz-de-marée frappe l’ensemble des côtes atlantiques : britanniques, françaises, espagnoles et portugaises. Dès le 10 janvier, la presse relaie l’événement en première page, soulignant l’ampleur inhabituelle du phénomène.

 

 

   Dans le Finistère, où les effets sont particulièrement marqués, les vagues touchent avec force les côtes exposées à l’ouest et au sud-ouest. Plusieurs secteurs signalent des submersions soudaines et des hauteurs d’eau exceptionnelles.
 

   Les journaux du 11 janvier décrivent des scènes révélatrices de la violence de l’épisode : des bateaux et des barques sont soulevés hors des ports, puis déposés sur les quais, les plages ou jusque dans les champs. Les dégâts ne se limitent pas aux embarcations. La mer franchit les lignes de rivage, submerge certaines portions de terre et endommage des brise-lames, parfois éventrés ou entièrement détruits. Les flots atteignent des habitations situées à proximité du littoral.
 

   Les récits recueillis auprès des habitants évoquent un phénomène impressionnant : un grondement continu, une montée rapide de l’eau, puis un retrait laissant apparaître des dommages significatifs. Plusieurs maisons sont partiellement détruites ; des bâtiments annexes — cabanes, poulaillers, clapiers — sont emportés ou retrouvés dispersés. Et partout revient le même sentiment : la stupeur, mêlée à cette vieille crainte que les gens de mer connaissent trop bien — celle de voir l’océan franchir des limites qu’on croyait immuables.

 

 

Dans le Cap-Sizun

   Après plusieurs jours de tempête, la mer était redevenue calme dans la soirée du 8 janvier… Pourtant, dans la nuit du 9 janvier, il se produisit quelque chose d’exceptionnel - Le phénomène survenu cette nuit-là éclata dans l’obscurité la plus complète : la nouvelle lune du 6 janvier ne permit pas aux habitants de comprendre exactement ce qui se passait. Fort heureusement d’ailleurs, car si le cataclysme s’était produit en plein jour, plusieurs auraient sans doute tenté de sauver leurs biens.
 

   Dans le Cap-Sizun, c’est vers 2 h – 3 h du matin que tout commença. Le vent était tombé : l’œil du cyclone se trouvait alors sur le Finistère, sous un ciel étoilé. Des habitants vivant près des côtes racontèrent avoir été réveillés par un bruit évoquant le ronflement d’un moteur automobile : il s’agissait en réalité du déferlement des vagues arrivant sur le littoral par assauts successifs. Le coefficient de marée était de 97 cette nuit-là (100 la veille) et, de manière étrange, à 3 h du matin, la mer se trouvait à mi-marée montante dans le Cap-Sizun.

 

   Des lames monstrueuses — de véritables montagnes d’eau — déferlèrent sur la baie d’Audierne entre 3 h et 6 h du matin (marée haute à 6 h 21).

Raz de marée au Loch Primelin en janvier 1924

   Les maisons côtières les plus exposées furent envahies par la mer, surprenant la population dans son sommeil. Les habitants se retrouvèrent prisonniers dans leur logement et s’arc-boutèrent contre la porte d’entrée pour tenter de freiner le flot d’eau envahissant le rez-de-chaussée. Peine perdue : les fenêtres constituaient un point faible. Certains n’eurent la vie sauve qu’en parvenant à se retrancher à l’étage ou dans les combles… et tout cela dans l’obscurité.

 

 

Cause et explication du phénomène pour le Cap-Sizun sud

   Les vagues destructrices semblent s’être produites en deux temps : une première série vers 3 heures du matin, puis une seconde entre 5 h et 6 h. Trois à quatre « montagnes d’eau » inhabituelles ont frappé le littoral durant cette période, chacune provoquant une submersion brève mais d’une violence extrême. Les témoignages concordent pour évoquer une mer devenant soudainement blanche, comme phosphorescente, sous l’action du déferlement.

 

   Les rapports météorologiques soulignèrent également la présence d’une houle de période exceptionnellement longue, susceptible de générer ces « vagues scélérates » dont on commençait seulement à comprendre la mécanique. Cette houle, invisible ou presque par mer calme, pouvait soudain se condenser en un train de vagues anormalement hautes lorsqu’elle rencontrait les fonds progressifs de la baie. Ces vagues, ont été amplifiées par la morphologie particulière des fonds marins entre Plogoff et Audierne. Un plateau rocheux, d’environ 15 m de profondeur, s’étend depuis la côte jusqu’aux remontées rocheuses situées à environ 2,5 km au large, telles que Basse Ar C’harm, An Hinkinoun, Piriou, Brisant du Lennac’h ou La Gamelle. Arrivée sur la barrière des récifs, la houle, retardée par le fond rocheux, s’effondre en déferlant sur des plates-formes plus basses, formant un « mur d’eau » qui envahit les terres basses. Les vagues suivantes contribuent à l’élévation du niveau de l’eau et à de nouvelles invasions marines, expliquant l’ampleur des destructions.

   D’autre part, lorsque le vent souffle longtemps au large dans une direction constante, il provoque une élévation du niveau de la mer. Si ce vent pousse vers la côte dans le même sens que le flot, il crée une surcote, c’est-à-dire une élévation supplémentaire du niveau marin résultant de l’action combinée du vent et de la marée

 

   Les chiffres en italique sur la carte ci-dessous indiquent la profondeur minimale de l’eau à un endroit donné, mesurée à partir du niveau zéro, correspondant à la marée basse théorique pour un coefficient de 120. Le premier chiffre représente les mètres, le second les décimètres.

Carte marine du Cap-Sizun

 

   D’un point de vue scientifique, la « hauteur d’un raz de marée » ne désigne pas la hauteur de la vague en mer, mais l’altitude maximale atteinte par la surface de l’eau après l’impact sur la côte. Ce paramètre, appelé run-up, correspond donc à la limite supérieure d’inondation mesurée par rapport au niveau moyen de la mer. À titre d’exemple, supposons qu’une vague de tsunami de 5 mètres de hauteur arrive sur une colline s’élevant progressivement jusqu’à 20 mètres d’altitude. En raison de son inertie et de la quantité d’énergie emmagasinée, la masse d’eau peut gravir la pente sur une certaine distance avant de refluer. Si l’eau atteint un point situé à 15 mètres d’altitude, cette valeur est considérée comme la hauteur du tsunami. On parlera alors d’un tsunami de 15 mètres, car il s’agit du niveau maximal atteint par l’eau et à partir duquel des dommages observables ont été constatés. Comprendre cette subtilité est crucial. Si je prends cet exemple de hauteur de 15 mètres, ce n’est pas anodin : vous allez très vite en comprendre la raison.

 

   Pour vous montrer le phénomène du run-up, je vous partage une vidéo filmée le 30 juillet 2025 au Kamtchatka, situé à l’extrême-orient du territoire russe. Ce jour-là, à la suite d’un tremblement de terre de magnitude 8,7 dans la région, des vagues atteignant la côte ont été filmées. La scène a été enregistrée depuis une hauteur pourtant très respectable, mais cela n’a pas empêché l’eau de monter à des niveaux impressionnants, illustrant parfaitement la puissance du phénomène de run-up. (Vidéo ICI)

 

   La configuration des lieux, en particulier l’anse du Loch, a agi comme un entonnoir, amplifiant la montée des eaux. Les vallées, alors soigneusement entretenues et dégagées de toute végétation, n’offraient aucun obstacle à la progression des vagues. L’eau est ainsi remontée profondément dans la vallée du Yun. Arrivée en butée contre la colline de Lanboban, à Cléden, elle s’est divisée, s’engouffrant à la fois vers la vallée de gauche et vers celle de droite.

 

   Sur le versant Plogoff/Cléden, une personne m’indiquait que la progression de l’eau avait dépassé le niveau de la ferme de Kerham, poursuivant sa course vers l’ouest et inondant les terrains adjacents, telle une rivière incontrôlée.

   Sur cette image, j’ai simulé un niveau d’eau de 15 mètres. Il faut toutefois noter que cette représentation correspond à un niveau d’eau comparable à une inondation classique sur les rives d’une rivière ; elle n’est donc pas totalement représentative de la dynamique réelle de la montée des eaux générée par le raz-de-marée dans les vallées. Néanmoins, en raison de la très faible profondeur du lit de la rivière, l’eau a pu remonter sur plusieurs kilomètres.

 

Témoignage ...

 

   Il n’y a plus de témoins directs de cet événement depuis longtemps, mais l’histoire s’est transmise, au coin du feu, depuis plus d’un siècle. Moi-même, enfant, ma grand-mère m’en avait parlé. Récemment, je suis allé voir plusieurs anciens dans différentes communes afin de recueillir les anecdotes qui leur avaient été transmises.

 

   Les hauteurs d’eau mentionnées ci‑dessous sont basées sur des relevés effectués sur le site Géoportail. Il convient de préciser que ces valeurs prennent comme référence le niveau de la mer le plus bas observé lors de ce que l’on appelle la « marée du siècle ». Dans le secteur d’Audierne, les marées hautes exceptionnelles peuvent atteindre jusqu’à 6,5 m au-dessus de ce point zéro.

 

- À Saint-Evette, plusieurs témoignages rapportent que la mer aurait entièrement encerclé la chapelle.


 

- Au Loch de Primelin, derrière le port, une vallée située entre Kermaléro et Kerloc’h-Huella aurait servi de couloir à la montée des eaux : celles-ci seraient parvenues jusqu’à 14 mètres d’altitude, en contrebas de l’actuel Intermarché ICI (48.027352, -4.623051).


 

- Près de la petite crique du Petit Loch, à Feuteun-Yen, à proximité de Kéringard, des galets ont été retrouvés dans le lavoir, témoignant d’une élévation du niveau marin estimée à 16 mètres ICI (48.028583, -4.639993).

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- Au Lennarc’h, sur la commune d’Esquibien, les traces laissées par les vagues demeuraient visibles jusqu’au sommet du champ où se déroule aujourd’hui la fête du goémon, à Kermod, indiquant que l’eau aurait atteint une hauteur d’environ 17 mètres ICI (48.004224, -4.573166).

 

- Enfin, c’est à Trez Goarom, sur le territoire de Saint-Tugen, que les témoignages apparaissent les plus spectaculaires : l’eau serait montée jusqu’au niveau de l’ancienne croix en bois, dont le socle en béton est toujours visible, soit une altitude d’environ 19 mètres ICI (48.016099, -4.593772). À titre d’information, la croix en granite érigée en 1954 se situe au nord-est, à 97 mètres de l’ancienne croix en bois, à une altitude comparable.

 


 

   Ci-dessous, une petite vidéo illustre la montée des eaux, allant de 0 à 19 mètres, pour le secteur du Loch. Comme mentionné précédemment, cette animation crée via des paramètre de Google-Earth reste une représentation très simplifiée, mais elle permet de se faire une idée de l’ampleur du phénomène.

 

   Dans le Cap-Sizun, aucune photographie ne semble avoir traversé le temps pour témoigner des jours qui suivirent l’événement.


   Pour le secteur du Loch, on peut lire dans les journaux parus dans les jours qui suivirent :

   La mer a coupé plusieurs voies de communication et endommagé de nombreux chemins côtiers. Dans le Finistère, la route d’Audierne menant au Loch est devenue impraticable après l’effondrement du mur de soutènement ; il était alors dangereux de s’y aventurer.
 

   Une équipe de cantonniers est intervenue pour enlever la couche de galets — par endroits plus de cinquante centimètres d’épaisseur — qui recouvrait la route longeant la plage. Ils ont également procédé à la reconstruction des parties du mur de revêtement détruites sur près de quarante mètres, ainsi qu’au remblaiement des brèches ouvertes dans le chemin. Dans l’urgence, 12 000 francs ont été prélevés sur le budget d’entretien des routes, mais 6 000 francs de travaux restaient encore nécessaires pour consolider l’ensemble.
 

   Les murs de soutènement de la route allant du pont du Loch vers Cléden ont été intégralement arrachés sur environ 150 mètres. La chaussée elle-même est devenue impraticable sur une partie du parcours.
 

   La digue du port a également subi des dommages, mais je n’ai pas trouvé trace des travaux qui ont été nécessaires pour remettre l’ouvrage en état.
 

   Un peu plus loin, à Port-Loubous, le treuil servant à hisser les barques sur les hauteurs du port — pourtant solidement fixé à la roche — a été arraché et a disparu.


 

   L’Écho du Finistère ne relate les dégâts sur l’île de Sein que dans son édition du 24 janvier, le courrier daté du 10 ayant mis dix jours pour parvenir sur le continent. Les digues ont cédé à plusieurs endroits entre quatre et cinq heures du matin, le 9 janvier : la mer a renversé les murs des champs, recouvert une grande partie des terres labourables et inondé un quartier dont plusieurs maisons ont dû être évacuées.La population accourut, les curés en tête. Tandis que certains creusaient, le lendemain matin, des rigoles pour permettre à l’eau de refluer vers la mer, d’autres transportaient des pierres pour réparer les sections de digue détruites

 

   Dans les semaines qui suivirent, Le directeur de l'Inscription maritime du Finistère recense au moins 160 bateaux détruits dans le département. La modestie des chiffres relevés nécessite qu'on s'interroge. Certains quartiers maritimes ne reçurent  aucun dédommagement : comme sur Audierne, parce que la majorité des propriétaires n'assuraient ni leur bateau, ni leurs casiers ou leurs viviers.

 

 

 

L’histoire du phénomène du 8-9 janvier 1924

   Les journaux du 8 janvier annoncent de jolies brises d’environ 30 km/h et une mer houleuse pour la journée. Ceux du 9 janvier, imprimés la veille au soir, évoquent dans leur page météo un coup de vent à venir, estimé à ± 80 km/h. Les mesures de vent de l’époque étant peu nombreuses et souvent imprécises, il reste difficile d’obtenir des informations fiables. Les vents ont probablement atteint la force 8 sur l’échelle de Beaufort le long de la façade atlantique, soit un vent moyen voisin de 70 km/h, avec des rafales proches de 100 km/h. Rien de véritablement exceptionnel à première vue.

   À l’arrivée de la dépression sur la Bretagne, la pression la plus basse est relevée à Quimper : 966 hPa (724 mm de mercure) à 3 h du matin. À titre de comparaison, l’ouragan de 1987 est descendu à 948 hPa sur Ouessant, record français depuis l’existence des relevés météorologiques.

 

À la recherche des causes : tempête ou raz-de-marée ?

   Les scientifiques cherchent rapidement à comprendre l’événement. L’Office national de météorologie avait annoncé une tempête sur les côtes françaises, due à une perturbation partie des côtes américaines le 6 janvier. La progression de cette dépression fut confirmée le 8 janvier par le transatlantique Paris, qui traversait au cours de la nuit une zone barométrique à 713 mm (950 hPa).

 

   Pourtant, une rumeur enfle le 9 janvier : ce ne serait pas une simple tempête, mais un raz-de-marée. Si les effets peuvent se ressembler, les causes diffèrent : la tempête résulte de la pression atmosphérique et du vent, tandis que le raz-de-marée est provoqué par un tremblement de terre ou une éruption volcanique sous-marine.

 

 

Dans La Dépêche de Brest du 19 janvier 1924 :

   « Pas de doute, a-t-on affirmé, le tragique événement qui a si gravement frappé nos populations côtières est dû à un cyclone. »

   Mais les marins qui ont été témoins des faits persistent : ils affirment avoir été victimes d’un raz-de-marée. Ce qui les a le plus frappés, c’est la soudaineté de l’attaque et le contraste entre l’état de l’atmosphère et celui de la mer. Rien ne laissait présager une telle violence : il n’y avait pas plus de vent qu’à l’ordinaire, et pourtant, brusquement, d’énormes vagues se formèrent. Bien qu’à mi-marée, elles submergèrent les grèves, dépassèrent toutes les limites des plus hautes eaux, envahirent les rues et les champs, recouvrant tout de sable, de galets et de goémon.

 

   Le caractère de raz-de-marée est renforcé par le signalement d’une légère secousse sismique à La Rochelle. S’appuyant sur cet élément et l’avis d’experts volcanologues, le journal El Tempia du 11 janvier 1924 évoque une origine volcanique pour la catastrophe. Le journaliste Marchadier précise qu’au moment où la tempête atteignait son maximum, le sismographe de l’Observatoire du parc Saint-Maur (Paris) a enregistré des frémissements d’une ampleur inhabituelle. Cette observation, conjuguée à la simultanéité des effets sur les côtes ouest de la France, de l’Espagne et du Maroc, conduit à envisager une éruption lointaine dans l’Atlantique. Mais cela reste pour lui une hypothèse.

 

   Si les sismographes français (Saint-Maur et Strasbourg) enregistrent effectivement une agitation les 8 et 9 janvier, elle est finalement attribuée à la tempête. L’hypothèse d’un raz-de-marée est donc rapidement écartée par les scientifiques. Les géographes Francis Ruellan et Marcelle Bresson rapprochent ce phénomène des typhons et des cyclones. Tous deux observent une dépression barométrique très profonde : 730 mm de mercure aux abords de l’Irlande le 8 janvier. Le barographe de Brest note un minimum de 730 mm entre 2 et 4 heures du matin le 9 janvier. À Quimper, la pression tombe à 724,5 mm à 3 h.

 

   Au passage du centre cyclonique, le vent s’apaise brutalement : à Quimper, après des rafales de force 8, il tombe à force 2 le matin du 9, puis remonte à 3 dans l’après-midi. La marine militaire note une force de vent de 9 sur une échelle maximale de 10.

 

Les « bombes cycloniques »

   Il existe des cyclones extra-tropicaux au-delà de la 40ᵉ latitude nord. Les météorologues américains les qualifient de « bombes » lorsque la pression baisse d’au moins un hectopascal par heure sur 24 heures, notamment autour de la 60ᵉ latitude. Les 8 et 9 janvier 1924, la pression chute effectivement : à Lorient, elle passe de 754 mm (≈1005 hPa) à 15 h le lundi 7, à 740,5 mm le lendemain à la même heure, puis à 734 mm le mercredi 9 à 8 h. Près de 18 hPa sont perdus en 24 h et 26 hPa en 36 h, le creux ayant probablement été encore plus marqué. Ces dépressions, dites « à cœur froid », tirent leur énergie de l’atmosphère et présentent une température plus basse en leur centre.
 

Selon le journal scientifique « Nature », trois facteurs ont provoqué la montée exceptionnelle du niveau de la mer :

  • Les vents puissants générant une houle de 4 à 8 mètres ;

  • Le coefficient de marée élevé (≈100), qui surélève le niveau de la mer lors des marées hautes ;

  • Une surcote liée aux basses pressions (≈ 970 hPa), qui maintient la houle à un niveau élevé tant que la pression reste basse.
     

   Ainsi, le phénomène apparaît moins comme un raz-de-marée classique que comme une combinaison rare de houle, marée et pression atmosphérique. Les dégâts observés sur le littoral breton, espagnol et marocain s’expliquent par cette convergence exceptionnelle de facteurs météorologiques et océaniques.
 

   Après son passage sur le Finistère, la tempête laisse place à une vision de désolation :

  • nombreuses épaves de navires échoués sur les plages ;

  • quais et ports démolis, jetées et digues détruites ;

  • murs écroulés, habitations et magasins inondés ;

  • routes et lignes de chemin de fer coupées ;

  • lignes téléphoniques et télégraphiques détruites.

 

 

A notre époque :

   La tempête Xynthia, avait frappé l'Europe en fin février 2010, avec des vents très violents soufflant à des vitesses allant jusqu’à 150 km/h, des vagues puissantes et des précipitations intenses. ont causé des dégâts importants en Vendée, notamment dans les zones littorales. À La Faute-sur-Mer, de nuit, des maisons ont été submergées par l'eau, et plusieurs d'entre elles ont été emportées par les vagues. La submersion des digues a pris de nombreuses personnes au piège dans leurs maisons, 29 personnes y ont trouvé la mort. Ce village érigé en commune 1953, était auparavant un hameau. La moyenne des hauteurs de la zone sont très basse par rapport du niveau de la mers ± 3m : c’est dans une cuvette ... en comparaison, le tablier du pont du loch est à +/-7 mètres. La catastrophe qui c’est passé dans ce village aurai été bien pire en 1924. Comment a t’on pu laisser construire a cette endroit !!! Un phénomène du au changement climatique nous disait BFMTV : Que nenni.
 

   Le raz-de-marée de 1924 et la tempête Xynthia de 2010 ont tous les deux eu lieu au cours des mois d'hiver, et c'est au cours de la nuit que ces épisodes ont fait le plus de dégâts. La plus forte dangerosité des épisodes climatiques durant l'hiver ne doit pas nous surprendre. Les cas de submersion marine apparaissent néanmoins plus rares dans la deuxième moitié du 20e siècle, par rapport à la période allant de 1900 à 1950, ou au cours des siècles précédents.
 

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À la fin du mois de décembre 1999, une violente tempête a balayé le Finistère. Les journaux de l’époque parlaient de « tempête du siècle ». La vidéo qu’un ami avait enregistrée ce jour-là témoigne de la submersion marine au niveau de la baie des Trépassés, où l’on voit la mer franchir momentanément le cordon de galets pour rejoindre l’étang, poussée par la force du vent et de la houle.

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   Dans la nuit du 29 mars 1979, une tempête particulièrement violente s’abattit sur la Bretagne. Le coefficient de marée, très élevé ce jour-là, atteignait 113 à la pleine mer de 5 heures du matin. Plusieurs témoignages rapportent qu’aux alentours de 6 heures, une véritable vague scélérate frappa la côte sud du Finistère.

 

   À Esquibien, une personne perdit malheureusement la vie, emportée par la mer. Au Lennarc’h, sur la même commune, les murets de pierre sèche bordant le rivage furent renversés sous la force de la vague.

 

   Au Loch, je me souviens d’une scène étrange en me rendant à l’école ce matin-là. On construisait alors la future déviation de la route nationale, entre l’actuel Intermarché et le pont du Loch. L’année précédente, en 1978, le désensablement du port était en cours, et tout le sable extrait avait servi de remblai pour la nouvelle route. Mais dans la nuit de la tempête, la vague scélérate avait littéralement éventré la route en construction sur près de 80 mètres.

   Je n’en ai pas fait de photographie ; cependant, quelques mois plus tard, le sable rejeté en éventail restait encore très nettement visible sur la partie nord du tracé.

 


   Une photographie datée de 1984 témoigne encore de la violence de la mer : on y distingue la nouvelle route totalement recouverte par les flots.

 

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En remontant le temps :

   Le 2 février 1904, une submersion marine a eu lieu dans le Finistère vers 3 h du matin, provoquée par un coefficient de marée très élevé de 114. À Audierne, un dessin représente le phénomène, bien que celui-ci soit un peu exagéré pour ce qui est de la passerelle des Capucins.


   Un article de presse de l’époque mentionne que la digue a été démolie sur une longueur d’environ 20 mètres et que la passerelle des Capucins a également été endommagée. Aucun autre dégât n’est signalé.

 

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   Plus loin dans le passé, Au cours de la nuit du 4 au 5 décembre 1896 (encore une fois de nuit), par un coefficient de marée de 95, il y a eu un raz‑de‑marée (ou une submersion marine) sur la côte du Finistère. Penmarc'h fut particulièrement touché avec un baromètre chutant en dessous de 720 millimètres. Soixante bateaux coulèrent sur leurs corps-morts ; tous les autres furent brisés sur les côtes, leurs épaves et débris percutant la porte du sémaphore. La mer s'y engouffra jusqu'au premier étage, obligeant le guetteur et sa famille à se réfugier dans les greniers. L'eau submergea la terre et inonda les maisons jusqu'à trois kilomètres de la côte. (La presqu'île de Penmarc'h est située pour partie en dessous du niveau de la mer)

 

   C'est durant cette tempête que la lanterne du phare de la Vieille, fut décapitée par des vagues puissantes, qui le recouvrirent entièrement – pourtant la lanterne se trouvait à plus de 32m au dessus de la haute mer. La fin de construction de ce phare datait de 1887.

 

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   Il y a plus de 300 ans en Grande-Bretagne, La tempête du 7 décembre 1703 est aujourd'hui considérée comme l'une des pires tempêtes jamais enregistrées. Elle a été largement documentée par des historiens et des météorologues, et reste un événement majeur de l’histoire de la météorologie. Cette tempête a provoqué la mort de plus de 8 000 personnes, principalement en raison de naufrages, des noyades, et des accidents liés aux violents vents et des vagues énormes qui ont dévasté les côtes. C'était l'une des catastrophes naturelles les plus meurtrières de l'histoire britannique.

 


 

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