57 - La chapelle Saint Michel et Saint Collodan - Lescoff
Les chapelles de la Pointe du Raz à Lescoff : les 4 énigmes historiques.
Après avoir publié, il y a quelques mois, un premier chapitre consacré à la chapelle initiale de Saint-Michel, aujourd’hui disparue, voici maintenant le travail consacré à la deuxième chapelle de cette série. Elle est aujourd’hui la seule des quatre chapelles qui existaient autrefois dans le secteur de Lescoff, à Plogoff, à avoir subsisté jusqu’à nos jours.
Chapitre 57 : La chapelle Saint-Michel et de Saint-Collodan : ICI (48.03790 , -4.705786)
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La chapelle de Saint-Michel et de Saint-Collodan en 1915
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La chapelle de Saint-Michel et de Saint-Collodan en 2026
Construite au 16ème siècle au sud du village de Lescoff (Plogoff), cette chapelle était semble-t-il d’abord dédiée à Saint-Cléden, puis, par la suite, à Saint-Collodan.
Elle fut restaurée en 1770, comme l’indique l’inscription visible sur le clocher : « GERMAIN MARZIN F. 1770 ». L’édifice, long de 19 mètres et large de 8 mètres, est orienté vers l’ouest.
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Voici une carte de 1776, issue des archives de l’Armée de terre de Vincennes (réf. 289-1-025), réalisée par Jean-Baptiste CHAUCHARD et représentant la Pointe du Raz. On peut y identifier la chapelle Saint-Collodan (non nommée), ainsi que la chapelle Saint-Michel primitive, détruite en 1812.
La légende rapporte que la chapelle, tout comme son vocable, serait née de l’accomplissement d’un vœu. Un capitaine nommé Collodan, en perdition avec son navire, aurait fait le serment de faire bâtir une chapelle à son nom à l’endroit même où il parviendrait à accoster : ce serait l’origine de ce sanctuaire. Par la suite, les marins du coin auraient agrandi l’édifice pour lui donner l’aspect que nous lui connaissons actuellement. Les pierres utilisées pour sa construction auraient été extraites d’une carrière située un peu plus bas que Croas Men ar Rhun. "Croas Men ar Run" : localisation non retrouvée à ce jour. Une ancienne croix du Men-ar-Run est attestée à Plogoff en 1812, mais son emplacement n'a pas été identifié par l'Inventaire du patrimoine.
À Plogoff, Saint-Collodan est le Saint patron de la paroisse, et l’église du bourg porte aujourd’hui son nom. Il peut donc sembler surprenant qu’autrefois la commune ait possédé non seulement une église, mais aussi une chapelle dédiées au même Saint. L’église paroissiale n’a pourtant pas toujours porté ce vocable. Dans le passé, elle était placée sous la protection de Saint-Fiacre. Le souvenir de cette ancienne dédicace subsiste encore grâce à une fontaine qui lui est consacrée, située en contrebas de la route menant à Cléden, à environ 150 mètres de l’église : ICI (48.03824, -4.663763).
Après la Révolution française, l’organisation religieuse locale fut profondément bouleversée. Encore vers 1805, durant six mois, la chapelle Saint-Collodan servit d’écurie pour les chevaux des hussards, une unité de cavalerie. Les militaires étaient logés dans les maisons environnantes de la chapelle.
Le pardon de Saint-Collodan reprit après que la chapelle eut été rendue au culte. Il se déroulait, jusqu’en 1810, le deuxième dimanche de juillet. C’est à partir de cette date que le pardon et le vocable de Saint-Collodan furent transférés à l’église paroissiale du bourg. Je n’ai pas trouvé d’explication à ce transfert. Depuis cette période, l’église a donc pour vocables Saint-Collodan et Saint-Fiacre.
Mais pourquoi la chapelle Saint-Collodan se nomme-t-elle maintenant Saint-Michel ?
En 1812, la chapelle primitive dédiée à Saint-Michel, située à environ 330 mètres au nord-est, fut détruite. Sa statue fut sauvée et transportée dans la chapelle Saint-Collodan. À partir de 1812, le pardon de Saint Michel y fut désormais célébré le cinquième dimanche de septembre. S’il n’y avait que quatre dimanches dans le mois de septembre, le pardon se déroulait alors le premier week-end d’octobre. Cette coutume a perduré jusqu’à nos jours.
Je me suis replongé dans le cadastre napoléonien de 1836 afin d’y relever les noms des parcelles liées à la chapelle. À cette époque, elle portait encore le nom de Saint-Collodan dans les matrices cadastrales.
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On peut notamment noter la parcelle « Ar Veret » autour de la chapelle, qui signifie « le cimetière ».
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La statue de Saint-Michel
La statue de Saint-Michel que l’on peut voir aujourd’hui dans la chapelle n’est pas la statue d’origine qui se trouvait dans la chapelle primitive.
La finesse de son exécution laisse penser qu’il ne s’agit pas de l’œuvre qui ornait autrefois la chapelle Saint-Michel d’origine. L’ancienne statue, vermoulue par le temps, aurait en fait été remplacée par cette réalisation plus récente.
On peut lire dans le registre paroissial de Plogoff de 1892 :
« Le 18 Décembre 1892, le Dimanche de l'Avent, Mr MASSON recteur d'Audierne, a bénit solennellement une statue de St Michel, don des paroissiens de Plogoff, à la Chapelle de Saint-Collodan et St Michel (au village de Plogoff). »
Les travaux de 1892
Dans les mois qui précédèrent l’inauguration de la statue, de nombreux travaux furent réalisés dans la chapelle.
« Jean GLOICH, menuisier demeurant au bourg de Plogoff, a peint le lambris, les boiseries du chœur, et fait une nouvelle balustrade dans cette même chapelle et une nouvelle plate-forme pour le maître-autel, dans cette même chapelle de Lescoff. La Fabrique lui a payé pour ces travaux la somme de cent quatre-vingt-quinze francs. »
Le dallage de la chapelle Saint-Collodan fut également entrepris. Les travaux furent confiés à André YVEN, de Kerlédec, qui assura lui-même la fourniture des dalles. Le transport des pierres reposa sur la participation des paroissiens de la trêve. La Fabrique régla l’ensemble de la dépense — fourniture et pose — pour un montant de deux cent quarante-et-un francs. Une somme que le curé jugea modeste, comme il le note dans les registres paroissiaux.
La découverte d’ossements
Durant les travaux de creusement du sol, nécessaires à la préparation de la pose des dalles, de nombreux ossements furent mis au jour. Ils furent alors supposés appartenir aux victimes d’une épidémie de peste. Je reviendrai sur ce point dans le chapitre suivant.
Les ossements récupérés furent placés dans un ossuaire créé spécialement à cette occasion. Celui-ci fut aménagé dans l’angle du pignon sud-est, dans les fondations de la chapelle. On peut encore y voir une zone de pierre en retrait, avec une pierre de scellement en son milieu.
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En juillet 1896, la toiture de la chapelle, fut également restaurée. Quelques fermes encore en bon état furent conservées dans la toiture. Pour cette restauration, Pierre DAGORN, qui fournissait les planches qu’il faisait venir de Brest, fut notamment rémunéré. D’autres artisans intervinrent également pour de nombreux travaux de restauration relativement importants.
De Saint-Collodan à Saint-Michel
Pendant tout le XIXᵉ siècle, la chapelle conserva pourtant officiellement son ancien nom. Mais, peu à peu, dans l’usage populaire, les habitants commencèrent à l’associer davantage à Saint-Michel qu’à Saint-Collodan, en raison du pardon qui y était désormais célébré.
Au début des années 1900, la chapelle abandonna progressivement son vocable d’origine pour prendre celui de Saint-Michel. Les anciens résumaient cette transformation avec humour et poésie en disant : « Saint-Michel a volé sa maison à Saint-Collodan. »
Malgré tout, pour la distinguer de la chapelle Saint-Michel primitive, il est aujourd’hui d’usage de la nommer : chapelle Saint-Michel et Saint-Collodan.
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Dessin en deux parties de la zone de la chapelle Saint-Michel, réalisé par Mathurin Méheut en 1923. À gauche de la chapelle, on distingue le four à pain du village, aujourd’hui en ruine.
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L’intérieur de la chapelle en 1977
La chapelle a connu une importante restauration entre 1978 et 1981, à l’initiative des habitants du village. Les travaux concernèrent notamment la toiture, le jointoiement intérieur et extérieur, la voûte ainsi que l’autel. Le dallage intérieur fut rejointoyé et la voûte en bois fut entièrement refaite.
Il existait à l’époque une poutre de gloire avec un crucifix — parfois appelée tréf ou poutre de triomphe — qui traversait la nef au milieu de l’église. Cette poutre ne sera malheureusement pas réinstallée à la fin des travaux.
C’est également durant cette restauration, en 1981, que le vitrail du chœur, réalisé par Jean-Pierre Le BIHAN et représentant Saint-Michel, sera installé.
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Pardon de Saint-Michel en 2012
En 2013, la fenêtre située côté nord sera agrandie et dotée d’un vitrail. La voûte sera alors peinte en bleu.
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En 2026, le jointoiement des murs extérieurs nord et est a été refait.
Les chapelles ne sont en fait jamais figées dans le temps. Au fil des siècles et des restaurations, leur configuration évolue, tout comme les statues et les bannières des Saints qui les composent.
L’inventaire principal de la chapelle se compose actuellement de :
– la statue de Notre Dame des Naufragés réalisé par François GODEC,
– un Christ en croix du 18ème siècle en bois peint (polychrome),
– un ex-voto représentant un trois mâts « barque ».
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– 2 tableaux en bois datant de 1770 représentant des scènes de pêche au merlus.
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– la statue de Saint-Michel de 1892,
– la statue de Sainte-Barbe du 16ème siècle en bois peint (polychrome),
– la statue de Saint-Jacques de Compostelle estimé du 15ème siècle en bois peint (polychrome),
– la statue de Saint-Collodan du 16ème siècle en bois peint (polychrome).
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Concernant la statue dite de Saint-Collodan, il pourrait y avoir un problème d’identification. En effet, cette statue présente de nombreuses similitudes avec les représentations traditionnelles de saint Guénolé. Les moines de l’abbaye de Landévennec ont d’ailleurs confirmé cette ressemblance. Cette statue proviendrait-elle de l’ancienne chapelle Saint-Guénolé de Laoual ? Mystère…
Je parlerai prochainement de cette chapelle dans le 4e volet consacré aux chapelles de Lescoff. Le 3e volet sera, quant à lui, consacré à la chapelle dite « chapelle Goz ».
Les chapelles du Cap sont souvent associées à une fontaine liée au saint auquel la chapelle est consacrée. Pour la chapelle Saint-Michel, il en existe une située à 130 mètres au sud-est de la chapelle. Cette fontaine, dite « de Lescoff », ne semble toutefois pas avoir de fonction votive : elle ne possède pas de niche dédiée à un saint. Dans le prolongement de la fontaine se trouve un long lavoir. ICI (48.037296 , -4.704211)
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Le pardon de Saint-Michel :
Il y a encore peu de temps, avant la période du Covid, à la fin de l’office du pardon, la procession se dirigeait, d’une année sur l’autre, vers l’une des deux croix monumentales du village.
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Vers le calvaire de Tal ar Groaz de Toul Ker, daté de 1610, situé au bout du village, face à la mer.
ICI (48.037322 , -4.708944)
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Vers le calvaire de Ty Braz ou du Kreisker (au milieu du village), daté de 1738. ICI (48.039019 , -4.704903)
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Ce calvaire était autrefois, si je lis bien mes notes, situé à l’endroit où j’ai pris la photo. Il aurait été déplacé de quelques mètres afin de libérer l’espace nécessaire au passage de la route.
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Jour de pardon en 2019
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Jour de pardon en 2007
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Cette année, en ce mardi 29 septembre 2026, le pardon sera présidé par le père Jean-Baptiste Gless. Cela fait deux ou trois ans qu’il vient présider ce pardon, qu’il affectionne particulièrement. Le père Jean-Baptiste Gless a été, avant d’entrer dans les ordres, sous-marinier dans l’armée.
C’est par ce détail que je me permets de faire un point.
La fête de la Saint-Michel, célébrée le 29 septembre, est la fête patronale des soldats parachutistes. Elle symbolise leur protection spirituelle, leur cohésion et le courage face au danger. En effet, dans la tradition chrétienne, l’archange Saint-Michel est celui qui descend du ciel à la tête des milices angéliques afin d’anéantir le dragon représentant Satan. Il incarne ainsi le courage des soldats parachutistes, qui interviennent du ciel vers la terre pour vaincre l’ennemi.
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Bannière de Saint-Michel
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Le père Maunoir à Lescoff
Les missions du père Julien Maunoir à Plogoff, en 1641 et 1643, apportent un témoignage intéressant sur la vie religieuse des habitants de la Pointe du Raz au XVIIe siècle. Les récits laissés sur ces missions évoquent notamment les pratiques et les croyances auxquelles les missionnaires furent confrontés dans les environs de Lescoff.
Ces témoignages sont particulièrement intéressants dans le cadre de l’histoire des anciennes chapelles de la Pointe du Raz. Ils permettent d’entrevoir l’usage qui pouvait être fait de ces lieux de culte, mais aussi certaines croyances et pratiques populaires qui s’y rattachaient.
Il m’a donc paru intéressant de terminer ce chapitre par ces quelques récits liés aux missions du père Maunoir, qui nous plongent dans les croyances et les pratiques religieuses de la population de Lescoff au XVIIe siècle.
En 1641, le jésuite Julien Maunoir, accompagné d’au moins un autre prêtre, se rendit en mission à Plogoff. Près de Lescoff, les veillées dans les chapelles étaient parfois animées par des danses nocturnes, révélant de nombreux désordres. Les superstitions les plus étranges y régnaient :
- Certaines femmes arrachaient des images de Saints des murs et les menaçaient de sévices si leurs maris ou enfants partis en mer ne revenaient pas rapidement. Si le retour se faisait attendre, les menaces se transformaient en actes : les images étaient jetées dans l’eau ou maltraitées.
- D’autres femmes balayaient la chapelle la plus proche, recueillaient la poussière et la lançaient au vent, espérant que le vent favoriserait la navigation des pêcheurs.
- À la mort d’un membre de la famille, tous les vases contenant de l’eau étaient vidés : on croyait que l’âme du défunt risquait de s’y noyer.
- Dans les champs, on plaçait parfois un trépied ou un couteau à pointe recourbée pour protéger le bétail des loups.
- À l’apparition de la nouvelle lune, les habitants se mettaient à genoux et récitaient un Pater en son honneur.
- La veille de la Saint-Jean-Baptiste, près des feux traditionnels, chaque famille déposait des pierres pour servir de sièges aux âmes des ancêtres et leur permettre de se réchauffer.
- Le jour de l’An, on offrait à la fontaine ou aux puits un morceau de pain beurré et autant de morceaux de pain qu’il y avait de membres dans la famille. La manière dont ils flottaient permettait de prédire qui mourrait au cours de l’année.
- On croyait que Dieu avait créé le seigle et le froment, tandis que le blé noir ou le sarrasin était l’œuvre du diable. Après la récolte du blé noir, on en jetait quelques poignées dans les fossés comme un sacrifice au démon. Le lendemain du mariage, la jeune épouse recevait une poignée de blé noir qu’elle répandait derrière elle.
Toutes ces superstitions d’un autre temps peuvent aujourd’hui nous faire sourire, tant elles témoignent de l’ignorance des populations de l’époque. Pourtant, nous qui nous croyons instruits et pleinement maîtres de notre raison, n’avons-nous pas, durant la période du Covid, adhéré à nos propres superstitions modernes ?
Sur les plages, par exemple, s’imposa la règle absurde du « on bouge ou on s’en va » : il était permis de marcher sur le sable, mais interdit de s’asseoir ou de pique-niquer. C’était le temps des « plages dynamiques ».
Ces croyances contemporaines nous ont conduits à des comportements tout aussi incohérents que ceux observés il y a presque quatre siècles, à ceci près qu’ils se présentaient sous les habits d’une nouvelle forme de dogme, que l’on pourrait qualifier, non sans ironie, de religion sanitaire.
Mais revenons en 1643 : Julien Maunoir revint à la Pointe du Raz pour une nouvelle mission. Près de Lescoff, il rencontra deux modestes maisons. Il entra et demanda aux habitants : « Voulez-vous que nous vous parlions de Dieu ? » — « De tout notre cœur », répondirent-ils. Les prêtres les conduisirent dans la chapelle voisine, dédiée à Saint-Collodan. À peine y étaient-ils depuis un quart d’heure qu’elle se remplit de tous les paysans des alentours, qui n’avaient pas entendu la parole de Dieu depuis deux ans.
Le père Maunoir les catéchisa, les prêcha et les prépara aux sacrements. Le lendemain, en compagnie du père Bernard, il les confessa en grand nombre. La Providence semblait transformer ces fidèles : ceux qui, auparavant, faisaient de la chapelle Saint-Collodan le théâtre de leurs danses nocturnes avaient retrouvé la foi. À l’issue de la mission, la plupart étaient convertis, seuls les débitants de boisson se montrèrent réfractaires à la grâce.
Il convient de noter, avec une pointe d’humour, que cette dernière observation m’a particulièrement amusé.
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