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Histoires de l'anse du Loch
14 avril 2020

40 - Au, AD - Bateaux du Loch, bateaux du Cap

(suite du chapitre N°39)



   Il y a actuellement en France et en outre-mer, 45 quartiers d'immatriculation maritime. Sur le loch et au Cap-Sizun, l’identification de nos bateaux commence par AD, mais cela n'a pas toujours le cas : les immatriculations des bateaux du Cap-Sizun commence en 1831, peut être par les indicatifs Q ou QA (nous dépendons alors de Quimper.) nous n'avons pas trouvé de trace des numéros utilisés durant cette période.

 

- En 1854, l’indicatif change et passe à A, car Audierne devient quartier maritime. Les numéros commenceront donc en 1854 par A1 pour terminer par A2074 en 1902.

 

- En 1903, remise des conteurs à zéro : la numérotation repart à A1 jusqu’à A1187 en 1924. nous n'avons pas trouvé d’explication sur cette incohérence.

 

- En 1925 le A est remplacé par Au. Tout en gardant la suite des numéros précédents, la numérotation repart à Au1188 pour arriver (environ) au numéro Au2700 en 1974.

 

- En 1975, nous passons à une numérotation nationale à 6 chiffres et Audierne passe en AD (pour info, Auray était avant aussi en Au !).

 

   À partir de ce moment, les bateaux qui changeaient de quartier maritime, gardaient leurs 6 chiffres mais adoptaient les lettres d'identification du nouveau quartier. Par exemple : un bateau d'Audierne (AD), tous en gardant le même numéro, pouvait passer à Dz s’il était nouvellement basé à Douarnenez ou en GV s’il était affecté en Bigoudénie.

 

Pour résumer :
de 1831 à 1853 = Qxxx ?
de 1854 à 1902 = de A1 à A2074
de 1903 à 1924 = de A1 à A1187
de 1925 à 1974 = Au1188 à ± Au2700
de 1975 à nos jour = ADxxxxxx

 

   Les noms donnés aux bateaux étaient souvent pittoresques (un peu comme le nom de certains chevaux de course), des noms donnés en mémoire de quelqu'un ou de quelque chose, le prénom des enfants… Etc. Il n'était pas rare qu'à la vente d'un bateau, le nouveau propriétaire le rebaptisait (mais le numéro ne changeait pas, s’il restait dans la zone maritime d’Audierne.)



    Pour ce chapitre, je vous propose de remonter le temps avec les anciens bateaux professionnel et leur patron, qui sont passés au Loch sur la période de 1930 à 1990. C'est avec l'aide d’Alain GOURRET que j'ai pu mettre en œuvre ce chapitre : c'est un remarquable travail de collectage, d'identification, agrémenté de photo qu'il nous a partagé sur son site internet, avec de nombreuses informations sur les vieilles coques du Cap-Sizun :
https://www.audiernelesdundees.xyz/

 

  Tous les anciens bateaux du Finistère, ont une fiche d'identification centralisée actuellement au Service Historique de la Marine (SHD) à Brest. On peut y trouver des informations diverses, comme l'année de construction du bateau, sa taille, sa motorisation, son nombre de tonneaux, ses différents propriétaires. Il existe des fiches plus ou moins complète dans les listings. En exemple, mon Grand-père Jean-Marie THOMAS, avait un canot baptisé MARGUERITE, prénom de sa fille qui avait eu 2 ans avant la construction de celui-ci en 1934 : voici sa fiche signalétique.

Ch40 - Fiche du canot MARGUERITE - Au1855Fiche du canot MARGUERITE – Au 1855

 

Bateau du Loch Primelin -  Le canot Marguerite

Le canot MARGUERITE avec à la barre mon père Jean THOMAS en 1945

 

   Ce canot finira sa carrière tristement en août 1948, car une tempête d'une rare violence pour la saison s’abattit dans la région et prit au dépourvue les nombreux pécheurs du Loch.

Ch40 - Tempete au loch en aout 1948 a

Ch40 - Tempete au loch en aout 1948 b

Ch40 - Les bateaux du Loch Primelin en 1948
    Sur la photo ci-dessus, on peut voir plusieurs bateaux en difficulté. Le gros canot avec 2 hommes d'équipage s’amarrer au mouillage des plus petits canot autour de lui. Le canot à sa droite est le MARGUERITE. Quelques minutes après la photo, le bateau (à identifier) s’attachât au mouillage de la barcasse de mon grand-père, et là, par la force des vents, et la tension surdimensionnée sur la chaîne, elle se rompit. Sur le gros canot, il n'y eu pas trop de problèmes, car les deux marins présents purent manœuvrer à la rame pour ce sortir de ce mauvais pas. Ce ne fut pas le cas du MARGUERITE, qui se fracassa sur les rochers du port quelques secondes plus tard.  Il n'y avait plus rien à faire pour le sauver.

 

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Voici le listing des bateaux étant passés au port du Loch par ordre d’immatriculation.

 


A47 – Le COQ DU LOCH – Sloop construit en 1903 à Audierne.
- 6,13 tonneaux
- Patron : Simon COSQUER de Kerandraon à Primelin et Jean-Clet KERNINON en aout 1903

Le 2 août 1907 Simon Cosquer est devenu propriétaire unique du sloop.

A47 - COQ DU LOCH+A47 – COQ DU LOCH au port d'Audierne vers 1905

 

A47 - inscription gothique
   L'inscription A47 de ce bateau du Loch reste très particulière : il est unique ! En effet, ce logo gothique du A du secteur maritime d’Audierne est la seul représentation de ce type que nous avons pu identifier sur les milliers de bateaux de l’époque.

 

A47 - Lettre gothique


 

A962 – Le VAINQUEUR DES JALOUX – Sloop à voile non ponté, construit en 1921 à Camaret.
- 8,18 tonneaux – Couleur : ?
- Patron : Henri LE BERRE de Primelin en mai 1921 puis Jean-Marie LE BERRE de Primelin en mai 1930

Jean-Marie LE BERRE a acheté en 1930 le bateau à Henri LE BERRE de Primelin (son frère ?) qu'il avait fait construire en 1921.
Le 27 août 1935, son bateau s'échoue dans la passe du Loch devant la digue – Le bateau sera démâté et retourné par la force des vagues (détruit ?).

A962 - VAINQUEUR DES JALOUX - Article de presse de decembre 1935A962 - VAINQUEUR DES JALOUX - Article de presse de décembre 1935


 


 

Au1028 – Le DANIEL & JOSEPH – Canot non ponté construit en 1914 à Douarnenez.
- 7,60 tonneaux – 9,23m – Couleur : noir avec liseré blanc
- Patron ?

Le bateau arrive sur le secteur d'Audierne en 1922, acheté par Alain DONNART de Cléden-Cap-Sizun, il était immatriculé à Douarnenez auparavant (Dz2078). Ce bateau a dû être racheté par la suite par une personne proche du Loch, mais je n'ai pas trouvé plus d'informations exceptée la photo de ce canot prise dans le port du Loch en 1937.

Au1028 - DANIEL & JOSEPH en 1937Au1028 - DANIEL & JOSEPH en 1937


 


 

A1132 – Le MARIE JOSÉPHINE – Grand sloop à voile non ponté, construit en 1923 à Morgat.
- 11,34 tonneaux – Couleur : noir avec un liseré blanc.
- Patron : Jean PERON de Plogoff en juillet 1923 puis Hervé QUÉRÉ de Keringar à Plogoff en janvier 1932

Hervé QUÉRÉ a racheté les parts de Jean PÉRON de Plogoff en janvier 1932 : ils étaient en copropriété depuis août 1931.
Bateau baptisé « MARIE JOSÉPHINE » prénom de la mère de Hervé QUÉRÉ. Il a été vendu en 1942 pour partir à Dakar au Sénégal.

Pas de photo pour le moment

 


 

Au1198 – L'EXPLORATEUR DES MERS – Construit en 1924 à Audierne.
- 7,27 tonneaux – Couleur : noir avec un liseré blanc.
- Patron : Guillaume THOMAS de Keringar à Plogoff en août 1924

Au1198 - EXPLORATEUR DES MERS en 1936Au1198 - EXPLORATEUR DES MERS en 1936


 


 

Au1199 – Le COQ DU LOCH – Bateau construit en 1924 à Audierne.
- 4,14 tonneaux – Couleur : blanc
- Patron : Simon COSQUER de Kerandraon à Primelin en avril 1924.

Au1199 - COQ DU LOCH en 1937Au1199 - COQ DU LOCH en 1937


 


 

Au1205 – La JOUVENCELLE – Sloop ponté construit en 1924 à Camaret.
- 14,95 tonneaux – Motorisation : 20-25Ch – Couleur : ?
- Patron : Jean Guillaume LOUARN et Jean Noel BERRIET de Plogoff en juin 1924

De grandes dimensions il était plus souvent sur Audiernene. Lorsqu'il venait au Loch, il restait sur la rade. Ca bateau a été le précurseur de la pêche à la langouste pour le Loch. Jean Noel BERRIET devient propriétaire unique en mai 1942

Pas de photo pour le moment


 


 

Au1375 – Le PETIT II – Canot non motorisé construit en 1927 à Audierne.
- 1,99 tonneaux – Couleur : noir
- Patron : Pierre-Marie COSQUER du Loch à Primelin

Pierre-Marie COSQUER achète le bateau en novembre 1940 à Jean-Pierre COSQUER de Primelin qui l'avait lui même acheté en avril 1934 à Laurent JAFFRY d'Esquibien.

Au1375 - Petit II en 1946+Au1375 - Petit II en 1946


 


 

Au1381 LES DEUX VOISINS – Bateau à voile, construit en 1927 à Audierne.
- 3,93 tonneaux – Couleur : ?
- Patron : Joseph KERISIT et Pierre FOLLIC de Primelin en avril 1927.

Joseph KERISIT devient seul propriétaire en août 1931, Il était en copropriété avec Pierre FOLLIC à l'achat du bateau. En septembre 1937 le bateau sera vendu à Jean-Louis FOUQUET de l'Ile de Sein. 

Au1381 - LES DEUX VOISINSAu1381 – LES DEUX VOISINS en 1937


 


 

Au1627 – L'AR FORTUN ATAO – Canot motorisé, construit en 1930 à Douarnenez.
- 3,16 tonneaux – Motorisation : 10Ch – Couleur : Noir.

- Patron : Jean LOUARN de Primelin en avril 1930 puis Eugène CISSOU de Primelin en octobre 1935.
- Matelot : Laurent PÉRON, Jean ADOLPHE ….

Eugène CISSOU achète le bateau en 1935 à Jean LOUARN de Primelin. Le canot chavire le 20 mai 1937 sur la Baz Rouz devant Porzen, il y aura deux morts : le matelot Laurent PÉRON et le mousse Jean ADOLPHE. Poussé par les vagues, le canot sera complètement brisé sur les rochers de Porzen.
Eugène CISSOU réussira à s'en sortir. Malgré cette terrible épreuve, deux jours plus tard, il prendra la barre du bateau de sauvetage CV de KERROS pour porter secours à l’équipage du Pétrolier la NIÈVRE qui vient de s'échouer sur les rochers de Porstarz le samedi 22 mai 1937.

Au1627 - AR FORTUN ATAO - Article de presse de mai 1937 sur le naufrage du canotAu1627 - AR FORTUN ATAO - Article de presse de mai 1937 sur le naufrage du canot


 


 

Au1689 – Le PAPILLON – Canot non ponté motorisé, construit en 1931 à Douarnenez.
- 3,06 tonneaux – Motorisation : 10Ch – Couleur : Noir.
- Patron : Eugène CISSOU puis Jean KERSAUDY, tous deux du Loch à Primelin.

Eugène CISSOU achète le bateau en juin 1937 à Jean-Michel PRIOL d'Esquibien pour le Loch. Eugène CISSOU le revend à son beau-frère Jean KERSAUDY, lorsqu'il achète le CHOUERC'H GWENNECK en 1943.
Jean KERSAUDY (dis Chan Vihen) arrête la pêche avec PAPILLON à la fin des années 1950.

Au1689 - PAPILLON en 1952Au1689 - PAPILLON en 1952

 

Au1689 - PAPILLON en 1963
Au1689 - PAPILLON en 1963


 


 

Au1711 – L'ANNA – Sloop non ponté, construit en 1931 à Camaret
- 4,07 tonneaux – Motorisation : 10 Ch
- Patron : Henri YVEN du Loch Plogoff en août 1931.

Henri YVEN (père de Jean-Yves et Albert) baptise le bateau : ANNA, prénom de son épouse.

Pas de photo pour le moment


 


 

 Au1756 – Le FLEUR DU LOCH – Construit en 1932.
- 1,70 tonneaux – Couleur : blanc

- Patron : Yves-Marie Guillaume COSQUER surnommé « Pouf » du Bourg de Primelin en 1946

Ce canot était une ancienne annexe d'un plus gros bateau

Au1756 - FLEUR DU LOCH en 1946Au1756 - FLEUR DU LOCH en 1946
 

 


 

Au1823 – L'ÉTOILE FILANTE – Pinasse pontée motorisée, construite en 1933 à Audierne.
- 8,67 tonneaux – 11,47 x 3,23m – Motorisation : 22Ch – Couleur : blanc ?
- Patron : Yvon LE BORGNE du Castel à Primelin.
- Matelot : Albert YVEN, Jacques BIGOT (père de Ernest), Michel KERNINON ….

Yvon LE BORGNE achète le bateau à la fin de l’année 1956 à Emmanuel PRIOL d'Audierne. Le bateau avait été entièrement refait à neuf par son nouveau propriétaire, mais en juillet 1957, lors de sa 2ème sortie en mer, au moment où Michel KERNINON démarrait le moteur dans la cale, une étincelle mit le feu aux vapeurs d'essence présentes dans la cale. Une forte explosion se produisit qui fut entendue jusqu’au bourg de Primelin.
Michel KERNINON et Albert YVEN s'en sortirent avec de très graves brûlures. Ils resteront tous les deux très marqués physiquement et psychologiquement par la suite. Jacques BIGOT et Yvon Le BORGNE furent expulsés du bateau et tombèrent à l'eau par la puissance du souffle de l'explosion. A l'arrivée des pompiers, il n'y avait plus rien a faire pour sauver l'ÉTOILE FILANTE, elle était déjà pratiquement détruite.

Au1823 - L'ETOILE FILANTE en 1945Au1823 - L'ÉTOILE FILANTE en 1945
 

 


 

 Au1908 – Le NOTRE-DAME DES CARMES – Sloop non ponté motorisé, construit en 1935 à Pont-L'Abbé.
- 5,37 tonneaux – Motorisation : 10-12Ch – Couleur : blanc ?
- Patron : Jean-Auguste LOZACH en juillet 1935

En 1948 Jean-Auguste LOZACH confie son bateau à son fils Mathieu. Il sera vendu ensuite à Alphonse POUILLARD en novembre 1951 pour partir en presqu'île de Crozon.

Pas de photo pour le moment
 

 


 

Au1941 – L'ÉMERAUDE – Canot non ponté motorisé, construit en 1936 à Audierne.
- 1,96 tonneaux – ± 6m – Motorisation : 6/8 Ch – Couleur : noir un petit liseré blanc.
- Patron : Noël DANZÉ du bourg de Primelin en juillet 1936

Ce bateau termine sa carrière sur le terre-plein derrière la grande casemate du Loch.

Au1941 - EMERAUDE en 1953Au1941 - ÉMERAUDE en 1953

 

Au1941 - EMERAUDE en 1959Au1941 - ÉMERAUDE en 1959


 


 

Au2011  Le DUGUAY TROUIN Canot construit en 1925 à Kerisy sur Penmarch
- 1,48 tonneaux
- Patrons : Eugène GORAGUER du Trez Kermaléro à Primelin en mai 1939.

Au2011 - DUGUAY TROUINAu2011 - DUGUAY TROUIN dans le port du Loch en aout 1948


 


 

Au2074L'HIRONDELLE -
1,88 tonneaux – Motorisation : 10Ch
- Patron : Jean-Guillaume KERLOCH de Kerforn à Primelin en mai 1941

Ca canot a été immatriculé sur Audierne en mai 1941. C'est une ancienne annexe d'un plus gros bateau (à identifier) - Il sera démoli en 1951

Pas de photo pour le moment


 


 

Au2096 – Le KORRIGAN – Sloop ponté motorisé, construit en 1930 à Camaret.
- 22,93 tonneaux – 12.96m – Motorisation : 50Ch – Couleur : ?
- Patron : Jean-Yves Noël BERRIEST de Plogoff - Consorts: Yves-René, Clet Yves, Hervé BERRIEST en 1941

Le KORRIGAN venait du quartier de Camaret (Cm2421), il est arrivé à Audierne en août 1941. De grandes dimensions, lorsqu'il venait au Loch, il restait sur la rade.
Pas de photo du bateau au Loch pour le moment.

Au2096 - KORRIGAN en juin 1946Au2096 - KORRIGAN sur Audierne en juin 1946


 


 

 Au2162 puis AD278988 – Le CHOUERC'H GWENNECK – Pinasse pontée motorisée, construite en 1943 au Guilvinec.
- 6,97 tonneaux – 10,27 x 3,20m – Motorisation : 20-25Ch – Couleur : bleu et blanc avec un liseré rouge.
- Patron : Eugène CISSOU du Loch à Primelin en février 1944
- Matelot : Jacques BIGOT (père de Ernest)

"Chouec'h Gwenneck" est la traduction en breton de six sous. En donnant ce nom à son bateau, le patron voulait jouer avec son patronyme puisqu'il s'appelait CISSOU.
Eugène CISSOU arrête la pêche en septembre 1968. Il avait commencé cette activité comme mousse à 13 ans pour finir sa carrière comme patron à 64 ans sur le « Chouec'h Gwenneck ». Pendant sa carrière d’inscrit maritime, il avait été également patron de 1936 à 1948 du bateau de sauvetage du CV de KERROS.
Le bateau sera vendu et transféré à Audierne en 1969, il sera équipé par la suite d'une guérite par son nouveau propriétaire.

Au2162 – AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK vers 1960Au2162 - AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK vers 1960

 

Au2162 – AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK en 1963Au2162 - AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK en 1963

 

Au2162 – AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK en 1972Au2162 - AD278988 - CHOUEC'H GWENNECK rebaptisé CITÉ D'ARVOR avec une guérite en 1972 sur Audierne
(photo René Plouhinec)

 

 


 

Au2163 – L'AR SICOUR MAD – Pinasse pontée motorisée, construite en 1943 au Guilvinec.
- 6,97 tonneaux – 10,27 x 3,20m – Motorisation : 20-25Ch – Couleur : blanc et bleu avec un petit liseré jaune.
- Patron : Hervé QUÉRÉ de Keringar à Plogoff en décembre 1943

Le bateau portait le nom de la femme d'Hervé QUÉRÉ : Anna SICOURMAT - "Ar Sicour Mad" est en breton une expression signifiant Le Bon Secours.
Le SICOUR MAD » avait été construit en même temps que le CHOUERC'H GWENNECK, ils étaient identiques et ont été immatriculés au même moment ce qui explique que leurs numéros se suivent.
La bateau a été vendu à la fin de l’année 1967 et a été immatriculé Dz4166 à l’inscription maritime de Douarnenez en janvier 1968.

Au2163 - L'équipage de l'AR SICOUR MAD à Audierne en 1952Au2163 - L'équipage de l'AR SICOUR MAD à Audierne en 1952

 

Au2163 - AR SICOUR MAD en 1958Au2163 - AR SICOUR MAD en 1958

 

Au2163 - AR SICOUR MAD en 1959Au2163 - AR SICOUR MAD en 1959

 

Au2163 - AR SICOUR MAD en 1964Au2163 - AR SICOUR MAD en 1964


 


 

Au2174 – La RÉSISTANCE - Canot ponté motorisé, construit en 1944 à Douarnenez au chantier de Largenton (Le GALL)
- 3,16 tonneaux – 8,08 x 2,87m – Motorisation : 15Ch – Couleur : noir avec un petit liseré blanc.
- Patron : Henri LE BERRE (Héry Marie dis "la terreur du Loch") du Loch à Primelin en septembre 1944

Ce bateau était équipé d'un vivier.
Henri LE BERRE vend son bateau en 1949 à Jean-Noël JEANNIC d'Audierne, mais quelques mois plus tard en 1950, Henri LE BERRE le lui rachète et le ramène au Loch. Le bateau sera vendu en juin 1966 pour Douarnenez, il prendra le nom ISABELLE (Dz4135). Il fera de la pêche aux filets de raies, aux araignées et parfois le sprat en hiver.
En 1971 il est vendu pour la plaisance pour Bénodet
En 1990 il est transformé en vrai bateau en voile : l'arrière du bateau est rallongé de 1.5 mètre au chantier Lercler de Saint-Malo, il reprend son nom d'origine RÉSISTANCE. Son propriétaire de l'époque : Jean-Claude CREPIN naviguera beaucoup avec durant 10 ans (1000 milles en moyenne par an sur le secteur Bretagne m'a t'il dit).
En 2002, il est vendu pour le port de Hyères dans le sud de la France. Il sera un moment transformé en "bar flotant" par un riche propriétaire.
En fin 2019, l'association des Vieux gréements et Traditions de Paimpol le rachète pour le restaurer et en faire la pièces maîtresse de leur association.
Toute les infos de l'opération en cours : ICI

Au2174 - RESISTANCE l'équipage en 1955Au2174 - RÉSISTANCE l'équipage en 1962
(Henri JEANNIC le premier à gauche, Henri LE BERRE le deuxième à gauche)

 

Au2174 - RESISTANCE en 1958Au2174 - RÉSISTANCE en 1958

 

Au2174 - RESISTANCE rebatisé ISABELLE sur Dz - (Photo fin des années 1960)Au2174 - RESISTANCE rebaptisé ISABELLE sur Dz - (Photo fin des années 1960)

 

Le RESISTANCE - Retour en Bretagne le 7 novembre 2019 à PaimpolLe RESISTANCE - Retour en Bretagne le 7 novembre 2019 à Paimpol

 

 


 

Au2186 – L'AMIRAL LE BIGOT – Canot non ponté motorisé, construit en 1941 au Guilvinec.
- 3,51 tonneaux – 6.99m Motorisation : 12-14Ch – Couleur : blanche avec un liseré noir.
- Patron : Guillaume RIOU du Loch côté Plogoff à partir de ?

Il y avait quatre propriétaires de Primelin à l'achat du bateau pour le Loch en aout 1945 : Jean RIOU, Eugène RIOU, Jean CARIOU et Clet DONNART. Il était immatriculé sur Douarnenez auparavant (Dz3499) sous le même nom
Il sera vendu en décembre 1952 et partira sur Plougastel-Daoulas puis dans la région de Camaret en novembre 1962 sous le numero Cm3135

Pas de photo pour le moment


 


 

Au2209 – Le MARIE-THÉRÈSE – Pinasse ponté motorisée, construite en 1946 à Douarnenez.
- 10,28 tonneaux – ±12m – Motorisation : 25Ch – Couleur : ? avec un petit liseré blanc.
- Patron : Daniel COATMEUR de Toramur à Plogoff en décembre 1946

Ce bateau baptisé MARIE-THÉRÈSE, prénom de sa fille, était principalement ancré dans le port d’Audierne. De grandes dimensions il ne venait pas souvent au Loch et restait sur rade. Daniel COATMEUR arrête son activité vers 1953. Son fils Guillaume reprend la suite de son père sur ce bateau avant de faire construire en 1957 à Camaret le GILBERT-GUY (Au2429) pour Audierne quelques années plus tard.
Le MARIE-THÉRÈSE est vendu pour Brest en juillet 1958 (Br7228)

Pas de photo du bateau du MARIE-THÉRÈSE au Loch pour le moment.

Au2209 - MARIE THERESE sur AudierneAu2209 – MARIE-THÉRÈSE dans le port d'Audierne (photo Lean-Luc Moullec)


 


 

Au2212 La DENISE  Canot construit en 1946 à Tréboul
- 1,60 tonneaux
- Patrons : Jean Marie MOURRAIN de Kerven à Primelin en novembre 1946 puis Jean Guillaume LE ROUX de Kerdugazel à Primelin en octobre 1953

Au2212 - DENISEAu2212 - DENISE dans le port du Loch en aout 1948


 


 

Au2217 – Le ROSELINE Canot ponté, construit en 1942 à Tréboul.
- 4,40 tonneaux – Motorisation : 14-16Ch – Couleur : noir avec un petit liseré blanc
- Patron : Jean KERNINON du bourg de Primelin en février 1947

Le bateau a été inscrit à Douarnenez (Dz3547) avant d'arriver en 1947 au Loch. 

Au2217 - ROSELINE en 1952Au2217 - ROSELINE en 1952

 

Au2217 - ROSELINE en 1953Au2217 - ROSELINE en 1953


 


 

Au2218 – Les TROIS FRÈRES – Canot ponté, construit en 1947 à Douarnenez.
- 3,16 tonneaux – Motorisation : 12Ch – Couleur : noir avec un petit liseré blanc.
- Patron : Jean-Guillaume LE ROUX de Kerdugazel à Primelin en avril 1953.

Ce sont trois beaux-frères en copropriété qui ont fait construire le bateau en mars 1947 pour le Loch : Jean-Guillaume LE ROUX, Jean-Marie MOURRAIN et Joseph KERSUAL, tous trois de Kerdugazel à Primelin.

Au2218 - TROIS FRERES en 1959 a

Au2218 - TROIS FRERES en 1959 bAu2218 - TROIS FRÈRES en 1959


 


 

Au2219 – Le POPAUL – Canot non ponté construit en 1933 à Tréboul.
- 1,96 tonneaux – ± 6m – Motorisation : 5Ch – Couleur : noir.
- Patron : Yves-Marie LE BORGNE en mars 1948
- Matelot : Yvon LE BORGNE (du Castel ?) et Jacques BIGOT (père de Ernest) de Primelin ...

Ce bateau (identique à l'ÉMERAUDE) arrive au Loch en mars 1947, il était précédemment immatriculé à Douarnenez en 1946 (Dz3144). De 1947 à 1948 il y avait deux copropriétaires pour ce bateau, Yves-Marie LE BORGNE et Jean-Marie BRÉNÉOL. 

Au2219 - POPAUL en 1948Au2219 - POPAUL en 1948

 

Au2219 - POPAUL en 1953Au2219 - POPAUL en 1953


 


 

Au2222 – Le SAINTE-THÉRÈSE – Canot construit en 1932 à Camaret.
- 1,95 tonneaux – Motorisation : 5-7Ch – Couleur : noir.
- Patron : Arsène STEPHAN de Kerheruron à Cleden en avril 1974, Jean-Pierre YVEN du Loch Primelin en 1949 puis en 1953 Marcel ALLAIN de Kerlédec à Plogoff.

Ce bateau avant d'arriver au Loch, était imatriculé sur Douarnenez et avait comme nom NGO VAN MIENG (Dz3590). Il sera démolis en 1958

Au2222 - SAINTE THERESE en 1953Au2222 - SAINTE-THÉRÈSE en 1953


 


 

Au2245 LE MAQUIS  Canot non ponté, construit en 1947 à Douarnenez.
- 1.16 tonneaux Motorisation : ?
- Patron : Hervé PERON de Kéringar à Plogoff en 1947, Yves LE BORGNE de Primelin en 1950 puis Jean Noël JEANNIC du Loch Primelin en octobre 1958.

Pas de photo du bateau au Loch pour le moment.


 


 

Au2254 – Le BERTHE – Pinasse pontée construite en 1937 à Douarnenez.
- 4,96 tonneaux – 8,14 x 2,69m – Motorisation : 10-12Ch – Couleur : jaune/marron avec liseré noir.
- Patron : Joseph CARVAL de Kernevez à Plogoff en 1947.

Le BERTHE avant d'arriver au Loch en décembre 1947 était immatriculé à Douarnenez sous le numéro Dz3327.
Suite à une panne de moteur du BERTHE le 21 mai 1965, près de la côte, dans le secteur de la Pointe du Raz, le patron Joseph CARVAL a sauté à l'eau pour rejoindre le rivage à la nage et chercher de l'aide. Il a perdu la vie en étant projeté violemment par les vagues en arrivant sur les rochers de la côte. Les membres de l'équipage réussirent par leurs propres moyens à ramener le bateau au Loch.

Au2254 - BERTHE en 1964Au2254 - BERTHE en 1964

 

Au2254 - BERTHE sur AudierneAu2254 - BERTHE sur Audierne (Photo Francis Mac Williams)


 


 

Au2257 – Le FOU FURIEUX – Construit en 1942 à Douarnenez.
- 1,50 tonneaux.
- Patron : Clet Guillaume ROZEN du Loch Primelin.

Le FOU FURIEUX arrive au Loch en janvier 1948, Le canot portait le surnom de son père.

Au2257 - FOU FURIEUX en 1973Au2257FOU FURIEUX en 1973


 


 

Au2265 – Le LUZ – Construit en 1938 à Douarnenez.
- 2,13 tonneaux – Motorisation : 8-10Ch – Couleur : bleu ciel avec liseré bleu.
- Patron : Jean Guillaume BLOCH et Joseph TRÉANTON surnommé « Pirate » de Keramu à Primelin en avril 1948.
- Matelot : Gérard BIGOT du Loch côté Plogoff, Pierre PAILLART de Kerhas Bis à Primelin, Jean-Yves DAGORN de keramu à Primelin ...

Le LUZ arrive au Loch en avril 1948, acheté par trois personnes. Il était précédemment immatriculé à Douarnenez (Dz3431). Ce n'est quant 1952 que Joseph TRÉANTON deviendra l'unique propriétaire du bateau. Il le vendra suite à la perte de son matelot Pierre PAILLART qui décède en mer le 14 août 1964. Pierre s'est pris la jambe dans le cordage lors de la mise à l'eau des casiers puis a été entraîné en quelques secondes par le fond. Son corps n'a jamais été retrouvé. 

Au2265 - LUZ en 1964Au2265 - LUZ en 1964


 


 

Au2325 – Le SERGENT GOUARNE – Pinasse pontée, construite en 1950 à Douarnenez.
- 5,38 tonneaux – 9,32 x 3,14m – Motorisation : 25Ch – Couleur : blanc puis bleu avec liseré marron.
- Patron : Jean-Yves YVEN de Feunteun Yen à Plogoff en janvier 1951

Le nom de ce bateau a été donné en mémoire de Jean-Yves DOUARINOU (beau-frère de Jean-Yves YVEN) décédé en 1943. Le Chalutier SERGENT GOUARNE à bord duquel, Jean-Yves DOUARINOU navigait en tant que quartier-maître manoeuvre avait été réquisitionné comme patrouilleur auxiliaire et fut torpillé par le sous-marin U755 le 26 mars 1943 au large de l’île d'Alboran entre le Maroc et l’Espagne. Le bateau s'est cassé en deux et a coulé en moins de deux minutes faisant 57 morts et 14 rescapés.
Jean-Yves YVEN est parti travailler en 1962 sur des bateaux en Mauritanie après avoir vendu en mai 1961 le SERGENT GOUARNE à un certain MORVAN de Brest (Br7362)

Au2325 - SERGENT GOUARNE en 1951Au2325 - SERGENT GOUARNE en 1951

 

Au2325 - SERGENT GOUARNE en 1959Au2325 - SERGENT GOUARNE en 1959


 


 

Au2351 – La TAHITIENNE – Pinnasse ponté, construite en 1948 à Pont-L'Abbé.
4,67 tonneaux – 9 à 10m – Motorisation : 25Ch – Couleur : bleu clair ?
Patron : Jean-Guillaume GUÉZINGAR dis Laum Pen Len de Plogoff en mars 1953.
Matelot : Nicolas PERFÉZOU (futur maire de Plogoff entre 1989 et 1995) de Keringar ...

La TAHITIENNE arrive quartier maritime d’Audierne en mars 1953, il était auparavant immatriculé au Guilvinec (Gv2189). Le Bateau sera vendu pour Brest en février 1960 (Br7304)
Pas de photo du bateau au Loch pour le moment.

GV2189 - TAHITIENNE en 1950-51 en BigoudenieGv2189 - TAHITIENNE en 1950-51 en Bigoudenie

Au2351 - TAHITIENNE sur Audierne 1950Au2351 - TAHITIENNE sur Audierne dans les années 1955


 


 

Au2447 – La MOUETTE Canot côtier construit en 1958
1,56 tonneaux – 4,25m – Motorisation : 4Ch – Couleur : Blanc avec liseré marron
Patron : Hery Marie LE BERRE du Loch Primelin en mars 1958

Au2447 - MOUETTE en 1959Au2447 - MOUETTE en 1959

 

Au2447 - MOUETTE en 1973Au2447 - MOUETTE en 1973
 

 


 

Au2553 puis AD279042 – Le BASS LOC'H – Caseyeur/ligneur ponté construit en 1964 au chantier Kersaudy/Gourlaouen à Plouhinec.
5,99 tonneaux – 9,52 x 3,34m – Motorisation : 50Ch – Couleur : blanc avec liseré ?
Patron : Albert YVEN de PLogoff en avril 1964 puis par la suite, Jean NORMANT de Primelin

Le BASS LOC'H était plus souvent basé à Audierne. Il était au port du Loch uniquement à certaines périodes de l'année pour être plus près des zones de pêche pendant la saison des crabes par exemple.
Après une carrière à la pêche, le BASS LOC’H va, à partir de 1980, continuer à sillonner la baie d'Audierne pour le compte du club de plongée cher à Jo ÉVENAT : "Les Plongeurs du Cap"

Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H en 1967Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H en 1967

 

Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H sur Audierne 1Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H sur Audierne en début des années 1970

 

Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H sur Audierne 2Au2553 - AD279042 - BASS LOC'H sur Audierne "Les Plongeurs du Cap" (années 1990)


 


 

Au2569 puis AD279052 – Le MICHEL – Canot côtier construit en 1964
- 1,29 tonneaux – de 4 à 5m – Motorisation : 5Ch – Couleur : blanc avec liseré rouge.
- Patron : Marcel YVEN de Kerandraon à Primelin en janvier 1965

Marcel YVEN achète Le MICHEL en janvier 1965 après avoir été matelot sur de nombreux bateaux du Loch. Il vendra en direct sur les marchés du coin, avec son épouse, le fruit de sa pêche jusqu'en 1976 année de sa retraite. Il vendra son canot cette année-là et ne retournera plus en mer par la suite. Marcel YVEN doit être de dernier pêcheur professionnel du Loch ayant fait toute sa carrière dans la pêche. A partir de cette date, il y aura au Loch uniquement des patrons de bateau ayant déjà eu une activité dans la Royale ou dans la marine marchande bénéficiant donc déjà d’une retraite.

Au2569 - MICHEL

Au2569 - MICHEL en 1973Au2569 - MICHEL en 1973


 


 

 Au2579 – L'ACONIT (1) – Ligneur ponté, construit en +/- 1960 sur Brest ?
- 3,31 tonneaux – 6,54 x 2,49m – Motorisation : 15/20Ch – Couleur : blanc avec liseré ?
- Patron : Mathieu LOZACH du Loch/Landrer à Plogoff (au centre sur la photo)
- Matelot : Jean-Noël JEANNIC du Loch Primelin et X de Keringar de Plogoff. (à droite et gauche sur la photo) ...

Mathieu LOZACH achète ce bateau en occation sur Brest pour le Loch en juin 1965 pour la pêche à la dorade principalement. Il le rebaptise ACONIT (en mémoire d'un dragueur de mine du même nom sur lequel il avait navigué durant sa période militaire).
A l'achat ce bateau n'avait pas de guérite, Mathieu LOZACH sera le premier du Loch à en installer une. Les marins du coin se sont moqués de lui à l'époque en affirmant que son bateau n’avait aucune allure mais très vite, les patrons des autres bateaux ont compris que ce nouveau concept était vraiment pratique et tous les bateaux pontés de plus de 5m en seront équipés très rapidement. En 1972 il vend ce bateau après avoir fait construire l'ACONIT 2.

Au2579 - ACONIT 1 au Loch en 1970Au2579 - ACONIT 1 au Loch en 1970 -  Mathieu LOZACH au centre sur la photo


 


 

Au2588 – Le PALOMA – Canot non ponté ? - construit en 1966 ?
- 1,96 tonneaux – de 5 à 6m – Couleur : Blanc avec liseré rouge.
- Patron : Mathieu YVENOU du Loch côté Plogoff en avril 1966
- Matelot : Jean YVEN (oncle de Claude YVEN) ...

Au2588 - PALOMA en 1974Au2588 - PALOMA en 1974

 

Ch40 - Mathieu Yvenou sur le Paloma (à droite)
Mathieu YVENOU sur le PALOMA (à droite) avec pierre DANZE de Cleden (à gauche)

 


 

Au2603 puis AD228055 – Le COLOSSE – Canot ligneur ponté (avec guérite) construit en 1960 à Douarnenez.
- 4,05 tonneaux – 6,90 x 2.49m  – Motorisation : 20Ch – Couleur : ?.
- Patron : Jean Guillaume FLOCH (dis Jean Lom FLOCH) en septembre 1966

Le COLOSSE arrive au secteur d'Audierne en 1966. Il passe à la plaisance en août 1973
Pas de photo du bateau au Loch pour le moment.

Au2603 - AD228055 – COLOSSEAu2603 - AD228055COLOSSE sur l'Île de Sein (Photo Ronan Follic)


 


 

Au2606 puis AD279064 – Le RUBIS – Ligneur/caseyeur ponté avec guérite, construit en 1966
- 4,17 tonneaux – Couleur : bleu avec liseré rouge.
- Patron : Jean GOARDON de Kerandraon à Primelin en novembre 1966

Au2606 - AD279064 - RUBIS en 1978Au2606 - AD279064 - RUBIS en 1978

 

Au2606 - AD279064 - RUBIS en 1981Au2606 - AD279064 - RUBIS en 1981
 

 


 

Au2696 puis AD279116 – L'ACONIT (2) – Ligneur ponté avec guérite, construit en 1972 au chantier Tanguy de Plouhinec.
- 2,54 tonneaux – 6,54 x 2,49m – Motorisation : 20Ch – Couleur : blanc avec liseré ?
- Patron : Mathieu LOZACH du Loch/Landrer à Plogoff en mai 1972

Mathieu LOZACH arme ce bateau en 1972 pour la dorade principalement et arrête la pêche au Loch en 1980. Il vend son bateau en 1982 qui naviguera par la suite à Morlaix sous le nom de CORELOIC.

Au2696 - AD279116 - ACONIT 2 en 1973Au2696 - AD279116 - ACONIT 2 en 1973

 

Au2696 - AD279116 - ACONIT 2 en 1978Au2696 - AD279116 - ACONIT 2 en 1978

 

Au2696 - AD279116 - ACONIT 2 en 1988Au2696 - AD279116 - ACONIT 2  en 1988
 

 


 

AD279333 – Le MALFAOUT – Ligneur ponté avec guérite, construit en 1971 au chantier Tanguy de Plouhinec.
- 2,99 tonneaux – 5,48m x 2,44m – Motorisation : 30 puis 40Ch – Couleur : blanc avec liseré bleu ciel.
- Patron : Maurice YVEN du Loch à Primelin.

Le MALFAOUT a été armé à la pêche de juillet 1977 à 1990 par Maurice YVEN pour la dorade principalement. Maurice YVEN cesse son activité en 1990, il sera le dernier professionnel du Loch.
Le bateau est passé à la plaisance à destination de l'île de Sein par la suite (a été détruit par une grosse tempête il y a quelques années).

AD279333 - MALFAOUT en 1978AD279333 - MALFAOUT en 1978

 

AD279333 - MALFAOUT en 1982AD279333 - MALFAOUT en 1982

 

AD279333 - MALFAOUT en 2007 sur l'Île de SeinAD279333 - MALFAOUT en 2007 sur l'Île de Sein
 

 


 

AD496684 – L'ARCHE D'ALLIANCE – Fileyeur ponté avec guérite, construit en 1981 à Douarnenez.
2,37 tonneaux – 6,51m x 2.52m – Motorisation : 37Ch – Couleur : blanc avec liseré rouge.
Patron : Marcel TRÉANTON du Loch à Primelin.
Matelot : Stéphane BIGOT et Michel MOAN du Loch à Primelin.

Dans cette famille originaire de Lescoff à Plogoff, tous les bateaux ont porté le nom ARCHE D'ALLIANCE. Celui de Marcel TRÉANTON sera actif au Loch de 1981 à 1984. Il sera revendu en 1985 au quartier maritime de Brest. Marcel rachète un bateau plus grand : MA BONNE ÉTOILE pour Audierne qu'il rebaptisera ARCHE D'ALLIANCE. Son entreprise aura au plus fort de son activité près de 50 salariés travaillant à bord de ses bateaux et/ou dans sa poissonnerie.

AD494484 - L'ARCHE D'ALLIANCE en 1982 a

AD494484 - L'ARCHE D'ALLIANCE en 1982 bAD494484 - L'ARCHE D'ALLIANCE en 1982

 

AD494484 - L'ARCHE D'ALLIANCE sur AudierneAD494484 - L'ARCHE D'ALLIANCE sur Audierne


 


 

Ch40 - Logo Au (identification des bateaux d'Audierne de 1925 à 1974)Logo Au (identification des bateaux d'Audierne de 1925 à 1974)

 

   Je remercie Laurence B. de m'avoir aidé pour la correction orthographique de ce chapitre.

 

   La préparation de ce chapitre m'a pris beaucoup de temps : j'ai mis plus de 2 ans à collecter, recouper toutes les informations que je viens de vous présenter. J'ai profité de cette sombre période actuelle du confinement lié au COVID-19, pour finaliser ce travail. Il y a bien sûr, quelques approximations et des manquements dans mes écrits. S’il manque des photos ou des noms de bateaux, n’hésitez pas à me contacter, pour que je puisse compléter ce chapitre avec vos futurs documents et archives familiales.

 

   Je remercie chaleureusement Alain GOURRET, pour son aide et pour ses compétences : sans ces précieuses archives, je n'aurai pas pu développer avec autant de détails, l'identification et les caractéristiques de chaque bateau listé dans ce chapitre.

 

   L'échange est le seul moyen pour lutter contre l'oubli.

 

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Post-scriptum :
   À la fin du XIXe siècle, les ports du cap Sizun sont administrés par le Quartier maritime d’Audierne, après avoir longtemps été sous la tutelle de Quimper et brièvement sous celle de Douarnenez. L’initiale A est alors arborée par l’ensemble des bateaux domiciliés entre la Pointe du Millier et les plages de Plovan, en passant par Beuzec, Cléden, Primelin, Poulgoazec, etc. sans oublier l’île de Sein. Peu avant 1900, le quartier compte près de 4500 inscrits maritimes et une flotte d’environ 800 canots et chaloupes majoritairement armés pour la sardine, fournissant ainsi l’essentiel d’une vingtaine de conserveries, situées à Audierne pour la plupart.

 


   Durant la dernière décennie du siècle, le A peint près de l’étrave des embarcations prend une forme surprenante: la traditionnelle capitale d’imprimerie est progressivement délaissée au profit d’une majestueuse initiale gothique, qui s’imposera bientôt comme le véritable monogramme identitaire du port d’Audierne et alentours.



   Cette majuscule gothique sera mise à l’honneur dans le titre de la célèbre série d’ouvrages d’ethnographie maritime Ar Vag, sous la direction de Bernard Cadoret, à la fin des années 1970. Mais ce splendide A ne s’applique pas partout ni uniformément dans tout le quartier: Plogoff et Sein n’adopteront jamais la gothique, par exemple. Quelles ont été les circonstances de l’apparition de ce style et en quoi diffère-t-il des marquages voisins des quartiers de Douarnenez et Camaret au Nord, ou des ports du pays Bigouden au Sud?
 


   Cette conférence de Yoann De Roeck propose de replacer ce signe dans son époque et d’essayer d’en comprendre les fondements et la portée: les influences visuelles qui en ont permis l’émergence, les croyances qui s’y rattachent, sa propagation géographique (le quartier d’Auray en fera une interprétation très personnelle), et enfin le succès encore actuel d’une lettre devenue logotype, signe fédérateur de la population audiernaise depuis plus d’un siècle!


Conférence à propos du graphisme de la lettre A inscrite sur les chaloupes du quartier maritime d'Audierne donnée à l'invitation du Musée maritime du Cap-Sizun, au théâtre Georges-Madec, à Esquibien le 27 octobre 2023.

https://www.skritur.eu
2 avril 2020

39 - De 1800 à 2020 : Marins du Loch, marins du Cap

 
   Au Cap-Sizun, pour survivre, depuis des millénaires, l’homme a dû hisser du haut des falaises sa pitance arrachée aux flots. Hisser les paniers de poissons ou les faix ruisselants de goémon. Hisser l’aubaine des épaves ou ses propres embarcations hors d’atteinte de vagues gigantesques. Profitant de la moindre anfractuosité, de la plus petite crique, et grâce à leur connaissance des vents et des courants, les habitants du Loch se sont adaptés à leur environnement minéral.

 

   L’anse du Loc’h signifie l’anse de l’étang en français. Elle est l’anse naturelle la plus importante dans l’immense baie d’Audierne. A ce titre, elle est probablement depuis longtemps un lieu d’échouage privilégié pour les marins locaux.

Ch39 - Port du Loch en 1911 - peinture sur toile de Henri Moret - AuPort du Loch en 1911 - Peinture sur toile de Henri MORET (Le "Au" a été rajouté par mes soins)

 

   Au Loch, il y a, depuis plus d'un siècle, un petit port, mais cela n'a pas toujours été le cas. Dans le passé, ici, il n'y avait rien pour faciliter le quotidien des pêcheurs. Dans ce chapitre, je vais vous résumer des activités liées à la pêche des années 1800 à nos jours, des moments clé comme la création d'une digue et d'une station de sauvetage au début du XXème siècle, ainsi que la période faste de la pêche, avec la présence d'unités de plus de 10 mètres.

 

   En 1800, la physionomie de l'anse du Loch était différente. Ce n'est qu’après la construction de la digue et de ses différentes prolongations que le sable est arrivé. En effet, les courants tournoyants augmentent la sédimentation des criques. Un phénomène similaire se produira également à Sainte-Evette derrière la digue, après sa construction dans les années 1950… Une plage de sable s'est créée au fil des années.

 

   Voici une carte de 1800 qui représente la zone de l’actuelle plage du Loch. C'est un avant-projet pour la construction d'une « vraie route », car à cette époque les voies de communication étaient chaotiques. La zone entre le marais du Yun et la mer fluctuait en fonction des marées et des tempêtes. Le passage se faisait à travers les galets sur la plage mais celui-ci était impraticable à marée haute

Ch39 - La création de la route du Loch vers 1800Avant projet de la route du Loch vers 1800 (remarquez que la chapelle Saint Yves est encore là.) 

 

   Dans l'anse, il y a une partie sablonneuse nommée « Ar Boulen » ou « Poulen » (la marre) confinée entre la côte et une zone rocheuse nommée « Ar Platar » (derrière la digue actuelle). C'est dans cette zone que les bateaux de l'époque jetaient l'ancre. Les canots étaient remontés sur les hauteurs de la plage en cas de mauvais temps pour une mise au sec : c'est une zone nommée « Dour Salou », qui est moins marécageuse que les hauteurs de la grande plage du Loch.

Ch39 - L'anse du Loch en 1818Zone « Ar Boulen » placée sur un plan de Beautemps-Beaupré de 1818

 

   Auguste-Jean-Marie, Baron BACHELOT DE LA PYLAIE (1786-1856) est un botaniste, un explorateur, un dessinateur, un archéologue, doté d'une curiosité et d'une ouverture d'esprit peu communes. Il est un grand voyageur, principalement à travers la France mais aussi en Afrique et en Amérique. En 1850, il publie un livre intitulé " Études archéologiques mêlées d'observations et de notices diverses ".
Un passage m'a particulièrement intéressé, car il nous parle de la réalisation d'un port au Loc'h en Primelin.


" Port de refuge à créer dans l'anse du Loc'h, entre Audierne et la pointe du Raz-de-Sein."


   Les fréquents et inévitables naufrages qui se répètent annuellement sur les côtes de la baie d'Audierne m'en ont fait étudier avec soin toute la partie occidentale, parce qu'elle est la plus dangereuse. On peut arriver souvent avec l'espoir de la vie sauve, en faisant côte sur cette plage sablonneuse qu'on appelle le plateau de Penhors, et qui s'étend en demi-cercle d'Audierne jusqu'à la pointe de Penmarch ; tandis que toute la partie occidentale de la baie, sur une longueur de quatre lieues et demie, ne nous présente plus jusqu'à la pointe du Raz, excepté quelques anses, qu'une côte formée de rochers à pic, contre lesquels les flots viennent se briser pendant les gros temps, de la manière la plus impétueuse.
   J'ai examiné en conséquence toutes ces anses avec attention, et l'une d'elles, qui est en même temps la principale, devient par sa position au milieu de toute cette longueur de côte, par son étendue suffisante, ses autres avantages particuliers, l'endroit où le gouvernement devrait établir cet asile si nécessaire aux navires. On pourrait, par la suite, en faire un bon port de marée, comme Morlaix, Audierne, Quimper, etc. Il faudrait des travaux... ; mais les travaux sont et seront toujours la poule aux œufs d'or du génie, et quand un intérêt majeur, celui du commerce et l'humanité les commandent, il doit les provoquer. Il faut remarquer d'abord que l'entrée de l'anse du Loc'h n'est point barrée, comme celle du port d'Audierne, par un vaste plateau de rochers. Depuis le sud, jusqu'à l'ouest, on peut y venir à pleines voiles ; seulement, par les vents du sud-est, il y aurait à tourner les rochers qui s'avancent de ce côté, au-devant de son ouverture.
   Comme les vents entrent en plein dans cette anse, depuis le sud-est jusqu'au sud-ouest, il deviendrait alors indispensable d'établir un brise-lames en face de son entrée, derrière lequel deux môles opposés, partant de la côte et s'entrecroisant à la distance requise pour le passage des vaisseaux, formeraient derrière eux le port de refuge.
   Ce port serait ensuite parfaitement abrité des vents d'ouest par la haute chaîne qui porte sur son extrémité la chapelle de Notre-Dame de Bon-Voyage, au delà de laquelle elle forme le reste de la côte jusqu'à la pointe du Raz. Les hauteurs du fond de l'anse le protègent contre les vents du nord ; et celles ensuite qui portent le bourg de Primelin, situé près d'elle du côté de l'orient, ainsi que leur extension qui forme la côte défendraient à leur tour le port que nous indiquons, du côté du nord-est et de l'est.
   Cette localité ajoute encore aux avantages que nous venons de mentionner une gorge profonde, par laquelle les eaux d'un bassin, long de trois lieues d'occident en orient, arrivent de deux côtés opposés au fond de l'anse. L'entrée de cette gorge ayant été obstruée par la mer, comme dans presque tous les lieux analogues, par un atterrissement de sables et de galets, on a profité de celui-ci pour l'établissement de la chaussée sur laquelle passe le chemin vicinal qui se rend d'Audierne à la pointe du Raz ; et par derrière se trouve un étang, en partie rempli de roseaux, dont le déblayement ne serait pas difficile. C'est là qu'on pourrait établir un arrière-port, ou des bassins dans lesquels on tiendrait les navires toujours à flot, au moyen d'écluses, ainsi qu'au Havre ; et de chaque côté, l'étendue du bas-fond permettrait de construire des maisons.
   Le cours d'eau (le Yun) qui arrive ici par le vallon dont nous venons de parler serait utilisé pour les besoins des pêcheries de sardines, du lieu et du maquereau, dont le port de refuge favoriserait l'établissement. Sauf erreur de ma part, je crois qu'on peut faire beaucoup ici, d'autant plus qu'il y a tant de circonstances où les navires ne peuvent franchir le passage du Raz, et qu'ils trouveraient au Loc'h, tout auprès, un port de relâche parfaitement sûr ! Son entrée présente encore soixante pieds d'eau au maximum d'abaissement des marées des équinoxes, tandis qu'Audierne n'en a que douze environ.
   Je dois ajouter encore que c'est le long de la côte de Notre-Dame de Bon-Voyage, et surtout vis-à-vis l'entrée de cette anse, que les navires viennent se mettre à l'abri lorsque les vents et la marée leur refusent le passage du Raz : ils se tiennent dans cette espèce de mouillage jusqu'au moment où il devient praticable.
   Comme on m'avait indiqué quelques réduits où l'on croyait possible d'établir un petit port, j'ai suivi toute la côte depuis l'anse qui nous occupe jusqu'au Bec du Raz ; j'ai vu toutes ces criques, et je me fais un devoir de déclarer qu'on n'y obtiendrait que des résultats minimes, avec des frais énormes.
   On m'objectera peut-être que la mer brise en avant du Loc'h dans les gros temps ? Elle y brise en effet comme elle brise en avant d'Audierne, en dehors du plateau de la Gamelle; mais ces brisants n'ont pas empêché l'établissement du port, et l'entrée du Loc'h offre l'avantage majeur de n'être pas masquée et interdite pendant les tourmentes, par une autre Gamelle. Je terminerai cet exposé en appuyant ma demande sur la sanction des marins de l'île de Sein et des côtes voisines : ce sont pour moi des autorités compétentes : et le gouvernement, en l'accueillant, offrirait une nouvelle sécurité pour la marine marchande, ainsi qu'aux vaisseaux inférieurs de la marine royale.

 

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   Le Loch est un petit coin qui n’intéressait pas vraiment les photographes de l'époque. Ceux-ci n’étaient intéressés que par Audierne et la Pointe du Raz. La plus ancienne photo du lieu que j'ai pu trouver date de 1895. On peut voir qu'il y a peu de bateaux sur la plage, les autres, non-visibles, on dû être remontés sur la zone « Dour Salou » (derrière l'actuel abri de sauvetage).

Ch39 - Le port du Loch Primelin en 1885Photo de 1895 du futur port, avec représentation de la digue à venir (photo Victor Camus)

Ch39 - Aquarelle d'un canot au Poulen (fin 19ème)Aquarelle d'un canot au Boulen (fin XIX ème)

 

   Au moindre coup de vent, les pêcheurs devaient remonter à la force des bras leur bateau en haut de la plage. Ce n'est qu'en 1895, suite à une pétition des usagers, qu'un projet d’installation d’un treuil de levage, avec 90 mètres de chaîne est étudié.

Ch39 - Projet du treuil au Loch en 1895Plan de l’avant-projet d'un un treuil de levage en 1895

 

   Dans la baie d’Audierne, les tempêtes étaient d’une rare violence et les naufrages très courants. En février 1899 par exemple, une tempête avec des vents du sud rendait l’accostage impossible dans toute la baie d'Audierne. Les bateaux qui n’avaient pu gagner à temps les hauteurs de la plage du Loch ou le port d'Audierne étaient donc condamnés à croiser au large. Conséquence : cinq bateaux ont disparu avec 23 hommes d’équipage. Les canots de sauvetage d’Audierne et de l’Île de Sein, alors munis d’avirons étaient le plus souvent inopérants sur des zones trop éloignées de leur port d’attache. Ce constat justifia la création d’une nouvelle station de sauvetage près du Loch.

 

   En 1903, Mme LEMONNIER, née TOULMOUCHE, de Nantes, tombe amoureuse de ce coin et finance pour les pêcheurs, la construction d’un canot de sauvetage avec abri en 1904. Deux ans plus tard, en 1906, avec l'aide financière du département, une petite digue de 76 m est édifiée. Ce n'est qu’en janvier 1907, qu’arrive le canot de sauvetage Paul LEMONNIER. Daniel THOMAS, mon arrière-grand-père, sera patron de ce canot géré par l'organisme HSB (Hospitaliers Sauveteurs Bretons).

Ch39 - Daniel THOMAS patron de Canot de sauvetage Paul LEMONNIER

  Tout est maintenant réuni pour que cette anse devienne un véritable port de pêche sécurisé.

Ch39 - L'abri de sauvetage HSB du Loch PrimelinPhoto de l'abri de sauvetage du Loch Primelin

Ch39 - Canot de HSB Paul LEMONNIER au Loch PrimelinCanot de sauvetage Paul LEMONNIER dans l'anse du Loch

Ch39 - La rade du Loch primelin en 1908Vue sur la rade du Loch en 1908

 

   Je n'ai pas trouvé pour le moment de photo de la période où l'on peut voir le premier tronçon de la digue (1905-1913). Par contre, à cette époque le peintre Henri MORET a peint un remarquable tableau du Loch en 1911, avec quelques bateaux peints à mi-marée. (voir la photo du tableau en début de chapitre).

   La récente mise en sécurité du port attire de plus en plus de bateaux et rapidement la digue est jugée bien trop courte. L’édifice est donc rallongé de 64m pour atteindre 140m en 1913.

Ch39 - Premier allongement de la digue en 1913 Premier allongement de la digue en 1913

 

   C'est par tradition que l'on devenait marin chez nous… Après la Première Guerre mondiale, le « grand village » du Loch et ses nombreux hameaux vivaient en grande partie de la pêche (poissons et crustacés), mais la majorité d’entre eux possédaient également quelques terres, un cheval et des vaches. Le cultivateur côtier avait toujours un œil tourné vers le large. S'il voyait des oiseaux marins se rassembler et s'activer au-dessous de certains endroits, c’était signe de bonne pêche à venir. À cette époque, point de météo France pour anticiper le temps des prochains jours, l'observation du vent, des nuages, d'un halo autour du soleil, était le seul moyen pour deviner au mieux le temps du lendemain. Toutes ces interprétations sont maintenant oubliées : c'est un peu comme demander à un jeune d’aujourd’hui de lire une carte alors qu'il a un GPS intégré à son smartphone.

 

   À cette époque, point de cordage en nylon mais uniquement en chanvre. Pour les entretenir et les préserver des insectes et de la pourriture, ils étaient trempés dans des barriques de vitriol pour assurer leur longévité. Le bris de cordage au mauvais moment pouvait avoir de graves répercussions pour le bateau et les membres de l’équipage qui ne savaient souvent pas bien nager.

 

   Les journaux de l'entre deux guerres évoquent souvent les naufrages des bateaux et de leur équipage dans des contextes météorologiques divers. La récupération des marins était assurée par le canot de sauvetage, par contre en ce qui concerne le bateau il n'était pas facile de le renflouer s’il avait été retourné par les vagues près de la côte. Sa perte était dramatique pour le propriétaire car à l'époque il n’y avait point d’assurance.

 

   Les marins avaient tous leurs vêtements cousus en point de chaînette avec leurs initiales. Cette astuce était le seul moyen pour reconnaître un corps méconnaissable retrouvé sur les côtes suite à un naufrage. Chaque bateau avait également une boîte de rôle (liste de l'équipage) placée généralement dans un bambou obstrué à chaque extrémité. Lorsqu'il y avait un naufrage, loin de la côte et que cette « boîte » était retrouvée c'était une preuve que le bateau était perdu. Pour que la veuve puisse toucher la retraite du marin perdu en mer il fallait absolument que cette « boîte » soit retrouvée.

 

   Les bateaux capistes avaient l'habitude de passer les durs mois d'hiver à l'abri dans l'anse de Locquéran, les ports du Cap n'offrant qu'un abri limité lors des forts coups de vent.

 

   La pêche à la langouste monte en puissance dans les années trente, d'avril à octobre. En 1935, Audierne devient le deuxième port langoustier de France. Au Loch, les bateaux remplissent le port durant la belle saison. Les casiers à langoustes étaient relevés deux à trois fois par jour dans la chaussée de Sein. Il était d'usage en allant et revenant des lieux de pêche de se signer en passant en contrebas de la chapelle de Notre-Dame du Bon Voyage.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1936Les bateaux du Loch Primelin en 1936 (Photo Eugène Perrot)

 

   En octobre 1936, un nouveau canot de sauvetage à moteur est affecté au Loch : le Capitaine de Vaisseau de KERROS remplace le canot à rame Paul LEMONNIER.

Ch39 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS en 1936Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS en 1936

 

   Au fil des années, les unités de pêche se modernisent. Les bateaux à voile commencent à être équipés de moteur dès leur construction. Pour les anciennes unités, de grosses modifications sont apportées au pontage et à la motorisation avec plus ou moins de succès. De ce fait les pêcheurs ont vu leurs conditions de travail nettement s'améliorer, le rayon d'action des bateaux s’agrandissant, l'arrivée sur les lieux de pêche est maintenant plus rapide. Les équipages étaient composés de deux à six hommes suivant la taille du bateau. Il y avait aussi souvent un mousse à bord qui embarquait après l’obtention de son certificat d'étude.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1937 a

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1937 bLes bateaux du port du loch en 1937 (Photo Eugène Perrot)

 

   Durant la deuxième guerre mondiale tous les bateaux à moteur reviennent à voile car l'approvisionnement en essence était devenu impossible. Les bateaux du Loch n'avaient pas le droit de dépasser une bande côtière fixée par les Allemands à 200m. Les pêcheurs partaient en mer pour la journée mais devaient rentrer avant 17H depuis l’instauration du couvre-feu. Par vent du nord, un jour, le AR SICOUR MAD eut bien du mal à rentrer et dut tirer de nombreux bords pour arriver au port, mais l'heure limite étant passée, les Allemands lui ont tiré dessus avec le petit canon de la casemate du port. Intimidation ou réelle envie du nuire ? L'équipage ne le saura pas mais fort heureusement il n'y eut aucun blessé à bord. Le patron Hervé QUÉRÉ fut convoqué à la kommandantur de Cléden dès le lendemain.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1942Les bateaux du Loch Primelin en 1942

 

   À la fin de la guerre, l’activité redémarre de plus belle, des unités de plus de 10 mètres arrivent au port qui commence à manquer de place. La pêche devient très active : poissons, crabes, langoustes etc....
   Les bateaux en général, étaient peints en noir à l’avant-guerre, avec une espèce de peinture à base de goudron nommé coaltar, ils commencent alors à se colorer.



   Les photos deviennent plus nombreuses, mais il y a encore très peu de famille à posséder un appareil-photo.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1945

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin vers 1945Les bateaux du Loch Primelin en 1945

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1948 a

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1948 b

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1948 cLes bateaux du Loch Primelin en 1948

Ch39 - Les bateaux du port du Loch Primelin en aout 1948Les bateaux du Loch Primelin (tempête en août 1948)

Ch39 - Le haut du port du Loch en aout 1948Le haut du port du Loch en août 1948

Ch39 - Les bateaux du port du Loch Primelin en aout 1948cPort du Loch en aout 1948


Vidéo des bateaux du Loch Primelin en 1948

 

   La station de sauvetage HSB du Loch ferme définitivement au début de 1949, par le transfert du canot CV de KERROS sur Audierne, en février de la même année. Les rails de mise à l'eau, le treuil de levage du canot ainsi que son chariot, seront démontés et feront le bonheur des ferrailleurs. Le local maintenant vide servira de stockage pour le matériel de pêche. L'édifice a déjà presque 50 ans et la toiture prend l'eau, elle sera entièrement refaite et financée par les pêcheurs de Primelin et Plogoff.

Ch39 - L'abri de sauvetage du Loch Primelin en 1963L'abri de sauvetage du Loch Primelin à l'après-guerre

 

   En 1951, le Conseil municipal de Primelin réclame l’allongement de la digue, qui reste encore insuffisante car les bateaux de pêche sont plus nombreux à l'après-guerre. Cette partie sera réalisée en béton armé en 1953 à la différence des 2 premiers tronçons, réalisés en pierre. La longueur de la digue est maintenant de 185 mètres. C’est la dimension que nous connaissons aujourd’hui.

Ch39 - Ralongement de la digue en 1953Rallongement de la digue du Loch en 1953

 

   Pour les crustacés, les casiers étaient faits main durant les mauvais jours et l'hiver. Chacun avait son savoir-faire et sa technique pour leur réalisation, ils étaient tous un peu différent d'une série à l'autre. Les casiers à langoustes étaient plus grands que les casiers à crabes.
 


   Pierre CUZON (le premier propriétaire de l’hôtel Ker-Moor du Loch Plogoff) achète dans la région de Limoges, du bois, pour la construction des casiers. Les marins les confectionnent pour le bateau dans lequel ils sont matelots, mais en réalisent aussi pour le compte de Pierre CUZON, pour être vendus dans d'autres ports comme Audierne, Douarnenez ou Camaret.

 

   Il faut savoir que les matelots devaient avoir leur propre casier pour travailler. Après guerre, le nombre de casiers autorisé par personne augmente : 50 possible (semble t-il) dans les années 1960 !. Pour nos gros bateaux du Loch, ils ne devaient pas pouvoir en mettre plus de 120 sur le pont et en cale, ou alors faire plusieurs voyages pour en embarquer davantage et travailler avec plus de casiers.

 

   Mais pour tous les utiliser, d'avril à juin, il fallait une grande quantité de boëtte (d’appât) pour bien travailler. Les pêcheurs devaient donc faire des campagnes de maquereaux à la ligne ou au filet trémail pour d'autres poissons. Les poissons nobles étaient vendus et les autres mis en tonneaux de 200 litres, légèrement salés pour la conservation. Mais cela ne suffisait pas : une fois par semaine, à tour de rôle pour plusieurs bateaux, les patrons envoyaient leur fourgonnette jusqu’au Guilvinec, pour récupérer des têtes de raie, des restes de grondin ou de maquereaux. Il n'y a pas de secret, car les meilleurs boëttage permettaient de réaliser les meilleures pêches. Dans le même casier, était placé des poissons différends, de chaque côté, pour avoir le plus de chance d’attirer homards et langoustes en même temps.

 

   La pêche au casier nécessitait une bonne connaissance des fonds marins et des courants très importants dans les parages du Raz de Sein. Ils étaient mouillés par filières. Une filière est un ensemble de 40 ou 50 casiers reliés chacun à la corde de filière par une “estrope” que l’on détache du cordage à l’arrivée du casier à bord. Les casiers sont lestés au moyen d’un gros galet de chaque côté pour lui permettre de reposer correctement sur le fond. Les deux extrémités de la filière sont marquées par des flotteurs munis de pavillons pour être repérés sur l’eau, ces flotteurs sont appelés “but”.

Ch39 - Tri des langoustes sur l'AR SICOUR MAD en 1952
Tri des langoustes sur l'AR SICOUR MAD en 1952 (photo Léa Quérré/Perfesou)

Ch39 - Tri des langoustes sur le SERGENT GOUARNE en 1951
Tri des langoustes sur le SERGENT GOUARNE en 1951 (Photo Jeanne Douarinou/Yven)

Ch39 - Yvon Guezingar au casier sur le SERGENT GOUARNE vers 1955
Jean Yves (dit Yvon) GUEZENGAR au casier sur le SERGENT GOUARNE vers 1955

 

   Petite anecdote : dans les filets, il n'était pas rare de remonter des cormorans noyés, emprisonnés dans le trémail, en essayant d'attraper un poisson. Si cela se passait dans les parages de l’île de Sein, le bateau faisait un petit détour pour les déposer sous le manteau, en échange de quelques pièces. Les îliens en raffolaient.

Ch39 - Hervé Quéré sur l'AR SICOUR MAD
Hervé QUERE sur l'AR SICOUR MAD (photo Léa Quéré/Perfesou)

Ch39 - Marin du Loch sur l'AR SICOUR MADMarin du Loch sur l'AR SICOUR MAD (Jean YVEN - Noël DANZE - Jean Yves (dit Yvon) GUEZENGUAR) - vers 1955

 

   Les bateaux du Loch partaient en général pour la journée, mais il arrivait qu'ils restent pour la nuit sur l’île de Sein. Certains bateaux, comme le SERGENT GOUARNE, étaient équipés d'un coin cuisine et couchette. Au retour de pêche, il fallait stocker les crustacés dans de grands viviers en bois, aux formes très caractéristique, que l'on pouvait apercevoir dans le port ou sur la rade. Les professionnels de la pêche entreposaient les crustacés comme cela, en attendant leur vente aux viviers de Pors Traz ou d'Audierne.

Ch39 - Les viviers du port du Loch en 1953Les viviers du port du Loch en 1953

Ch39 - L'équipage de l'AR SICOURMAT en peinture sur un vivier devant l'abri de sauvetage du Loch - Année 1950L'équipage de l'AR SICOURMAT en peinture sur un vivier devant l'abri de sauvetage - Années 1950
Hervé QUERE - Jean (dit le rouquin) ? - Jean KERSAUDY - Jacques LOZAC

Ch39 - Les marins du Loch (vers 1955)Marin du Loch (Hervé QUERE - Patrick YVEN ? - Noël DANZE - Jean Yves (dit Yvon) GUEZENGUAR) vers 1955

 

   Les bateaux ne rentraient pas tous les soirs au port, en effet, en fonction de leur taille, de la place dans le port et des heures de marées du lendemain matin, ils étaient obligés de rester en rade sur leur corps-mort.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin sur la rade en 1952Bateaux dans la rade du Loch en 1952

Ch39 - Les Bateaux du Loch sur la rade en 1953Bateaux dans la rade du Loch en 1953

 

   Certains bateaux, comme le SERGENT GOUARNE et le AR SICOURMAD allaient à St Brieuc, pendant les campagnes de la coquille St jacques, d’octobre à mars dans les années 1950.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1951Les bateaux du Loch Primelin en 1951

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1953 aLes bateaux du Loch Primelin en 1953

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1958 aLes bateaux du Loch Primelin en 1958

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1958 bLes bateaux du Loch Primelin en 1958

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1959Les bateaux du Loch Primelin en 1959

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin vers 1960Les bateaux du Loch Primelin vers 1960

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1963Les bateaux du Loch Primelin en 1963

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1964Les bateaux du Loch Primelin en 1964

 

   La deuxième partie des années 1960, sera la fin de l'âge d'or : à cette époque, les langoustes avaient déjà pratiquement disparu des eaux du Cap-Sizun, du fait de la sur-pêche. La période florissante fut, sans conteste, celle qui suivit la dernière guerre. 1000 à 1300 Kg d'araignées étaient couramment capturées à cette époque en une journée. En 1967, dans le même temps, 100 Kg constituaient un record. Pour la langouste, il en va de même : 1000 Kg à l'époque en 8 jours, en 1967 : 50 Kg. Depuis une dizaine d’années, le tonnage annuel diminue sans cesse. L’orientation vers la daurade n'a pas suffi. 

 

   À la fin de la guerre, plus de 30 bateaux à moteur et plusieurs voiliers de pêche fréquentaient le Loch, en 1967, il ne restait plus que huit gros bateaux qui accostaient encore à ce port.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1967Les dernières grosses unités dans le port du Loch Primelin en 1967

 

   Le CHOUERC'H GWENNECK de Eugène CISSOU, sera la dernière grosse unité à terminer sa carrière au Loch en 1968, il restera bien sûr des bateaux avec 2 ou 3 pécheurs, mais plus d'unité ayant un équipage de 5 ou 6 hommes.

Ch39 - L'équipage du CHOUEC'H GWENNECK en 1968L'équipage du CHOUEC'H GWENNECK en 1968

 

   Dans les années 1970, il y a toujours des pêcheurs professionnels au Loch, mais il y a une subtilité, puisqu’on trouvait en fait deux sortes de catégorie de bateaux et de patrons …
- Certains marins de commerce et de la royale en retraite, achetaient des bateaux de pêche pour avoir un complément de revenu (avec pour les accompagner 1 ou 2 personnes comme matelot), mais durant l’hiver, l'activité s’arrêtait : les bateaux se retrouvaient en hivernage derrière le pont d'Audierne à Locqueran, en attendant les beaux jours de l'année suivante.
- Et les autres patrons, qui n'avaient pas d'autres ressources que leur pêche. En hiver, c'était beaucoup plus difficile financièrement pour eux.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1971Les bateaux du Loch Primelin en 1971

 

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   C'est en 1973 qu'arrive au Loch les premiers canots en « plastique » Pen-Sardin pour la pèche de plaisance. Cette année-là, 3 personnes du port en font l'acquisition :
- Erneste Bigot de Porzh Be à Primelin avec LA GODILLE (il navigue toujours en 2020 avec ce canot.)

- Francis Dol (dis Zizi) de Keramu à Primelin avec le TRI MARTOLOD.
- Gérard BIGOT du Loch Plogoff avec le KARREC FILY



   Ce type de canot, construit à Pouldavid, au chantier de George BALOIN (il a une maison sur Plogoff) était idéal pour les sorties en mer entre copains, pour la pêche au crabe et tirer quelques maquereaux. Ce canot de 3.85 m est pratiquement sans entretien, en quelques années, pratiquement toutes les coques en bois disparaissent pour ce type de barcasse. D’autres modèles suivront :
- Jabadao.
- Super Jabadao (avec un moteur fixe).
- Triskell cabine.
- Glazig cabine.
- … Etc

Ch39 - Les Pen sardin du Loch Primelin en 1988Un « chapelet » de Pen-Sardin au mouillage à l'entrée du port du Loch en 1988.

 

   Le port du Loc’h devient un port de plaisance : en effet, la pêche professionnelle, avec des petites unités, est devenue de moins en moins rentable, dans un port fortement tributaire des marées. En avril 1976, se constitua une association type 1901 « le comité des usagers du port », et ce, dans le but de favoriser et de solliciter toute action visant à l’entretien, l’aménagement et l’amélioration du port. Le sable avait au fil des années envahi le fond du port (n’était même plus visible, le mur accolé à la digue) à tel point que les places disponibles étaient en diminution, alors que la demande était en progression constante.

 

Depuis 1976, voici les différents présidents qui se sont succédé à la tête de l’association :
- Mathieu LOZAC
- Marcel TREANTON
- Jean LETARD
- Michel NEDELEC
- Gérard SCUILLER
- Jean-Paul UGEN
- Jean-Pierre YVEN
- Daniel GUEZENGAR

 

   Une des premières actions du premier bureau, fut le désensablement du port. Le sable évacué par les camionneurs sera commercialisé auprès des paysans, afin de rentabiliser les engins : camions, pelleteuses… Une partie importante de ce sable servi également à la création de la nouvelle déviation de la route D784.

 

   En début 1977, la mise en place de 13 chaînes traversières permis pour l’été suivant, d’augmenter le nombre de places à 131 mouillages. Malgré tout, le problème du désensablement se retrouve tous les ans : exemple en 1984, il fallut ré-évacuer près de 4 000 m3 de sable.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1978 a

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1978 b

Ch39 - Le port du Loich en 1978Les bateaux du Loch Primelin en 1978

 

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« Ça bouge au Loch »


   En avril 1980, un club nautique se crée sous la présidence de Francis PERHERIN, propriétaire du bar du port du Loch Primelin : « je vous en reparlerai dans un futur chapitre ».


   Cette même année durant la période estivale, il y aura au Loch, la première soirée du « souper du pécheur » (futur poissonnade), organisée par le comité d’animation de Primelin. De 1981 à 2007, début juillet, une autre fête se met également en place « La fête du port » : repas à l’ancienne, accompagné de chants de marin. Cette fête organisée par les usagers du port, finira par fusionner avec la « poissonnade » qui ce déroule encore aujourd'hui, le premier vendredi du mois d’août sur le parking du port.

Ch39 - La poissonnade du Loch en 2002 a

Ch39 - La poissonnade du Loch en 2002 bLa poissonnade du Loch en 2002

Ch39 - La poissonnade du Loch en 2003La poissonnade du Loch en 2003

Ch39 - La fête du port du Loch en 2003 - Les 100 ans du port 2

Ch39 - La fête du port du Loch en 2007

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 
Affiches de la fête du port en 2003 et 2007

Ch39 - La fête du port du Loch en 2003 - Les 100 ans du portLa fête du port du Loch en 2003 - Les 100 ans du port

 

   En 1981, un grand parking est réalisé au sud de l'abri de sauvetage, suivi en juin 1982, par la construction d'un local pour l'association du port, ainsi qu'un sanitaire.

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1982 a

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1982 cLes bateaux du Loch Primelin en 1982

 

   En 1985, pour lutter contre l’ensablement, Jean THOMAS proposera la construction d’un épi entre la plage et le port, pour faire barrière au sable venant de cette plage. Le projet est soumis à la direction de l’équipement du Finistère. Mais le devis de 1 million de francs est jugé trop cher : le projet est abandonné.

Ch39 - Avant projet pour le port du Loch en 1985Avant projet pour le port du Loch en 1985

 

   La même année, un avant-projet pharaonique est imaginé par la région, pour faire du Loc’h un vrai port de plaisance. Un coût estimé de 31 millions de francs est avancé ! Ce projet ne verra jamais le jour.

Ch39 - Avant projet de 1985 pour le port du LochAvant projet de 1985 pour le port du Loch

Ch39 - Les bateaux du Loch Primelin en 1987Les bateaux du Loch Primelin en 1987

 

   En 1988 sous la pression des usagers du port, la construction d’une cale facilitant l’accès au port est décidé par le bureau. Les dimensions de l’ouvrage seront de 48 m de longueur pour 5 m de large. L’emplacement partira du terre-plein existant, devant l’ancien abri de sauvetage, pour venir mourir sur les rochers affleurant au nord du port, dans une direction plus ou moins parallèle à la digue. Le financement fut assuré par les usagers eux-mêmes, avec leurs cotisations annuelles et par un emprunt sur dix ans, souscrit par la commune de Primelin.

 

   Mon père, Jean THOMAS, alors trésorier de l’association, en fit les plans et proposa d’utiliser les galets de la grève derrière la digue, comme matière première pour en minimiser les coûts. La construction réalisée par l’entreprise Scoarnec coûta la somme de 158 000 F (sur les 115 800 F prévus). Entre eux, les marins de l'époque appelaient cette construction « la cale Jean THOMAS ».

Ch39 - Avant projet de la cale pour le port du Loch en 1988Avant projet de la cale pour le port du Loch en 1988

 

    Pendant la phase de réalisation des fondations, l’entrepreneur mis à jour les plots servant de supports aux rails de l’ancien bateau de sauvetage (4 sont visibles sur la photo ci-dessous) certains on été engloutis sous le béton, car l’alignement de la cale ne correspond pas tout à fait à l’axe des anciens rails.

Ch39 - Construction de la cale du Loch en fin 1988 a

Ch39 - Construction de la cale du Loch en fin 1988 b

Ch39 - Construction de la cale du Loch en fin 1988 cConstruction de la cale du Loch en fin 1988

 

   Depuis 1988, le port est resté dans sa configuration actuelle, si ce n'est l'ajout d'une petite plate-forme pour le rangement et le stockage des annexes en 2010.

Ch39 - Plan des mouillages du port du Loch

 

Plan des mouillages du port du Loch en 1988

 

 

Plan des mouillages du port du Loch en 1998

 

 

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   Les enfants du Loch avaient naturellement les yeux tournés vers la mer, en effet, très jeunes, les copains se retrouvaient au port pour « faire comme les grands », en observant l'activité portuaire. L'apprentissage de la godille se faisait très jeune.

Ch39 - Les gamins du Loch devant le Karreg Filly en 1900Les gamins du Loch devant le Karreg Filly en 1900

Ch39 - Les gamins du Loch en mer en 1945Les gamins du Loch en mer en 1945

Ch39 - Les gamins du Loch en 1973Les gamins du Loch en 1973

 

   Il y avait aussi beaucoup de bêtises à faire derrière la digue, à l’abri des regards des anciens. Par exemple : accrocher aux extrémités d’une ficelle de 20 mètres deux têtes de maquereaux et jeter l'ensemble au nez des goélands affamés. La rigolade était assurée : voir s’envoler les deux volatiles piégés et reliés ensemble par la ficelle. Un mordousec fraîchement pêché était rejeté à la mer, après que les gamins lui est rajouté un bouchon en liège sur son épine dorsale. Pas simple pour ce petit poisson de redescendre au fond de l'eau pour se cacher dans les rochers, les goélands avaient l’œil pour repérer ses petits encas.

   Mais il fallait aussi gagner sa croûte : les jeunes partaient en équipe chercher des escargots dans les interstices des murs en pierres sèches pour le compte du bar-tabac du Galion, qui les revendait au poissonnier du coin.

   Il y avait aussi la période de la chasse aux grives, avec comme appât un corps d’escargot, placé sur un hameçon posé à même le sol. Il y avait à l'époque 4 ou 5 espèces de grives différentes à migrer, lors de certaines saisons par le Cap-Sizun. J’ai oublié leur surnom en breton (La mauvis, la litorne, la musicienne, la draine …). Ces volatiles étaient très appréciés en cuisine par les anciens

 

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   Même si ce chapitre était normalement dédié aux « histoires de mer et marins du loch », j'aimerais profiter (un peu en hors-sujet) pour vous raconter une petite histoire de famille lié au feu de la Saint-Jean. Cette pratique maintenant oubliée était importante dans le passé, elle unissait les villages et les hameaux du Cap-Sizun, comme beaucoup d'autres petites choses tout au long de l'année. Au premier jour de l’été, cet événement incontournable était encore très pratiqué dans les années 1960 : qui fera le plus grand feu ? Et lequel sera le plus impressionnant dans les alentours… C'est la plus vielle grand-mère du village qui allumait le feu par tradition. Cette pratique s'est arrêtée très rapidement au tout début des années 1970, relayant cette pratique au passé.

   Mon oncle, Dany THOMAS, garagiste au Loch de Primelin (à la place de l'actuel Intermarché) profitait de cet événement pour brûler tous les vieux pneus usagés de l’année, écoulés à l'endroit de la Pointe du Paradis à Primelin. Il était le seul à avoir une fumée différente des autres feux de Saint-Jean dans le coin du Loch. En 1974, il n'y avait plus que lui à le faire. Cette année-là en soirée, un avion militaire passa le long de la côte à très basse altitude, au moment
mon oncle venait d'allumer son feu. En quelques minutes, le brasier dégageait déjà une impressionnante colonne de fumée noire. Un riverain téléphona au pompier d’Audierne, croyant que l'avion venait de s'écraser.

   À leur arrivé, toutes sirènes hurlantes, 15 minutes plus tard, ils virent mon oncle le visage noir de suie à côté de la fournaise… En accourant, ils lui posèrent la question :
- Vous êtes le pilote ?
- Quoi ?
- Vous avez réussi à sauter en parachute avant le crash ?
- Hein ? …

Ch39 - Feux de saint Jean au Loch Primelin en 1974
   Il fallut de longues minutes avant que chaque partie comprennent ce qu'il venait de se passer. Ce fut la dernière fois qu'il y eut un feu de Saint-Jean au Loch … Mon oncle n'en refit jamais plus.

 

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Ch39 - Le port du Loch Primelin 1895-2020Le port du Loch Primelin 1895-2020 (125 ans d'écart entre les deux photos) 
 


Le port du Loch Primelin sous un ciel d'orage durant l'été 2018

 

   Je remercie Morgane Moallic/Nedelec pour son aide orthographique pour ce chapitre.

 

   La préparation de ce chapitre m'a pris beaucoup de temps : j'ai mis plus de 2 ans à collecter, recouper toutes les informations que je viens de vous présenter. J'ai profité de cette sombre période actuelle du confinement lié au COVID-19, pour finaliser ce travail. Mais ce n'est pas tous à fait fini : je vous propose maintenant de découvrir dans le chapitre suivant, quelques photos et informations sur les bateaux des professionnels qui sont passé au port du Loch des année 1930 jusqu'en 1990 :
 

40 - Au, AD : Bateaux du Loch, bateaux du Cap

Il y a actuellement en France et en outre-mer, 45 quartiers d'immatriculation maritime. Sur le loch et au Cap-Sizun, l'identification de nos bateaux commence par AD, mais cela n'a pas toujours le cas : les immatriculations des bateaux du Cap-Sizun commence en 1831, peut être par les indicatifs Q ou QA (nous dépendons alors de Quimper.)....

http://lochprimelin.canalblog.com

 

 

Histoires de l'anse du Loch
Histoires de l'anse du Loch
Catégories principales-

56 - L'ancienne chapelle Saint-Michel de Lescoff
55 - Le corps de garde et les douaniers du Loch Plogoff

54 - Le raz de marée du 9 janvier 1924
53 - Hervé Kérivel : le sculpteur et son musée (Pt du Raz)
52 - Le Karreg Toulloù - La pierre sacrificielle (Pt du Raz)
51 - La pierre gravée de la Pointe du Raz

50 - Les mines de charbon du Cap-Sizun
49 - Les moulins à eau du Yun au Cap-Sizun
48 - La rivière du Yun, la rivière du Cap-Sizun

47 - Bulletin municipal de Primelin
46 - Bulletin municipal de Plogoff
45 - Conférence toponymique côtière du Cap
44 - Peintures et tableaux du Loch
43 - Les cloches de st Tugen :devoir de mémoire
42 - Histoire de l'école du Christ Roi de Primelin
41 - Photos d'école du Christ Roi - Primelin
40 - AU, AD : bateaux du Loch, bateaux du Cap
39 - De 1800 à 2020 : marins du Loch
38 - Non au nucléaire au Loch en 1980
37 - Le goémon nourricier du Loch
36 - Toponymie côtière de Plogoff
35 - Mimi, la petite mouette du Loch
34 - Toponymie côtière d'Esquibien
33 - La chasse aux requins pèlerins au Loch
32 - Toponymie côtière de Primelin
31 - Toponymie côtière du Cap-Sizun
30 - Le port des Saints et l'anse Saint-Yves
29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin
28 - La route du Loch D784 et l'océan
27 - La station SNSM de Sein -son nouveau canot
26 - Les 150 ans de la station SNSM d'Audierne
25 - L'ancre du parking du port du Loch
24 - La chapelle Notre Dame du Bon Voyage
23 - La petite maison de la pointe des moutons
22 - Le CV de Kerros, qu'est-t'il-devenu ?
21 - Le CV de Kerros arrive à Audierne
20 - L'après guerre et la fin de la station
19 - La période de la seconde guerre mondiale
18 - Tempête dans le Cap Sizun le 18 avril 1940
17 - Le patron Daniel THOMAS
16 - Le naufrage du pétrolier la Nièvre à Porstarz
15 - Les premières années du CV de Kerros
14 - L'inauguration du CV de Kerros à Primelin
13 - Le brillant début du CV de Kerros à Primelin
12 - L'arrivée du bateau CV de Kerros à Primelin
11 - Le bateau de sauvetage "CV de Kerros"
10 - La station du Loch Primelin - années 1930
09 - L'échouage du Borgfred à Primelin en 1933
08 - Plus loin à l'est : les HSB de Pors-Poulhan
07 - La station du Loch Primelin - années 1920
06 - La digue du Loch Primelin au fil du temps
05 - Bien avant 1903 ... à Primelin
04 - Les premières années de la station
03 - L'inauguration de la station du Loch Primelin
02 - Le canot de sauvetage "Paul Lemonnier"
01 - Le début de l'histoire du port de Primelin

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