10 mai 2012

03 - L'inauguration de la station de sauvetage HSB du Loch Primelin en 1907


 

L'inauguration de la station du Loch

   Le mardi 16 avril 1907 a lieu l’inauguration de l’abri et du canot Paul LEMONNIER. Le Courrier du Finistère ainsi que l'Ouest Eclair, nous relatent l’événement.
1907-04-21 - le courrier de Finistere1907-04-26 - l'Ouest EclairHSB logo 2


Les Annales du Bien (revue de H.S.B.) nous donne la composition de l'équipage de l'époque :

  • Daniel THOMAS, patron du Paul LEMONNIER
  • Jean CISSOU, sous-patron

Canotiers du canot du sauvetage :

  • Henry KERSAUDY
  • Jean Michel FOLLIC
  • Jean Marie BIGOT
  • Arsène CARIOU
  • Yves FILY
  • Eugène CISSOU
  • Jean Marie CARIOU
  • Jean Marie CISSOU
  • Marc CISSOU
  • Mathieu URAIN
  • Henry GORAGUER


L'inauguration de la station de sauvetage du Loch. (Les Annales du Bien 1907) :

    Le mardi 16 avril avait lieu, au Loch, le baptême du bateau de sauvetage offert par notre bienfaitrice, Mme LEMONNIER. Cette cérémonie fut très remarquable.
   Les populations des communes de Primelin, Plogoff, Cléden, Audierne, étaient ainsi venues assister à l'inauguration de notre station de sauvetage.
   Cette magnifique station, placée sur la plage du Loch presque à la pointe du Raz, est appelée à rendre de très grands services à nos marins pécheurs, si nombreux dans ces parages de Douarnenez et d'Audierne, où les tempêtes sont d'une violence inouïe et les naufrages fréquents, surtout aux environs de la Baie des Trépassés et de l'Enfer de Plogoff. Lorsque la tempête mugit, l'entrée ou la sortie du port d'Audierne devient impossible, même pour le bateau de sauvetage qui y est placé. Ce sont ces motifs qui ont décidé notre Société à occuper un poste avancé, sentinelle défiant l'ennemi jusque sur son terrain.
   Après l'imposante cérémonie de la bénédiction du bateau, faite par le clergé des paroisses de Primelin et de Plogoff le canot fut lancé à la mer avec son équipage et les invités (36 personnes étaient à bord). Son entrée à l'eau fut saluée d'acclamations par plus d'un millier de personnes restées sur le rivage ou dans les bateaux de pêche.
   Après une petite promenade en mer, les invités furent débarqués et, l'équipage resté seul dans le canot, l'on procéda à son chavirement afin de bien démontrer aux marins les qualités du bateau Henry. Un câble fut placé sous la quille; le cabestan fut manœuvré et ce fut un instant d'émotion, lorsque le bateau parut la quille en l'air et que l'on vit l'équipage se cramponnant aux filins placés sur les flancs. En un quart de seconde, le canot était redressé et l'eau évacuée instantanément, démontrant ainsi aux marins qu'ils pouvaient sans crainte affronter sur cet engin les plus effrayantes tempêtes.
   Au moment où se faisait cette inauguration, l'escadre du Nord passait à l'horizon pour se rendre à Quiberon. Coïncidence heureuse, car elle ajoutait une note gaie à cette cérémonie se déroulant dans un cadre admirable et par une belle journée de printemps.


Vue du Loch Primelin


Voici l'allocution prononcée à cette occasion par notre président M. COIGNERAI (Président des HSB) :

Mesdames, Messieurs,
   La Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons, en confiant au braves marins de Primelin et de Plogoff la conduite du Paul LEMONNIER, sait qu'elle peut compter sur leur courage et leur dévouement. Ils seront les digues émules de leurs camarades qui montent nos embarcations de sauvetage, et rivaliseront de zèle avec les équipages de notre grande sœur, la Société Centrale ; les uns et les autres feront leur devoir, car tous ont le mépris de la mort lorsqu'il s'agit de lui arracher une victime. Certes, tous les pays du monde peuvent s'enorgueillir de posséder des sauveteurs. Mais est-il un coin du globe où ils soient plus nombreux que sur nos côtes de Bretagne ? La tempête, qui y fait rage une partie de l'année, habitue l'enfant dès son bas âge à lutter et à affronter ces dangers au milieu desquels il vit depuis sa naissance. Devenu homme, son courage natif s'augmente du dévouement. Si, enfant, il se jette à l'eau par instinct, comme le Terre-Neuve pour sauver, plus tard, c'est en raisonnant froidement qu'il se dévoue, car alors, il a, lui aussi, une famille, des enfants, qui attendent du chef, le pain de chaque jour, si durement gagné; s’il meurt en se dévouant, qui prendra soin de la nichée ?
   Cette pensée traverse son cerveau mais ne l'arrête pas, car il est de ceux qui croient et qui espèrent. Aussi le dévouement l'emporte ; il s’élance au devant de la mort en bravant le danger : s’il meurt, il aura fait son devoir...
   C’est l’exemple qui nous est donné chaque jour, par nos braves marin, dans les catastrophes qui portent le deuil au milieu de nos familles.
   N'est-ce pas, Mesdames, Messieurs, que le sacrifice est grand et que l'homme ne peut envisager rien de plus sublime en ce monde ? Nos sociétés de sauvetage, organisées pour venir en aide à ces braves gens, et leur procurer des engins perfectionnés, tel le bateau Henry, seraient impuissantes si nous ne rencontrions des personnes charitables, qui, ainsi que la donatrice de ce canot, font un si noble usage de leur fortune.
   Vous m'en voudriez, si je ne vous relatais quelques-uns des bienfaits répandus par Mme Lemonnier, et, dussé-je blesser sa modestie, il est de mon devoir de vous en instruire afin que vous puissiez lui en témoigner votre reconnaissance. Vous savez la grande part qu'elle a prise à la construction de votre jetée : démarches, argent, rien ne l'a arrêtée, jusqu'à ce que satisfaction lui soit donnée.
   Vous lui devez ce magnifique bateau qui fait votre admiration et qui vous permettra d'aller au secours de vos frères.
   Elle a fondé à Saint-Marie, près Pornic, un orphelinat pour une douzaine de jeunes marins qui sont instruits et placés par ses soins. C'est à son initiative que Groix doit de posséder deux dundees de pêche à moteur. Elle a payé de ses deniers le local de la première école de pêche fondée à Groix et dont la direction est confiée à M. Guillard, promoteur des écoles de pêche.
   Ses bienfaits s'étendent non seulement aux marins, mais aussi à de nombreuses familles dans le besoin.
   Tout dernièrement, elle vient de faire un don princier à la Sorbonne pour y créer une chaire ! Voilà l'œuvre de Mme LEMONNIER.
   II n'y aura qu'une voix dans cette assistance pour acclamer la bienfaitrice de ce pays, et vous vous joindrez à moi
pour crier : « Vive Madame LEMONNIER »
   Il nous reste une bien agréable mission à remplir au nom de la Société : c'est de récompenser quelques dévouements qui nous ont été signalés, aussi je suis heureux de remettre diplômes et médailles à :
      M. LUZON, conducteur des Ponts et Chaussées, pour services rendus à la Société.
      LE BOUR, retraité, qui a pris une si grande part à l'organisation de la station de sauvetage.
      SAVIN, Louis, marin pêcheur à Audierne, qui s'est tout particulièrement dévoué lors du sauvetage de l'équipage du canot de sauvetage, et fut assez grièvement blessé.

 Aquarelle du port du Loch Primelin de Mathurin Méheut

   Au cours de cette réunion, Mme LEMONNIER, ayant réuni l'équipage du bateau offert par elle, leur a fait une courte mais énergique allocution ; elle a fait appel aux sentiments de bravoure, d'honneur et de dévouement qui caractérisent les marins, ajoutant qu'elle comptait, pour embellir le Livre d'Or des Sauveteurs, sur les hommes du Paul Lemonnier.
   Inutile d'ajouter que cette allocution et ces récompenses furent accueillis par des applaudissements et aux cris, en effet, de :« Vive Madame LEMONNIER ! »
   Belle et bonne fête - excellente journée pour la Bienfaitrice et pour la Société.

 

Note de l'abbé Claquin - Inauguration de la station de primelin 1907

 


 

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05 mai 2012

02 - Le canot de sauvetage "Paul Lemonnier" du Loch Primelin


 

Le canot Paul LEMONNIER (de type « HENRY ») a été construit à la Rochelle aux chantiers Decout-Lacour en 1906.
C’est un grand modèle : 10m.

CH02 - Canot de sauvetage Paul Lemonnier 1

   M. HENRY, agent technique de la Marine à Rochefort, s'intéresse depuis longtemps aux embarcations de sauvetage, et le journal Le Yacht, dans son numéro du 4 décembre 1897, fait état de son invention. On dirait maintenant du canot Henry qu'il est un dériveur lesté. Les premiers essais ont été faits à Rochefort sur une baleinière de la Marine de 8,50 m en acier par le constructeur M.F. Decout-Lacour à La Rochelle. La stabilité est assurée par une ou deux dérives (suivant le modèle), formant bulb-keel avec un cigare de plomb ou de fonte dans la partie inférieure. L'évacuation très rapide de l'eau embarquée se fait par le puits de dérive ouvert affleurant le pont au centre. L'insubmersibilité est obtenue grâce aux dômes avant et arrière, et grâce à de nombreuses caisses à air sous le pontage et sur les côtés, comportant de nombreuses portes de visite étanches. Pour que ces caisses à air ne perdent leur qualité en cas d'avarie grave, quelques unes, en nombre suffisant pour assurer la flottabilité de l'ensemble, sont remplies de kapok.


Les caractéristiques du modèle de 6,50 m de long sont les suivantes : Caractéristiques du canot HENRY

  • largeur : 2 m
  • tirant d'eau bulb haut : 0,50 m
  • bulb bas : 1,20 m
  • poids à vide : 1000 kg
  • six avirons
  • surface de voilure : 16,61 m²  - foc : 1,88 m² -  gd. voile10,55 m²  -  tapecul: 4,18 m².

CH02 - le canot henry


   Adopté par les Hospitaliers Sauveteurs Bretons, le premier est envoyé en 1895 à La Rochelle et un second est en chantier pour Saint-Servan en 1902.
Deux autres modèles, l'un de 8,50 m, l'autre de 10,30 m (longueur du Paul LEMONNIER), sont également proposés.

Canot Paul Lemonnier
  

   La presse du temps est très élogieuse et le lancement de ce canot a un grand retentissement. Le capitaine DUBOC, ancien lieutenant de vaisseau, auteur de l'article dans Le Yacht, n'hésite pas à écrire que le canot est appelé à remplacer rapidement tous les canots de la Société centrale en raison de ses qualités : plus grande stabilité sans voile ; meilleur redressement ; évacuation plus rapide de l'eau embarquée ; suppression des puits d'évacuation freinant la vitesse ; prix de revient très inférieur.
Bateau Henry type Paul Lemonnier

   La commission technique d'étude de la Centrale est donc amenée à examiner attentivement ce nouveau canot, et les solutions qu'il propose. Voici ses conclusions : « Le dériveur central lesté permet une bonne tenue sans voile et un bon louvoyage, mais ce dériveur doit être relevé, au passage des hauts fonds et des barres à brisants, et c'est précisément là que le canot risque le plus de chavirer. En cas de chavirage, le redressement du canot HENRY est assuré, moins par son dériveur que par ses dômes avant et arrière, qui sont d'un volume et d'une saillie au moins aussi considérables que sur les canots de la Société. Or, sur ces derniers, dix avirons (douze pour certains) sont juste suffisants pour surmonter un vent violent, et le canot HENRY n'a que six avirons. Grâce au puits de dérive ouvert à même le pont, l'évacuation de l'eau embarquée doit se faire rapidement quand le dériveur est abaissé, et que la gîte n'est pas trop accusée. Mais lorsque le dériveur est relevé, le fuseau de plomb obture hermétiquement l'ouverture, et il ne peut en être autrement parce que, sans cela, le sable et les galets s'introduiraient et coinceraient le dériveur, de manière à rendre sa manœuvre impossible. Or, c'est précisément au passage des brisants, où l'embarcation a le plus de chance d'embarquer des paquets de mer et de s'emplir, que le dériveur doit être relevé et, par suite, l'ouverture du puits obturée. » Suivent des considérations sur le prix des canots de sauvetage qui ne peut être le seul critère de choix, l'emplacement de la station qui commande bien souvent le genre de canot à adopter, et enfin, la place pour loger les naufragés recueillis jugée nettement insuffisante.

Arrivée du canot en Bretagne
   Son transfert fut réalisé par rail de la Rochelle jusqu'à Douarnenez en septembre 1906.
Le bateau, trop grand, ne put prendre le petit train de Douarnenez-Audierne. C’est sans doute par route qu’il arrive à Audierne. La cale de lancement au Loch n’étant pas entièrement terminée, le canot resta sur Audierne quelque temps.

La dépêche du Mardi 1er janvier 1907 signale sur Audierne

1907-01-01 - La dépèche de Brest.
Le bateau reste en service au Loch Primelin de 1907 à 1936.
   Durant les 29 ans de service du canot, le bateau aurait fait une centaine de sauvetages.
Daniel THOMAS, patron du canot jusqu'en 1925, fait environ 70 sorties de sauvetage avec le canot. Il passa la main par la suite à Henri le Berre. Du bateau, ne subsiste pratiquement aucune photo, malgré tout, le photographe Joseph VILLARD (photographe des cartes postales) membre des H.S.B. de la section de Quimper en prit quelques clichés.
Photo du canot de Sauvetage Paul Lemonnier

Canot de sauvetage Paul Lemonnier

CH02 - Canot de sauvetage Paul Lemonnier 2


Canot de sauvetage Paul Lemonnier

 

    Le destin fit qu’il racheta le canot pour son usage personnel (100F) au H.S.B., suite à l’arrivée du nouveau bateau de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS » en 1936. Des clichés furent réalisés lors du transfert du bateau à Bénodet. Il fut remorqué par le nouveau bateau jusqu'à sa destination.
   Au dire de Claude VILLARD, son fils, le canot était encore sur Bénodet dans les années 1956 – il se souvient de le voir dans son hangar près de l’église du port de Bénodet.

 

CH02 - Canot Paul Lemonnier et Joseph Villard

Joseph VILLARD, (l'homme à la casquette) en famille, sur les rives de l'Odet à bord du canot qu'il utilisera durant plusieurs années, avant de le léguer à la ville de Bénodet.

CH02 - Canot Paul Lemonnier a Bénodet 1

CH02 - Canot Paul Lemonnier a Bénodet 2 L'ancien canot de sauvetage "Paul LEMONNIER" à Bénodet

CH02 - Canot Paul Lemonnier - photo prise de la plage de benodetCanot Paul LEMONNIER - photo prise de la plage de Benodet


   Quelques années plus tard, il aurait aussi servi de plongeoir devant la plag principale, au plus grand plaisir des baigneurs. Il finit ainsi sa carrière nautique.

 


 

 

01 mai 2012

01 - Le début de l'Histoire du Port du Loch Primelin


 

 Logo HSB

   La Bretagne, quasiment encerclée par la mer, est la région de France qui compte le plus de marins.
   La pêche est une entreprise hasardeuse et les tempêtes de l’hiver ne font que rallonger la liste des hommes disparus.

   Il y a un siècle, en mars 1903, une session extraordinaire du conseil municipal de Primelin en Finistère décidait de munir le petit port du Loch d’une véritable protection. « Une station de sauvetage sera édifiée ainsi qu’une digue ».

   Pendant près de 50 ans les langoustiers et bateaux de pêche du Loch seront sous la protection de la station de sauvetage H.S.B. (Hospitaliers Sauveteurs Bretons, ancêtre de la SNSM)
   Aujourd’hui, les bateaux de plaisance et de loisirs ont remplacé la pêche professionnelle. Les prévisions météorologiques ont permis de minimiser l’insécurité maritime. Seul l’abri de sauvetage, témoin d’une époque révolue, subsiste pour rappeler le sauvetage au temps des avirons et de la voile. Mme LEMONNIER donatrice de l’abri fit sculpter la devise « DIEU HONNEUR PATRIE » sur le porche. (remarquer les deux N inversés ?)

 

CH01 - Inscription de l'abri du canot de sauvetage

L’histoire,   

   Déjà en avril 1894, Simon DAGORN, maire de Primelin, écrit, après une réunion du conseil municipal, au Préfet pour l’informer de la pétition des pêcheurs du Loch qui demandent la construction d’une cale avec treuil dans l’anse du futur port.
   La cause de cette pétition est due au fait que le propriétaire du terrain sur lequel les pêcheurs remontaient leurs barques lors des tempêtes, a fait clôturer le dit terrain. Or, il y dans l’anse une cinquantaine de bateaux ; ce qui fait 250 marins pêcheurs environ, qui se trouvent ainsi sans abri – il n’y a aucun refuge sur les 52 km de côte entre Douarnenez et Audierne.

 

CH01 - Plan de l'anse du Loch en 1895

CH01 - Photo du Loch Plogoff de 1900

   En 1895, une lettre émanant de la direction des Routes, de la Navigation et des Mimes informe la municipalité de la décision ministérielle de l'installation d'une cale de levage avec treuil de 60m pour environ 900 F.

Plan du treuil de levage Plan du treuil de levage en HD

  En Janvier 1898, Mr Simon POULHAZAN, cultivateur à Kermaléro, s’engage enfin à vendre la parcelle n°9 section D, appelée Dour Salou.
      signé de GLOAGUEN : conseiller municipal
      de Daniel THOMAS : Patron pêcheur  
      et de Simon POULHAZAN : signé d’une croix  

  En début 1899, cette promesse de vente fut contestée par son propriétaire, et par la suite, sous prétexte que ce n’était pas vendu assez cher, les années passèrent sans que rien ne se passa.

CH01 - Plan de l'anse du Loch Primelin de 1903

   En juillet 1899, une souscription est ouverte, car la commune est pauvre. Certains pêcheurs ont versé des sommes allant de 3 F à 12 F par bateau, pour permettre à la municipalité de réunir la somme de 75 F l’are (soit 375 F) demandée par Mr POULHAZAN : L'installation du treuil de hissage sera réalisé.
       Jean Marie FOLLIC du Loch
       Alain CARIOU de Kermaléro - bateau « St Germain »
       Pierre QUEMENEUR de Kerandraon - bateau « le chasseur »
       Mathieu URCUN du Loch - bateau « Anne Josephe »
       Jean Clet CARIOU du Trez - bateau « Ste Anne »
       Mathieu CISSOU de Kerandraon - bateau « L’intrépide »
       René RIVIER de Kerandraon - bateau « Trident »
       Yves URCUN de Kérandraon - bateau « Joséphine »
       Simon LE BERRE et Pascal COZ du Loch
       Simon COSQUER de Kerandraon - bateau « Bayard »
       Pierre COSQUER de Kerandraon - bateau « Jean Bart »

   Durant les années suivantes, d’autres réunions et commissions se succèderont mais les différents dossiers n’avanceront guère. En Début 1903, une session extraordinaire du conseil municipal de Primelin exprima les difficultés des marins à exercer leur métier, mais aussi les grands dangers des côtes entre le Raz de Sein et Audierne.

représentation du Port du Loch Primelin en 1900

   En avril 1903, une pétition des marins fréquentant le Loch est rédigée simultanément à Plogoff et à Primelin, demandant au Président de la commission départementale un secours pour les 150 hommes du Loch (ce qui fait une trentaine de barques).

 

Pétition de mars 1903  Pétition de mars 1903 - Page 1

  Pétition de mars 1903 - Page 2

  Pétition de mars 1903 - Page 3

  Pétition de mars 1903 - Page 4

  Pétition de mars 1903 - Page 5




   Le 29 avril 1903, il est question qu’une personne, Madame LEMONNIER, offrirait un bateau de sauvetage sur sa fortune personnelle. Ce canot serait dessiné par HENRY concepteur de navires à Rochefort-sur-mer. Il sera insubmersible.

Courrier d'avril 1903Courrier d'avril 1903


   Le 2 mai 1903, Dans une lettre au préfet du Finistère, Mme LEMONNIER, veuve de Mr Paul LEMONNIER, déclare : « C’est moi qui ai découvert le Loc’h et me suis attachée avec persévérance à l’idée arrêtée d’arriver à faire créer un petit port de refuge »

Courrier Mme Lemonnier 1Courrier Mme Lemonnier 2Courrier Mme Lemonnier 3Courrier Mme Lemonnier 4

   En juillet 1904, la commission nautique se réunit en vue de la construction d’un brise lame au Loch. Elle est composée de l’administrateur du quartier d’Audierne, du maire de Primelin, de Daniel THOMAS, Jean Yves BRENEOL, Jean CARIOU, Mathieu CISSOU, Jean COSQUER, Mathurin URCUN.
Commission nautique de juillet 1904 Commission nautique de Juillet 1904 en HD

début du 20 siècle - après la construction de la digue

   Jusqu'à présent, le Loch (lac : écrit Loc'h en Breton) le lieu du futur petit port, est un abri précaire protégé, si l’on peut dire, par deux plans de rochers. Au moindre coup de vent, les marins devaient à l’aide d’un treuil fixé sur le rivage, hisser leur bateau.

   L’avant projet de la digue est estimé à 30.000 F avec 20.000 F, pour la part de l’état et 5.000 F pour la part départementale. Le 24 août 1904, grâce à l’effort du conseil municipal, la commune a réussi à rassembler la somme de 4729 F (y compris les 2500 F de Mme LEMONNIER). Il manque 271 F pour atteindre les 5000 F prévu pour la part de la commune. Une subvention de 271 F est accordée.

Proces-verbal d'août 1904 Proces verbal - Août 1904 en HD

   L’ abri de sauvetage fut construit par l’entrepreneur M. le Naour en 1904, pour recevoir le futur canot. Les travaux furent terminés en fin décembre.

CH01 - Plan de la cale de Lancement de 1905CH01 - L'abri de sauvetage

 


   En octobre 1905, la construction de la digue d’une longueur de 76m est confiée par adjudication à l’entrepreneur Pierre GUIRAUDIE de Douarnenez pour la somme de 18.392 F.

Adjudication restreinte en octobre 1905CH01 - Plan de la digue de 1904

Adjudication - Construction d'un brise-lames en octobre 1905 en HD

 

Ch01 - Port du Loch en 1911 - peinture sur toile de Henri MoretLe port du Loch en 1911 - peinture sur toile de Henri Moret

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La création de la station de sauvetage H.S.B. du Loch Primelin

   Madame veuve LEMONNIER, la soixantaine alerte, débarque, par hasard, un beau jour de 1903 à Locronan, le village lui plaît, elle se lie d'amitié avec la famille DANIELOU.
    La même année en mars, le conseil municipal de Primelin juge nécessaire la création d'une station de sauvetage un peu plus à l'Ouest au Loch, petit port situé entre Audierne et la Pointe du Raz, hors de portée pratique du canot d'Audierne.
    Un adjoint, M. RIOU, offre un terrain et c'est le début d'une petite histoire locale, celle de la station de sauvetage des Hospitaliers Sauveteurs Bretons du Loch en Primelin inaugurée grâce à la générosité de Madame LEMONNIER Marie Louise née TOULMOUCHE (1840-1924), en mémoire de son mari Paul LEMONNIER (1836-1894, Ingénieur des Mines). Le canot qui restera en service jusqu'en 1936, portera son nom.

Mme et Mr Lemonnier

Mme et Mr Paul LEMONNIER 

   A Primelin, elle offre donc aux Hospitaliers Sauveteurs Bretons une station de sauvetage complète : abri, rampe de lancement, canot redressable (8.500 F) système Henry, baptisé Paul LEMONNIER et contribue, pour 2.500 F à la construction de la digue de protection du port.
   Elle assiste à l'inauguration le mardi 16 avril 1907 et y prononce un discours bref et énergique. Les H.S.B. souhaitaient répartir sa contribution entre les stations de Primelin (Le Loch ) et de l'Aber Wrach dont le canot fut remplacé à la même époque, mais elle exigea la prise en charge complète de celle de Primelin.

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   J’ai voulu rassembler quelques documents pour retracer l’histoire du port sur un siècle. Ma famille a eu dans le passé un rôle actif dans la vie de la station de sauvetage et il restait dans les greniers quelques papiers relatant cette époque. Il était important de synthétiser par des écrits avant que le temps et l’oubli effacent tout cela.
   Je remercie tous les passionnés qui m’ont aidé à écrire ce petit blog sans prétention, et en particulier mon père Jean, mais aussi toute ma famille, ainsi que : Roger MOULLEC, Annette et Blandine MEIL, Pierre KERISIT, Joseph HEURTE, Henry KERISIT, Claude VILLARD, René KERMEL, Nenette CISSOU, Gabi STRUILLOU, Tanguy DE KERROS, Famille eugène PERROT, Mr RENAULT (SNSM St Malo), Md ROSSI (SNSM Paris), Pascal SERVAIN, Michel BESCOU, Andrée CHAPALAIN  …….

La totalité de l’histoire se composera d’environ 40 chapitres qui seront mis en ligne tout au long des l’année 2012-2020.

 

     Hervé THOMAS
http://lochprimelin.canalblog.com

 


 

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