29 janvier 2016

27 - Un nouveau canot de sauvetage à l'Ile de Sein

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 1 Le Canot Yves et François OLIVAUX est arrivé à Sein le vendredi 5 février 2016 à 17H00

Baptême et bénédiction du canot Y&F Olivaux - Grande parade nautique le vendredi 29 avril 2016

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   La station de Sauvetage de l'île de Sein est créée le 9 décembre 1866 par la SCSN (Société Centrale de Sauvetage des Naufragés). Cette année-là, le syndic des gens de mer de Sein, Tymeur, mettra le pied sur la roche Ar Men sur laquelle commenceront l'année suivante les travaux de construction du célèbre phare. Cette station s'imposait car les parages de l'île avec ses écueils sont dangereux, et d'autre part la navigation de commerce y est importante.

   Le bateau Sainte MARIE est le premier canot de la station et sera en service durant 30 ans. Il est remplacé en 1898 par l'Amiral LALANDE.

Ch27 - Canot de sauvetage Amiral LalandeInauguration du canot Amiral LALANDE


   En 1904 est inauguré l'Amiral BARRERA. Il restera en activité jusqu'en 1931.

Ch27 - Baptême de l'Amiral BarreraBaptême de l'Amiral BARRERA

   Un nouvel abri est également construit en cette année 1904 permettant la mise à l'eau du canot par rails et ce quel que soit l'état de la marée.
Un premier abri avait été construit en 1867 à Porzh Dever au centre de l'île et à l'endroit le plus étroit. Cet abri permettait une mise à l'eau dans le nord ou dans le sud de l'île. Mais à marée basse l'opération s'avérait particulièrement délicate. Un second abri fut construit à Aod Simon au fond du port en 1878. Si l'abri était mieux protégé la mise à l'eau du canot à marée basse restait aussi difficile.

Ch27 - Le port de l'Ile de SeinLe port de l'ile de Sein dans les années 1950

   Les premiers bateaux sont des canots à avirons et voiles d'une longueur d'environ 10 mètres. Au fil des générations ils sont progressivement améliorés, les canots deviennent insubmersibles et autoredressables.

   Le Vice-Amiral TOUCHARD 1 arrive en 1931, c'est le premier canot de sauvetage à moteur du Cap-Sizun.

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard ICanot de sauvetage Vice Amiral TOUCHARD 1


   Il sera suivi par le Vice Amiral TOUCHARD 2 (1950-1961).

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II a

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II bCh27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II c

 

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II Baptême et lancement du canot de sauvetage Vice Amiral TOUCHARD 2


   En 1961 est livré le Patron François HERVIS . Il sera sérieusement endommagé le 13 janvier 1978 en portant assistance aux marins de l'escorteur d'escadre DUPERRE. Celui-ci, à la suite d'une erreur de navigation, s'est échoué sur la roche de la Plate en franchissant le raz de Sein.

Ch27 - Canot de sauvetage François Hervis

Ch27 - Canot François Hervis endommagé par le Duperré 1Le canot Patron François HERVIS endommagé

   Ces canots auront sensiblement les mêmes caractéristiques : coques de 13 mètres, avec abri, il bénéficieront des améliorations en rapport avec les progrès techniques. Le premier Vice-Amiral TOUCHARD est doté d'un moteur unique de 38 chevaux. Le second Vice-Amiral TOUCHARD est mu par 2 moteurs de 38 chevaux qui passent à 45 puis 75 chevaux. Le Patron François HERVIS a quant à lui 2 moteurs de 140 chevaux pour enfin atteindre 2 moteurs de 280 chevaux lors de sa dernière refonte. Les bateaux seront au fil du temps dotés d'équipements performants du type : canon porte-amarre, appareils de radiophonie, barre hydraulique, radar, etc...

   Le Ville de PARIS arrive à la station SNSM de l'île de Sein en janvier 1980. C'est le premier canot tous temps mis en service en France par la SNSM. Il est toujours au corps mort dans le port. En effet l'abri est trop petit pour le recevoir (l'abri a été transformé en musée du sauvetage, on peut y trouver toute l'histoire des événements forts de la station ainsi qu'une exposition d'objets et de photos relatant les sauvetages effectués autour de Sein).

Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 3

Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 1Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 2

 

 

 

 

 

 


Le canot de Sauvetage Ville de PARIS au corps mort dans le port de Sein

Ch27 - médaille d'honneur du musée du sauvetage de l'ile de SeinMédaille d'honneur du musée du sauvetage de l'ile de Sein

Ch27 - Inauguration du musé du sauvetage de l'ile de SeinInauguration en juin 2000 du musé de sauvetage avec toutes les stations SNSM du sud Finistère.

   Le devenir du canot Ville de PARIS, et ses 35 ans de service, est à ce jour incertain. Seule certitude, le vieux canot tous temps est trop ancien et en mauvais état pour poursuivre son service opérationnel. Les travaux, qui nécessiteraient notamment une remotorisation, seraient en effet trop lourds et coûteux. Mais le célèbre canot de l'île de Sein pourrait être conservé afin d'être transformé en musée. Différents projets sont à l'étude, aucune décision n'ayant encore été prise... Il a quitté la station de Sein le jeudi 4 février (la veille de l'arrivée du nouveau canot) pour Audierne temporairement, puis le jeudi 4 mars, il a rejoint pour peut être sont dernier voyage, le port musé de Douarnenez

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   Un nouveau canot pour la station SNSM de Sein est arriveré à l'ile de Sein le vendredi 5 février.
   Le Yves et François OLIVAUX remplace le Ville de Paris, affecté depuis trente-cinq ans sur l'île bretonne. Son coût, 1,2 million d'euros, est entièrement couvert par le don de Mme OLIVAUX. Après son passage sur l'île, cette Niçoise avait souhaité apporter sa contribution, séduite par cette formidable solidarité des gens de mer.

   Le Canot Tous Temps de Nouvelle Génération (CTTNG) de la Société Nationale de Sauvetage en Mer est le premier prototype construit par le chantier Sibiril à Carantec. En tout, quelques 40 vedettes devront être remplacées dans les 30 ans à venir.

Ch27 - Plan du nouveau canot CTTNG (orc178r) de la SNSMPlan du nouveau canot CTTNG (orc178r) de la SNSM

   Le moule qui a servi à construire le premier bateau, est la propriété de la SNSM, il permettra ensuite de fabriquer des canots en série, une bonne façon de tenir les prix.

Ch27 - Le moule du canot SNSM Yves et François OLIVAUX Le moule du canot Yves et François OLIVAUX

Ch27 - Construction du Yves et François OLIVAUX au chantier Sibiril Construction du Yves et François OLIVAUX au chantier Sibiril

   Le nouveau canot tous temps est conçu par Pantocarène (par Didier MARCHAND, le cabinet d'architecture navale, basé à Port Navalo – Morbihan). Il a des performances accrues grâce aux progrès technologiques de ces dernières années, il est également plus respectueux de l'environnement. D'une longueur de 17,80 mètres (hors tout) et une largeur de 5,10 mètres, son déplacement atteindra 28 tonnes, contre 22 pour les embarcations actuelles. Équipé de deux moteurs de 650 CV, il pourra atteindre la vitesse de 25 nœuds, contre 20 aujourd'hui. Le chantier Sibiril Technologies de Carantec a procédé le 12 novembre 2015 à la mise à l'eau du canot.

Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUX a

Vidéo de test à Roscoff du nouveau Canot

Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUXCh27 - Le poste de pilotage du canot Yves et François OLIVAUX

 

 

 

 

 



Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUX -

Ch27 - Canot Yves et François OLIVAUX en essai à Roscoff - Canot Yves et François OLIVAUX en essai à Roscoff en janvier 2016
(Photo Guy Keromnes)

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Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 01

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 02

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 03
Arrivée du canot à l'ile de sein  le vendredi 5 février 2016 (Photos Marc Arzel)
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Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 01Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 02

 

 

 

 

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 03Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 04Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 05Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 06

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 07

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 08Arrivée du canot à l'ile de sein (Photos Thomas CHARMETANT)

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N° SNS 001 Canot de sauvetage Yves et François Olivaux

Vidéo de Jean Marie Rohou

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   Première sortie en exercice le samedi 6 février (entre Sein et Douarnenez)

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Intérieur du poste de pilotagePoste de pilotage

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Poste des machinesSalle des machines

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Le Patron Francois Spinec au commande Le Patron Francois Spinec au commande du canot

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux à Douarnenez Le Canot SNSM Yves et François OLIVAUX à Douarnenez

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 2Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 3

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 1

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 4Retour du canot à Sein
(Photos Marc Arzel)

Premier test dans une mer formée pour le nouveau canot de l'ile de Sein

Posté par Loisirs en Cap Sizun

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  L'équipe SNSM de sein est venue présenter le canot OLIVAUX à l'équipe d'Audierne le Mardi 23 février 2016

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 01

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 02

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 03

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 05

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 06Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 07

 

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 08Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 09

Ch27 - Canot Y & F Olivaux Sns001 à audierne 10 L'équipe SNSM de Sein présente le canot OLIVAUX Sns001 à l'équipe d'Audierne (Photos Marc Arzel)
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Ch27 - Y&F Olivaux et le Ville de Paris a Douarnenez 2Ch27 - Y&F Olivaux et le Ville de Paris a Douarnenez 1

 

 

 

 

 


Les 2 canots ensembles à Douarnenez, le mardi 8 mars 2016 : le Ville de Paris et le Y&F OLIVAUX

(Photos Christophe Chevert)
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Nolwenn KORBELL sera la marraine du canot de sauvetage de l'ile de Sein : Y et F OLIVAUX.
Baptême prévu le 29 avril en présence de l’Evêque Mgr Laurent DOGNIN

Nolwenn KORBELL

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Baptême et bénédiction du canot Yves et François OLIVAUX  (SNS 001)
Grande parade nautique le vendredi 29 avril 2016 à l'ile de Sein
Accompagné :

canot pilote Trémintin 2 (SNS 088) - Station de l'ile de Batzdu canot pilote Trémintin 2 (SNS 088) - Station de l'ile de Batz

canot la Portsallaise (SNS 093) - Station de Portsalldu canot la Portsallaise (SNS 093)  - Station de Portsall

canot Colonel Picot 2 (SNS 284) - Station d'Argentondu canot Colonel Picot 2 (SNS 284) - Station d'Argenton

canot Ouessant (SNS 081) - Station l'ile d'Ouessantdu canot Ouessant (SNS 081) - Station l'ile d'Ouessant

canot Jean Cam (SNS 065) - Station l'ile Molènedu canot Jean Cam (SNS 065) - Station l'ile Molène

canot La Louve (SNS 151) - Station le Conquetdu canot La Louve (SNS 151) - Station le Conquet

canot Notre-Dame de Rocamadour (SNS 097) - Station de Camaretdu canot Notre-Dame de Rocamadour (SNS 097) - Station de Camaret

canot Penn Sardin (SNS 153) - Station de Douarnenezdu canot Penn Sardin (SNS 153) - Station de Douarnenez

canot Amiral Amman (SNS 068) - Station baie d'Audiernedu canot Amiral Amman (SNS 068) - Station baie d'Audierne

canot Jeanne Pierre 2 (SNS 330) - Station baie d'Audiernedu canot Jeanne Pierre 2 (SNS 330)  - Station baie d'Audierne

canot Men Meur (SNS 099) - Station du Guilvinecdu canot Men Meur (SNS 099) - Station du Guilvinec

canot Margodig (SNS 140) - Station de Loctudydu canot Margodig (SNS 140) - Station de Loctudy

canot Ar Beg (SNS 127) - Station de Trévignondu canot Ar Beg (SNS 127) - Station de Trévignon

Bateau Enez Sun et le remorqueur Abeille Bourbondu bateau Enez Sun et du  remorqueur d'intervention Abeille Bourbon
et de très nombreux bateaux ...

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Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 01

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 02

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 03

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 04

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 05

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 06

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 07

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 08

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 09

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 11

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 12

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 13

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 14

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 15

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 16

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 17

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 18

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 19

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 20

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 21

Nolwenn KORBELL marraine du canot de sauvetage Y et F OLIVAUX

Nolwenn KORBELL  marraine du canot de sauvetage  Y et F OLIVAUX




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08 décembre 2015

26 - Les 150 ans de la station de sauvetage d'Audierne

1865-2015 – Les 150 ans de la Station de Sauvetage d'Audierne

Sortie du canot de sauvetage (SNS 068) Amiral AMMAN de la station SNSM de la baie d'Audierne.

   Cette année nous avons célébré les 150 ans de la station de sauvetage d'Audierne. Cette station est ainsi une des plus anciennes en France. Créé en décembre 1865, la station de sauvetage d'Audierne a été la 4ème station ouverte en France par la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Audierne fait suite chronologiquement à Barfleur, Saint-Jean de Luz et Saint-Malo.

Ch26 - Les 5 batesux de sauvetage venu pour les 150 ans le la station SNSM d'AudierneLes 5 bateaux de sauvetage présents le 2 août 2015

  • Prince d'Eckmühl de Saint Guenolé Penmarc'h
  • Ville de Paris de l'Ile de Sein
  • Amiral Amman d'Audierne
  • Margodig de Loctudy
  • Penn Sardin de Douarnenez

La station d'Audierne renommée Baie d'Audierne présente deux particularismes :

   - Pendant 85 ans la station a concentré ses activités et ses moyens sur le port d'Audierne, depuis maintenant 65 années les proches communes d'Audierne sont étroitement impactées par son rayonnement. Le siège social de la station se situe à Plouhinec (Poulgoazec), l'abri du canot est à Esquibien et la Jeanne-Pierre II, le second canot de la station, a régulièrement son mouillage dans le port d'Audierne. Les canotiers depuis de nombreuses années habitent dans l'ensemble du Cap-Sizun. Les sauveteurs du Cap-Sizun ont ainsi peut-être amorcé la tendance qui se dessine au plan national de regroupement, de mise en commun de moyens et de compétences, en oubliant les frontières des paroisses et les esprits de clochers.

   - Au sortir de la guerre 39-45 les sociétés de sauvetage sont exsangues (canots et abris détruits partiellement). Les moyens pour reconstruire manquent cruellement et on envisage un instant de fusionner la SCSN et les HSB (Hospitaliers Sauveteurs Bretons). Mais c'est encore trop tôt pour l'ensemble des stations des côtes françaises.

   Le seul canot à moteur des HSB qui ait survécu au conflit est le Capitaine de Vaisseau de KERROS de la station du Loch en Primelin, mais le port s'est ensablé en 5 ans et la station n'est plus opérationnelle. A Audierne c'est toujours le Général BEZIAT à voiles et avirons qui est en service et pour intervenir au delà du môle du Raoulic, un canot motorisé serait d'une grande utilité.

   Au sein des deux sociétés de sauvetage SCSN et HSB la décision de transférer le canot du Loch à Audierne est prise et la station d'Audierne sera administrée par les HSB. Avec sa double culture, la station d'Audierne est déjà prête à assimiler la fusion des deux sociétés de sauvetage qui deviendra effective en 1967 avec la création de l'actuelle SNSM

   Mais revenons à l'histoire … En 1865 la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (SCSN) créée une station de sauvetage sur Audierne – Le petit cabotage et la pêche sont très actifs, l’endroit est l’un des plus dangereux des côtes de France. En effet, une barre se forme à l’entrée de la rivière dès que souffle le vent du sud. Les différents bateaux de sauvetage furent donc très souvent mis à l’eau pour protéger la rentrée des bateaux de pêche … ces sorties préventives ont maintes fois sauvé des vies.

Du temps de la SCSN, il y eut 3 différents bateaux à voiles et avirons à Audierne

- A l'instar des premiers canots de la SCSN le premier canot en bois d'Audierne n’aura pas de nom (on le connaîtra sous son matricule: 7) : C’est un 9 mètres 78 à redressement d’origine anglaise (chantier Forrest and Son) – il sera en service de 1865 à 1891.

- Le 2ème canot sera l'Amiral ROZE, 10 mètres 10 à redressement fabriqué en bois au chantier Augustin Normand du Havre : il sera en service de juillet 1891 à 1903.

Ch26 - Canot de sauvetage Amiral Roze
Canot Amiral ROSE : Bénédiction de la mer


- Le 3ème canot, le Général BEZIAT, aura les même caractéristique que son prédécesseur, inauguré le 21 juin 1903, il restera en service jusqu’en 1949. C’est un canot pour 12 hommes dont 10 nageurs. Son poids est de 2,6 tonnes.


Vidéo remarquable de 1931 - Reconstitution d'un sauvetage avec le canot Général BEZIAT

Ch26 - Canot Général Béziat - 24 août 1931aCh26 - Canot Général Béziat - 24 août 1931b

 

 

 

 

 



Le Général BEZIAT mouillé sous la barre en 1931, prêt a intervenir

   En 1949 il est vendu à l'entreprise Limousin qui est en charge de la construction de la digue de Sainte-Evette. Il sera équipé en 1950 d'une station de pompage pour scaphandrier.

Ch26 - Ancien Canot de sauvetage Général BéziatL'ancien canot de sauvetage Général BEZIAT transformé en station de pompage
(Cliché issu du film Retour vers Audierne de hervé PERNOT)

   Au cours de cette longue période (1865-1954) Audierne sera en France la station qui effectuera le plus de sorties de sauvetage. Molène est en seconde position et Sein au troisième rang, ces 3 stations distançant très largement les autres stations du littoral français.

   En février 1949, le Capitaine de Vaisseau de KERROS est donc transféré du Loc'h sur Audierne, mais comme l’abri n'est pas encore été construit le canot est « garé » au font du port d'Audierne.

Ch26 - Canot CV de Kerros au font du port d'AudierneLe canot Capitaine de Vaisseau de KERROS au font du port d'Audierne

   En septembre 1949 les H.S.B décideront d’équiper la station de Sainte-Evette d'un nouveau grand canot.
   Article de presse du OF de 1949 qui présente le futur canot pour Audierne

Ch26 - Construction en mai 1950 de l'abri de sauvetage de st Evette Construction de l'abri de sauvetage de St Evette en mai 1950

Ch26 - Fin des traveaux du port de St Evette

Fin des traveaux du nouveau port

   Le nouveau bateau construit par les chantiers navals de Fécamp arrive à Audierne le mercredi 18 avril 1951 et c’est le 20 mai que sont inaugurés la station et le bateau de sauvetage NADAULT DE BUFFON (en l'honneur du président-fondateur des H.S.B en 1873). Ce canot de grande navigation en bois a une longueur de 14,50 mètres et un poids de 22 tonnes. Il navigue à une vitesse de croisière de 9 nœuds. Il inaugure réellement l’ère du sauvetage moderne dans le Cap-Sizun. Ses deux moteurs de 140 CV lui donnent une grande autonomie.

Ch26 - Le Nadault de Buffon à la fête de la mer le 11 août 1957 Le NADAULT DE BUFFON à la fête de la mer le 11 août 1957

Ch26 - Nadault de Buffon - retour à l'abri apres la fête de la mer de 1957 Le NADAULT DE BUFFON - retour à l'abri apres la fête de la mer de 1957

En 1974 la vedette de 1ère classe « Jeanne-Pierre » lui succède. Elle ne donne pas entière satisfaction.

Ch26 - Le Canot de sauvetage Jeanne Pierre 1Canot de Sauvetage Jeanne-Pierre

   Le NADAULT DE BUFFON alors affecté à Bréhat est, suite à une refonte complète effectuée à Saint- Malo en 1975 (ajout d’un habitacle tous temps..), réaffecté à Audierne à la demande de l’équipage capiste.

Ch26 - Mise a l'eau du Nadault de Buffon

Le NADAULT DE BUFFON recaréné sur sa cale de lancement

   Une deuxième carrière commence alors. Bon nombre d’équipages se sont succédé à bord du NADAULT DE BUFFON durant sa longue carrière à Audierne.
   Maurice Yven du Loc’h en Primelin à été patron sur ces différents canots, et c’est en novembre 1989 qu’il réceptionne le nouveau canot tous temps « Amiral AMMAN » (du nom du président fondateur de la S.N.S.M résultant de la fusion des H.S.B et de la S.C.S.N en octobre 1967). Ce bateau de 17 mètres 60 vaut à l'époque environ 4MF et grâce à ses deux moteurs de 350 CV il file 18 nœuds. Ce n’est pas la vitesse qui prime mais davantage son comportement et sa navigabilité dans le gros temps.

   Le baptême du canot a lieu le 5 mai 1990 en présence de Monseigneur GUILLON, évêque de Quimper. Les bateaux de Sein, Molène, Douarnenez, St Guénolé, sont présents.

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman avec Mgr Guillon

Mrg GUILLON devant les personnalités

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - La marraine baptise le canotLa marraine Mme LEBRET baptise le canot au champagne

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - Mise à l'eau

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - Bénédection avec les personnalitésMise à l’eau du canotAmiral AMMAN avec à son bord les personnalités

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Ch26 - Canot SNSM Amiral AmmanLe canot SNSM Amiral AMMAN à la messe des naufragés de 2009

Ch26 - Messe des naufragés et péri en mer 2009Messe des naufragés et péri en mer en 2009

Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 1Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 2Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 3Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 4

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Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 1

Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 2Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 3Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 4Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 5
Canot SNSM Amiral Amman - retour de mission en 2011

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Les 150 ans de la station mais aussi le 150ème anniversaire de la création du sauvetage organisé en France.

   Des quatre stations pionnières crées en 1865 Audierne est la seule en France à commémorer l'événement. Ces festivités se sont déroulées en présence du Président national de la S.N.S.M, Monsieur Xavier de la GORCE, André Le BERRE vice-président national ainsi que le Président de la station SNSM de la Baie d’Audierne, Monsieur Louis ARHAN et de très nombreux élus et bénévoles, dont certains venus de toute la Bretagne.

Ch26 - Xavier de la GORCE - Louis ARHAN - Bruno CLAQUINXavier de la GORCE - Louis ARHAN - Bruno CLAQUIN 

   C'est aussi l'occasion de faire le point, sur la SNSM bien sûr, et Xavier de la Gorce le fera remarquablement, précisant que la réalisation des missions de la SNSM dépend essentiellement de la générosité du public et de partenaires privés : 76 % des ressources annuelles de la SNSM sont d’origine privée et 24 % proviennent de financements publics (État et collectivités territoriales).

   Louis ARHAN le président de la station de la Baie d'Audierne et ancien patron du canot Amiral AMMAN précise que la station est à ce jour composée de 25 membres dont 2 femmes:

  • Le président: Louis ARHAN
  • Le Patron Jean-Yves KEROUEDAN
  • Des sous patrons: Didier GLOAGUEN, Didier HELOU, Dominique LAPART
  • 2 mécaniciens
  • 2 radio
  • 3 nageurs de bord
  • 1 infirmière
  • des canotiers

   Tous sont bénévoles et disponibles 24h/24. Ils peuvent appareiller dans un délai de 15 minutes. La station fait en moyenne une vingtaine d'interventions par an.

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage - Dépot de gerbes en mémoire des marins disparusdépot de gerbes en mémoire des marins disparus

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage - Grande parade nautiqueGrande parade nautique

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage venu pour les 150 ans le la station SNSM d'Audierne 2Les 5 canots au retour de la parade nautique

 Vidéo de la grande parade nautique du 2 août 2015 avec dépôt de gerbes en mémoire des marins disparus

Vidéo de Tébéo sur la sation SNSM d'Audierne

Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 01Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 02Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 03Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 04

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    Je ne sais qui avait invité les dauphins. Toujours est-il qu'un de leurs représentants était présent au plus près des canots de la SNSM à Sainte-Evette ce 2 août 2015.

 

Ch26 - Le dauphin de la parade nautiqueUn dauphin a suivi les bateaux de sauvetage au port après la parade nautique

Ch26 - Michel Bescou

   Un grand merci à Michel BESCOU qui m'a aidé dans la réalisation de ce chapitre et du suivant qui parlera de la station de sauvetage de l'ile de Sien.
Il est l'auteur de 2 livres qu'il faut absolument posséder pour tout connaître sur le sujet :
- Sauvetage en Cap-Sizun
- Coups de vents en Cap-Sizun

Ch26 - logo HSB

 

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20 mars 2015

25 - L'ancre du parking du port du Loch

 

L'ancre de marine du port du Loc'h Primelin ...
   Elle semble avoir été déposée là pour nous raconter son histoire ; de ses courbes puissantes abîmées par la rouille reste la silhouette familière d'une ancre de marine. Vous la trouverez sur le terre-plein du port du Loch en la commune de Primelin.

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 0

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 3Ch25 - l'ancre du parking du Loch 2

 


  

 

 

 

 

   Alors qu'elle aurait pu ne jamais voir le jour, s'altérant irrémédiablement au fond de la mer où elle s'était perdue, voici que dans les années 1975, elle fut sortie de sa torpeur et de sa lente décomposition : Un plaisancier du Loch qui pêchait des crustacés fut intrigué par la difficulté à remonter un casier. Par chance, celui ci était plongeur et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir au fond de l'eau que c'était une grosse ancre qui bloquait la remontée du casier ! Etonné, il fit part de sa découverte à un vieux pêcheur qui lui rapporta qu'à cet endroit précis, en 1926 s'était produit le naufrage de la goélette « La Surprise ». La découverte fut signalée aux Affaires Maritimes qui procédèrent à la remontée de l'ancre.

La goélette « La Surprise »
   La goélette à deux mats construite en 1904 à Nantes et dont le port d'attache était Paimpol (immatriculé initialement à Binic), se destinait initialement aux campagnes de Terre-Neuve et en Islande et participa ainsi à une quinzaine de ces campagnes. En 1924, des travaux furent entrepris pour augmenter son volume lequel passa de 130 à 175 tonneaux dans le but de réaliser des voyages au long cours. (Longueur 32 mètres - Largeur 8 mètres).

Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 1 Goélette morutiere de Paimpol du type "La Surprise"

Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 3Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 2

 

 

 

 

 



Goélette morutiere du type "La Surprise"
(dessin : Henry Kérisit)

La nuit tragique du 18 au 19 février 1926
   Venant de Lisbonne avec un chargement de sel et faisant route vers St Malo, la goélette s'apprête à franchir le Raz de Sein mais n'observe semble-t-il aucun feu allumé dans ces terribles parages. Que se passe t-il alors? Des témoins affirment que le phare de la Vieille n'était pas allumé cette nuit là et que sa corne de brume avait fonctionné par intermittence.
   C'est entre Pors-Loubous (en Plogoff) et Le Loch (en Primelin) au niveau de Porzen : Pors ar Sent (le port des Saints), à peu près à la hauteur de la chapelle ND de Bon Voyage que la goélette vient s'abîmer sur les brisants, se perdant corps et biens. Un mois plus tôt, le sloop "Marie-Thérèse d'Audierne" avait également fait naufrage exactement au même endroit.
   Les dix hommes d'équipage du navire vont trouver la mort dans le naufrage ! C'est au petit matin que les riverains aperçoivent des restes de l'épave dispersés sur toute la côte et parmi ceux-ci, ils recueillent la dépouille du capitaine LIBOUBAN ainsi que celle de son second GUEGUEN. La mer rendra peu à peu les corps des marins mais ce n'est qu'au bout de quinze jours que le dernier corps échouera sur la côte de Beuzec Cap Sizun.

Ch25 - Article de presse - Naufrage de la Surprise

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 5

Voici quelques noms des membres de l’équipage qui se trouvaient à bord de la goélette
   - Guillaume LIBOUBAN : Capitaine de Lézardrieux
   - Edouard GUEGUEN : Maître d’équipage de Ploubazlanec
   - Léon LEGUEN : Matelot de Ploubazlanec
   - Louis LE TROCQUER : Matelot de Plouézec
   - Emmanuel JOUANNET : Novice de Plouézec
   - BEVER : Matelot de Plouézec
   - Pierre LE CHEVERT : Matelot de Paimpol
   - Jean FICHOU : Novice de Plouha

   C’est l’armateur Le BOLLCH et le frère du capitaine, Alexis LIBOUBAN, commerçant à Tournebride, qui se sont rendus sur les lieux du sinistre. Le commerçant, a reconnu un pardessus noir qu’il avait vendu au matelot BEVER. Le samedi qui a suivi le naufrage, toutes les goélettes du port de Paimpol ont mis leur pavillon en berne, en signe de deuil.
   D'après le rapport du garde-maritime de Plogoff, 30 marins-pêcheurs du village de Pennéac'h ont travaillé du 22 au 28 février, à hisser les débris de la "Surprise" sur la cote de Porzen. Cela représentait une quantité non négligeable de bois, mais sans grande valeur marchande. Il y a d'autres débris plus encombrants qui sont arrivés dans l'anse du Loc'h, un tronçon du grand mât long de 10m, et des parties de hunes des mâts. Le garde propose à l'administrateur de laisser le bois aux sauveteurs, qui ne seront ainsi "qu'a moitié récompensés pour le mal qu'ils se sont donnés".

90 après le naufrage de la "surprise" sur les rochers de Porzen, la 2ème ancre du navire dort toujours au fond de l'eau

Une des causes possible de ce naufrage
   Autrefois et jusqu'à leur automatisation, les phares hébergeaient des gardiens chargés de veiller à leur bon fonctionnement ; de leur vigilance dépendait la sécurité des marins. En application d'une loi de 1924, l'emploi de gardien de phare en mer fut un temps réservé aux mutilés de la guerre 14-18 : c'était le cas des deux gardiens corses affectés alors au phare de La Vieille. MANDOLINI avait été blessé au poumon et avait eu les muscles du bras droit sectionnés, TERRACI, lui aussi blessé au poumon, conservait une balle non extraite dans le corps. Il faut imaginer les efforts quotidiens de ces deux gardiens pour monter depuis le bas de la tour jusqu'en haut de celle-ci, les bidons de pétrole nécessaires au fonctionnement du brûleur de la lanterne ; il faut réaliser l'effort harassant et constant de ces hommes gravissant sans relâche les 120 marches de la tour ainsi que la pénibilité et les risques encourus au moment de leur transfert par le moyen d'un filin depuis un bateau faisant la navette jusqu'au phare et vice-versa. C'est en vain que ces deux malheureux écrivirent maintes fois à l'administration dans le but d'obtenir une affectation plus adaptée à leur condition.
   L'hiver 1925-1926 connut un épisode climatique particulièrement redoutable avec des tempêtes interminables : pas de relève assurée au phare de La Vieille pendant plus d'un mois car les moyens de l'époque ne le permettaient pas ! Certains avaient pu apercevoir les deux hommes dont l'état s'était passablement dégradé.
   Le 19 février, le feu s'éteignit alors que la sirène, elle ne fonctionnait déjà plus. Ceci explique peut-être pourquoi la goélette « La Surprise » alla se fracasser sur les rochers de la côte de Plogoff.

Ch25 - Article de presse - Le phare de la Vieille
   Ce n'est que le 28 février qu'une tentative menée par trois courageux Capistes permit de reprendre le contrôle de la situation et de rétablir le feu dans le Raz de Sein : Un patron pêcheur de Plogoff, Clet COQUET, son fils Pierre et le gardien-chef d'Armen, Nicolas KERNINON, parviennent non sans mal et malgré le gros temps, à s'approcher suffisamment de la tour pour lancer le « cartahu » (filin utilisé sur les bateaux pour manœuvrer de lourdes charges), malheureusement, les deux mutilés de guerre, affaiblis par les conditions de leur séjour ne parviennent pas à s'extraire de la tour : C'est alors que les jeunes marins bretons se jettent dans l'eau glacée et après avoir nagé en tenant un filin, se hissent sur l'îlot, d'où ils évacuent les deux gardiens. Nicolas KERNINON et le jeune COQUET remplaceront temporairement ces derniers sur le phare. C'est au petit port de Bestrée que MANDOLINI et TERRACI virent la fin de leur cauchemar en posant le pied sur la terre ferme. Leur reconnaissance aux sauveteurs se manifesta par de chaleureux remerciements.

Ch25 - Le phare de la Vieille

Ch25 - Le phare de la Vieille (Pointe du Raz)


Epilogue

   Ce double drame, le naufrage de la goélette et la réclusion des gardiens aux prises avec les éléments déchaînés fit grand bruit sans que l'on imputât à ces derniers une quelconque responsabilité dans l'accident survenu. Paris s'en émut et l'administration promulgua un décret en date du 1er septembre 1927 : celui-ci supprimait de la liste des emplois réservés, le métier de gardien de phare en mer pour les mutilés de guerre.
   MANDOLINI et TERRACI trouvèrent un autre emploi de gardien de phare mais s'agissant cette fois de phares continentaux! Puis ils poursuivirent leur carrière comme facteur et gardien de musée. Ils racontaient dit-on, à qui voulait bien les entendre, des histoires de naufrages et de vagues monstrueuses ; des histoires qui faisaient frémir les plus braves ! Mais s'agissait-il vraiment d'histoires ou bien seulement de souvenirs que l'imagination n'avait pas besoin d'amplifier ? car nous le savons bien : dans le Raz de Sein, la réalité dépasse souvent la fiction et ces hommes là ont vu des choses que peu d'entre nous pourraient voir sans frémir...

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 4   En fin 2014 l'ancre à été déplacée sur un socle en béton. Le nouveau présentoir ne semble pas pour le moment totalement terminé.

 

Ch25 - Logo HSB

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08 février 2015

24 - La Chapelle Notre Dame du Bon Voyage

 

Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port

Ch24 - La chapelle au bout de la digue
   Emergeant de l’eau comme un doigt pointé à l’horizontale, la digue de la Baie du Loch Primelin désigne à son extrémité, un imposant promontoire rocheux dominé par la chapelle Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port. Ainsi juchée dans une majestueuse solitude, la chapelle semble assister, aux rendez-vous sans fin que se donnent le ciel et la mer : “ noces de joie ” dans le calme de ses eaux claires, “ étreintes de larmes ” dans l’effroi de ses tempêtes tant redoutées par les équipages ! Aussi était-il d’usage autrefois que les marins se signent en apercevant la chapelle tandis que les femmes, hantées par la peur des naufrages, s’y rendaient en prières. Traditionnellement, on faisait le tour de la chapelle à genoux en expiation de ses péchés...

Ch24 - La chapelle de Notre Dame du Bon Voyage 1
   Le pardon de Notre Dame du Bon Voyage a lieu tous les ans le deuxième dimanche de juillet. Le succès du pardon, drainant des fidèles venus des communes voisines mais aussi de la région de Douarnenez ainsi que du pays bigouden, s’explique sans doute par la beauté du site et la vocation de la chapelle sollicitée pour sa protection. Pendant longtemps des cortèges de pèlerins, partis de bonne heure de tout le sud de la Cornouaille cheminaient avec l’idée qu’il ne fallait surtout pas manquer la grand messe, suivie du traditionnel pique nique sur place ainsi que des vêpres. A l’issue de l’office, la procession se mettait en marche vers le calvaire, sa destination finale, conduite fièrement par la Grande Croix, portée à tour de rôle par deux hommes et tout juste escortée par la lourde statue de la Vierge dont la charge incombait à quatre solides gaillards qui n’auraient, pour rien au monde, cédé leur place à quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, on ne déplace plus l’imposante statue de la Vierge installée dans le chœur de la chapelle au dessus de l’autel ; c’est une plus petite, portée par des femmes qui est utilisée le jour du pardon.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 02Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 01

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 03Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 04

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Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 07Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 08

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 09Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 10

 










Pardon de Notre Dame du Bon Voyage (années 1910)
 

   Il fallait voir, aux grandes heures de ce pardon, la foule des fidèles en costume du dimanche se pressant le long d’un cortège qui serpentait sur la crête de la colline avec les bannières flottant au vent, lequel malmenait la lourde étoffe brodée tenue par des porteurs expérimentés, puis, chose remarquable en ces contrées maritimes, les maquettes de bateaux hissées sur les brancards des ex-votos; il fallait entendre la ferveur des prières, scandées par le chant lancinant " d’Itron Varia ar veaj vad " dont les paroles reprises par des générations successives de pèlerins imploraient dans un même élan la pitié divine et la clémence des flots ! C’est ainsi que, massés au pied du calvaire les nombreux croyants écoutaient les paroles du prêtre ou du prédicateur et dont l’écho se perdait au loin, vers l’horizon marin.

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) aCh24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) c

 

 

 

 

 

 

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) d Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - 1937

Ch24 - Pardon de ND de Bon voyage 1953 aCh24 - Pardon de ND de Bon voyage 1953 b

 

 

 

 



Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - 1953

   Il est certain qu’en ce lieu coupé du monde, sur les hauteurs silencieuses d’une terre aride gagnée par la lande et la bruyère, une telle cérémonie chargée de spiritualité et de méditation, revêtait en des temps difficiles, une solennité particulière. C’est le cas aujourd’hui encore même si la foule se fait  moins dense ; la chapelle exerce toujours son attraction auprès des fidèles pleins de dévotion comme auprès des promeneurs solitaires ou non, venus se recueillir, flâner, goûter à la beauté exceptionnelle du point de vue…

Ch24 - Pardon ND du Bon Voyage 2002 - Bénédiction cloche Saint André 1Pardon ND du Bon Voyage - 2002 - Bénédiction de la cloche de la chapelle Saint André

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage 2011 bPardon de Notre Dame du Bon Voyage - 2011

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession 1
   L’histoire de la chapelle est liée à celle du manoir de KERAZAN en Cléden. A l’origine, le manoir de KERAZAN dépendait du marquisat de KERHARO, appartenant à la famille Saluden venue de Scandinavie. On y trouve trace dans les archives du prieuré de Quimperlé dès 1420.

   Construite à partir de 1699 sur une colline vide d’habitants, la chapelle est en fait un ex-voto, c'est-à-dire la concrétisation d’une promesse faite par un chrétien se trouvant en grand péril : c’est au seigneur Jean De TREANA que revient l’édification de cette dernière : Après avoir échappé à la noyade du côté de l’étang de Laoual, là où se trouvait la réserve d’eau d’un moulin, tout près de la Baie des Trépassés, le dit-seigneur promet à la mère de Dieu de lui élever une chapelle qui serait vue d’aussi loin que possible, de la terre comme de la mer !

Ch24 - Promesse de Jean De TREANA

Promesse de Jean DE TREANA


 Esquisse papier de Jean DE TREANA pour le projet de la statue

Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage 2

 
   La légende dit que c’est monté sur son âne que Monsieur de TREANA décida d’édifier la chapelle là où l’âne le conduirait et s’arrêterait. En fait, de manière plus prosaïque disons que les hauteurs de Kerven, non loin de son domaine de Kerstrat lui convenaient bien car ces terres lui appartenaient.

   Ainsi perchée sans voisinage aucun car exposée aux rigueurs du temps,  la chapelle rayonne et se voit de loin ; elle coiffe l’entrée de la commune de Plogoff et marque ce territoire extrême, semblable à une sentinelle veillant sur le destin des marins.

   Beuzec Cap Sizun, Pont Croix, Plouhinec, le fond de la Baie d’Audierne, Penmarc’h et même le Menez Hom sont par temps clair, dans son champ de vision à l’Est. Vers l’Ouest c’est L’Île de Sein et  Cléden qui peuvent jouir en toute quiétude de son regard bienveillant.

   Le 28 juin 1698, l’évêque de Quimper accorde une permission spéciale pour chanter une première messe sur l’emplacement arrêté de la future chapelle : elle aura lieu le 13 juillet 1698 et sera présidée par Messire De KERGUELEN, docteur en théologie, recteur de Meilars et originaire de Landudec.

Ch24 - La chapelle de Notre Dame du Bon Voyage 2

   Les travaux, sous la direction de M FAVENNEC, architecte à Pleyben, débutent à la fin de 1698 par la construction de la partie Est, la sacristie. Les ouvriers sont des bénévoles tous originaires du Cap : menuisiers, charpentiers, maçons travaillent jour et nuit, éclairés par des lampes à huile de poisson (Goulou Malaouen) fabriquées dans les ports du coin et que viennent leur porter des femmes ; on dit même que ces femmes chantaient des cantiques en gravissant la colline. La chapelle est en forme de croix latine, elle mesure 32 mètres de long, 9 de large et 15 au transept.

Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage1Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage2

 

 

 

 

 

 

 


   Achevée en 1703, la chapelle révèle un intérieur aux retables finement ouvragés de boiseries sculptées, rehaussés de couleurs vives et de dorures. Deux autels se font face : au Nord, celui dédié à St JOSEPH  et au Sud, celui dédié à Ste ANNE. Le retable principal comporte lui, deux œuvres en bois sculpté sur les thèmes de la Nativité et de la Fuite en Egypte. Coiffant l’ensemble, on découvre une belle la voute en bois, peinte de motifs d’ancres de marine et de roses des vents sur fond bleu. Au dessus des bénitiers, les blasons des seigneurs de KERAZAN sont taillés dans la pierre. Le placitre, qui est l’espace entourant la chapelle est matérialisé par un mur d’enceinte. Les pierres utilisées pour celui-ci proviendraient d’une ancienne chapelle, détruite en 1852, autrefois située à Pennéac’h (petit village à l'ouest de Bon Voyage) et dédiée à Saint Moëllien  (on la retrouve sous d'autre nom : Volien ; Molien ; Tramoelian ; Maudez)

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - L'autel de Saint JosephCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - L'autel de Sainte Anne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autel de Saint Joseph et de Sainte Anne

  

   Le 28 septembre 1711 Jean De TREANA décède à l’âge de 75 ans ; son corps sera inhumé dans la chapelle qu’il a fait construire avec tant de zèle.
   Le 28 juin 1712 a lieu la bénédiction de la première cloche ; elle a pour nom : René-Marguerite.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage

   Des réfections ont lieu au XIXe siècle ; tout d’abord celle du clocher en 1835 (sans doute avec les pierre de l'ancienne chapelle de Saint Moëllien), réalisée par Clet MARZIN, maitre masson de Landrer puis c’est à l’intérieur de subir en 1892-93 un ensemble de réparations dues aux dégradations du temps mais après cela, la chapelle ne reçoit pas de soins particuliers si ce n’est durant le siècle écoulé quelques aménagements au niveau des vitraux et de la toiture.


   Cependant, la chapelle souffre et nécessite une intervention d’envergure : c’est alors que se créée en 1986, une mobilisation des habitants de Plogoff, conscients de la situation critique de leur patrimoine : l’association “ Les amis de la chapelle Notre Dame du Bon Voyage ” est née et se met aussitôt à l’ouvrage. Les travaux de restauration vont durer de 1986 à 1991, s’attachant à restaurer les lambris de la voute ainsi que ses motifs peints, recomposant  le texte en breton du cantique de la chapelle qui ceinture la partie haute de la nef et donnant à ce joyau du patrimoine ses couleurs vives et fraîches.


   La puissance publique aussi s’est mobilisée (Conseil Général), finançant un quart du coût des travaux mais tout le reste provient des campagnes de sensibilisation organisées par l’association porteuse du projet : fêtes, ventes, collecte de dons…Ainsi, la population, trois siècles après la pose de la première pierre est-elle au rendez-vous d’une histoire qui continue de vivre : la chapelle, toujours debout a su rassembler dans un même élan les enfants de ceux là même qui l’édifièrent ; un fil rouge en somme entre les générations.

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession grande statueLa procession de la grande statue fin des années 1960

La procession de la grande statue en 1975

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession 2
La procession de la petite statue de nos jours

 
   Une collection exceptionnelle de navires a trouvé place dans la chapelle qui leur sert d’écrin : ils portent la mémoire des marins qui en firent don au titre d’ex-voto : le Paquebot France, illustre ambassadeur navigua lui, sur toutes les mers du globe ; Le Richelieu, cuirassé de la Marine nationale, retiré du service en 1967  ; une maquette de thonier équipé de ses tangons et tape-cul. Enfin,  deux navires plus anciens, fin XIXe et début XXe : la frégate Melpomène appartenait à la flotte française et finira dignement ses jours comme vaisseau-école pour jeunes mousses. Et c’est avec La Seine, une belle goélette à quatre-mâts de la Compagnie Bordes (compagnie créée par Antoine-Dominique BORDES en 1849) que nous achevons ce tour d’horizon marin.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto La MelpomèneCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto La SeineCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto Le RichelieuCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto


   D’autres œuvres votives sont visibles dans la chapelle et rappellent ses liens étroits avec un peuple de marins souvent éprouvé : voici un autel orné d’ancres et de cordages, un autre affiche une nef portée par des angelots, plus loin c’est un crucifix dont le socle est une ancre et là, une bouée-couronne portant l’inscription “ Notre Dame du Bon Voyage, protégez-nous ! ” Les bannières sont tissées en l’honneur de la Vierge et de nombreuses plaques apposées sur les murs intérieurs témoignent de la reconnaissance des marins. Combien de destins singuliers sont ici rassemblés, combien de prières se sont élevées dans ces murs, combien d’êtres chers furent confiés à la protection de cet édifice tourné vers l’océan! La mer est immense et le Raz de Sein si terrible …

Ch24 - Banniere de Notre Dame du Bon Voyage 1


Histoire de famille :
   Dans les années 1950, le jour du pardon de N D de Bon Voyage, pendant les vêpres, on vit arriver trois marins de la commune de Plouhinec ; quelle ne fut pas la stupéfaction de l’assistance en prières ! En effet, ces derniers étaient “ communistes, purs et durs ” aux dires de mon grand oncle Jean ALANOU, pêcheur à Ste Evette et qui les connaissait bien. Intrigué, il leur demanda explication : en partant ce matin sur les lieux de pêche, l’un d’entre eux, évoquant le pardon de ND de Bon Voyage, jura de se rendre aux vêpres si la pêche était bonne ; pour cela il fixa le total de homards à pêcher au nombre de 50 ; tout en sachant que ceci était fort improbable. Et c’est une pêche exceptionnelle qui les attendait : 51 homards en tout ! Mais voilà qu’un tomba à l’eau, le compte était bon néanmoins… Chose promise, chose due et notre équipage dut venir rendre grâce à la Vierge qui les avait exaucés.  “ Les voies du Seigneur sont impénétrables ” comme on dit !
 

La Chapelle Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port  (vue du Ciel)

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Cantique de Notre Dame du Bon Voyage

 

Refrain
Notre dame du Bon voyage, guidez-nous sur la mer immense
Intron varia ar veach vad Hon hentchit war ar mor braz
Surtout protégez notre barque quand nous traversons le Raz.
Dreist pep tra mirit hor bagig pa vimp o tremen ar Raz

Couplet
Si vous êtes pour nous, Vierge sainte, une mère douce, bienveillante
M'ar bezit deomp, gwerc'hez santel eur Vamm dous, madelezus
Nous regardons votre chapelle toujours belle, resplendissante.
Ni zalc'ho ive ho chapel Bepred kaer, ato skedus

Quand le vent se déchaînera capable de nous jeter sur roc
Pa ve dirollet an avel goest d'hor skei ouz ar herreg
Nous regarderons votre chapelle en vous invoquant de tous cœur
Ni a zell warzu ho chapel ouz ho pedi, kalonek

Comme un phare béni, Vous nous procurez la lumière
Evel eun tour-tan bebbiget, Houi a ro deomp sklerigenn
Vous défendez le marin, de la menace des rouleaux écumants
Houi zifenn ar vartolodet, ouz kounnar an tarzion gwen

 Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - Intro Vria ar Veaj vad

 


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01 février 2014

23 - La petite maison, la haut, à la pointe des moutons

 

   Une vue extraordinaire attire le regard du promeneur dans l’anse du Loch. Une petite maison perchée sur les hauteurs de la pointe des moutons (Beg ty an deved) semble défier les éléments. La présence de ce surprenant ouvrage en ces lieux encourage l’imagination vagabonde souvent fertile des Capistes, qui inventent des scénarios de construction,  et s’interrogent de mille et une question, qui, pourquoi, comment…

Ch23 - Panoramique le l'ance du Loch

 

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 11

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 5Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 2Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 1Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 3

 

 

 

 

L’histoire de la petite maison de la Pointe des montons au Loch Plogoff (Raconté par son propriétaire : Ambroise L’HENORET)

   Il faut remonter à l’aube de ma vie. C’était « à la Libération ». En 1945, les armées d’Hitler qui contrôlaient les rivages venaient d’être chassées. Les habitants récupéraient leurs territoires.
   Ma mère, qui habitait au Havre avant la guerre, avait été évacuée, enceinte, pendant le Blitz Krieg, ce qui m’a permis de naître à Plogoff, deux semaines après l’arrivée.
   Après avoir habité Kervit, puis Kergroas, tout près de la chapelle, nous avons loué une maison à Audierne, où j’ai vécu de 1945 à 1949, toute la scolarité primaire.
   Et il y avait le jeudi ! C’était, en ces temps lointains, « le jour sans école ». Le mercredi soir je prenais « la Satos » pour atterrir au Loch, devant le merveilleux café de Chan Gust et de Mary. Là, mon grand-père, Chan Laurent Cariou, m’attendait avec impatience. A l’arrivée, ma grand-mère, Ty Live à Rouzic, faisait des crêpes.
   Le lendemain matin, c’était les moutons. Vers huit ou neuf heures, on rassemblait tous les moutons du petit village (peut-être une vingtaine) et il fallait les conduire « au Roz » d’où ils redescendaient tranquillement tout au long de la journée. Chacun récupérait les siens dans la soirée. En ce temps là, le « Feunten Yen » et « Le Roz » ne ressemblaient pas à ce qu’ils sont devenus. Pas d’arbres, pas même de buissons, une herbe très rase, incessamment tondue par des générations de moutons, couvrait le sol.

Ch23___Les_moutons   Souvent Chan-Marie Deuffic se chargeait de conduire les moutons à la pointe et il en profitait pour guetter l’arrivée providentielle, de Tamov coat » (le bois était très précieux à cette époque). Chaque fois que je pouvais, je l’accompagnais. Il ne me parlait qu’en breton et je ne comprenais pas tout, mais ce qui me plaisait chez lui c’était sa passion pour les épaves. Epaves, un bien grand mot, la plupart du temps, une planche, un morceau de poutre, que la providence marine faisait échouer sur nos côtes.
   Et.... précisément, le coin qu’il avait choisi pour scruter l’horizon et s’approprier le butin, c’était à la Pointe du Mouton, un endroit particulier : des débris des carrières voisines avaient été déversés là, formant un espèce d’éboulis qui surplombait la côte. Une petite élévation, devant, nous protégeait du vent marin qui passait au dessus de nos têtes.
   Nous nous allongions là pour guetter les arrivages ! C’était pour moi des moments merveilleux : je contemplais la mer. Quand je plongeais mon regard vers la terre, le Loch, toutes les petites maisons des villages (elles étaient en tout petit nombre comparées à celles d’aujourd’hui) apparaissaient lointaines....
   J’étais ailleurs...
   C’est à ces moments bénis que s’est infiltré en moi, comme une évidence, les puissantes évidences enfantines, le projet de construire un jour ma maison sur la pointe. Dans ma tête, la grande quantité de pierres était là comme une invitation. J’avais six, sept, huit ans, je n’en parlais à personne mais le projet était là, puissant, indestructible...
   En 1949, après des années d’attente d’un logement, nous avons émigré à Bordeaux, ce qui permettait de voir le père tous les 45 jours, au lieu de six, sept mois auparavant. Il y a quelques années, un copain bordelais que je n’avais pas revu depuis les années cinquante, est venu s’installer à Plouhinec. Je lui ai demandé comment il me voyait à cette époque.(J’avais une douzaine d’années). Voilà sa réponse : « Ce qui nous étonnait, c’est que tu répétais souvent, « j’ai deux projets : je vais devenir journaliste à l’Humanité et je vais construire une maison à la Pointe du Mouton ... »
   Le premier objectif a été abandonné assez vite avec l’évolution de ma pensée, mais le second a tenu bon.
   Encore fallait-il posséder une parcelle là-haut, chose à laquelle je n’avais pensé dans mon enfance. Le terrain me semblait être à tous, donc aussi à moi. J’ai donc réussi à acheter à Simone Lozach un tout petit carré (100 M2 !!) pour la modique somme de 25000 F. Attention, c’était en anciens francs. En nouveaux, ce serait 250 NF et en euros environ 40 euros. !  J’étais assez pauvre à cette époque...

Ch23 - La pointe des moutons en aout 1958La pointe des moutons en aout 1958

   La « mise en chantier », retardée par les difficultés d’achat, commença à la fin des années cinquante. Ensuite, je me suis heurté à diverses complications administratives (tout à fait normales d’ailleurs).
   Cependant, après plusieurs démarches et dialogues aux services de l’Equipement à Brest, les gens qui m’ont reçu dans les bureaux ont sans doute décidé de laisser courir. Peut être m’ont-ils trouvé un peu fou, ou ne croyaient-ils pas à la réalisation du projet...
   Pourtant, sur le terrain, les choses avançaient, laborieusement. A chaque vacances scolaires, le niveau montait, malgré les quolibets de certains, les réticences de la famille, les difficultés de transport des matériaux.
   Après deux années de transport du sable, du ciment et de l’eau à la brouette, une véritable « révolution technique » intervint ! C’est ici que je dois rendre un hommage appuyé à ma Vespa que les témoins de l’époque ont vu si souvent escalader la colline, chargée au maximum.
   Enfin, à mi-chemin des travaux, un agriculteur de Kerstrat, Lom a Mevel, dont je remercie la mémoire infiniment, a accepté (ce qui n’était pas très facile car le chemin du bas «le n’hen dour » était difficilement praticable), de transporter un chargement de parpaings, puis un chargement de sable.

Ch23 - La maison de la pointe des moutons en construction
   Là, les choses ont avancé beaucoup plus vite, avec enthousiasme. En 1963, le plus gros était fait et nous avons posé le toit à quatre : mon père, Chan Marie Deuffic et Jackez Moguen.
   En 1964, je n’ai pu continuer les travaux intérieurs, éloigné de France par le service militaire. (J’étais professeur en Algérie, à Sétif). Je suis reconnaissant à mon père, qui venait de prendre sa retraite d’avoir terminé l’intérieur : le sol, le crépi et le plancher.
   En 1966, à mon retour d’Algérie, nous avons pu nous y installer, pour les vacances d’été. Je venais d’être papa d’une petite fille et la vie était belle...

Ch23 - Vu de l'ance du Loch de la petite maison de la pointe des moutons

Vue Panoramique de l'anse du Loc'h prise de la petite maison de la pointe des moutons.

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 13GrandeCh23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 12
La petite maison sur la colline

ch23 - LA petite maison sur la colline -

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 14

Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 2Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 1

 

 

 

 

 

 

 


   La maison reste ouverte à qui veux bien y passer un peut de temps, voir même la nuit ! C'est un peut comme dans un gite de montagne, il faut laisser le lieu aussi propre que vous l'avez trouvé. Sur la table on peut y trouver une Bible ainsi qu'un livre de Victor HUGO ...

Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 3

 

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15 mai 2013

22 - Le bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS, qu'est-t'il-devenu ?

    Le CV de KERROS termine sa carrière dans le Cap Sizun le vendredi 30 mai 1952, il a été affecté par la suite :
-  en 1952 à Portsall (29)  
-  en 1955 à St Briac (35)
-  en 1956 à St Quay-Portrieux (22).
-  en 1958 il est vendu à la DDE du Morbihan pour 650.000 francs. Il servira à la compagnie Morbihannaise au transbordement de passagers et au cabotage entre Quiberon et Belle Ile. Il sera remotorisé par le moteur du canot Vice-Amiral SCHWERER (info à valider !). Ce canot avait été endommagé dans la barre d’Etel en 1958 (il y eu 9 morts) en testant, avec Alain BOMBARD, un canot pneumatique.
-  en 1980, plus de trace : le canot aurait été détruit (brûlé) au fond du port du palais à Belle Ile.

   J'ai pu trouver des articles de presse et différentes photos où nous le retrouvons dans ses différents ports d'affectation.

CH22 - Le télégramme du 03-06-1952 - CV de Kerros quitte Audierne

CH22 - Le télégramme du 03-06-1952 - CV de Kerros arrive à Portsall

CH22 - OF du 13-06-1952 - CV de Kerros arrive à Portsall

 

CH22 - OF du 14-06-1952 - CV de Kerros à Portsall

Les Annales du Bien :
   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS arrive à Portsall le 30 mai 1952, après de grosses réparations faites à Audierne. Il est prêt à répondre à tous les appels.
   Alerte du 18 Août 1952 à 14h55 - Un bateau de pêche en perdition est signalé à l'ouverture de l'anse de Penfoul, près du rocher du Coq. Vingt minutes plus tard, le CV de KERROS prenait la mer. Recherches infructueuses. Le canot rentre à Portsall à 16H45. Il est supposé que les touristes qui ont signalé l'accident, ont vu un bateau de pêche amener sa voile, ce qui a causé l'erreur. Outre cela, le canot a effectué plusieurs sorties d'entrainement.

   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS est appareillé le 15 août 1953, vers 17h45, pour une sortie d'exercice après visite du moteur. Au moment du retour, l'équipage a eu son attention appelée par la manœuvre insolite d'une barque de pêche du port, "l'idéal" montée par deux hommes. La barque, sans voile, en panne de moteur, dérivait vers le large dans de dangereux parages. Le CV de KERROS la prend en remorque et la ramène à son mouillage.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à PortsallLe bateau de sauvetage CV de KERROS à Portsall

Les Annales du Bien
   Le 17 décembre 1956 le CV de KERROS est transféré sur St Quay Portrieux après un passage d'un an 1/2 sur St Briac. Par un fort vent Ouest soufflant en tempête, le bateau de  sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS a été remis officiellement à cette section. Une foule compacte se pressait sur le port.
   Le Capitaine de Vaisseau de KERROS ayant à bord M. le Docteur CAILLET, maire ; M. REVRAT Administrateur Principal de l'Inscription Maritime, à St Brieuc ; M. LOSET, Conseiller Général, entouré de la municipalité et des maires des environs. Malgré le mauvais temps, il fit, au large des îles Saint-Quay, sa première sortie officielle au cours de laquelle M. l'Abbé POLIVE, chapelain épiscopal a baptisé le bateau. Les membres de l'équipage jetèrent une gerbe de fleurs à la mer.
   Au cours du vin d'honneur qui suivit, M. le Maire : M. TREHIOU, capitaine de la marine marchande, président de la section H.S.B. ; M. René JOUVE et le MOAL.
   Désormais, les navires qui se trouveraient en détresse dans la baie de St-Brieuc, du Cap Fréhel à l'ile Bréhat pourront compter sur un secours rapide et efficace. Nous ne doutons pas que M. TREHIOU, grâce à son activité et à son dévouement ne donne à cette nouvelle station de sauvetage le meilleur rendement.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) aCH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) bCH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à St Quay Portrieux (22) c
le CV de KERROS sur St Quay Portrieux entre 1956 et 1958

   En Janvier de l'année 1958, le service Maritime des Ponts et Chaussées du Morbihan, contacte les H.S.B pour savoir si un canot pourrait être déclassé pour faire du transbordement de passagers et du cabotage dans la région de Quiberon et Belle-Île en mer.

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 01CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 02CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 03CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 04CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 05

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 06CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 07CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 08CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 09CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Quiberon 10
le CV de KERROS dans le port Haliguen à Quiberon dans les années 1960-1970

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au port Maria à QuiberonLe CV de KERROS au port Maria à Quiberon à coté du bateau Belle-isle

CH22 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Belle ile en mer au port du Palais
Bateau de sauvetage CV de KERROS à Belle-Ile en mer au port du Palais

   J'ai contacté Mr Tanneguy de KERROS (le fils de la marraine du bateau) qui m'a expliqué avoir vu au hasard d'une visite sur Belle-Ile, le canot de sauvetage dans le fond du port. Il se souvient d'un bateau en mauvais état.
   Un ancien mécanicien naval de Belle-Ile en mer m'a informé ce souvenir de cet ancien bateau de sauvetage reclassé en cabotage. En fin des années 1970, le canot aurai été abandonné au fond du port du Palais. Il aurait été brûlé avec d'autres vieux bateaux.
Ainsi se termine la carrière nautique du bateau de sauvetage du Capitaine de Vaisseau de KERROS en 1980.

CH22 - La fin du Bateau de sauvetage CV de Kerros au fond du port du Palais Le cimetière à bateaux au fond du port du palais dans les années 1965

 

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10 mai 2013

21 - L'arrrivée de bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS sur Audierne

 

Ch21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Arrivée à Audierne 1949Arrivée du Bateau de sauvetage CV de Kerros, conduit par son équipage, à Audierne en février 1949

CH20 - Remerciment des HSB à Jean-Marie Thomas et son épouse Anna Alanou en 1949Remerciment des HSB à Jean-Marie THOMAS et son épouse Anna ALANOU en 1949

CH21 - Courrier des HSB au Commandant BrusqCourrier des HSB au Commandant Brusq d'Audierne en avril 1949

 

Audierne le 19 avril 1949
Compte rendu d’alerte (sans doute écrit par le Commandant BRUSQ  responsable des HSB d'Audierne)

   Le 15 avril, à 1H du matin, j’ai été réveillé par Mr LEBRETON, Chef du Quartier, accompagné de  Mr THOMAS fils (dany). Un bateau de pêche, genre « malamock », s’était échoué à la côte, sous Primelin, par beau temps clair, mais par justant, et demandait assistance. Du Loch, Mr THOMAS avait prévenu téléphoniquement l’Administrateur, qui,  pour faire vite, avait prié Mr THOMAS d’emmener à Audierne, dans sa camionnette, l’équipage du Loch.
   L’équipage et le patron CISSOU, avait rallié d’urgence le Capitaine de Vaisseau de KERROS, mais le moteur n’avait pu être lancé : la batterie au ferro-nickel que Mr THOMAS avait placée à bord pour la traversée du Loch-Audierne, le mois dernier, en attendant l’arrivée d’une batterie commandée au plomb, était déchargée. J’ai remis aussitôt au jeune THOMAS la batterie neuve. Il l’a mise en circuit à bord. Le moteur a tourné dès que lancé.
   A ce moment la mer montait et le chenal devenait praticable. Le bateau de sauvetage allait appareiller quand un nouveau coup de téléphone a prévenu Mr l’Administrateur que le « malamock » s’était désenchoué par ses propres moyens à la marée montante, puis avait gagné le large et mis le cap sur le Raz de Sein. Depuis, nous avons appris que ce « malamock » était de Camaret, qui faisait route de Concarneau sur son port d’attache.
   Notre équipage, déçu de n’avoir pu se rendre utile, a rejoint le Loch dans la camionnette de Mr THOMAS.

Commentaire :
   Cette alerte a constitué un excellent exercice. L’équipage éprouvé du Loch a montré son ardeur coutumière. En faisant appel à cet équipage, Mr l’Administrateur l’a jugé salutaire pour venir en aide à un navire à la côte, les hommes de cette côte sont plus qualifiés que tout autre marin, en raison de leur connaissance exacte de tous les dangers avoisinants. Dans un cas analogue c’est la même manœuvre qu’il conviendrait d’appliquer. Il semble donc tout indiqué de garder l’ancienne équipe du Loch Primelin comme deuxième (ou 3ème) équipage de notre canot, tout au moins tant que la station de Ste Evette ne sera pas en service.
   Les bacs en aluminium de la batterie au férro-nickel de Mr THOMAS ont été piqués et percés par l’eau de mer, à bord. La Société devra donc rembourser à Mr THOMAS du coût de la réparation. Elle lui doit déjà la fourniture d’une batterie neuve, au plomb de 12 volts. La Société lui doit également le coût du transport en camionnette de l’équipage du Loch à Audierne et retour. Elle doit à l’équipage une indemnité pour son dérangement en pleine nuit.
Mr LEVRETON, Chef du Quartier d’Audierne, a droit aux remerciements des HSB.
   La nuit dernière encore, un bateau neuf, du Guilvinec, qui se rendait du Guilvinec à Douarnenez, s’est échoué sur les rochers de la Pointe de Lervily. La mer était houleuse. Le bateau a été détruit avant qu’il n’ai été possible de lui porter secours. Tout l’équipage est sauf.

Ch21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 01Le canot de sauvetage CV de KERROS dans le port d'Audierne


L'équipage du Bateau de CV de KERROS était composé de 2 équipes :

 1 - L'équipage d'Audierne
      Jean JAFFRY : patron
      Yves GUEVEL : sous-patron
      Henri GUILLOU : mécanicien
      Félix JAFFRY, Francois PRIOL, Corentin MALEOZ : matelots.

2 - Léquipage du Loc’h Primelin (comme équipe de remplacement)
      Eugène CISSOU : patron
      Hervé QUERE : sous patron
      Dany THOMAS (mon oncle) : mécanicien
      Jean KERSAUDY, Jean YVEN, Jean BOURVEAU : matelots

CH21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - durant l'été 1949 (dany Thomas)Le Canot à Audierne durant l'été 1949 avec le mécanicien du Loch : Dany THOMAS à la barre

CH21 - Equipage du CV de Kerros en 1950

CH21 - Presse - Le télégramme du 05-05-1949

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 02CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 03CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 04

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 05CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 06CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 07

CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 08CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 09CH21 - Bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de Kerros à Audierne 10
Le canot de sauvetage CV de Kerros dans le port d'Audierne de 1949 à 1952

 

   En septembre 1949 Les H.S.B décideront d’équiper la station de Ste Evette par un nouveau grand canot.
(OF du 13-10-1949 - Un Nouveau canot pour Audierne)
   Le nouveau bateau construit par les chantiers navals de Fécamp arrive à Audierne le mercredi 18 avril 1951 et c’est le 20 mai que sont inauguré la station et le bateau de sauvetage Nadault de Buffon (nom du fondateur des H.S.B en 1873).  Ce canot de 1ère classe tout temps en bois d’une longueur de 14,50 m et d’un poids de 22 tonnes navigue à une vitesse de 9 nœuds. ... Nous en reparlerons dans un prochain chapitre

 

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05 mai 2013

20 - L'après guerre et la fin de la station HSB du Loch Primelin en 1949


   Déjà avant la fin du conflit, la maison mère des HSB essaye de faire le point : des inventaires sont demandés aux différentes stations.

Ch20 - Courrier des HSB à Jean-Marie Thomas - Demande d'inventaire 1Courrier des HSB - Demande d'inventaire en 1944

CH20 - Inventaire de la station de Loch Primelin en avril 1944

Ch 20 - Barometre de la sation HSB du Loch PrimelinBaromètre de la sation HSB du Loch Primelin

   Le bateau de sauvetage «CV de KERROS » sera le seul bateau à moteur que la société H.S.B possède à l’après-guerre. Tout est fait pour le mettre en valeur.

Ch20 - Courrier des HSB en 1945 - Redémarage de la stationCourrier des HSB en 1945 - Redémarrage de la station du Loch Primelin

CH20 - Redémarrage de la station HSB du Loch Primelin à l'après guerreRemise en route de la station HSB du Loch Primelin

   Pendant le conflit Franco-Allemand, il était obligatoire de peindre sur les bateaux le drapeau tricolore.
Ce détail est encore visible sur le petit canot, derrière le gouvernail du bateau de sauvetage.
 

CH19 - Projet au port du Loch Primelin en 1947Plan d’un avant projet de prolongement des rails de lancement de 1947 qui ne verra pas le jour

En septembre 1948, Mr SIGMANN du ministère de la marine marchande écrivait au préfet :

   A la lumière des précisions fournies, je suis d’avis de renoncer au dragage du port du Loch Primelin et d‘équiper dans un proche avenir le port d’Audierne d’un canot à moteur, dont la station sera à l’abri du nouveau môle.
Je propose donc à la société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons et à la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés de comprendre dès à présent dans leur plan de rééquipement :
   1- L’échange du canot à moteur du Loch contre le canot à rames d’Audierne, des arrangements financiers intervenant entre ces deux Sociétés sans que nos Départements respectifs aient à s’en occuper.
   2- La construction d’un nouvel abri dans la crique du Loch, de telle manière que le canot puisse sortir à tout moment de la marée.

   Je vous serais obligé, de bien vouloir faire part de ces nouvelles dispositions au Conseil Général du Finistère qui, dans sa séance du 11 Mai dernier, m’avait présenté un vœu tendant à accorder une subvention pour l’équipement de la côte en station de sauvetage.

CH20 - Les annales du bien en octobre 1948

   Donc les années après guerre sonnèrent la fin de la station HSB du Loch Primelin. La cale de lancement du canot, ne donna jamais réellement satisfaction. Il n'était pas possible de lancer le bateau à marée basse. Les H.S.B prirent la décision de fermer la station en fin 1948, et de transférer le canot sur Audierne en février 1949, en attendent la création de la nouvelle station H.S.B de Ste Evette à Esquibien. Ce nouveau port est peu dépendant des marées car toujours à flot.

CH20 - Abri de sauvetage et le port du Loch Primelin en 1948l'Abri de sauvetage et le port du Loch Primelin à marée haute en 1948

Ch21 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Départ de Primelin 1949Départ du Bateau de sauvetage CV de Kerros, conduit par son équipage, pour Audierne en février 1949

 

CH20 - Logo HSB

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01 mai 2013

19 - La période de la seconde Guerre Mondiale au Loch Primelin

 

   Les canots de sauvetage que nos amis anglais nomment si naturellement de « life-boat » (bateau de vie), doivent rester au service de tous ceux dont la vie est mise en danger sur nos côtes. Cette mission a pris, dès le début des hostilités, une grande dimension, car l’état de  guerre a beaucoup augmenté les difficultés de la navigation côtière. L’ennemi n’hésite pas, en effet, à couler sans avertissement des bateaux de commerce non armés. Il disperse  de nombreuses et dangereuses  mines dans les eaux côtières.
   La mobilisation a causé beaucoup d’absence en ressource humaine dans les stations de sauvetage. Pour remplacer les jeunes, il a fallu souvent s’adresser aux « anciens ». Ceux-ci ont d’ailleurs accepté, sans hésitation, de reprendre les fonctions qu’ils avaient remplies autrefois avec un entier dévouement.

CH19 - L'ance du Loch Primelin avant la guerreL'anse du Loch Primelin avant la guerre

   Dans la perspective de l’arrivée imminente des Allemands au Cap Sizun (qui eut lieu le 20 juin 1940), l’équipage du bateau de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS » du Loch en Primelin, envisagea de rallier l'Angleterre. Cependant des informations circulaient quant à la présence de bateaux de guerre allemands au large des côtes. L’entreprise s’annonçait donc délicate et voici que le jour du départ programmé, M. HELIAS, maire de la commune, craignant pour l’équipage et le bateau, s’opposa physiquement au départ de ces derniers en se tenant au milieu des rails de mise à l’eau. Selon lui, le bateau n'aurait pas pu passer le Raz de Sein. Néanmoins durant la nuit, l'équipage téméraire essaya de mettre le plan à exécution, malgré un  certain manque de coordination. Devant cette équipée à l’intention louable mais mal engagée, mon grand père Jean-Marie THOMAS, mécanicien du canot, enleva une pièce du moteur pour éviter que le bateau ne quitte le port du Loch à Primelin.

   C'est donc le Jeudi 20 juin 1940 que l'avant-garde de la Wehrmacht arrive dans le Cap Sizun en moto et en side-cars. Des éclaireurs allemands viennent informer les organismes officiels tels que la mairie, la gendarmerie … que les troupes allemandes investissent le territoire.

   Durant l’occupation, il est à noter que le bateau de la station HSB du Loch Primelin, ne sera pas réquisitionné par les Allemands.

CH19 - Presse - OE du 22-06-1941- sauvetage d'un bateau allemand

  Cet article de presse de l'époque comporte une erreur de taille, en effet les 2 personnes secourues le 25 mai 1941 n'étaient pas 2 soldats allemands mais de 2 pauvres pêcheurs. D'ailleurs l'article des Annales du Bien à suivre reprend le récit du sauvetage en parlant d'une barque de pêche.

Les Annales du Bien 1941

   Plus les jours passent, et plus nous avons lieu de nous réjouir d'avoir donné à la station du Loc'h en Primelin, un bateau tel que le Capitaine de Vaisseau de KERROS. C'est la réflexion que suscite en nous le rapport du Chef de Station LOUARN, concernant la sortie du 25 Mai 1941.
   A 13 heures, M. l'Administrateur d' Audierne alertait notre poste et le patron CISSOU sortait le canot à mi-cale. Les Allemands de veille à la pointe du Raz, avaient signalé une barque de pêche en péril sous les lames qui, malgré la pompe du bord et un seau de vidage, menaçaient de l'envoyer par le fond.
   A 15 heures, le De KERROS sortait. Mer très forte, pluie battante, mauvaise visibilité. Notre bateau se tenant trop au large, les veilleurs lui signalèrent par fusées le lieu utile d'intervention. Alors, dès 16 heures le patron CISSOU et son équipage accostaient la barque de pêche, emmenaient les pêcheurs, et prenaient en remorque leur bateau, non sans continuer de l'alléger du poids de l'eau sans cesse embarquée.
   Enfin, à 18 heures, le De KERROS faisait sa rentrée au Loc'h, où il fut accueilli par l' administrateur d'Audierne, qui félicita les Sauveteurs.
   Regrettons avec lui que ce bateau ne puisse, avec la situation actuelle de la cale et du port, sortir à toute heure du jour ou de la nuit.

Les Annales du Bien 1942

   En 1942, le canot « De KERROS » du Loc’h a eu de nouveau l’occasion d’accomplir un sauvetage qui fut le dernier avant la mise en sommeil à peu près complète de nos stations du fait de la guerre.
   C’était un jour du mois de mai.
   Un coup de téléphone de l’Administrateur de l’Inscription Maritime d’Audierne vint alerter l’équipage du canot en lui signalant qu’une embarcation se trouvait en danger dans le Raz de Sein.
   Le Capitaine de Vaisseau De KERROS appareilla aussitôt avec son équipage habituel. Grâce aux indications fournies par la terre, il découvrit rapidement le canot à moteur Jojo, de Douarnenez. Celui-ci, après avoir doublé la pointe du Raz, s’était trouvé en difficulté, avec vent et courant contraire. Il avait fini par avoir son moteur noyé, et les hommes qui le montaient n’avaient eu d’autre ressource que de mouiller à une cinquantaine de mètres de la côte, dans une situation périlleuse. Quand le canot de sauvetage arriva sur eux, leur embarcation était à moitié remplie d‘eau. Ils étaient eux-mêmes exténués de fatigue et de froid, de sorte qu’ils couraient grand risque de mort, s’ils n’avaient été tirés d’affaire par cette intervention opportune.
   Ils furent recueillis et réconfortés à bord du canot de sauvetage et leur embarcation fut prise à la remorque et ramenée au Loc’h sans encombre.
   La sortie avait duré trois heures.
   Bien sincères et cordiales félicitations à l’équipage.

CH19 - Le port du Loch Primelin durant la guerreLe port du Loch Primelin durant la guerre

   Le 11 décembre 1941 les Etats-Unis entrent en guerre. Hitler ordonne l'édification du Mur de l’Atlantique (soit 4000kms de fortifications côtières le long du littoral, qui vont de la Norvège au sud de la France. A cause de la proximité de l’Angleterre, la Bretagne est une zone particulièrement couverte). Sa construction débute au second semestre 1942. La fameuse organisation Todt, prend en charge cette tâche monumentale. A la pointe de Cornouaille comme sur toute la côte Française des casemates (bunkers, blockhaus) sortent de terre.

CH19 - Croquis de l'anse du Loch durant la 2 ème guerre mondialCroquis de l'anse du Loch réalisé par Pierre QUERE durant la 2ème Guerre Mondial

   Les Allemands construisent 3 casemates sur la butte surplombant le port du Loch Primelin, durant le conflit. L’une d’entre elles, imposante, est toujours bien visible : dominant l'anse, elle était équipée d'un canon de 50-55mm qui ne semble pas, à ma connaissance, avoir réellement servi, sauf pour des exercices de tirs effectués en direction de la Pointe des Moutons. (pratiquement à l'endroit ou a été construite, bien après la guerre, la petite maison qui surplombe encore aujourd'hui le bout de la pointe).

CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 1CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 2CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 3CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 4CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 5
La casemate principale de l'anse du Loch Primelin

   Une deuxième était l'armurerie, aujourd’hui pratiquement recouverte de terre et d'herbe.

CH19 - Casemate armurerie du Loch PrimelinLa casemate de l'armurerie

   Plus en retrait, à demi enterrée, la casemate du QG et « lieu de vie » aujourd’hui remplie de déchets.

CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 1CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 2CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 3CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 4
La casemate du QG

Ch19 - Les 3 casmates du Loc'h Primelin

Les 3 casemates

   Pour empêcher tout débarquement sur les côtes, un système défensif complexe avait été imaginé : un des éléments de ce dispositif était constitué de tétraèdres en béton, dont la partie visible et émergée a une forme tripode. Ces pièces, pratiquement invisibles à marée haute étaient destinées à crever les barges de débarquement sur les plages. A ces chevalets composés de six jambages en béton armé, il faut ajouter des variantes comme le « hérisson tchèque » ou les « dents de dragon » visibles sur d’autres côtes.
 Nous en retrouvons un miraculeusement préservé à l’entrée du port du Loch. Il a été déplacé de la plage à la fin de la guerre pour délimiter la zone rocheuse du port. Cela fait près de 70 ans qu’il résiste au temps !. Ce tétraèdre submergé à marée haute, représentait un danger pour la navigation ; c’est pourquoi il a fallu le signaler. On lui a donc rajouté un mat avec une bouée rouge qui sert aujourd’hui à baliser le chenal d’accès au port : c’est la bouée  bâbord. Lorsque vous venez du large et que vous rentrez au port, vous devez laisser la bouée rouge sur votre gauche. (Rouge à bâbord/ vert à tribord).

CH19 - Tétraèdres en béton du port du Loch PrimelinCH19 - Les restes d'un tétraèdres à la plage du Loch Primelin
           Le tétraèdres en béton du port du Loch - à droite les restes d'un tétraède sur la plage en 2013

   L'occupation aura duré quatre ans et trois mois dans le Cap Sizun. Durant cette période les plages et un certain nombre d’endroits de la côte du Loch seront minés : il s’agit de mines anti-personnelles et antichars.

   Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement sur les plages de Normandie. La résistance devient beaucoup plus active dans le Cap Sizun. Le 4 aout, les Allemands quittent leur position du Loch pour rejoindre Lézongar à Esquibien. Le jour même un homme sabote le canon de la casemate en aplatissant le bout du tube à l'aide d'une masse afin de le rendre inopérant. Le 20 septembre 1944 le drapeau blanc est hissé sur le bastion allemand de Lézongar. Mais c'est le 8 mai 1945 que prend fin le conflit par la capitulation de l'Allemagne. Tout est à reconstruire...

   L'ennemi est parti, mais « il continue à tuer ». Après la libération (liberté retrouvée oblige!) les habitants des communes côtières vont s'enhardir, surtout les enfants. Ils s'aventurent sur les terrains minés et ce, malgré de formelles interdictions. Sur Primelin il n'y eut pas de mort mais des accidents plus ou moins graves. Tandis que sur la falaise dominant le port, des enfants alimentaient un feu avec ce qu'ils trouvaient, une mine non désamorcée explosa. Certains d’entre eux furent blessés mais sans gravité ; tout au plus la détonation fit sauter quelques vitres des maisons situées à proximité de l'explosion.

   Un autre accident eut lieu lors du passage d'une charrette, probablement lorsque celle-ci roula sur une mine antichar. Ce jour là, Jean Yves POULHAZAN de Kerandraon remontait de la plage du Loch dans sa charrette tirée par son cheval lorsque l'explosion eut lieu. La roue pulvérisée passa par dessus la maison de Tõn Per Gosquer. Au bruit de l'explosion le cheval partit comme un fou vers Kerandraon où il arriva avec un morceau du brancard de la charrette ! Heureusement Jean Yves POULHAZAN sortit  indemne de cette mésaventure sans être blessé.

   Les derniers prisonniers allemands quitteront notre région en novembre 1948, après avoir, entre autre, déminé toutes les plages du Cap Sizun.

   Au cours de cette guerre, la quasi-totalité des matériels équipant les stations ou les postes de secours HSB ont été détruits ou pillés. Mais au moment de la débâcle allemande la station du Loc'h Primelin fut épargnée. Sur les 5 grands canots HSB existant en 1939, un seul subsiste à la Libération : le « Capitaine de Vaisseau de KERROS ».

CH19 - Le bateau de sauvetage de KERROS dans le port de Primelin durant la guerreLe bateau de sauvetage de KERROS dans le port de Primelin à la fin de la guerre

 

 

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01 mars 2013

18 - Tempête dans le Cap Sizun le 18 avril 1940

Récit des canots de sauvetage du CAP lors de la tempête du jeudi 18 avril 1940

Extraits de la dépêche de Brest du vendredi 19 et samedi 20 avril
SORTIE DES BATEAUX DE SAUVETAGE
- Hier, vers midi, l’administrateur de l’inscription maritime d’Audierne était avisé par le garde maritime de l’île de sein que la flottille de pêche se trouvait en difficultés. L’administrateur alerte aussitôt les station de la région. Le « Général BESIAT », d’Audierne ; le « Capitaine de vaisseau KERROS », du Loch, en Primelin, et « l’Amiral TOUCHARD » de l’île de sein ainsi que la vedette « Velléda », des ponts et chaussées, prirent la mer. Vers 16 heures, la « Velléda » rentrait au port d’Audierne avec 2 équipages. Qui avaient du abandonner leurs barques. Au même moment, « l’Amiral TOUCHARD » ramenait à l’île de sein les équipages de trois autre bateaux. Pendant ce temps, le bateau de sauvetage du Loch prenait en remorque un bateau qui ce trouvait en difficulté au large. Une petite barque de l’île de sein s’est échouée sur la grève de Plouhinec. Les deux hommes qui la montaient on été sauvés …….

..…La  Velléda accomplit une série de sauvetages. Le patron Jean-Marie PORSMOGUER, qui commande la vedette Velléda, des ponts et chaussées, attaché a l’île de sein, a déjà plusieurs sauvetages à son actif. Avant hier, les circonstances lui ont permis de manifester pleinement ses qualités de sauveteur. Aux premiers instants de l’après-midi, apercevant un canot en très mauvaise posture à l’entrée du port de sein, près du Nerroth, il se dirigeait aussitôt sur les lieux, Six jeunes garçons de 6 à 8 ans occupaient la frêle embarcation, qui très visiblement allait sombrer. Par bonheur, il parvint à sauver les occupants. Il était grand temps, car le canot coulait tout aussitôt. A peine les avait-il conduit à terre qu’il repartait vers un autre bateau en danger, le Paris-Brest, qui faisait eau. Il prit à son bord deux mousses et convois le bateau, ou l’on s’efforçait de combattre les entrées d’eau. Cependant, apercevant d’autre bateaux en difficultés, il se rendit près d’eux successivement. Il y en avait six. Comme il les convoyait tous à Audierne, l’un d’eux coula en route à environ deux milles du petit port de Bestrée, prés de la pointe du Raz. L’équipage fut sauvé………. A présent, c’est le canot de sauvetage du Loch qui, étant sorti pour prêter son aide, se trouvait mauvaise posture. La « Velléda » le trouva tout prés de la cote, réussit à le dégager et à le conduire au port.   …..

CH18 - La vedette Velleda 1

La vedette Velléda 1


   La vedette Velléda "1" des ponts et chaussées pour les ravitaillement des phares et balises basé à l’île de sein, servie ce jour du 18 avril, comme bateau de sauvetage en portant assistance à 42 bateaux, parmi lesquels le canot CV de KERROS du Loc’h. !

Rapport de sortie, du bateau de sauvetage De KERROS, de Mr Marcel LOUARN Garde maritime chef de la station du Loc’h écrivant à Mr Léon BERTHAUT.
   J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que, le jeudi 18 avril 1940, vers 11h30, une bourrasque éclata sur nos côtes. Le vent soufflait de l’ouest. Les bateaux de l’île de sein se trouvaient au Sud et à l’Est de l’île et ainsi dans l’impossibilité de rejoindre leur port. Il y avait également des bateaux au large d’Audierne. Le vent soufflait avec une rare violence et la mer devint très grosse. En voyant le temps et sachant les bateaux dehors, je descendis au Loc'h pour faire sortir le canot de sauvetage pendant que Mr THOMAS fils faisait les dernier préparatifs, moi, je formais un équipage de fortune. Je pris même des marins de passage au Loc’h.
   A 13h un équipage de huit hommes était formé et je confiais le commandement au matelot Goraguer Eugène
(matelot titulaire).  Mr l’Administrateur de l’inscription maritime à Audierne téléphona au Loc’h pour dire au bateau de sauvetage d’assurer la veille sur les bateaux de l’île de Sein qui faisaient route sur Audierne.
   Après avoir donné connaissance aux marins de leur mission, je faisais sortir le bateau à 13H15 .
   Il pris immédiatement la direction indiquée. Au large de la pointe du Raz le « De KERROS » rencontra un groupement de quatre bateau ; après avoir passé au près de ces bateaux pour voir s’ils n’avaient pas besoin de secours immédiat, Goraguer se plaça au milieu du groupe, prêt à intervenir. Il conduisit ces bateaux au port d’Audierne, le « De KERROS » ressortait d’Audierne pour se porter au devant de 2 bateaux de ce port au large de Plozévet. Après avoir remorqué l’un deux à Audierne, l’autre étant rentré par ses propre moyens, le bateau de sauvetage mouillait au port d’Audierne vers 16h30 en attendant de rejoindre son abri au Loc’h…….
   Les hommes de l’équipage ont risqué leur vie par une violente tempête, pour porter secours à leurs camarades. Je vous les propose pour médaille ou diplôme de la société.
   Equipage du 18 avril :

- Eugèné GORAGUER : patron
- Jean-Marie THOMAS : mécanicien
- Henri DOUGUET : matelot
- Jean KERSAUDY : matelot
- Jeab Le BERRE : matelot
- Henri GORAGUER : matelot
- Jean CARVAL : matelot
- Clet BIGOT : matelot

 

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 1Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

 

Rapport de sortie de Jean-Marie THOMAS
Primelin le 22 avril 1940
   Cher Monsieur Léon BERTHAUT
Je suis heureux de pouvoir vous faire ce rapport concernant la sortie du Capitaine de Vaisseau de KERROS, sortie faite par moi, mécanicien et un équipage de volontaire dans un temps furieux.
   J’avais comme provision dans le réservoir à essence tribord, environ 75 litres, à bâbord  90 litres, et un fût de 50 litre plein en réserve …..
   Le départ du chariot a été faite par marche arrière, une seul manœuvre de marche avant fit sortir le bateau du port dans un temps record. J’ai fait tourner le moteur au dessous de son régime au début, d’ici son réchauffage parfait ( 5 minutes ). En route toute  j’étais très satisfait de la bonne marche pendant ½ heures peut être quand des ratés se produisirent dus au manque d’essence. J’ai mis le réservoir bâbord en communication, la marche normale reprend.
   Par précaution j’ai diminué légèrement les gaz. Souvent je purgeai la cuve du carburateur craignant quelques gouttes d’eau de mer dans mes réservoirs. On a pu faire beaucoup de route ainsi.
   Puis mes premières difficultés ont réapparues, l’essence n’arrivait plus suffisamment. Plus de 10 fois le moteur a stoppé, combien de fois ai-je démonté la tubulure d’arrivé d’essence sur le carburateur, soufflé dans ce tuyau en cas d’obstruction par  impuretés ou inversement aspiré à pleines bouchés cette essence qui ne coulais plus parce que le bateau était follement agité. Je ne puis vous dire combien de temps dura cette lutte contre la mer, avec notre moteur qui ne nous avançait que de quelque mètres après chaque redémarrages à la manivelle du pont. La dérive l’emportait
   Une vedette des ponts et chaussés était non loin de nous, nous déhala à l’entré du port d’Audierne, peut être pendant 5 minutes, nous marchions au ralenti. En eau calme, j’ai bien nettoyé mon carburateur.
   Tous préparé de nouveau le patron me demande de remettre en route pour reprendre le mer. Nous sommes repartis en dehors des jetées mais ne pouvant pas mettre en grand les gaz, j’ai prévenu l’équipage de faire rentrer le bateau et de l’amarré en lieu sur dans le port d’Audierne.
   Parmi les hommes il y eut des blessé, Mr l’Administrateur les fit conduire chez eux pour se changer…..
Je  restais à bord pour rechercher les défauts. Le soir une partie de l’équipage est venu me rejoindre et le temps ayant mollit, nous avons regagné notre station vers minuit, notre moteur à plein régime marchait.
   Cette journée du 18 avril nous ne l’oublierons jamais, mais c’est du matériel que je vous entretien aujourd’hui et cette expérience, cet essai rare à faire, doit nous éclairer suffisamment pour les temps à venir. Notre tuyauterie d’essence a 4m environ, 6mm de diamètre intérieur, une demi douzaine de coudes sur la longueur. Le niveau de l’essence, c’est à dire entre réservoir et carburateur a une chute de 70 à 80 centimètre.
Par beau temps, l’écoulement de l’essence est régulier, mais par mer agitée pour avoir une alimentation suffisante au carburateur il faut :
   1 – une tuyauterie plus forte, plus grosse
   2 – une tubulure genre trop plein qui permettrai d’avoir la pression atmosphérique dans le réservoir. Actuellement c’est un petit trou dans le bouchon du réservoir qui permet cet équilibre. Je vous demanderai donc l’autorisation de remédier à ces anomalies.
   Encore quelques mots au sujet du bateau : Tous le monde doit être satisfait de la tenu du canot……le bateau tient bien la mer.
   J’ai prévenu Mr Louarn que j’avais à vous communiquer ce rapport de sortie, je l’amplifierai encore ayant de très sérieux renseignement à vous fournir. Pour aujourd’hui je vais poser ma plume que la fatigue m’empêchait de tenir ces jour derniers. Recevez encore cette fois cher Monsieur Léon BERTHAUT l'assurance de mon plus grand  attachement à votre oeuvre et le souvenir cordial de toute ma famille

 

CH18 - Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940

Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940



 Jean-Marie THOMAS adressa un autre courrier à Mr BERTHAUT le 14 mai 1940 : en voici quelque extrait.

………..  Pour revenir à mon rapport sortie, je vous dirai que les mats n’ont pas été mis en place, nous avions confiance en notre moteur. Quant cette tourmente brusquement se leva, quand le téléphone par la bouche de Mr l’administrateur d’Audierne nous dit de sortir notre bateau, que des bateau de l’île de se sein faisaient route sur Audierne, leur bateau de sauvetage était en panne, nous fîmes au plus pressé. D’abord c’est une équipage de 3 hommes qui rentrant au port vient m’aider, on alerta encore d’autre marin, tous vaillants marin de métier, ils crurent bon de laisser les mats ramassés. on assista 6 bateaux entre le Loc’h et Port-Poulhan, nous primes la mer dans tous les sens, ce qui réconforte le courage des pêcheurs en fuite et montra la valeur de notre Capitaine de Vaisseau de KERROS. Au sujet d’améliorations, je signalerai encore ceci : une guérite pour l’homme de barre, le poste avant facilement accessible … Qu’on puisse de la chambre du moteur, débrayer, commander les gaz, etc. Et un porte voix afin que le mécanicien de son compartiment puisse faire les manœuvres nécessaires. Je ne demande pas de faire ces transformations à notre bateau, je me contente de vous signaler cela comme réflexion personnelle … La barre que j’ai eu modifié (remplacé la transmission avant en fil d’acier, par une chaîne, est au point à présent (l’homme de barre en est satisfait).
   Le bateau dans son état général est très bien, malgré la rude sortie de l’autre jour rien n’a cassé. Les marins sont fiers de leur sortie et je suis heureux pour eux que vous m’annonciez qu’il seront récompensés…….

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 2

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 3Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

 

 

 

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