22 février 2013

17 - Daniel THOMAS, patron du Paul Lemonnier et chef de la sation de sauvetage HSB du Loch Primelin

 

CH17 - Daniel THOMAS  

   Daniel THOMAS, surnommé Denniel Gola : Cola, (ou Gola du fait de la mutation particulière à la langue bretonne) étant le diminutif populaire de Nicolas : Son grand père portait ce prénom. Etant jeune il a dut hériter de cette particule pour le distingué de proche cousins ou d’autre enfants du quartier portant le même prénom.
   Il meurt au Loc'h Primelin le 4 janvier 1941 à l’âge de 86 ans, un mois après son épouse. Un journal de l'époque cite sa carrière de sauvetage avec le titre "Mort d'un vieux brave". Sa dépouille fut conduite au cimetière par les marins de la station HSB du Loch Primelin.
   Né à Kerhas Biliec en Primelin le 11 avril 1854, il est le fils aîné d'une famille de 2 enfants. Son père, Pierre THOMAS cultivateur, le voit partir à 16 ans à l'appel de la mer. Il se retrouve d'abord comme novice sur le bateau "St Michel" à Pors-Tarz.  Le 30 avril 1874,  à 20 ans, il intègre la Marine pour son service militaire, et navigue durant 5 ans sur plusieurs navires avec comme ports d’attache Toulon, Brest, Cherbourg. Il obtient la spécialité de canonnier avec le grade de quartier maître.
   Au décès de son père en 1876, la ferme familiale de Kerhas Bielec est vendue, sa mère Marie Marguerite née KERNINON et sa sœur Michelle vont habiter au Faubourg.
   De retour au pays en 1879, il retourne dans la pêche à Primelin comme Patron. En 1880, il sauve un mousse de son propre bateau "Bernadette Marie Eléonore" qui sombre dans l'anse du cabestan. Il obtient une médaille d'argent de 2ème classe le 18-11-1880.
   Il se marie en 1881 avec Marie Louise LANCOU, originaire du village de Kerlaouen en Esquibien, Ils construisent une maison au bourg de Primelin. Sa mère viendra habiter avec eux jusqu'à son décès en 1892

CH17 - Daniel Thomas et Marie Jeanne Lancou

Daniel THOMAS et Marie Louise LANCOU

   De l'union de Daniel THOMAS et Marie Louise LANCOU, naitrons 7 enfants (3 mourront jeunes). 3 de leurs fils auront également une carrière tournée vers la mer : François, Jean-Marie et Jean Guillaume

CH17 - François THOMAS - Jean Marie THOMAS - Jean Guillaume THOMAS

   Durant les années 1900, Daniel THOMAS sera membre du conseil municipal de Primelin. En 1905, il construit une maison au Loc'h pour être à côté du futur abri de Sauvetage, il devient membre au H.S.B à 51 ans le 14 septembre de la même année. En plus d’être patron du bateau de sauvetage de Primelin, il s’occupe avec son épouse d'un petit commerce dans leur maison. Il fait également commerce de langoustes avec les pêcheurs du Loch et les viviers du petit port de Pors-Tarz. De 1907 à 1926, il sera le patron du canot de sauvetage Paul LEMONNIER, puis par la suite chef de la station HSB du Loch Primelin jusqu’en 1936.

   Durant sa carrière nautique Daniel THOMAS obtiendra une 10ène décoration, certaines ont été perdues ou endommagées. Le temps nous en laisse six.

CH17 -1- Médaille Daniel THOMAS - Courage et dévoumentCH17 -2- Médaille Daniel THOMAS - ColonialCH17 -3- Médaille Daniel THOMAS - Marine Marchande

CH17 -4- Médaille Daniel THOMAS - HSBCH17 -5- Médaille Daniel THOMAS - Encouragement au bienCH17 -6- Médaille Daniel THOMAS - Mérite maritime

Médaille de Daniel THOMAS

   Certains diplômes ont accompagné la remise de médaille.

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 1CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 2CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 3CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 4

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 5CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 6CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 7CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 8

Diplome de sauvetage de Daniel THOMAS

    En 1931, Daniel THOMAS recoit sa dernière médaille : l'Ordre du Mérite maritime. Il est dans les premiers à la recevoir. Elle a été créée pour les gens de la mer, quelques mois plus tôt.
 

CH17 - Proposition Mérite maritime - Daniel Thomas

Proposition de décoration de L'Ordre du Mérite Maritime à Mr Daniel THOMAS validée par le député PERROT.

 

CH17 - Presse - OE -du 23-05-1931 - Daniel ThomasCH17 - Médaille de l'Ordre du Mérite Maritime - Daniel THOMAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Daniel THOMAS reçoit sa décoration lors du congrès des H.S.B (Hospitaliers Sauveteurs Bretons), à Bordeaux le dimanche 24 mai 1931.

CH17 - Presse - La dépèche de Brest du 09-06-1931- Daniel THOMAS

   J’ai retrouvé de nombreux courriers datés des années 1933-1935 entre Daniel THOMAS et le siège des HSB à Rennes. Avec son fils, Jean-Marie mécanicien, ils vont travailler ensemble sur le projet du nouveau canot de sauvetage à moteur qui sera baptisé en 1936, Capitaine de Vaisseau de KERROS.

 

CH17 - Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage - Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage : Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936

CH17 - Courrier des HSB à Jean-Marie Thomas - Décès de Daniel Thomas
 Courrier des HSB à Jean-Marie THOMAS au décès de son père Daniel

Les Annales du bien 1941

Nécrologie de Daniel THOMAS,

   Au Loc’h en Primelin, ou il fut un patron modèle et un Chef de station tout à son devoir, Daniel THOMAS, est décédé le 4 janvier de cette année 1941. Cet homme de courage et de caractère que fut toujours «le père THOMAS», appellation affectueuse dont usaient, pour désigner, ses amis et ses anciens canotier, a droit à notre amical et fidèles souvenir.
   Il était âgé de 87 ans et avait noblement consacré ses qualités de marin et Chef à notre œuvre de sauvetage. C’est avec satisfaction que nous avons appris la façon dont il s’est « éteint » après quelques jour de lit, tranquillement.
   Inutile d’entrer en des détail oiseux. Depuis le sauvetage du bateau, Pigeon-Voyageur, il avait révélé ses hautes qualités professionnelles et humaines, il n’avait cessé de s’affirmer un type admirable de « patron », un collaborateur digne de toute estime. Naturellement, des médailles maintes fois méritées, et la croix du Mérite Maritime, brillaient sur la poitrine de ce héros.
   Empêchés que nous fûmes, au Siège Social, d’aller au Loc’h pour saluer notre vieil ami, nous avons du moins eu la satisfaction d’apprendre par notre dévoué chef de station, que la dépouille mortelle de notre cher THOMAS fut conduite au cimetière par les marins de la station, au milieu desquels Cissou, son courageux et adroit successeur comme patron du Capitaine de Vaisseau de Kerros.
    A notre mécanicien Jean-Marie THOMAS, fils du défunt, et à toutes sa familles, nous envoyons l’assurance de nos affectueux regret et l’expression de nos condoléances unanimes.

CH17 - Presse - OE du 22-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

CH17 - Porte Clef HSB

CH17 - Presse - OE du 20-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

 

 

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05 juillet 2012

16 - Le naufrage du pétrolier la Nievre à Porstarz à Primelin


 

  Au sortir de la grande guerre 14-18, la marine nationale fit construire dans ses arsenaux de Lorient quatre pétroliers, dont la mission serait de ravitailler en mer l’ensemble de la flotte.
Ces quatre sisterships dont la construction s’échelonna entre 1919 et 1922 avaient noms : l’Aube, la Durance, La Rance et la Nièvre.

   Ces quatre navires eurent des fortunes diverses, l’un d’entre eux nous intéresse plus particulièrement. Il s’agit de la Nièvre.
D’une longueur de 70 mètres, d’une largeur de 11,60 mètres, de 2,28 mètres de tirant d’eau et jaugeant 2.800 tonnes, il était équipé d’un moteur de 1.000 chevaux (turbine type Bréguet) qui lui assurait une vitesse de 10,5 nœuds. La Nièvre pouvait transporter 1.500 tonnes de mazout.

CH16 - Le pétrolier la Nièvre

   La Nièvre est mise sur cale à l'Arsenal de Lorient le 5 septembre 1920, lancé le 10 mars 1921 et admis au service actif le 26 mars 1922. Le réducteur de vitesse fourni par la société Bréguet causa beaucoup de soucis dans sa mise au point.
A l’issue de sa première campagne du 15.01.25 au 15.01.26, le Capitaine de Corvette Esnouf commandant du navire écrivait :
« Le bâtiment gouverne très bien vent debout et aux allures voisines. Il embarque beaucoup aux allures plus arrivées que le vent de travers et d’autant plus qu’il est plus léger.
La surface de voilure est trop réduite pour exercer une influence sensible dans la manière de gouverner. Nous n’avons fait aucune traversée avec la voilure seule. »

   En effet par sa dépêche du 15.03.1922 le ministre de la Marine avait prescrit d’équiper les 4 pétroliers de voilure « pour permettre en cas d’avarie immobilisant la machine de rester manoeuvrant en continuant à faire route ou de tenir la cape par gros temps. »
La voilure se composait :

  • D’un foc de 70 m2
  • D’une trinquette de 47 m2
  • D’une misaine goélette de 135 m2
  • D’une pouillouse de 47 m2
  • D’une brigantine de 113 m2

          Soit un total de 412 m2

   Le 25.03.1922 le Lieutenant de Vaisseau Prunes dans un rapport sur la voilure préconisait par souci d’économie de ne pas équiper les 4 pétroliers de « voilure qui ne leur servira pratiquement jamais »( coût estimé de 250.000 francs, l’équivalent de 250.000 Euros de nos jours ).
Il ne sera pas écouté car la Nièvre avait pu tester ses voiles lors de sa première campagne.

   Le Capitaine de Corvette Esnouf dans son rapport de campagne concluait en disant :
« La Nièvre est un excellent bâtiment de mer, les formes de carène sont heureuses les installations conviennent bien à son rôle ».
Le 13 avril 1926 la Nièvre talonnait, par forte brume, à l’entrée du port de Cherbourg et fût victime d’une voie d’eau.
Pour conclure sur les caractéristiques du navire citons le rapport de campagne de son commandant, le Lieutenant de Vaisseau Borde, le 14.08.1931 dans la rubrique « Appréciation générale motivée ». Ce constat est caractéristique de tous ceux dont nous avons eu connaissance entre 1925 et 1933.
« La Nièvre est un excellent bâtiment de mer. La stabilité de route en pleine charge est mauvaise, l’homme de barre doit être surveillé. Les compas sont bons mais les déviations changeant avec l’assiette du batiment il est important de vérifier souvent la variation. Le batiment manœuvre mal et a une puissance en AR si faible que toute manœuvre doit être faite avec le moins d’eau possible et qu’il ne faut jamais hésiter à mouiller les ancres à temps pour éviter le moindre contact avec les batiments à ravitailler. La machine étant très fragile il faut éviter les emballements de l’hélice, par mauvais temps remplir d’eau les citernes nécessaires pour augmenter le tirant d’eau et diminuer la vitesse. »

   En mai 1937 la Nièvre revenait d’Espagne, où elle avait ravitaillé les torpilleurs de la 4ème Division Orage, Ouragan et Bourrasque affectés au contrôle sur les côtes loyalistes, et faisait route sur Brest.
Le commandement du bateau était assuré par le Lieutenant de Vaisseau Bruno Eyriès (né en 1900).
Parti de la Corogne le jeudi 20 mai à 14 heures, la Nièvre avait du naviguer dans le golfe de Gascogne par temps boucailleux et mauvaise visibilité.
A l’approche du Cap Sizun, le pétrolier rencontrait du mauvais temps de Nord-ouest avec de nombreux grains rendant la visibilité nulle. Le lieutenant de Vaisseau Eyriès était sur la passerelle en tenue de mauvais temps au moment du talonnage. Il n’avait vu ni le feu de Penmarc’h ni celui d’Armen. Filant 8 nœuds et ayant très nettement sous estimé sa dérive vers l’ouest, les rochers furent aperçus trop tard et malgré la rapidité de la manœuvre la Nièvre s’échoua le samedi 22 mai 1937 à 3 heures du matin sur les roches devant Porstarz en Primelin.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937a

   La mauvaise surprise passée, la Nièvre actionna tous ses moyens sonores (corne, sifflet, cloche) et lumineux (feux clignotants, projecteurs). M. Gourmelen, gardien des viviers Le Gall à Porstarz fût alerté et avec l’aide de son fils et de marins du voisinage, ils s’approchèrent de la côte pour porter secours au navire naufragé.
A 4 heures du matin, la gendarmerie d’Audierne était prévenue et le chef Anthoine ainsi que l’administrateur maritime du quartier d’Audierne Monsieur Guet se rendaient sur les lieux.
Dès 3 heures 30 les tentatives de débarquement avaient commencé. Après deux échecs, le canot à moteur de la Nièvre coula et la baleinière se brisa sur les rochers, vers 8 heures, le quartier maitre Cadran et le second maitre Castel réussissaient à joindre la côte à bord d’un youyou et à capeler une haussière. Les 59 hommes purent alors rejoindre le rivage avec un minimum de matériels.
Un seul homme fût légèrement blessé, le matelot cuisinier Moisan qui eut les deux chevilles foulées.
La population du voisinage accourue en masse réconforta du mieux possible (café chaud) les malheureux marins.
Pendant ce temps, 2 remorqueurs avaient appareillé de Brest : le Faisan à 7 heures et le Mastodonte à 8 heures 30.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937bCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937c
A 11 heures 28 par télégramme le Faisan faisait état d’une mer grosse et d’une faible visibilité.
A 11 heures 45, le Mastodonte signalait ne pouvoir s’approcher de la Nièvre sans risques majeurs.
Vers midi le Contre Amiral Derrien arrivait à Porstarz et devant l’état de la mer ordonnait aux deux remorqueurs de rejoindre Brest qu’ils atteignirent vers 17 heures 30.
10 hommes furent postés à la garde du navire sur lequel compte tenu de l’état de la mer, il n’était pas possible de remonter. Le reste de l’équipage se rendit au bourg de Primelin où des moyens de transports viendraient les rejoindre.
Vers 15 heures le Vice Amiral Laborde chef d’escadre se rendait également sur les lieux.
Vers 17 heures, les marins de la Nièvre furent rapatriés au 2ème dépôt de Brest où ils furent consignés.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937dCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937e


   Les cuves ayant été perforées, le mazout commençait à s’échapper du navire (il en restait 250 tonnes), créant une marée noire et obligeant Madame Le Gall, mareyeur sur les quais à Audierne, et propriétaire des viviers de Porstarz, à évacuer et mettre à l’abri sa précieuse cargaison de 3 tonnes de langoustes.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937h

    Le dimanche, le temps s’était dégagé et les marins avaient pu monter à bord du bateau et à débarquer matériels et munitions. De toute la Cornouaille des milliers de personnes ayant appris la catastrophe se rendirent sur le site. Des commerçants ambulants s’installèrent sur la dune, profitant de cette fortune de mer pour développer leurs commerces.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937kCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937mCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937lCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937o


   Vers 15 heures la foule ne cessait d’augmenter  et la mer de monter. La Nièvre gitait sur tribord et roulait légèrement. Le Lieutenant de Vaisseau Eyriès embarqua sur le Capitaine de Vaisseau Kerros, canot de sauvetage du Loch, afin de venir inspecter son navire.

CH16 - Naufrage de la Nièvre - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mai 1937

Le bateau de sauvetage CV de Kerros autour de la Nièvre


Les remorqueurs Faisan et Mastodonte étaient revenus sur les lieux.
Le Contre Amiral Ven était également présent et il fût décidé d’attendre la pleine mer de mardi pour tenter un renflouement.

Les Annales du bien  - 1937 -  Section de Quimper

Presse Ouest Eclair du 23-05-1937 - Naufrage de la Nièvre
Presse Ouest Eclair du 24-05-1937 - Naufrage de la Nièvre
Presse Ouest Eclair du 26-05-1937 - Naufrage de la Nièvre


CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937q    Dès le lundi matin, les remorqueurs Faisan, Mastodonte,  Toulinguet et le Provençal appareillaient de Brest.
Dans la matinée également, le matériel nécessaire au renflouement (bois, étoupe, ciment à prise rapide, pompes…) était acheminé par camions sur les lieux. Des scaphandriers seront mis aussi à contribution.
Le Capitaine de Vaisseau Homburger prenait en charge les opérations et visitait le navire. L’équipage resté sur place y embarquait également afin de préparer les manœuvres du lendemain.
Des allèges, deux chalands de 200 tonnes chacun, seront prévus pour soulager la Nièvre et seront remorquées sur place par le Ramier et l’Aiblet.
Tous les moyens seront donc mis en œuvre pour que le renflouement soit une réussite.
Hélas, les rochers et la mer furent les plus forts et les résultats ne furent pas conformes aux attentes. Dans la soirée les chalands et les remorqueurs rejoignaient leur port d’attache et l’on continuait à pomper le navire.
Ce dernier fût inspecté le 28 mai 1937 par le Capitaine de Vaisseau Homburger et l’ingénieur en chef du génie maritime Renvoise. Ils émirent un avis pessimiste sur les chances de renflouement du bateau et sa remise en état (cf rapport d’expertise).

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937r

Le 14 juin 1937 le Contre Amiral Bourrague secrétaire du conseil supérieur de la marine émettait l’avis suivant :
« Considérant l’âge du bâtiment et les dépenses à engager pour sa remise à flot, hors de proportion avec les services qu’on pourrait encore en attendre ;
Emet l’avis :
Il y a lieu de prononcer d’urgence la condamnation du transport pétrolier « Nièvre », et sa remise aux Domaines aux fins de vente au profit du Trésor, après récupération du matériel d’armement récupérable./. »

Le 22 juillet 1937 il fût vendu à Monsieur Glotz, 141 Boulevard Saint Michel à Paris pour la somme de 1.257 francs ( 640 Euros de nos jours). Monsieur Glotz fût seul à soumissionner.

CH16 - Vente de l'épave de la Nièvre

La coque fut ensuite progressivement démontée en profitant des marées basses.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937


On peut toujours apercevoir quelques restes de ce naufrage dont beaucoup d’habitants de Primelin ont gardé des vestiges.

CH16 - Bousole de la Nievre
Boussole de la Nierve


Les responsabilités.
Le 12-07-1937 sur la recommandation du Contre Amiral Derrien qui écrivait :
« En raison commandements antérieurs et connaissance région, Capitaine de Frégate Le Pivain paraît présenter aptitude particulière »
Le Ministre de la Marine César Campinchi (1) désigna le Capitaine de Frégate Louis Le Pivain comme commissaire du gouvernement à l'encontre du Lieutenant de Vaisseau Bruno Eyriès commandant de la Nièvre.
Il sera assisté par les Capitaines de Frégate Poher, Faivre, Deuve et Fouque.
Le 20-10-1937 le Ministre de la Marine Campinchi donne ordre de mise en jugement de Bruno Eyriès devant le conseil de guerre de Brest et demande à être informé par télégramme de la sentence du conseil de guerre.
Le 08-11-1937 Le Lieutenant de Vaisseau Eyriès est acquitté.

Bruno Eyriès finira sa carrière dans la marine avec le grade de Capitaine de Vaisseau.

CH16 - Logo HSB


 Chapitre réalisé avec l'aide précieuse de Michel BESCOU

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01 juillet 2012

15 - Les premières années du bateau de sauvetage CV de Kerros du Loch Primelin


 

   Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS" est le seul bateau à moteur moderne des Hospitaliers Sauveteurs Bretons du sud Finistère. A chaque occasion, le canot est mis en valeur. Les coûts d'entretien sont importants, et des dons sont régulièrement demandés à la population.

CH15 - Presse OE du 12-10-1937 - SOS des HSBCH15 - Presse OE du 21-06-1938 - Soirée musicale des HSB pour la sation de sauvetage du Loch PrimelinCH15 - Presse OE du 20-05-1939 - HSB à la foire-exposition à Quimper

L’équipage du nouveau bateau de sauvetage était composé de deux équipes :
La première de Primelin, (dite ordinaire)

  •      Eugène CISSOU - Patron
  •      Jean-Marie THOMAS - Mécanicien
  •      Guillaume CARVAL
  •      Henri DOUGUET
  •      Jean YVEN
  •      Jean KERSAUDY


Et la seconde de Plogoff, (dite de remplacement)

  •      Hervé QUERE - Patron
  •      Clet YVEN
  •      Henri DANZE
  •      J. KERSAUDY
  •      COATMEUR
  •      SICOURMAT

Durant les différentes interventions, le mélange des équipes était fréquent.

CH15 - Presse OE du 15-10-1937 - Station de sauvetage HSB du Loch Primelin - Bateau CV de Kerros

 

CH15 - Les annales du bien - la section HSB de Quimper en 1938

 

CH15 - Presse OE du 04-07-1939 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Bénédiction de la mer au Loch Primelin

 

Ch15 - Presse - CV de Kerros - Fête de la mer au Loch le 2 juillet 1939Bénédiction de la mer le dimanche 2 juillet 1939

 

CH15 - Presse OE de Aout 1939 - CV de Kerros - Fête du Sauvetage à Tréboul

CH15 - Logo HSB

 


 

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30 juin 2012

14 - L'inauguration du bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS au Loch Primelin

CH14 - Presse OE du 12-11-1936 - Date de l'inauguration du CV de Kerros

CH14 - Revue - Les annales du bien 1936

 
Les Annales du Bien - Octobre-Décembre 1936 :

Inauguration au Loch en Primelin et baptême du canot de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS »

Cette cérémonie s’est accomplie le 15 novembre par temps gris et un peu frais, au milieu d’un concours de marins et de curieux venus des communes voisines et jusque de Quimper et Audierne. Et ce fut très simple, comme il convenait à la mémoire du Commandant de Kerros, qui soldat héroïque parmi ses fusiliers marin, fut aussi un homme aussi simple dans sa distinction que le chef aimé entre tous.
   Nous avons remarqué là M. GUET, administrateur de l’Inscription Maritime à Audierne, délégué par M. le Ministre de la Marine Marchande ; M. le Secrétaire Général de la Préfecture remplaçant M. le Préfet ; M. CAVENEL, Ingénieur en chef des ponts et Chaussées ; M. BALCH,  Ingénieur des ports.
   MM. les Maires de Primelin et des communes voisines, etc ….
   La section de Quimper, de laquelle dépend la section du Loc’h était représentée pas M. DESTOUR son distingué président, M. Le FLOCH, son dévoué secrétaire-trésorier ; M. de BROC, inspecteur des stations ; M. VILLARD, conservateur du matériel et le dévoué président des Anciens Marins et Pompons Rouges.
   Le président du Conseil Supérieur atteint de cataracte, avait pu répondre à l’appel de la section grâce à la présence amicale de M. ABADIE. Son premier geste, arrivant, fut de donner l’accolade au bon vieux brave que fut le patron du Paul LEMONNIER,  M. THOMAS père du mécanicien à bord du nouveau canot.
   Avec un très léger retard, venu de l’encombrement du lieu par la foule, M. l‘abbé ABGRALL, recteur de Primelin, s’adressa à « ses chers marins » et à leur vaillantes compagnes dont il exalta les vertus comme épouses, comme mères, comme veuves, femmes qui savent la noblesse et l’utilité du métier. Après cette allocution appréciée de tous, M. ABGRALL procéda à la bénédiction traditionnelle.

CH14 -1- Bénédiction - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a PrimelinCH14 -2- Bénédiction - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   Puis ce fut à M. DESTOUR de prendre la parole. Il remercia le Président Général et le Conseil Supérieur, accepta la charge d’administrer cette station du Loc’h avec l’aide de ses collaborateurs, rendit hommage à la bienveillance des autorités civiles et marines, dit sa vive sympathie pour les Marins, en particulier pour ces Pompons rouges qui ont fait de lui leur président d’honneur. Son discours, fin littéraire, bellement dit, fut chaleureusement accueilli.

CH14 -3- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   M. Léon BERTHAUT lui succéda. Il remercie d’abord le président de Quimper et ses collaborateur. Après quoi, il rappelle l’histoire de la création de cette station du Loc’h, grâce aux généreux concours de Mme LEMONNIER qui, d’ailleur, avec les H.S.B. , fonda aussi cette Ecole de Groix, première école de pêche ouverte en France et que soutiennent toujours les H.S.B. Le président général évoque aussi les exploits du Paul LEMONNIER, conduit à travers tant de périls par son patron THOMAS, aux médailles duquel s’est enfin ajoutée la Croix de chevalier du Mérite Maritime.

CH14 -4- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

CH14 -5- Presse le courrier du Finistère - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 -6- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a PrimelinCH14 -7- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

    Pour parler du nouveau canot, qui a si bien débuté le 30 octobre, M. Léon BERTHAUT, en saluant la mémoire du commandant de KERROS, en exalta le noble caractère et rendit hommage à Mme de KERROS, représentée à la cérémonie par les parrain et marraine, M. et Mme Jean de KERROS, accompagnés de M. Léon de KERROS et de M. le commandant de RODELLEC de Portzic. Après quoi, le président général fit allusion à l’exploit accompli déjà par le beau bateau construit aux Chantiers de Normandie, grâce à l’habileté du patron CISSOU et à la vaillance de son équipage. Il offrit ce premier résultat en hommage de reconnaissance aux souscripteurs qui ont fourni environ le tiers de la somme nécessaire au paiement du canot. A ce témoignage s’ajoute l’expression de la gratitude des H.S.B. envers les hautes administrations : Ministère de la Marine Marchande ; Ponts et Chaussé, etc … Le Président général termina en faisant appel aux amis, lointains ou rapprochés, des gens de mer et des œuvres de sauvetage, des H.S.B. en particulier.

CH14 -8- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mise à l'eau

   Une telle cérémonie ne peut se terminer sans le lancement de la nouvelle unité. Le départ eut lieu dans les meilleures conditions, à l’admiration de la foule qui put voir le bateau passer la barre avec souplesse d’une mouette …

CH14 -9- Photo colorisée - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   Ce que nous ajouterons ici, avec l’autorisation du Président Général c’est que le bel équipage du 30 octobre ne sera point oublié dans les propositions de récompenses pour l’Assemblée général de 1937.
   Mais il y a encore beaucoup à faire pour que cette station du Loc’h donne aux H.S.B. toute satisfaction et, entre autres choses, la possibilité de partir à toute heure. Avec la bienveillance des chefs de toutes les administration de la région, tout le possible sera fait, nous l’espérons, dans un assez proche avenir.
   Des remerciements spéciaux étaient dus à M. le Secrétaire Général de la Préfecture et à M. l’Administrateur de l’I.M., qui après M. le député PERROT, voulurent bien assurer les H.S.B. de ce bienveillant intérêt que portent les administrations et l’Etat au progrès du sauvetage et à l’effort des H.S.B. qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de ces remerciements sincères.
   « Et maintenant, nous dit le Président Général questionné, que notre section de Quimper veuille bien nous aider à faire vivre la station du Loc’h !. Les équipages, sous la direction de M. EON, chef de station, nous sauront faire honneur. A notre tour, nous leur rendons justice et nous efforceronts de la leur obtenir de tous et partout !».

CH14 -10- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mise à l'eau

   L’épouse de Léon De KERROS, Mme Jeanne née MEROT Du BARRE empêchée par la maladie fut représentée par son fils, Jean De KERROS et son épouse Germaine née DELACOUR (1906-1959) marraine du canot. Ceux-ci embarquèrent avec leur neveu Emmanuel qui se souvient de la chute à l’eau du chapeau de la marraine, provoquant un exercice inopiné « un homme à la mer » sous les yeux admiratifs de la foule.

CH14 - Presse Ouest Eclair du 16-11-1936 - Inaugurations du bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Presse Ouest Eclair - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Presse le Dépèche - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Revue - Le Yacht n°2801 Novembre 1936 - Inauguration du CV de Kerros

   De la journée inaugurale, subsiste donc, une foule de documents que nous rapportent les journaux de l’époque. Mais aussi, de merveilleuses photos prises principalement par Mr Joseph VILLARD, membre de la section H.S.B, passionné de bateaux et de voile. Mais reste surtout, la mémoire des témoins encore vivants qui se souviennent de cet événement.

CH14 - Trou au plafond de l'abrit de sauvetage

 

   Un des « détails » non cité par les journaux fut peut-être un accident évité de justesse, lors de la mise à l’eau du canot : en effet, le nouveau bateau n’avait pas le même poids que le Paul LEMONNIER, sur le chariot qui le menait par les rails à l’océan.
  La personne qui manipulait le treuil manuel fut surprise par l’accélération brutale de la poignée qui n’avait pas été débraillée. La démultiplication fit tourner à vive allure la poignée et la projeta avec force, mais heureusement en direction du plafond de l'abrit situer à 5 mètres de haut.
 

   Encore aujourd’hui on peut voir le choc qu’a laissé l’impact de la manivelle sur le parquet de 3 cm d’épaisseur. Un trou de 4 cm de diametre !. La foule occupée à regarder le canot « glisser » en direction de l’océan ne se rendit compte de rien.

 

CH14 - Logo HSB en tissu

 


 

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25 juin 2012

13 - Le brillant début du Bateau de sauvetage CV de Kerros dans la baie d'Audierne


 

   Le 30 octobre 1936, 15 jours avant son baptême au Loch Primelin, le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise une série de sauvetages très remarquée.

CH13 - Presse OE du 05-11-1936 - Les beaux début du CV de Kerros

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 b

Les Annales du Bien : Octobre / Décembre 1936
Brillant début, au Loch, de notre canot  « Capitaine de Vaisseau de KERROS »
Voici la partie la plus substantielle du remarquable rapport adressé au Président Général par M. EON, Chef de Station au Loc'h, sur la première sortie du Capitaine de vaisseau de KERROS, le 30 octobre :
« Le temps était beau et plusieurs embarcations se livraient à la pêche dans la baie d'Audierne.
Alors que rien ne pouvait le faire prévoir, une houle formidable se leva tout à coup, déferlant avec fracas sur les falaises et interdisant l'entrée du Loc’h à cinq embarcations de ce port, surprises en mer par ce coup de temps inattendu. Mis au courant de ce qui se passait, je me rendis aussitôt à la station afin de prendre toutes dispositions utiles.
   Le patron CISSOU, conscient de ses devoirs, avait déjà rassemblé son équipe et disposé le matériel en vue d'une sortie. Jugeant critique la situation des embarcations surprises en mer, je mis le canot à l'eau à 13 heures, la hauteur de la marée ne me permettant pas d'opérer plus tôt. La manœuvre fut faite avec plein succès.
   Les barques en mer, voyant que l'entrée du Loch leur était impossible, avaient mis le cap sur Audierne, estimant sans doute que la passe de ce port serait plus aisée. J'ordonnais donc au patron CISSOU de faire route de ce côté, de rentrer nos embarcations à Audierne et de prêter son concours si d'autres barques se trouvaient en difficulté aux abords de ce port. La manœuvre de sortir de là était délicate, car la houle déferlait avec une extrême violence en plein travers de la baie, submergeant complètement la digue et balayant la route de grande communication qui longe le Loch. L'équipe du Capitaine de Kerros nous démontra, à cette occasion, toutes ses qualités manœuvrières et exécuta cette opération d'une façon impeccable, à la grande admiration des nombreuses personnes spectatrices.
   Peu après, il atteignait successivement les barques numéros 1481, 1264 et 1756, du Loch, montées par les marins Ferdinand KERLOCH, de Plogoff ;  Arsène CARIOU, de Primelin ; Yves et Simon COSQUER, de Primelin. Ces hommes furent recueillis à bord du Capitaine de vaisseau de KERROS et les trois canots mis à la remorque. Deux embarcations restaient à secourir ; mais l'état de la mer à l'entrée de la baie d'Audierne ne permettait pas d'en prendre un plus grand nombre sans risques d'avaries. CISSOU les prévint de rester au large en attendant son retour. Il fit alors route sur la passe d'Audierne. En passant la barre, l'étrave d'une des embarcations dut accrocher par la violence des lames : le canot partit à la dérive. Quant au Capitaine de vaisseau de KERROS, il atteignit heureusement Audierne, avec ses trois équipages déposés à quai.
   Se jouant des lames énormes qui déferlaient à l’entrée, il ressortit aussitôt, rattrapa l'embarcation qu'il avait perdue quelques instants plus tôt et recueillit les marins Laurent CARIOU et Jean-Marie FOLLIC. Leur canot fut pris en remorque et entré à Audierne à 15 heures. Nouvelle sortie pour le canot monté par les marins Henri CARADEC et Joseph CARIOU, de Plogoff. La manœuvre réussit d’une façon aussi brillante que les précédentes. Il est alors 15h20. On signale alors au Capitaine de vaisseau de KERROS que deux embarcations de Pors-Poul’han, sont en difficulté au large. Il reprend la mer aussitôt, fait route au Sud-Est et rejoint, environ à trois milles de la passe, les deux embarcations qui sont montées par 5 hommes : Guillaume ANSQUER, Le DERN ; les autres noms me sont malheureusement inconnus. Les hommes et les embarcations sont ramenés à Audierne à 16h30 sous les acclamations de la foule enthousiasmée.
   Le mécanicien Jean-Marie THOMAS me signale leur rentrée à Audierne. Je lui donne l'ordre d'amarrer le canot à l'abri dans le fond du port, estimant que l'état de la mer au Loch ne permet pas de le hisser sans risque d'avaries.
   Le samedi 31, le temps étant plus clément, le Capitaine de Vaisseau de KERROS rejoignait Le Loch et était rentré dans son abri sans incident. D'après les déclarations de M. JAFFRY d'Audierne, secrétaire de la Société Générale, qui assistait en personne aux opérations de sauvetage, il y aurait eu, sans l'heureuse intervention de notre canot, mort d'hommes à déplorer, le canot de sauvetage d'Audierne, vu ses faibles moyens, ne pouvant franchir la barre, se trouvait dans l'impossibilité d'apporter le moindre secours aux équipages en danger. II m'a de plus fait de grands éloges de l’équipage et du canot du Loc’h qui ont causé l'admiration de la population d'Audierne.
Ceci est tout à l'honneur de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons. Treize hommes sauvés, sept barques arrachées à une perte certaine, le Capitaine de Vaisseau de KERROS s'est, pour sa première sortie, taillé la part du lion, espérons qu'il ne s'en tiendra pas là.

L'équipage tout entier, qui a fait preuve d'initiative et d'un cran digne d'éloges était ainsi constitué :
Eugène CISSOU, patron
Jean-Marie THOMAS, mécanicien.
Jean KERSAUDY, matelot.
Jean YVEN, matelot.
Henri DOUGUET, matelot.
Guillaume CARVAL, matelot.
Tous de Primelin.

Je les propose à M. le Directeur pour la prime prévue par les statuts.
Le matériel s'est comporté d'une façon admirable, le Capitaine de Vaisseau de KERROS est une merveille et fait grandement honneur à l’ingénieur qui a conçu ses lignes et à son constructeur. Le moteur a fonctionné d’une façon parfaite.

Le Chef de Station
Signé : J. EON

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 a

Article de presse Ouest Eclair du 10 novembre 1936 - Une visite au petit port du Loch Primelin

CH13 - Daniel Thomas ancien patron du Paul Lemonnier et Chef de la station HSB du Loch Primelin

Photo de Daniel THOMAS, ancien Patron du Paul LEMONNIER et ancien Chef de la station HSB du Loch Primelin, devant le bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS en Octobre 1936.

CH13 - Logo HSB

 


 

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20 juin 2012

12 - L'arrivée du bateau de sauvetage CV de Kerros à la station HSB du Loch Primelin

   Le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise en moins d'une semaine les essais moteur et les essais en mer aux Chantiers Navals de Normandie à l'issu de sa première mise à l'eau.
J'ai pu retrouver différents articles de presse qui relatent son transfert de Fécamp à Primelin, en plusieurs étapes.

CH12 - Article de presse - passage a St Malos - CV de KerrosCH12 - Article de presse de Rennes sur le Canot CV de KerrosCH12 - Article de presse - Ministre a Lorient - Bateau de sauvetage CV de Kerros

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Rennes devant les HSB

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 1

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 2

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 1CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 3CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 2

Mon grand père, Jean-Marie THOMAS, le mécanicien du bateau, récupère le bateau de sauvetage à Redon avec 3 autres membres d'équipage : Eugène CISSOU, Jean KERSAUDY et Jean YYEN. Pour cette dernière étape avant sa destination finale, le canot a rendez-vous à Lorient au congrès des HSB. Le ministre de la mer de l'époque en est l’invité d'honneur.


CH12 - Notes de Jean-Marie Thomas au HSB

 A son retour à Primelin, Jean-Marie THOMAS fait
 une petite note à Léon BERTHAUT pour lui expliquer
 que la traversée par la mer s'est bien déroulée.


 Le canot arrive au Loch Primelin le 5 octobre 1936.
 Des photos du "De KERROS" monté sur son chariot sur la
 rampe de lancement furent réalisées par Joseph VILLARD.


 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 aCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 bCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 c


   Durant les semaines qui précédèrent l’arrivée du nouveau bateau, une série d’aménagements furent nécessaires : le chariot de l’ancien canot dû être modifié. Jean-Marie THOMAS (mon grand-père) travailla sur cette adaptation à partir des plans du bateau, fournis par les chantiers navals de Normandie. A l’arrivée du bateau en octobre, tout était donc pratiquement déjà prêt. L'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER fut placé sur le sable de la partie haute du port en attendant son transfert sur Bénodet (voir Ch 02). Les coefficients des marées augmentant, un après-midi, le canot se mit à flotter, ce qui plut semble-t-il beaucoup aux jeunes du Loch qui se trouvaient là. Ils montèrent à bord et allèrent se promener dans le port au plus grand énervement des anciens. Au bout de la digue, la houle étant plus forte, un des enfants dégoupilla la lourde dérive pour stabiliser le bateau. Mais au retour, la quille touchant le sable, nos jeunes « sauveteurs en herbe » ne purent la remonter vu son poids et durent regagner la rive avec de l'eau jusqu'à la taille. Mon père, Jean THOMAS, me raconta cette petite anecdote. Agé alors de 6 ans, il vit toute la scène du haut de la grève, sans doute trop jeune pour faire partie de l'équipe d'aventuriers.

   Je n'ai pas trouvé la date exacte du transfert de l'ancien canot, mais il est probable que cela se soit passé avant l'inauguration du nouveau bateau de sauvetage qui eu lieu le Dimanche 15 novembre 1936.

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Remorquage du Paul Lemonnier à Bénodet

 Départ du Paul LEMONNIER pour Bénodet, remorqué par le nouveau bateau de sauvetage "CV de KERROS"

 

La dépêche de Brest du 03-11-1936 - Arrivée du Bateau de sauvetage CV de KERROS à Primelin

 

Logo HSB

 

 

 


 

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15 juin 2012

11 - Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS"


 

   Début 1935, il est décidé de remplacer le canot de sauvetage Paul LEMONNIER par un canot à moteur moderne. Rapidement des échanges techniques s'établissent entre Jean-Marie THOMAS (le fil de Daniel THOMAS) et l'ingénieur LEPELTIER, missionné par Léon BERTHAUT pour travailler sur le projet.

Courrier de Jean-Marie THOMAS à Léon BERTHAUT en février 1935

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 aCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 bCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 c

   Les Chantiers Navals de Normandie de Fécamp furent choisis pour construire le canot, sous la direction de M. Henri LEMAISTRE. Début 1936 le cahier des charges est défini :
Caractéristique du Bateau de sauvetage CV de KERROS

Plan du Canot de sauvetage CV de Kerros

CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4CH11 - Charpentiers du Chantier Naval de Normandie à Fécamp

   La construction du bateau sera réalisée durant le premier semestre 1936. ( Plan du canot de sauvetage )

   La réalisation d'un bateau moderne de ce type reste très onéreuse. En mai 1935, une souscription pour la construction d'un bateau à moteur et à voile pour le Loch Primelin est lancée.

 OE de 1935 - Souscription pour le bateau du Loch PrimelinOE de 1935 - Soucription du bateau du Loch PrimelinCH11 - Souscription pour le Nouveau Bateau de Sauvetage du Loch Primelin

   En juillet 1936, un article des Annales du Bien nous informe que la somme de 41.968 Francs est atteinte ; nous pouvons y retrouver les principaux donateurs. En octobre 1936, c'est la somme de 45.000 Francs qui sera récoltée.

Les Annales du Bien 1936 :

Souscription pour la construction du bateau à moteur et à voile destiné à la station des marins-pêcheurs du Loc’h en Primelin.

   Nous avons dit comment et pourquoi, dans la crise économique subie par notre Pays, nous avons cru devoir ouvrir, au début de l'année 1936, une souscription destinée à doter enfin la station du Loc’h d’un canot de toute sécurité pour remplacer le Paul LEMONNIER, arrivé à bout de bord.
   Immédiatement, nous avons été entendus déjà d’un certain nombre de personnes, gens d’esprit et gens de cœur, qui avaient pu lire notre appel. Nous voulions que l’entreprise pût être menée à bonne fin avec les seules ressources liquides de la Société de H.S.B., complétées par le produit de la souscription et sans avoir à toucher aux réserves de sécurité.
   Aujourd’hui, nous pensons que l’heure est venue :
   - 1er de remercier nos souscripteurs
   - 2ème de faire appel à d’autres.
   Toute notre fidèle gratitude va en effet aux Bienfaiteurs, Amis et Sociétaires dont nous publions la liste en vue de leur rendre hommage. Riches ou non, grands et petits souscripteurs méritent notre reconnaissance dans l’effort commun pour le développement régulier d’une œuvre qui, de toutes parts sollicitée, n’a qu’un défaut, celui de ne pas disposer de sommes correspondant à la sympathie qui l’entoure, non plus qu’aux besoins de son organisation, qui, actuellement, outre ses grandes stations, inévitablement coûteuses de création et d’entretien, comprend plus de 300 postes avec embarcations diverses de petit secours, lignes, bouées, lochs de Kerros, lignes flottantes, caisse de secours, appareils panis, etc. …
   Mais avec le temps et la suite dans les idées, nous touchons au but visé, raisonnable et de plein rendement : maintenir les stations utiles là ou les H.S.B. ont répondu aux besoins et au désir des populations ; remplacer, entretenir, perfectionner ces stations et celles-là seulement ; n’en établir aucune qui ne réponde à un besoin nouveau et indiscutable ; entretenir sur les plages, au long des cours d’eau, dans les ports et sur le littoral, les 300 postes divers fondés avec le concours de nos Sections et des populations régionales ; enfin accroître le nombre des postes et des engins selon qu’il en sera besoin et avec le souci d’un perfectionnement indéfini. Tout cela, sans cesser d’encourager l’enseignement de la natation et du sauvetage, en complète union de cœur et de pensée avec nos amis de la Fédération Nationale et des autres grandes Associations maritimes et de secours, sur terre et sur mer, selon la devise adoptée par notre fondateur NADAULT DE BUFFON.
    Aussi bien, ayant rendu hommage à nos Bienfaiteur, Amis et Sociétaires, aux Présidents des Sections dont l’excellente administration nous a permis d’augmenter considérablement le total de nos ressources liquides, les prions-nous de nous faire connaître davantage encore autour d’eux, par leurs amis personnels, par la Presse, par la journée des plages et par tous les moyens de raison et d’honneur qu’ils jugeront susceptibles de réussite. Dans le trouble qui agite et inquiète toutes les nations et désoriente les individus depuis cette immense catastrophe que fut la guerre mondiale, c’est aux tâches de vie et de fierté, de qualité indiscutable, qu’il convient de se consacrer pour « servir ». La nôtre, étant telle, efforçons-nous, non seulement de « tenir » malgré tout, mais de grandir et de justifier notre existence même, en dehors et au-dessus tout ce qui divise.

Le Capitaine de Vaisseau De KERROS sera le nom du bateau (hommage à Léon De KERROS - 1867-1930)

Le Capitaine de Vaisseau Léon de Kerros (1867-1930)
Un article de la revue SNSM n° 54 de 1995 retrace
l'histoire de la famille de KERROS avec la mer Revue SNSM n° 54

 La Revue Les annales du bien de juillet 1936

CH11 - Courrier des chantiers navals de Normandie a Jean Marie Thomas en sep 1936

 

 

Courrier des CNN
à Jean-Marie THOMAS
en septembre 1936

 

 
   

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin de l'abriCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin du Chariot

   Des échanges techniques auront lieu tout au long de l'année 1936 entre M. LEMAISTRE des Chantiers Navals de Normandie à Fécamp et Jean-Marie THOMAS du Loch Primelin pour l'adaptation du canot aux dimensions de l'abri existant, ainsi que pour les modifications à apporter au chariot de l'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER.

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2
Premier contact du canot avec l'eau au CNN de Fécamp

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 5

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4La première mise à l'eau du bateau CV de KERROS fut réalisée à la mi-septembre 1936 au CNN de Fécamp

Article sur le bateau de Kerros dans la revue Le Yacht n°2760 du 18 Avril 1936

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10 juin 2012

10 - La station de sauvetage HSB du Loch à Primelin dans les années 1930

 La plage du Loch Primelin dans les années 1930
La plage du Loch Primelin prise de Plogoff

 

   Au début des années 1930, les Hospitaliers Sauveteurs Bretons ont en projet de remplacer le canot de sauvetage Paul Lemonnier. Des échanges de courriers de 1933 entre Daniel THOMAS, Chef de la station du Loch Primelin et Léon BERTHAUT, Président des HSB, évoquent déjà ce que serait l'évolution de la station dans les années à venir.

Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 1Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 2Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 3

Courrier de Léon Berthaut a Daniel Thomas 1Courrier de Léon Berthaut a Daniel Thomas 2

Un inventaire de 1935 nous signale le mauvais état de la coque du Paul Lemonnier.

Inventaire de la station du Loch Primelin en 1935

Le Port du Loch Primelin dans les années 1930

 Le port du Loch Primelin dans les années 1930

Un hydravion au loch primelin

 
 
  En mai 1935, un détail peu banal au Loch Primelin :
  l'amerrissage en urgence d'un hydravion dans l'anse du Loc'h.
  Il semble que l'appareil sera finalement remorqué sur Audierne
  pour être réparé. Le passage du Raz de Sein pour Brest étant
  jugé trop dangereux pour le convoi.



   En juin 1939, M. Léon Berthaut, Président des H.S.B., donna son accord pour réaliser un film à but pédagogique pour une propagande utile sur un sauvetage en mer. La station du Loch fut choisie et M. Léon Berthaut écrivait :

    "Je verrais un grand avantage à simuler un appel de sauvetage, les sauveteurs arrivant en hâte, ouvrant la porte de l’abri, le patron dirigeant les opérations de descente, le départ, la montée sur la barre du Loc’h ….
    Cela serait tout à fait intéressant pour la foule des non initiés et certainement d’une propagande utile – on pourrait produire ce film d’abord à Quimper au bénéfice de la station, puis dans toutes les autres stations ....."

Ce film ne vit hélas jamais le jour.

   Un film similaire fut réalisé sur Audierne quelques années plus tôt en 1931. La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés réalisa une reconstitution de sauvetage avec le Canot de Sauvetage Général-Béziat.


   Le guetteur, au mât pilote, repère le navire en difficulté, il donne l'alerte en tirant au canon d'alarme et en hissant le pavillon de  détresse. Deux pêcheurs voient le signal et se précipitent vers l'abri du canot de sauvetage. Un des pêcheurs court dans les rues d'Audierne en faisant retentir la trompe d'alerte. Tout le monde se dirige vers le port en courant. Les douaniers tirent leur charrette de matériel vers le port. Les canotiers s'équipent pour le sauvetage, sortent le canot de son abri et le mettent à l'eau. Le guetteur hisse le pavillon de la Société Centrale de Sauvetage et les canotiers rament jusqu'au bateau en difficulté pendant que la foule s'est amassée sur la jetée. Les douaniers installent la fusée lance-amarre et les sauveteurs approchent du bateau. Le canot de sauvetage recueille et repêche des naufragés.

 

CH10 - Le Port du Loch Primelin dans les années 1930b Le port du Loch Primelin dans les années 1930

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05 juin 2012

09 - L'échouage du Cargo Borgfred à Primelin le 29 mars 1933


   Histoire du cargo BORGFRED échoué dans l'anse de Feuntenigou à coté du Loc’h, le mercredi 29 mars 1933.
Le BORGFRED, lors de son échouage à Primelin, venait de Requejada près de Santander (Espagne) où il avait
chargé 1528 tonnes de minerai de cuivre-zinc et se dirigeait vers Odda (Norvège).

   L’échouage avait eu lieu la nuit, et au matin l’équipage s’était rendu compte que la côte était à portée de chaloupe.
Ils avaient mis à l’eau leur canot et avaient quitté le navire. La nouvelle du naufrage, au petit matin, commençait à se
faire savoir. Le canot de sauvetage Paul Lemonnier ainsi que d’autres canots allaient à leur rencontre, pour leur porter
assistance. Mais l’équipage avait fait demi-tour et était retourné sur leur navire… peut-être par peur de laisser le cargo
aux « pilleurs d’épave » ... - sage décision.

CH09 - Naufrage du Borgfred 1933bb

   Le cargo Borgfred avait eu plus de chance que l’Estrid, (qui s’était échoué à la pointe de Lervily à Esquibien le
3 février 1933, quelque mois plus tôt). En effet, grâce à l’aide de plusieurs remorqueurs, le cargo avait réussi à
s’extirper des roches de l'anse de Feuntenigou, malgré tout, pour y parvenir, ils avaient dû vider le cargo de son
contenu cuivre-zinc. Les oranges que contenait l’Estrid avaient fait le bonheur de la population du Cap, à l’inverse,
le chargement du Borgfred avait détruit toute la faune marine locale durant plusieurs mois.

Article de l'Ouest Eclair du 30 mars 1933 - Echouage du borgfred

Echouage du borgfred
.
Le 29 mars 1933 - Le remorqueur SEAFALK se trouvait en station à Douarnenez
à 11h40 : Il reçoit la nouvelle par téléphone que dans les parages (voisinage) d’Audierne, un navire est échoué.
à 11h50 : Il lève l’ancre et se dirige au large – vent du nord – force 3 – ciel clair.
à 14h00 : Il arrive sur les lieux où le vapeur norvégien BORGFRED est échoué dans les environs de Primelin.
   Nous mettons alors notre canot à moteur à l’eau et nous nous rendons sur le BORGFRED, où nous trouvons le
   capitaine et son équipage à bord. Nous lui offrons notre assistance dans la forme du contrat de Lloyd. (no cure,
   no pay). Nous envoyons 2 pompes transportables à bord et nous fixons la remorque à bord.
à 16h56 : Nous commençons le remorquage.
à 19h39 : Nous sommes obligés d’interrompe le remorquage, le navire ne flottant pas encore.
   Les 2 pompes à moteur travaillent à puiser l’eau dans les cales 1-2-3-4. Les ballasts sont pleins d’eau.
   A l’arrivée de la nuit, nous recueillons l’équipage du BORGFRED, à l’exception du capitaine du navire et de 2
   officiers qui restent à bord. Nous ramenons les effets des hommes de l’équipage. Nous commandons des ouvriers
   et du matériel à Brest afin de procéder au déchargement de la cargaison.

CH09 - Naufrage du Borgfred 1933cc
Le 30 Mars 1933 - Grosse houle de SW, vent de nord – force 3
à 04h50 : Nous commençons de nouveau le remorquage.
à 08h05 : Le remorquage est interrompu, le navire ne flottant toujours pas
   Le BORGFRED se prépare au déchargement.
à 12h00 : Les ouvriers arrivent avec leur matériel. Le nécessaire est fait pour les transporter à bord.
   Il y a 23 hommes. Commence le déchargement, par les cales 2 et 3.
à 15h00 : Déchargement interrompu .... ramené les ouvriers à terre.
à 20h00 : Le remorquage est interrompu. Une surveillance est organisée à bord du BORGFRED pour surveiller
   les pompes. Nous procédons à l’épuisement des cales.
   Appelé le remorqueur ZWARTSEE. Nous avons déchargé environ 100 tonnes.

CH09 - Naufrage du Borgfred 1933dd



Le 31 mars 1933 – Grosse houle de W, vent de W, force 4 – nous continuons à épuiser les cales.
à 06h40 : Commencé de nouveau le remorquage
à 07h00 : Ramené les ouvriers à terre à marée haute. Le navire ne flotte pas encore
à 08h50 : Terminé le remorquage – 30 ouvriers procèdent à l’épuisement des cales 1 et 2.
   Nous appelons le remorqueur SCHELDE
à 16h00 : Nous reprenons le remorquage
à 21h45 : Interruption du remorquage – le navire ne flottant toujours pas….
   Le navire vient de faire 10 à 20 mètres vers le large. Ramené les ouvriers à terre.
à 22h00 : Le SCHELDE arrive. Nous transportons une pompe de ce navire au BORGFRED
à 23h00 : Le ZWARTSEE arrive, l’équipage du SEAFALK continue le déchargement.

CH09 - Naufrage du Borgfred 1933aa



Le 01 avril 1933
à 01h00 : Mauvais temps, levé l’ancre. Le ZWARTSEE passe une amarre sur le BORGFRED
à 05h45 : Commencé le remorquage.
à 09h50 : Interruption du remorquage. Houle de SW, tous les équipages continuent le déchargement de la cargaison
à 18h00 : Commencé le remorquage.
à 21h55 : Le remorquage est à nouveau interrompu, le navire ne flottant toujours pas.

CH09 - Naufrage du Borgfred 1933ee


Le 02 avril 1933 – Vent de SW force 2, houle de SW, les équipages poursuivent le déchargement.
à 06h45 : Recommencé le remorquage. Le scaphandrier essaie de localiser les avaries
à 09h50 : Le remorquage est interrompu, le navire ne flottant toujours pas. Continué le déchargement.
à 19h00 : Recommencé le remorquage. Les pompes continuent à travailler.
à 20h40 : Le navire flotte enfin, nous l’éloignons de la côte.
à 20h55 : La remorque en manille est brisée, le ZWARTSEE est remorqué. Le SCHELDE aide à gouverner.
   la remorque est brisée à notre bord. Les pompes travaillent sans arrêt sur le BORGFRED.
   Le niveau de l’eau ne diminue pas.

Le 03 avril 1933 - Le ZWARTSEE convoie le train de remorque, après que le SEAFALK ait fixé une nouvelle
   remorque à cause de la brume. Nous contournons ArMen, et nous nous dirigeons sur Brest afin d’assurer la
   sécurité du BORGFRED.
à 11h00 : Nous arrivons à Brest sur rade. Nous pouvons colmater les voies d’eau du BORGFRED par notre
    scaphandrier.

Signé : le capitaine.

Suivie de 2 signatures
1 - Max Klorre : mécanicien, 27 ans, de Emden en Allemagne
2 - Henrik Bake : matelot, 21 ans, de Wesermunde en Allemagne

Le remorqueur Seefalke

Le remorqueur Seefalke dans la baie de Douarnenez

Echouage du borgfred FIN

Le remorqueur allemand Seefalk fut saisi à son arrivée à Brest après le remorquage du cargo BORGFRED.
Article de l'Ouest Eclair du 4 Avril 1933
Article de l'Ouest Eclair du 5 Avril 1933

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Caractéristiques du BORGFRED (1920-1967)
Longueur : 85.62 m
Largeur : 12.54 m
Creux : 6.06 m
Machine : 1924 IHP donnant une vitesse de 9.50 nœuds

Jauge brute : 740 tx
Jauge nette : 360 tx
Port en lourd : 3560 Tonnes
Signal distinctif : L.O.P.Z Rapport du commandant du SEAFALK remorqueur allemand de 4200 CV


Construit en 1920 par SWAN HUNTER RICHARDSON SUNDERLAND (Angleterre).
Il changea souvent de nom et de propriétaire durant sa carrière nautique.
1920 : Construction du cargo
1923 : Le Winroth
1933 : Le Borgfred
1947 : Le Tarva
1955 : Le Sandli
1959 : Le Bitten
1962 : Le Immy
1967 : Envoyé à la casse à Spezia en Italie

   Malgré son échouage en 1933 à Primelin, sa carrière s’est achevé en 1967, durée de vie relativement longue pour
un cargo. Durant la seconde guerre mondiale, il fût mis à disposition des alliés pour transporter en convoi, avec
d’autres navires, personnel et matériel de guerre en Nouvelle-Guinée. En mai 1941, il secourt l’équipage de 2
bateaux Anglais torpillés par un sous-marin allemand (U-110).

 


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01 juin 2012

08 - Un peut plus loin à l'est : la station de sauvetage des HSB de Pors-Poulhan

 

   Un peu plus loin à l'est, sur les côtes du Cap à Pors-Poulhan en 1926, est construit une nouvelle station H.S.B.

1926-07-07 - le jeanne david à Quimper

 

Le canot Jeanne David arrive par le rail en début juillet 1926.
Il sera présenté pour un weekend à la population quimpéroise,
avant son arrivée sur Pors-Poul’han

 

 

CH08 - Article Ouest Eclair du 10 juillet 1926 - Le Jeanne David à Quimper

   Le baptême du canot à avirons Jeanne David se déroule le dimanche 11 Juillet. Ce jour là, Monsieur Saliou, recteur
de Plozévet, monta sur le canot et remercia les Hospitaliers Sauveteurs Bretons du don qui venait d'être fait au petit
port de Pors-Poul’han. La station fut supprimée après guerre, et le canot vendu à un particulier en 1946. Il semblerait
que le canot n’ait fait que très peu de sorties. Seul le bâtiment abri témoigne encore de la présence passée d'une
station de sauvetage.

Article Ouest Eclair du 9 juillet 1926 - Le nouveau Canot

Article Ouest Eclair du 9 juillet 1926 - L'équipage

L'Ouest Eclair :
   L’événement attendu depuis longtemps par les pêcheurs de
la cote sud d’Audierne a eu lieu hier devant une foule nombreuse
accourue de tous les points de ce pays sauvage et beau : la vraie
Bretagne. Le Jeanne David a pris sous le grand pavois
possession de son élément. Bénédiction du bâtiment, mise à la
mer, discours, tout se passa simplement et cette cérémonie
n’en fut que plus émouvante……
Dans la foule silencieuse, on entend parfois un cliquetis de
médailles ; un geste découvre un ruban, une poitrine toute
constellée de médailles. C’est que, nous vous l’avons déjà
dit, nous sommes au pays des héros. Puis c’est la bénédiction du bâtiment, donnée par M. le recteur de Plozévet
en présence de Mme Le Bail, marraine, à qui une jeune fille remet une gerbe de fleurs, et du grand statuaire
breton Quillivic, qui était le parrain.  ……
   Vous avez dû redoubler d’efforts. De concert avec la Société centrale de sauvetage, vous avez multiplié les
stations sur cette côte orageuse et tourmentée. Hier c’était Primelin, aujourd’hui c’est Poul’han … … 
   La cérémonie religieuse était terminée. Le «Jeanne David», qui, venant de Quimper, n’avait pu être mis
à poste tout de suite, fut halé sur son chariot pour être lancé à la mer dans l’après-midi. Ensuite invités et équipages
se rendirent au bourg de Plozévet, au restaurent Laurent, pour y déguster un excellent déjeuner amical que présida
M. le préfet… …
   Mais le matin avait eu lieu la cérémonie officielle, et le soir en famille, au milieu de la « grande famille que
sont les H.S.B. »,  M. Berthaut faisait quelques surprises. Il remit au milieu des applaudissements la médaille
du souvenir des H.S.B. à MM. Destour, Drillien, Delamaire, Strullu et Le Berre, les nouveaux patrons du
Paul Lemonnier. Quant à M. Thomas, chef de la station du Loc’h Primelin, ce vieux brave reçut du président général
la médaille d’argent de la Fédération dont M. Berthaut est vice-président. Le brave Thomas, ému certes, put
cependant dire après l’accolade qu’il reçut : « Je ne crois pas avoir encore tout terminé, comptez sur moi. » Pourtant
Thomas a 72 ans bien comptés. Le président général termina, en levant sa coupe aux héros de la mer et à leurs
femmes ……
     Après cela, on se rendit à Pors-Poul’han assister aux régates. C’était en effet la fête patronale, et battant toujours
le grand pavois, très applaudi, le nouvel équipage du « Jeanne David », armant le nouveau bateau sous la conduite de
son patron Le Corre et du chef de station Thomas, du Loc’h Primelin, fit une première sortie. 

Léger, très marin, animé d’une belle vitesse sous l’impulsion  de bras vigoureux, le « Jeanne David »
se perdit bientôt dans la brume qui s’élevait. A leur retour, les canotiers répétaient à qui voulait les entendre que leur
canot était merveilleux……Article intégrale du Ouest Eclair du 12 juillet 1926

1926-07-17 Inauguration pors-poulhan

Pors-poulhan - Inauguration

La Dépêche de Brest :
…… Le canot « Jeanne David »
Voulant répondre aux souhaits de Mlle Maséry, les Hospitaliers Sauveteurs Bretons ont donné au canot de sauvetage
confié aux vaillants marins de Pors-Poul’han le nom de Jeanne David.
      Ce canot, spécialement conçu pour les besoins de l’endroit, est un splendide bateau construit à la Rochelle, sur
les chantiers Chassaigne, mesure 8m50 et a été construit sur les plans de M. Albert Henry, dont le type qui porte
son nom, a reçu le premier prix du monde à l’exposition de 1900. M. Henry en a dirigé et suivi la réalisation.
Le Jeanne David est un bateau à voiles et à avirons, à évacuation instantanée par puits longitudinal à clapets et
inchavirable, même sous voiles, grâce à sa dérive mobile, pourvue d’un bulbe. Cette dérive est dite « à ciseaux »
et peut rentrer automatiquement dans la chambre, à la rencontre d’un obstacle…...
Ajoutons que le Jeanne David a été réalisé avec les plus grands soins par M. Chassaigne, avec des bois de choix,
selon des méthodes rigoureusement éprouvées. Il sera monté par dix hommes : 8 rameurs, un patron et un sous-patron.
Le canot pèse 4.700 kilos et son chariot 2.400 kilos.
L’opinion de M. Thomas – chef de la station du Loc’h Primelin sur le « Jeanne David » :
     Arrivé de bonne heure sur la petite grève de Pors-Poul’han, j’ai le plaisir d’y rencontrer M. Thomas, un de nos plus
méritants chefs de station de sauvetage.
     M. Thomas, qui, pendant vingt ans, fut le patron du Paul Lemonnier et a, sur le canot, opéré plus de 70
sauvetages, est désormais le chef de la station du Loc’h Primelin. Ce vaillant et modeste sauveteur admire le
Jeanne David. Je lui demande son avis sur ce bateau, qu’il détaille minutieusement. – Il est superbe, me répond t’il ;
c’est un canot magnifique. « Il sera facile de le manœuvrer à l’aviron, beaucoup plus facile que le Paul Lemonnier.
De plus, il tiendra bien la mer. Voyez comme il est large et comme cette construction en bois est soignée, bien
clouée. Ici, pas de danger de voir se rouiller les rivets. Je vous le répète : ce bateau est  superbe ! » ……
     Tout le monde se groupe autour de la barque de sauvetage. Une partie de la population de Pors-Poul’han,
Plozévet, Plouhinec, est déjà arrivée pour assister à la cérémonie du baptême. Au milieu de cette foule, on remarque
M. Thomas, déjà cité ; MM. Joseph Le Berre et Jean Le Berre, la poitrine constellée de médailles, le père et le fils
ayant plus de 16 sauvetages à leur actif.
     Le clergé s’approche de la barque. M. Sailiou, recteur de Plozévet, monte sur le canot et remercie les
Hospitaliers Sauveteur Bretons du don qui vient d’être fait à ce petit port : puis, en breton, il explique à la population
maritime le but de l’œuvre et les conditions du legs qui vient de lui être fait…….
Article Intégrale de La Dépèche de Brest du 12 juillet 1926

 

CH08 - Pors-poulhan - bateau de sauvetage 3

 

CH08 - Pors-poulhan dans les années 1930

Pors-poulhan dans les années 1930

 

CH08 - Pors-poulhan 4CH08 - Pors-poulhan 2CH08 - Pors-poulhan 3

CH08 - Pors-poulhan 1

Pors-poulhan dans les années 2005

 


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