01 mai 2013

19 - La période de la seconde Guerre Mondiale au Loch Primelin

 

   Les canots de sauvetage que nos amis anglais nomment si naturellement de « life-boat » (bateau de vie), doivent rester au service de tous ceux dont la vie est mise en danger sur nos côtes. Cette mission a pris, dès le début des hostilités, une grande dimension, car l’état de  guerre a beaucoup augmenté les difficultés de la navigation côtière. L’ennemi n’hésite pas, en effet, à couler sans avertissement des bateaux de commerce non armés. Il disperse  de nombreuses et dangereuses  mines dans les eaux côtières.
   La mobilisation a causé beaucoup d’absence en ressource humaine dans les stations de sauvetage. Pour remplacer les jeunes, il a fallu souvent s’adresser aux « anciens ». Ceux-ci ont d’ailleurs accepté, sans hésitation, de reprendre les fonctions qu’ils avaient remplies autrefois avec un entier dévouement.

CH19 - L'ance du Loch Primelin avant la guerreL'anse du Loch Primelin avant la guerre

   Dans la perspective de l’arrivée imminente des Allemands au Cap Sizun (qui eut lieu le 20 juin 1940), l’équipage du bateau de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS » du Loch en Primelin, envisagea de rallier l'Angleterre. Cependant des informations circulaient quant à la présence de bateaux de guerre allemands au large des côtes. L’entreprise s’annonçait donc délicate et voici que le jour du départ programmé, M. HELIAS, maire de la commune, craignant pour l’équipage et le bateau, s’opposa physiquement au départ de ces derniers en se tenant au milieu des rails de mise à l’eau. Selon lui, le bateau n'aurait pas pu passer le Raz de Sein. Néanmoins durant la nuit, l'équipage téméraire essaya de mettre le plan à exécution, malgré un  certain manque de coordination. Devant cette équipée à l’intention louable mais mal engagée, mon grand père Jean-Marie THOMAS, mécanicien du canot, enleva une pièce du moteur pour éviter que le bateau ne quitte le port du Loch à Primelin.

   C'est donc le Jeudi 20 juin 1940 que l'avant-garde de la Wehrmacht arrive dans le Cap Sizun en moto et en side-cars. Des éclaireurs allemands viennent informer les organismes officiels tels que la mairie, la gendarmerie … que les troupes allemandes investissent le territoire.

   Durant l’occupation, il est à noter que le bateau de la station HSB du Loch Primelin, ne sera pas réquisitionné par les Allemands.

CH19 - Presse - OE du 22-06-1941- sauvetage d'un bateau allemand

  Cet article de presse de l'époque comporte une erreur de taille, en effet les 2 personnes secourues le 25 mai 1941 n'étaient pas 2 soldats allemands mais de 2 pauvres pêcheurs. D'ailleurs l'article des Annales du Bien à suivre reprend le récit du sauvetage en parlant d'une barque de pêche.

Les Annales du Bien 1941

   Plus les jours passent, et plus nous avons lieu de nous réjouir d'avoir donné à la station du Loc'h en Primelin, un bateau tel que le Capitaine de Vaisseau de KERROS. C'est la réflexion que suscite en nous le rapport du Chef de Station LOUARN, concernant la sortie du 25 Mai 1941.
   A 13 heures, M. l'Administrateur d' Audierne alertait notre poste et le patron CISSOU sortait le canot à mi-cale. Les Allemands de veille à la pointe du Raz, avaient signalé une barque de pêche en péril sous les lames qui, malgré la pompe du bord et un seau de vidage, menaçaient de l'envoyer par le fond.
   A 15 heures, le De KERROS sortait. Mer très forte, pluie battante, mauvaise visibilité. Notre bateau se tenant trop au large, les veilleurs lui signalèrent par fusées le lieu utile d'intervention. Alors, dès 16 heures le patron CISSOU et son équipage accostaient la barque de pêche, emmenaient les pêcheurs, et prenaient en remorque leur bateau, non sans continuer de l'alléger du poids de l'eau sans cesse embarquée.
   Enfin, à 18 heures, le De KERROS faisait sa rentrée au Loc'h, où il fut accueilli par l' administrateur d'Audierne, qui félicita les Sauveteurs.
   Regrettons avec lui que ce bateau ne puisse, avec la situation actuelle de la cale et du port, sortir à toute heure du jour ou de la nuit.

Les Annales du Bien 1942

   En 1942, le canot « De KERROS » du Loc’h a eu de nouveau l’occasion d’accomplir un sauvetage qui fut le dernier avant la mise en sommeil à peu près complète de nos stations du fait de la guerre.
   C’était un jour du mois de mai.
   Un coup de téléphone de l’Administrateur de l’Inscription Maritime d’Audierne vint alerter l’équipage du canot en lui signalant qu’une embarcation se trouvait en danger dans le Raz de Sein.
   Le Capitaine de Vaisseau De KERROS appareilla aussitôt avec son équipage habituel. Grâce aux indications fournies par la terre, il découvrit rapidement le canot à moteur Jojo, de Douarnenez. Celui-ci, après avoir doublé la pointe du Raz, s’était trouvé en difficulté, avec vent et courant contraire. Il avait fini par avoir son moteur noyé, et les hommes qui le montaient n’avaient eu d’autre ressource que de mouiller à une cinquantaine de mètres de la côte, dans une situation périlleuse. Quand le canot de sauvetage arriva sur eux, leur embarcation était à moitié remplie d‘eau. Ils étaient eux-mêmes exténués de fatigue et de froid, de sorte qu’ils couraient grand risque de mort, s’ils n’avaient été tirés d’affaire par cette intervention opportune.
   Ils furent recueillis et réconfortés à bord du canot de sauvetage et leur embarcation fut prise à la remorque et ramenée au Loc’h sans encombre.
   La sortie avait duré trois heures.
   Bien sincères et cordiales félicitations à l’équipage.

CH19 - Le port du Loch Primelin durant la guerreLe port du Loch Primelin à l'après guerre

   Le 11 décembre 1941 les Etats-Unis entrent en guerre. Hitler ordonne l'édification du Mur de l’Atlantique (soit 4000kms de fortifications côtières le long du littoral, qui vont de la Norvège au sud de la France. A cause de la proximité de l’Angleterre, la Bretagne est une zone particulièrement couverte). Sa construction débute au second semestre 1942. La fameuse organisation Todt, prend en charge cette tâche monumentale. A la pointe de Cornouaille comme sur toute la côte Française des casemates (bunkers, blockhaus) sortent de terre.

CH19 - Croquis de l'anse du Loch durant la 2 ème guerre mondialCroquis de l'anse du Loch réalisé par Pierre QUERE durant la 2ème Guerre Mondial

   Les Allemands construisent 3 casemates sur la butte surplombant le port du Loch Primelin, durant le conflit. L’une d’entre elles, imposante, est toujours bien visible : dominant l'anse, elle était équipée d'un canon de 50-55mm qui ne semble pas, à ma connaissance, avoir réellement servi, sauf pour des exercices de tirs effectués en direction de la Pointe des Moutons. (pratiquement à l'endroit ou a été construite, bien après la guerre, la petite maison qui surplombe encore aujourd'hui le bout de la pointe).

CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 1CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 2CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 3CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 4CH19 - Casemate principale du Loch Primelin 5
La casemate principale de l'anse du Loch Primelin

   Une deuxième était l'armurerie, aujourd’hui pratiquement recouverte de terre et d'herbe.

CH19 - Casemate armurerie du Loch PrimelinLa casemate de l'armurerie

   Plus en retrait, à demi enterrée, la casemate du QG et « lieu de vie » aujourd’hui remplie de déchets.

CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 1CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 2CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 3CH19 - Casemate du QG du Loch Primelin 4
La casemate du QG

Ch19 - Les 3 casmates du Loc'h Primelin

Les 3 casemates

   Pour empêcher tout débarquement sur les côtes, un système défensif complexe avait été imaginé : un des éléments de ce dispositif était constitué de tétraèdres en béton, dont la partie visible et émergée a une forme tripode. Ces pièces, pratiquement invisibles à marée haute étaient destinées à crever les barges de débarquement sur les plages. A ces chevalets composés de six jambages en béton armé, il faut ajouter des variantes comme le « hérisson tchèque » ou les « dents de dragon » visibles sur d’autres côtes.
 Nous en retrouvons un miraculeusement préservé à l’entrée du port du Loch. Il a été déplacé de la plage à la fin de la guerre pour délimiter la zone rocheuse du port. Cela fait près de 70 ans qu’il résiste au temps !. Ce tétraèdre submergé à marée haute, représentait un danger pour la navigation ; c’est pourquoi il a fallu le signaler. On lui a donc rajouté un mat avec une bouée rouge qui sert aujourd’hui à baliser le chenal d’accès au port : c’est la bouée  bâbord. Lorsque vous venez du large et que vous rentrez au port, vous devez laisser la bouée rouge sur votre gauche. (Rouge à bâbord/ vert à tribord).

CH19 - Tétraèdres en béton du port du Loch PrimelinCH19 - Les restes d'un tétraèdres à la plage du Loch Primelin
           Le tétraèdres en béton du port du Loch - à droite les restes d'un tétraède sur la plage en 2013

   L'occupation aura duré quatre ans et trois mois dans le Cap Sizun. Durant cette période les plages et un certain nombre d’endroits de la côte du Loch seront minés : il s’agit de mines anti-personnelles et antichars.

   Le 6 juin 1944 a lieu le débarquement sur les plages de Normandie. La résistance devient beaucoup plus active dans le Cap Sizun. Le 4 aout, les Allemands quittent leur position du Loch pour rejoindre Lézongar à Esquibien. Le jour même un homme sabote le canon de la casemate en aplatissant le bout du tube à l'aide d'une masse afin de le rendre inopérant. Le 20 septembre 1944 le drapeau blanc est hissé sur le bastion allemand de Lézongar. Mais c'est le 8 mai 1945 que prend fin le conflit par la capitulation de l'Allemagne. Tout est à reconstruire...

   L'ennemi est parti, mais « il continue à tuer ». Après la libération (liberté retrouvée oblige!) les habitants des communes côtières vont s'enhardir, surtout les enfants. Ils s'aventurent sur les terrains minés et ce, malgré de formelles interdictions. Sur Primelin il n'y eut pas de mort mais des accidents plus ou moins graves. Tandis que sur la falaise dominant le port, des enfants alimentaient un feu avec ce qu'ils trouvaient, une mine non désamorcée explosa. Certains d’entre eux furent blessés mais sans gravité ; tout au plus la détonation fit sauter quelques vitres des maisons situées à proximité de l'explosion.

   Un autre accident eut lieu lors du passage d'une charrette, probablement lorsque celle-ci roula sur une mine antichar. Ce jour là, Jean Yves POULHAZAN de Kerandraon remontait de la plage du Loch dans sa charrette tirée par son cheval lorsque l'explosion eut lieu. La roue pulvérisée passa par dessus la maison de Tõn Per Gosquer. Au bruit de l'explosion le cheval partit comme un fou vers Kerandraon où il arriva avec un morceau du brancard de la charrette ! Heureusement Jean Yves POULHAZAN sortit  indemne de cette mésaventure sans être blessé.

   Les derniers prisonniers allemands quitteront notre région en novembre 1948, après avoir, entre autre, déminé toutes les plages du Cap Sizun.

   Au cours de cette guerre, la quasi-totalité des matériels équipant les stations ou les postes de secours HSB ont été détruits ou pillés. Mais au moment de la débâcle allemande la station du Loc'h Primelin fut épargnée. Sur les 5 grands canots HSB existant en 1939, un seul subsiste à la Libération : le « Capitaine de Vaisseau de KERROS ».

CH19 - Le bateau de sauvetage de KERROS dans le port de Primelin durant la guerreLe bateau de sauvetage de KERROS dans le port de Primelin à la fin de la guerre

 

 

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01 mars 2013

18 - Tempête dans le Cap Sizun le 18 avril 1940

Récit des canots de sauvetage du CAP lors de la tempête du jeudi 18 avril 1940

Extraits de la dépêche de Brest du vendredi 19 et samedi 20 avril
SORTIE DES BATEAUX DE SAUVETAGE
- Hier, vers midi, l’administrateur de l’inscription maritime d’Audierne était avisé par le garde maritime de l’île de sein que la flottille de pêche se trouvait en difficultés. L’administrateur alerte aussitôt les station de la région. Le « Général BESIAT », d’Audierne ; le « Capitaine de vaisseau KERROS », du Loch, en Primelin, et « l’Amiral TOUCHARD » de l’île de sein ainsi que la vedette « Velléda », des ponts et chaussées, prirent la mer. Vers 16 heures, la « Velléda » rentrait au port d’Audierne avec 2 équipages. Qui avaient du abandonner leurs barques. Au même moment, « l’Amiral TOUCHARD » ramenait à l’île de sein les équipages de trois autre bateaux. Pendant ce temps, le bateau de sauvetage du Loch prenait en remorque un bateau qui ce trouvait en difficulté au large. Une petite barque de l’île de sein s’est échouée sur la grève de Plouhinec. Les deux hommes qui la montaient on été sauvés …….

..…La  Velléda accomplit une série de sauvetages. Le patron Jean-Marie PORSMOGUER, qui commande la vedette Velléda, des ponts et chaussées, attaché a l’île de sein, a déjà plusieurs sauvetages à son actif. Avant hier, les circonstances lui ont permis de manifester pleinement ses qualités de sauveteur. Aux premiers instants de l’après-midi, apercevant un canot en très mauvaise posture à l’entrée du port de sein, près du Nerroth, il se dirigeait aussitôt sur les lieux, Six jeunes garçons de 6 à 8 ans occupaient la frêle embarcation, qui très visiblement allait sombrer. Par bonheur, il parvint à sauver les occupants. Il était grand temps, car le canot coulait tout aussitôt. A peine les avait-il conduit à terre qu’il repartait vers un autre bateau en danger, le Paris-Brest, qui faisait eau. Il prit à son bord deux mousses et convois le bateau, ou l’on s’efforçait de combattre les entrées d’eau. Cependant, apercevant d’autre bateaux en difficultés, il se rendit près d’eux successivement. Il y en avait six. Comme il les convoyait tous à Audierne, l’un d’eux coula en route à environ deux milles du petit port de Bestrée, prés de la pointe du Raz. L’équipage fut sauvé………. A présent, c’est le canot de sauvetage du Loch qui, étant sorti pour prêter son aide, se trouvait mauvaise posture. La « Velléda » le trouva tout prés de la cote, réussit à le dégager et à le conduire au port.   …..

CH18 - La vedette Velleda 1

La vedette Velléda 1


   La vedette Velléda "1" des ponts et chaussées pour les ravitaillement des phares et balises basé à l’île de sein, servie ce jour du 18 avril, comme bateau de sauvetage en portant assistance à 42 bateaux, parmi lesquels le canot CV de KERROS du Loc’h. !

Rapport de sortie, du bateau de sauvetage De KERROS, de Mr Marcel LOUARN Garde maritime chef de la station du Loc’h écrivant à Mr Léon BERTHAUT.
   J’ai l’honneur de porter à votre connaissance que, le jeudi 18 avril 1940, vers 11h30, une bourrasque éclata sur nos côtes. Le vent soufflait de l’ouest. Les bateaux de l’île de sein se trouvaient au Sud et à l’Est de l’île et ainsi dans l’impossibilité de rejoindre leur port. Il y avait également des bateaux au large d’Audierne. Le vent soufflait avec une rare violence et la mer devint très grosse. En voyant le temps et sachant les bateaux dehors, je descendis au Loc'h pour faire sortir le canot de sauvetage pendant que Mr THOMAS fils faisait les dernier préparatifs, moi, je formais un équipage de fortune. Je pris même des marins de passage au Loc’h.
   A 13h un équipage de huit hommes était formé et je confiais le commandement au matelot Goraguer Eugène
(matelot titulaire).  Mr l’Administrateur de l’inscription maritime à Audierne téléphona au Loc’h pour dire au bateau de sauvetage d’assurer la veille sur les bateaux de l’île de Sein qui faisaient route sur Audierne.
   Après avoir donné connaissance aux marins de leur mission, je faisais sortir le bateau à 13H15 .
   Il pris immédiatement la direction indiquée. Au large de la pointe du Raz le « De KERROS » rencontra un groupement de quatre bateau ; après avoir passé au près de ces bateaux pour voir s’ils n’avaient pas besoin de secours immédiat, Goraguer se plaça au milieu du groupe, prêt à intervenir. Il conduisit ces bateaux au port d’Audierne, le « De KERROS » ressortait d’Audierne pour se porter au devant de 2 bateaux de ce port au large de Plozévet. Après avoir remorqué l’un deux à Audierne, l’autre étant rentré par ses propre moyens, le bateau de sauvetage mouillait au port d’Audierne vers 16h30 en attendant de rejoindre son abri au Loc’h…….
   Les hommes de l’équipage ont risqué leur vie par une violente tempête, pour porter secours à leurs camarades. Je vous les propose pour médaille ou diplôme de la société.
   Equipage du 18 avril :

- Eugèné GORAGUER : patron
- Jean-Marie THOMAS : mécanicien
- Henri DOUGUET : matelot
- Jean KERSAUDY : matelot
- Jeab Le BERRE : matelot
- Henri GORAGUER : matelot
- Jean CARVAL : matelot
- Clet BIGOT : matelot

 

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 1Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

 

Rapport de sortie de Jean-Marie THOMAS
Primelin le 22 avril 1940
   Cher Monsieur Léon BERTHAUT
Je suis heureux de pouvoir vous faire ce rapport concernant la sortie du Capitaine de Vaisseau de KERROS, sortie faite par moi, mécanicien et un équipage de volontaire dans un temps furieux.
   J’avais comme provision dans le réservoir à essence tribord, environ 75 litres, à bâbord  90 litres, et un fût de 50 litre plein en réserve …..
   Le départ du chariot a été faite par marche arrière, une seul manœuvre de marche avant fit sortir le bateau du port dans un temps record. J’ai fait tourner le moteur au dessous de son régime au début, d’ici son réchauffage parfait ( 5 minutes ). En route toute  j’étais très satisfait de la bonne marche pendant ½ heures peut être quand des ratés se produisirent dus au manque d’essence. J’ai mis le réservoir bâbord en communication, la marche normale reprend.
   Par précaution j’ai diminué légèrement les gaz. Souvent je purgeai la cuve du carburateur craignant quelques gouttes d’eau de mer dans mes réservoirs. On a pu faire beaucoup de route ainsi.
   Puis mes premières difficultés ont réapparues, l’essence n’arrivait plus suffisamment. Plus de 10 fois le moteur a stoppé, combien de fois ai-je démonté la tubulure d’arrivé d’essence sur le carburateur, soufflé dans ce tuyau en cas d’obstruction par  impuretés ou inversement aspiré à pleines bouchés cette essence qui ne coulais plus parce que le bateau était follement agité. Je ne puis vous dire combien de temps dura cette lutte contre la mer, avec notre moteur qui ne nous avançait que de quelque mètres après chaque redémarrages à la manivelle du pont. La dérive l’emportait
   Une vedette des ponts et chaussés était non loin de nous, nous déhala à l’entré du port d’Audierne, peut être pendant 5 minutes, nous marchions au ralenti. En eau calme, j’ai bien nettoyé mon carburateur.
   Tous préparé de nouveau le patron me demande de remettre en route pour reprendre le mer. Nous sommes repartis en dehors des jetées mais ne pouvant pas mettre en grand les gaz, j’ai prévenu l’équipage de faire rentrer le bateau et de l’amarré en lieu sur dans le port d’Audierne.
   Parmi les hommes il y eut des blessé, Mr l’Administrateur les fit conduire chez eux pour se changer…..
Je  restais à bord pour rechercher les défauts. Le soir une partie de l’équipage est venu me rejoindre et le temps ayant mollit, nous avons regagné notre station vers minuit, notre moteur à plein régime marchait.
   Cette journée du 18 avril nous ne l’oublierons jamais, mais c’est du matériel que je vous entretien aujourd’hui et cette expérience, cet essai rare à faire, doit nous éclairer suffisamment pour les temps à venir. Notre tuyauterie d’essence a 4m environ, 6mm de diamètre intérieur, une demi douzaine de coudes sur la longueur. Le niveau de l’essence, c’est à dire entre réservoir et carburateur a une chute de 70 à 80 centimètre.
Par beau temps, l’écoulement de l’essence est régulier, mais par mer agitée pour avoir une alimentation suffisante au carburateur il faut :
   1 – une tuyauterie plus forte, plus grosse
   2 – une tubulure genre trop plein qui permettrai d’avoir la pression atmosphérique dans le réservoir. Actuellement c’est un petit trou dans le bouchon du réservoir qui permet cet équilibre. Je vous demanderai donc l’autorisation de remédier à ces anomalies.
   Encore quelques mots au sujet du bateau : Tous le monde doit être satisfait de la tenu du canot……le bateau tient bien la mer.
   J’ai prévenu Mr Louarn que j’avais à vous communiquer ce rapport de sortie, je l’amplifierai encore ayant de très sérieux renseignement à vous fournir. Pour aujourd’hui je vais poser ma plume que la fatigue m’empêchait de tenir ces jour derniers. Recevez encore cette fois cher Monsieur Léon BERTHAUT l'assurance de mon plus grand  attachement à votre oeuvre et le souvenir cordial de toute ma famille

 

CH18 - Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940

Courrier des Chantiers Navals de Normandie au HSB du 6 mai 1940



 Jean-Marie THOMAS adressa un autre courrier à Mr BERTHAUT le 14 mai 1940 : en voici quelque extrait.

………..  Pour revenir à mon rapport sortie, je vous dirai que les mats n’ont pas été mis en place, nous avions confiance en notre moteur. Quant cette tourmente brusquement se leva, quand le téléphone par la bouche de Mr l’administrateur d’Audierne nous dit de sortir notre bateau, que des bateau de l’île de se sein faisaient route sur Audierne, leur bateau de sauvetage était en panne, nous fîmes au plus pressé. D’abord c’est une équipage de 3 hommes qui rentrant au port vient m’aider, on alerta encore d’autre marin, tous vaillants marin de métier, ils crurent bon de laisser les mats ramassés. on assista 6 bateaux entre le Loc’h et Port-Poulhan, nous primes la mer dans tous les sens, ce qui réconforte le courage des pêcheurs en fuite et montra la valeur de notre Capitaine de Vaisseau de KERROS. Au sujet d’améliorations, je signalerai encore ceci : une guérite pour l’homme de barre, le poste avant facilement accessible … Qu’on puisse de la chambre du moteur, débrayer, commander les gaz, etc. Et un porte voix afin que le mécanicien de son compartiment puisse faire les manœuvres nécessaires. Je ne demande pas de faire ces transformations à notre bateau, je me contente de vous signaler cela comme réflexion personnelle … La barre que j’ai eu modifié (remplacé la transmission avant en fil d’acier, par une chaîne, est au point à présent (l’homme de barre en est satisfait).
   Le bateau dans son état général est très bien, malgré la rude sortie de l’autre jour rien n’a cassé. Les marins sont fiers de leur sortie et je suis heureux pour eux que vous m’annonciez qu’il seront récompensés…….

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 2

CH18 - Le Loch Primelin - Tempête au Cap sizun 3Le port du Loch Primelin - Tempête au Cap sizun

 

 

 

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22 février 2013

17 - Daniel THOMAS, patron du Paul Lemonnier et chef de la sation de sauvetage HSB du Loch Primelin

 

CH17 - Daniel THOMAS  

   Daniel THOMAS, surnommé Denniel Gola : Cola, (ou Gola du fait de la mutation particulière à la langue bretonne) étant le diminutif populaire de Nicolas : Son grand père portait ce prénom. Etant jeune il a dut hériter de cette particule pour le distingué de proche cousins ou d’autre enfants du quartier portant le même prénom.
   Il meurt au Loc'h Primelin le 4 janvier 1941 à l’âge de 86 ans, un mois après son épouse. Un journal de l'époque cite sa carrière de sauvetage avec le titre "Mort d'un vieux brave". Sa dépouille fut conduite au cimetière par les marins de la station HSB du Loch Primelin.
   Né à Kerhas Biliec en Primelin le 11 avril 1854, il est le fils aîné d'une famille de 2 enfants. Son père, Pierre THOMAS cultivateur, le voit partir à 16 ans à l'appel de la mer. Il se retrouve d'abord comme novice sur le bateau "St Michel" à Pors-Tarz.  Le 30 avril 1874,  à 20 ans, il intègre la Marine pour son service militaire, et navigue durant 5 ans sur plusieurs navires avec comme ports d’attache Toulon, Brest, Cherbourg. Il obtient la spécialité de canonnier avec le grade de quartier maître.
   Au décès de son père en 1876, la ferme familiale de Kerhas Bielec est vendue, sa mère Marie Marguerite née KERNINON et sa sœur Michelle vont habiter au Faubourg.
   De retour au pays en 1879, il retourne dans la pêche à Primelin comme Patron. En 1880, il sauve un mousse de son propre bateau "Bernadette Marie Eléonore" qui sombre dans l'anse du cabestan. Il obtient une médaille d'argent de 2ème classe le 18-11-1880.
   Il se marie en 1881 avec Marie Louise LANCOU, originaire du village de Kerlaouen en Esquibien, Ils construisent une maison au bourg de Primelin. Sa mère viendra habiter avec eux jusqu'à son décès en 1892

CH17 - Daniel Thomas et Marie Jeanne Lancou

Daniel THOMAS et Marie Louise LANCOU

   De l'union de Daniel THOMAS et Marie Louise LANCOU, naitrons 7 enfants (3 mourront jeunes). 3 de leurs fils auront également une carrière tournée vers la mer : François, Jean-Marie et Jean Guillaume

CH17 - François THOMAS - Jean Marie THOMAS - Jean Guillaume THOMAS

   Durant les années 1900, Daniel THOMAS sera membre du conseil municipal de Primelin. En 1905, il construit une maison au Loc'h pour être à côté du futur abri de Sauvetage, il devient membre au H.S.B à 51 ans le 14 septembre de la même année. En plus d’être patron du bateau de sauvetage de Primelin, il s’occupe avec son épouse d'un petit commerce dans leur maison. Il fait également commerce de langoustes avec les pêcheurs du Loch et les viviers du petit port de Pors-Tarz. De 1907 à 1926, il sera le patron du canot de sauvetage Paul LEMONNIER, puis par la suite chef de la station HSB du Loch Primelin jusqu’en 1936.

   Durant sa carrière nautique Daniel THOMAS obtiendra une 10ène décoration, certaines ont été perdues ou endommagées. Le temps nous en laisse six.

CH17 -1- Médaille Daniel THOMAS - Courage et dévoumentCH17 -2- Médaille Daniel THOMAS - ColonialCH17 -3- Médaille Daniel THOMAS - Marine Marchande

CH17 -4- Médaille Daniel THOMAS - HSBCH17 -5- Médaille Daniel THOMAS - Encouragement au bienCH17 -6- Médaille Daniel THOMAS - Mérite maritime

Médaille de Daniel THOMAS

   Certains diplômes ont accompagné la remise de médaille.

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 1CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 2CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 3CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 4

CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 5CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 6CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 7CH17 - Diplome de sauvetage - Daniel Thomas 8

Diplome de sauvetage de Daniel THOMAS

    En 1931, Daniel THOMAS recoit sa dernière médaille : l'Ordre du Mérite maritime. Il est dans les premiers à la recevoir. Elle a été créée pour les gens de la mer, quelques mois plus tôt.
 

CH17 - Proposition Mérite maritime - Daniel Thomas

Proposition de décoration de L'Ordre du Mérite Maritime à Mr Daniel THOMAS validée par le député PERROT.

 

CH17 - Presse - OE -du 23-05-1931 - Daniel ThomasCH17 - Médaille de l'Ordre du Mérite Maritime - Daniel THOMAS

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

   Daniel THOMAS reçoit sa décoration lors du congrès des H.S.B (Hospitaliers Sauveteurs Bretons), à Bordeaux le dimanche 24 mai 1931.

CH17 - Presse - La dépèche de Brest du 09-06-1931- Daniel THOMAS

   J’ai retrouvé de nombreux courriers datés des années 1933-1935 entre Daniel THOMAS et le siège des HSB à Rennes. Avec son fils, Jean-Marie mécanicien, ils vont travailler ensemble sur le projet du nouveau canot de sauvetage à moteur qui sera baptisé en 1936, Capitaine de Vaisseau de KERROS.

 

CH17 - Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage - Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936Daniel THOMAS devant le Bateau de sauvetage : Capitaine de Vaisseau de Kerros en 1936

CH17 - Courrier des HSB à Jean-Marie Thomas - Décès de Daniel Thomas
 Courrier des HSB à Jean-Marie THOMAS au décès de son père Daniel

Les Annales du bien 1941

Nécrologie de Daniel THOMAS,

   Au Loc’h en Primelin, ou il fut un patron modèle et un Chef de station tout à son devoir, Daniel THOMAS, est décédé le 4 janvier de cette année 1941. Cet homme de courage et de caractère que fut toujours «le père THOMAS», appellation affectueuse dont usaient, pour désigner, ses amis et ses anciens canotier, a droit à notre amical et fidèles souvenir.
   Il était âgé de 87 ans et avait noblement consacré ses qualités de marin et Chef à notre œuvre de sauvetage. C’est avec satisfaction que nous avons appris la façon dont il s’est « éteint » après quelques jour de lit, tranquillement.
   Inutile d’entrer en des détail oiseux. Depuis le sauvetage du bateau, Pigeon-Voyageur, il avait révélé ses hautes qualités professionnelles et humaines, il n’avait cessé de s’affirmer un type admirable de « patron », un collaborateur digne de toute estime. Naturellement, des médailles maintes fois méritées, et la croix du Mérite Maritime, brillaient sur la poitrine de ce héros.
   Empêchés que nous fûmes, au Siège Social, d’aller au Loc’h pour saluer notre vieil ami, nous avons du moins eu la satisfaction d’apprendre par notre dévoué chef de station, que la dépouille mortelle de notre cher THOMAS fut conduite au cimetière par les marins de la station, au milieu desquels Cissou, son courageux et adroit successeur comme patron du Capitaine de Vaisseau de Kerros.
    A notre mécanicien Jean-Marie THOMAS, fils du défunt, et à toutes sa familles, nous envoyons l’assurance de nos affectueux regret et l’expression de nos condoléances unanimes.

CH17 - Presse - OE du 22-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

CH17 - Porte Clef HSB

CH17 - Presse - OE du 20-02-1941 - Nécrologie Daniel THOMAS

 

 

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05 juillet 2012

16 - Le naufrage du pétrolier la Nievre à Porstarz à Primelin


 

  Au sortir de la grande guerre 14-18, la Marine nationale fit construire dans ses arsenaux de Lorient quatre pétroliers, dont la mission serait de ravitailler en mer l’ensemble de la flotte.
Ces quatre sisterships dont la construction s’échelonna entre 1919 et 1922 avaient pour noms : l’Aube, la Durance, La Rance et la Nièvre.

   Ces quatre navires eurent des fortunes diverses, l’un d’entre eux nous intéresse plus particulièrement. Il s’agit de la Nièvre.
D’une longueur de 70 mètres, d’une largeur de 11,60 mètres, de 2,28 mètres de tirant d’eau et jaugeant 2.800 tonnes, il était équipé d’un moteur de 1.000 chevaux (turbine type Bréguet) qui lui assurait une vitesse de 10,5 nœuds. La Nièvre pouvait transporter 1.500 tonnes de mazout.

Ch16 - Le pétrolier la Nièvre 1

CH16 - Le pétrolier la Nièvre

   La Nièvre est mise sur cale à l'Arsenal de Lorient le 5 septembre 1920, lancée le 10 mars 1921 et admis au service actif le 26 mars 1922. Le réducteur de vitesse fourni par la société Bréguet causa beaucoup de soucis dans sa mise au point.
A l’issue de sa première campagne du 15.01.25 au 15.01.26, le Capitaine de Corvette Esnouf commandant du navire écrivait :
« Le bâtiment gouverne très bien vent debout et aux allures voisines. Il embarque beaucoup aux allures plus arrivées que le vent de travers et d’autant plus qu’il est plus léger.
La surface de voilure est trop réduite pour exercer une influence sensible dans la manière de gouverner. Nous n’avons fait aucune traversée avec la voilure seule. »

   En effet par sa dépêche du 15.03.1922 le ministre de la Marine avait prescrit d’équiper les 4 pétroliers de voilure « pour permettre en cas d’avarie immobilisant la machine de rester manoeuvrant en continuant à faire route ou de tenir la cape par gros temps. »  (tenir à la cape consiste, pour un navire à voile ou à moteur, à régler son cap et sa vitesse par rapport au vent, à la mer et à la houle, de manière à réduire ses mouvements de roulis et de tangage)

La voilure se composait :

  • D’un foc de 70 m2
  • D’une trinquette de 47 m2
  • D’une misaine goélette de 135 m2
  • D’une pouillouse de 47 m2
  • D’une brigantine de 113 m2

          Soit un total de 412 m2

   Le 25.03.1922 le Lieutenant de Vaisseau Prunes dans un rapport sur la voilure préconisait par souci d’économie de ne pas équiper les 4 pétroliers de « voilure qui ne leur servira pratiquement jamais » (coût estimé de 250.000 francs, l’équivalent de 250.000 Euros de nos jours).
Il ne sera pas écouté car la Nièvre avait pu tester ses voiles lors de sa première campagne.

   Le Capitaine de Corvette Esnouf dans son rapport de campagne concluait en disant :
« La Nièvre est un excellent bâtiment de mer, les formes de carène sont heureuses les installations conviennent bien à son rôle ».
Le 13 avril 1926 la Nièvre talonnait, par forte brume, à l’entrée du port de Cherbourg et fut victime d’une voie d’eau.
Pour conclure sur les caractéristiques du navire citons le rapport de campagne de son commandant, le Lieutenant de Vaisseau Borde, le 14.08.1931 dans la rubrique « Appréciation générale motivée ». Ce constat est caractéristique de tous ceux dont nous avons eu connaissance entre 1925 et 1933.
« La Nièvre est un excellent bâtiment de mer. La stabilité de route en pleine charge est mauvaise, l’homme de barre doit être surveillé. Les compas sont bons mais les déviations changeant avec l’assiette du bâtiment il est important de vérifier souvent la variation. Le bâtiment manœuvre mal et a une puissance en AR si faible que toute manœuvre doit être faite avec le moins d’eau possible et qu’il ne faut jamais hésiter à mouiller les ancres à temps pour éviter le moindre contact avec les bâtiments à ravitailler. La machine étant très fragile il faut éviter les emballements de l’hélice, par mauvais temps remplir d’eau les citernes nécessaires pour augmenter le tirant d’eau et diminuer la vitesse. »

   En mai 1937 la Nièvre revenait d’Espagne, où elle avait ravitaillé les torpilleurs de la 4ème Division Orage, Ouragan et Bourrasque affectés au contrôle sur les côtes loyalistes, et faisait route sur Brest. Le commandement du bateau était assuré par le Lieutenant de Vaisseau Bruno Eyriès (né en 1900).
Parti de la Corogne le jeudi 20 mai à 14 heures, la Nièvre avait du naviguer dans le golfe de Gascogne par temps de boucaille (bruine et crachin) et mauvaise visibilité.
A l’approche du Cap Sizun, le pétrolier rencontrait du mauvais temps de Nord-ouest avec de nombreux grains rendant la visibilité nulle. Le lieutenant de Vaisseau Eyriès était sur la passerelle en tenue de mauvais temps au moment du talonnage. Il n’avait vu ni le feu de Penmarc’h ni celui d’Armen. Filant 8 nœuds et ayant très nettement sous estimé sa dérive vers l’ouest, les rochers furent aperçus trop tard et malgré la rapidité de la manœuvre la Nièvre s’échoua le samedi 22 mai 1937 à 3 heures du matin sur les roches devant Porstarz en Primelin.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937a

   La mauvaise surprise passée, la Nièvre actionna tous ses moyens sonores (corne, sifflet, cloche) et lumineux (feux clignotants, projecteurs). M. Gourmelen, gardien des viviers Le Gall à Porstarz fut alerté et avec l’aide de son fils et de marins du voisinage, ils s’approchèrent de la côte pour porter secours au navire naufragé.
A 4 heures du matin, la gendarmerie d’Audierne était prévenue et le chef Anthoine ainsi que l’administrateur maritime du quartier d’Audierne Monsieur Guet se rendaient sur les lieux.
Dès 3 heures 30 les tentatives de débarquement avaient commencé. Après deux échecs, le canot à moteur de la Nièvre coula et la baleinière se brisa sur les rochers, vers 8 heures, le quartier maître Cadran et le second maître Castel réussissaient à joindre la côte à bord d’un youyou et à capeler une haussière. Les 59 hommes purent alors rejoindre le rivage avec un minimum de matériels.
Un seul homme fut légèrement blessé, le matelot cuisinier Moisan qui eut les deux chevilles foulées.
La population du voisinage accourue en masse réconforta du mieux possible (café chaud) les malheureux marins.
Pendant ce temps, 2 remorqueurs avaient appareillé de Brest : le Faisan à 7 heures et le Mastodonte à 8 heures 30.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937bCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937c
A 11 heures 28 par télégramme le Faisan faisait état d’une mer grosse et d’une faible visibilité.
A 11 heures 45, le Mastodonte signalait ne pouvoir s’approcher de la Nièvre sans risques majeurs.
Vers midi le Contre Amiral Derrien arrivait à Porstarz et devant l’état de la mer ordonnait aux deux remorqueurs de rejoindre Brest qu’ils atteignirent vers 17 heures 30.
10 hommes furent postés à la garde du navire sur lequel compte tenu de l’état de la mer, il n’était pas possible de remonter. Le reste de l’équipage se rendit au bourg de Primelin où des moyens de transports viendraient les rejoindre.
Vers 15 heures le Vice Amiral Laborde chef d’escadre se rendait également sur les lieux.
Vers 17 heures, les marins de la Nièvre furent rapatriés au 2ème dépôt de Brest où ils furent consignés.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937dCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937e


   Les cuves ayant été perforées, le mazout commençait à s’échapper du navire (il en restait 250 tonnes), créant une marée noire et obligeant Madame Le Gall, mareyeuse sur les quais à Audierne, et propriétaire des viviers de Porstarz, à évacuer et mettre à l’abri sa précieuse cargaison de 3 tonnes de langoustes.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en mai 1937h

    Le dimanche, le temps s’était dégagé et les marins avaient pu monter à bord du bateau et débarquer matériels et munitions. De toute la Cornouaille des milliers de personnes ayant appris la catastrophe se rendirent sur le site. Des commerçants ambulants s’installèrent sur la dune, profitant de cette fortune de mer pour développer leurs commerces.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937kCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937mCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937lCH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937o


   Vers 15 heures la foule ne cessait d’augmenter  et la mer de monter. La Nièvre gîtait sur tribord et roulait légèrement. Le Lieutenant de Vaisseau Eyriès embarqua sur le Capitaine de Vaisseau Kerros, canot de sauvetage du Loch, afin de venir inspecter son navire.

CH16 - Naufrage de la Nièvre - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mai 1937

Le bateau de sauvetage CV de Kerros autour de la Nièvre


Les remorqueurs Faisan et Mastodonte étaient revenus sur les lieux.
Le Contre Amiral Ven était également présent et il fut décidé d’attendre la pleine mer du mardi pour tenter un renflouement.

Les Annales du bien  - 1937 -  Section de Quimper

Presse Ouest Eclair du 23-05-1937 - Naufrage de la Nièvre
Presse Ouest Eclair du 24-05-1937 - Naufrage de la Nièvre
Presse Ouest Eclair du 26-05-1937 - Naufrage de la Nièvre


CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937q    Dès le lundi matin, les remorqueurs Faisan, Mastodonte,  Toulinguet et le Provençal appareillaient de Brest.
Dans la matinée également, le matériel nécessaire au renflouement (bois, étoupe, ciment à prise rapide, pompes…) était acheminé par camions sur les lieux. Des scaphandriers seront mis aussi à contribution.
Le Capitaine de Vaisseau Homburger prenait en charge les opérations et visitait le navire. L’équipage resté sur place y embarquait également afin de préparer les manœuvres du lendemain.
Des allèges, deux chalands de 200 tonnes chacun, seront prévus pour soulager la Nièvre et seront remorqués sur place par le Ramier et l’Aiblet.
Tous les moyens seront donc mis en œuvre pour que le renflouement soit une réussite.
Hélas, les rochers et la mer furent les plus forts et les résultats ne furent pas conformes aux attentes. Dans la soirée les chalands et les remorqueurs rejoignaient leur port d’attache et l’on continuait à pomper le navire.
Ce dernier fut inspecté le 28 mai 1937 par le Capitaine de Vaisseau Homburger et l’ingénieur en chef du génie maritime Renvoise. Ils émirent un avis pessimiste sur les chances de renflouement du bateau et sa remise en état (cf rapport d’expertise).

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937r

Le 14 juin 1937 le Contre Amiral Bourrague secrétaire du conseil supérieur de la Marine émettait l’avis suivant :
« Considérant l’âge du bâtiment et les dépenses à engager pour sa remise à flot, hors de proportion avec les services qu’on pourrait encore en attendre ;
Emet l’avis :
Il y a lieu de prononcer d’urgence la condamnation du transport pétrolier « Nièvre », et sa remise aux Domaines aux fins de vente au profit du Trésor, après récupération du matériel d’armement récupérable./. »

Le 22 juillet 1937 il fût vendu à Monsieur Glotz, 141 Boulevard Saint Michel à Paris pour la somme de 1.257 francs ( 640 Euros de nos jours). Monsieur Glotz fût seul à soumissionner.

CH16 - Vente de l'épave de la Nièvre

La coque fut ensuite progressivement démontée en profitant des marées basses.

CH16 - Naufrage de la Nièvre à Primelin en Mai 1937

Ch30 - Déconstruction de la Nièvre 1

Ch30 - Déconstruction de la Nièvre 2

Ch30 - Déconstruction de la Nièvre 3Déconstruction de la Nièvre durant l'été 1937


On peut toujours apercevoir quelques restes de ce naufrage dont beaucoup d’habitants de Primelin ont gardé des vestiges.

CH16 - Bousole de la Nievre
Boussole de la Nièvre


Les responsabilités.
Le 12-07-1937 sur la recommandation du Contre Amiral Derrien qui écrivait :
« En raison commandements antérieurs et connaissance région, Capitaine de Frégate Le Pivain paraît présenter aptitude particulière »
Le Ministre de la Marine César Campinchi (1) désigna le Capitaine de Frégate Louis Le Pivain comme commissaire du gouvernement à l'encontre du Lieutenant de Vaisseau Bruno Eyriès commandant de la Nièvre.
Il sera assisté par les Capitaines de Frégate Poher, Faivre, Deuve et Fouque.
Le 20-10-1937 le Ministre de la Marine Campinchi donne ordre de mise en jugement de Bruno Eyriès devant le conseil de guerre de Brest et demande à être informé par télégramme de la sentence du conseil de guerre.
Le 08-11-1937 Le Lieutenant de Vaisseau Eyriès est acquitté.

Bruno Eyriès finira sa carrière dans la Marine avec le grade de Capitaine de Vaisseau.

CH16 - Logo HSB


 Chapitre réalisé avec l'aide précieuse de Michel BESCOU

 

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01 juillet 2012

15 - Les premières années du bateau de sauvetage CV de Kerros du Loch Primelin


 

   Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS" est le seul bateau à moteur moderne des Hospitaliers Sauveteurs Bretons du sud Finistère. A chaque occasion, le canot est mis en valeur. Les coûts d'entretien sont importants, et des dons sont régulièrement demandés à la population.

CH15 - Presse OE du 12-10-1937 - SOS des HSBCH15 - Presse OE du 21-06-1938 - Soirée musicale des HSB pour la sation de sauvetage du Loch PrimelinCH15 - Presse OE du 20-05-1939 - HSB à la foire-exposition à Quimper

L’équipage du nouveau bateau de sauvetage était composé de deux équipes :
La première de Primelin, (dite ordinaire)

  •      Eugène CISSOU - Patron
  •      Jean-Marie THOMAS - Mécanicien
  •      Guillaume CARVAL
  •      Henri DOUGUET
  •      Jean YVEN
  •      Jean KERSAUDY


Et la seconde de Plogoff, (dite de remplacement)

  •      Hervé QUERE - Patron
  •      Clet YVEN
  •      Henri DANZE
  •      J. KERSAUDY
  •      COATMEUR
  •      SICOURMAT

Durant les différentes interventions, le mélange des équipes était fréquent.

CH15 - Presse OE du 15-10-1937 - Station de sauvetage HSB du Loch Primelin - Bateau CV de Kerros

 

CH15 - Les annales du bien - la section HSB de Quimper en 1938

 

CH15 - Presse OE du 04-07-1939 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Bénédiction de la mer au Loch Primelin

 

Ch15 - Presse - CV de Kerros - Fête de la mer au Loch le 2 juillet 1939Bénédiction de la mer le dimanche 2 juillet 1939

 

CH15 - Presse OE de Aout 1939 - CV de Kerros - Fête du Sauvetage à Tréboul

CH15 - Logo HSB

 


 

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30 juin 2012

14 - L'inauguration du bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS au Loch Primelin

CH14 - Presse OE du 12-11-1936 - Date de l'inauguration du CV de Kerros

CH14 - Revue - Les annales du bien 1936

 
Les Annales du Bien - Octobre-Décembre 1936 :

Inauguration au Loch en Primelin et baptême du canot de sauvetage « Capitaine de Vaisseau de KERROS »

Cette cérémonie s’est accomplie le 15 novembre par temps gris et un peu frais, au milieu d’un concours de marins et de curieux venus des communes voisines et jusque de Quimper et Audierne. Et ce fut très simple, comme il convenait à la mémoire du Commandant de Kerros, qui soldat héroïque parmi ses fusiliers marin, fut aussi un homme aussi simple dans sa distinction que le chef aimé entre tous.
   Nous avons remarqué là M. GUET, administrateur de l’Inscription Maritime à Audierne, délégué par M. le Ministre de la Marine Marchande ; M. le Secrétaire Général de la Préfecture remplaçant M. le Préfet ; M. CAVENEL, Ingénieur en chef des ponts et Chaussées ; M. BALCH,  Ingénieur des ports.
   MM. les Maires de Primelin et des communes voisines, etc ….
   La section de Quimper, de laquelle dépend la section du Loc’h était représentée pas M. DESTOUR son distingué président, M. Le FLOCH, son dévoué secrétaire-trésorier ; M. de BROC, inspecteur des stations ; M. VILLARD, conservateur du matériel et le dévoué président des Anciens Marins et Pompons Rouges.
   Le président du Conseil Supérieur atteint de cataracte, avait pu répondre à l’appel de la section grâce à la présence amicale de M. ABADIE. Son premier geste, arrivant, fut de donner l’accolade au bon vieux brave que fut le patron du Paul LEMONNIER,  M. THOMAS père du mécanicien à bord du nouveau canot.
   Avec un très léger retard, venu de l’encombrement du lieu par la foule, M. l‘abbé ABGRALL, recteur de Primelin, s’adressa à « ses chers marins » et à leur vaillantes compagnes dont il exalta les vertus comme épouses, comme mères, comme veuves, femmes qui savent la noblesse et l’utilité du métier. Après cette allocution appréciée de tous, M. ABGRALL procéda à la bénédiction traditionnelle.

CH14 -1- Bénédiction - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a PrimelinCH14 -2- Bénédiction - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   Puis ce fut à M. DESTOUR de prendre la parole. Il remercia le Président Général et le Conseil Supérieur, accepta la charge d’administrer cette station du Loc’h avec l’aide de ses collaborateurs, rendit hommage à la bienveillance des autorités civiles et marines, dit sa vive sympathie pour les Marins, en particulier pour ces Pompons rouges qui ont fait de lui leur président d’honneur. Son discours, fin littéraire, bellement dit, fut chaleureusement accueilli.

CH14 -3- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   M. Léon BERTHAUT lui succéda. Il remercie d’abord le président de Quimper et ses collaborateur. Après quoi, il rappelle l’histoire de la création de cette station du Loc’h, grâce aux généreux concours de Mme LEMONNIER qui, d’ailleur, avec les H.S.B. , fonda aussi cette Ecole de Groix, première école de pêche ouverte en France et que soutiennent toujours les H.S.B. Le président général évoque aussi les exploits du Paul LEMONNIER, conduit à travers tant de périls par son patron THOMAS, aux médailles duquel s’est enfin ajoutée la Croix de chevalier du Mérite Maritime.

CH14 -4- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

CH14 -5- Presse le courrier du Finistère - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 -6- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a PrimelinCH14 -7- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

    Pour parler du nouveau canot, qui a si bien débuté le 30 octobre, M. Léon BERTHAUT, en saluant la mémoire du commandant de KERROS, en exalta le noble caractère et rendit hommage à Mme de KERROS, représentée à la cérémonie par les parrain et marraine, M. et Mme Jean de KERROS, accompagnés de M. Léon de KERROS et de M. le commandant de RODELLEC de Portzic. Après quoi, le président général fit allusion à l’exploit accompli déjà par le beau bateau construit aux Chantiers de Normandie, grâce à l’habileté du patron CISSOU et à la vaillance de son équipage. Il offrit ce premier résultat en hommage de reconnaissance aux souscripteurs qui ont fourni environ le tiers de la somme nécessaire au paiement du canot. A ce témoignage s’ajoute l’expression de la gratitude des H.S.B. envers les hautes administrations : Ministère de la Marine Marchande ; Ponts et Chaussé, etc … Le Président général termina en faisant appel aux amis, lointains ou rapprochés, des gens de mer et des œuvres de sauvetage, des H.S.B. en particulier.

CH14 -8- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mise à l'eau

   Une telle cérémonie ne peut se terminer sans le lancement de la nouvelle unité. Le départ eut lieu dans les meilleures conditions, à l’admiration de la foule qui put voir le bateau passer la barre avec souplesse d’une mouette …

CH14 -9- Photo colorisée - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros a Primelin

   Ce que nous ajouterons ici, avec l’autorisation du Président Général c’est que le bel équipage du 30 octobre ne sera point oublié dans les propositions de récompenses pour l’Assemblée général de 1937.
   Mais il y a encore beaucoup à faire pour que cette station du Loc’h donne aux H.S.B. toute satisfaction et, entre autres choses, la possibilité de partir à toute heure. Avec la bienveillance des chefs de toutes les administration de la région, tout le possible sera fait, nous l’espérons, dans un assez proche avenir.
   Des remerciements spéciaux étaient dus à M. le Secrétaire Général de la Préfecture et à M. l’Administrateur de l’I.M., qui après M. le député PERROT, voulurent bien assurer les H.S.B. de ce bienveillant intérêt que portent les administrations et l’Etat au progrès du sauvetage et à l’effort des H.S.B. qu’ils veuillent bien trouver ici l’expression de ces remerciements sincères.
   « Et maintenant, nous dit le Président Général questionné, que notre section de Quimper veuille bien nous aider à faire vivre la station du Loc’h !. Les équipages, sous la direction de M. EON, chef de station, nous sauront faire honneur. A notre tour, nous leur rendons justice et nous efforceronts de la leur obtenir de tous et partout !».

CH14 -10- Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros - Mise à l'eau

   L’épouse de Léon De KERROS, Mme Jeanne née MEROT Du BARRE empêchée par la maladie fut représentée par son fils, Jean De KERROS et son épouse Germaine née DELACOUR (1906-1959) marraine du canot. Ceux-ci embarquèrent avec leur neveu Emmanuel qui se souvient de la chute à l’eau du chapeau de la marraine, provoquant un exercice inopiné « un homme à la mer » sous les yeux admiratifs de la foule.

CH14 - Presse Ouest Eclair du 16-11-1936 - Inaugurations du bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Presse Ouest Eclair - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Presse le Dépèche - Inauguration du Bateau de sauvetage CV de Kerros

CH14 - Revue - Le Yacht n°2801 Novembre 1936 - Inauguration du CV de Kerros

   De la journée inaugurale, subsiste donc, une foule de documents que nous rapportent les journaux de l’époque. Mais aussi, de merveilleuses photos prises principalement par Mr Joseph VILLARD, membre de la section H.S.B, passionné de bateaux et de voile. Mais reste surtout, la mémoire des témoins encore vivants qui se souviennent de cet événement.

CH14 - Trou au plafond de l'abrit de sauvetage

 

   Un des « détails » non cité par les journaux fut peut-être un accident évité de justesse, lors de la mise à l’eau du canot : en effet, le nouveau bateau n’avait pas le même poids que le Paul LEMONNIER, sur le chariot qui le menait par les rails à l’océan.
  La personne qui manipulait le treuil manuel fut surprise par l’accélération brutale de la poignée qui n’avait pas été débraillée. La démultiplication fit tourner à vive allure la poignée et la projeta avec force, mais heureusement en direction du plafond de l'abrit situer à 5 mètres de haut.
 

   Encore aujourd’hui on peut voir le choc qu’a laissé l’impact de la manivelle sur le parquet de 3 cm d’épaisseur. Un trou de 4 cm de diametre !. La foule occupée à regarder le canot « glisser » en direction de l’océan ne se rendit compte de rien.

 

CH14 - Logo HSB en tissu

 


 

25 juin 2012

13 - Le brillant début du Bateau de sauvetage CV de Kerros dans la baie d'Audierne


 

   Le 30 octobre 1936, 15 jours avant son baptême au Loch Primelin, le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise une série de sauvetages très remarquée.

CH13 - Presse OE du 05-11-1936 - Les beaux début du CV de Kerros

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 b

Les Annales du Bien : Octobre / Décembre 1936
Brillant début, au Loch, de notre canot  « Capitaine de Vaisseau de KERROS »
Voici la partie la plus substantielle du remarquable rapport adressé au Président Général par M. EON, Chef de Station au Loc'h, sur la première sortie du Capitaine de vaisseau de KERROS, le 30 octobre :
« Le temps était beau et plusieurs embarcations se livraient à la pêche dans la baie d'Audierne.
Alors que rien ne pouvait le faire prévoir, une houle formidable se leva tout à coup, déferlant avec fracas sur les falaises et interdisant l'entrée du Loc’h à cinq embarcations de ce port, surprises en mer par ce coup de temps inattendu. Mis au courant de ce qui se passait, je me rendis aussitôt à la station afin de prendre toutes dispositions utiles.
   Le patron CISSOU, conscient de ses devoirs, avait déjà rassemblé son équipe et disposé le matériel en vue d'une sortie. Jugeant critique la situation des embarcations surprises en mer, je mis le canot à l'eau à 13 heures, la hauteur de la marée ne me permettant pas d'opérer plus tôt. La manœuvre fut faite avec plein succès.
   Les barques en mer, voyant que l'entrée du Loch leur était impossible, avaient mis le cap sur Audierne, estimant sans doute que la passe de ce port serait plus aisée. J'ordonnais donc au patron CISSOU de faire route de ce côté, de rentrer nos embarcations à Audierne et de prêter son concours si d'autres barques se trouvaient en difficulté aux abords de ce port. La manœuvre de sortir de là était délicate, car la houle déferlait avec une extrême violence en plein travers de la baie, submergeant complètement la digue et balayant la route de grande communication qui longe le Loch. L'équipe du Capitaine de Kerros nous démontra, à cette occasion, toutes ses qualités manœuvrières et exécuta cette opération d'une façon impeccable, à la grande admiration des nombreuses personnes spectatrices.
   Peu après, il atteignait successivement les barques numéros 1481, 1264 et 1756, du Loch, montées par les marins Ferdinand KERLOCH, de Plogoff ;  Arsène CARIOU, de Primelin ; Yves et Simon COSQUER, de Primelin. Ces hommes furent recueillis à bord du Capitaine de vaisseau de KERROS et les trois canots mis à la remorque. Deux embarcations restaient à secourir ; mais l'état de la mer à l'entrée de la baie d'Audierne ne permettait pas d'en prendre un plus grand nombre sans risques d'avaries. CISSOU les prévint de rester au large en attendant son retour. Il fit alors route sur la passe d'Audierne. En passant la barre, l'étrave d'une des embarcations dut accrocher par la violence des lames : le canot partit à la dérive. Quant au Capitaine de vaisseau de KERROS, il atteignit heureusement Audierne, avec ses trois équipages déposés à quai.
   Se jouant des lames énormes qui déferlaient à l’entrée, il ressortit aussitôt, rattrapa l'embarcation qu'il avait perdue quelques instants plus tôt et recueillit les marins Laurent CARIOU et Jean-Marie FOLLIC. Leur canot fut pris en remorque et entré à Audierne à 15 heures. Nouvelle sortie pour le canot monté par les marins Henri CARADEC et Joseph CARIOU, de Plogoff. La manœuvre réussit d’une façon aussi brillante que les précédentes. Il est alors 15h20. On signale alors au Capitaine de vaisseau de KERROS que deux embarcations de Pors-Poul’han, sont en difficulté au large. Il reprend la mer aussitôt, fait route au Sud-Est et rejoint, environ à trois milles de la passe, les deux embarcations qui sont montées par 5 hommes : Guillaume ANSQUER, Le DERN ; les autres noms me sont malheureusement inconnus. Les hommes et les embarcations sont ramenés à Audierne à 16h30 sous les acclamations de la foule enthousiasmée.
   Le mécanicien Jean-Marie THOMAS me signale leur rentrée à Audierne. Je lui donne l'ordre d'amarrer le canot à l'abri dans le fond du port, estimant que l'état de la mer au Loch ne permet pas de le hisser sans risque d'avaries.
   Le samedi 31, le temps étant plus clément, le Capitaine de Vaisseau de KERROS rejoignait Le Loch et était rentré dans son abri sans incident. D'après les déclarations de M. JAFFRY d'Audierne, secrétaire de la Société Générale, qui assistait en personne aux opérations de sauvetage, il y aurait eu, sans l'heureuse intervention de notre canot, mort d'hommes à déplorer, le canot de sauvetage d'Audierne, vu ses faibles moyens, ne pouvant franchir la barre, se trouvait dans l'impossibilité d'apporter le moindre secours aux équipages en danger. II m'a de plus fait de grands éloges de l’équipage et du canot du Loc’h qui ont causé l'admiration de la population d'Audierne.
Ceci est tout à l'honneur de la Société des Hospitaliers Sauveteurs Bretons. Treize hommes sauvés, sept barques arrachées à une perte certaine, le Capitaine de Vaisseau de KERROS s'est, pour sa première sortie, taillé la part du lion, espérons qu'il ne s'en tiendra pas là.

L'équipage tout entier, qui a fait preuve d'initiative et d'un cran digne d'éloges était ainsi constitué :
Eugène CISSOU, patron
Jean-Marie THOMAS, mécanicien.
Jean KERSAUDY, matelot.
Jean YVEN, matelot.
Henri DOUGUET, matelot.
Guillaume CARVAL, matelot.
Tous de Primelin.

Je les propose à M. le Directeur pour la prime prévue par les statuts.
Le matériel s'est comporté d'une façon admirable, le Capitaine de Vaisseau de KERROS est une merveille et fait grandement honneur à l’ingénieur qui a conçu ses lignes et à son constructeur. Le moteur a fonctionné d’une façon parfaite.

Le Chef de Station
Signé : J. EON

CH13 - Tempête au Loch Primelin en 1936 a

Article de presse Ouest Eclair du 10 novembre 1936 - Une visite au petit port du Loch Primelin

CH13 - Daniel Thomas ancien patron du Paul Lemonnier et Chef de la station HSB du Loch Primelin

Photo de Daniel THOMAS, ancien Patron du Paul LEMONNIER et ancien Chef de la station HSB du Loch Primelin, devant le bateau de sauvetage Capitaine de Vaisseau de KERROS en Octobre 1936.

CH13 - Logo HSB

 


 

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20 juin 2012

12 - L'arrivée du bateau de sauvetage CV de Kerros à la station HSB du Loch Primelin

   Le bateau de sauvetage CV de KERROS réalise en moins d'une semaine les essais moteur et les essais en mer aux Chantiers Navals de Normandie à l'issu de sa première mise à l'eau.
J'ai pu retrouver différents articles de presse qui relatent son transfert de Fécamp à Primelin, en plusieurs étapes.

CH12 - Article de presse - passage a St Malos - CV de KerrosCH12 - Article de presse de Rennes sur le Canot CV de KerrosCH12 - Article de presse - Ministre a Lorient - Bateau de sauvetage CV de Kerros

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Rennes devant les HSB

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 1

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient - Congrès HSB 2

 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 1CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 3CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros à Lorient 2

Mon grand père, Jean-Marie THOMAS, le mécanicien du bateau, récupère le bateau de sauvetage à Redon avec 3 autres membres d'équipage : Eugène CISSOU, Jean KERSAUDY et Jean YYEN. Pour cette dernière étape avant sa destination finale, le canot a rendez-vous à Lorient au congrès des HSB. Le ministre de la mer de l'époque en est l’invité d'honneur.


CH12 - Notes de Jean-Marie Thomas au HSB

 A son retour à Primelin, Jean-Marie THOMAS fait
 une petite note à Léon BERTHAUT pour lui expliquer
 que la traversée par la mer s'est bien déroulée.


 Le canot arrive au Loch Primelin le 5 octobre 1936.
 Des photos du "De KERROS" monté sur son chariot sur la
 rampe de lancement furent réalisées par Joseph VILLARD.


 

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 aCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 bCH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros au Loch Primelin en 1936 c


   Durant les semaines qui précédèrent l’arrivée du nouveau bateau, une série d’aménagements furent nécessaires : le chariot de l’ancien canot dû être modifié. Jean-Marie THOMAS (mon grand-père) travailla sur cette adaptation à partir des plans du bateau, fournis par les chantiers navals de Normandie. A l’arrivée du bateau en octobre, tout était donc pratiquement déjà prêt. L'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER fut placé sur le sable de la partie haute du port en attendant son transfert sur Bénodet (voir Ch 02). Les coefficients des marées augmentant, un après-midi, le canot se mit à flotter, ce qui plut semble-t-il beaucoup aux jeunes du Loch qui se trouvaient là. Ils montèrent à bord et allèrent se promener dans le port au plus grand énervement des anciens. Au bout de la digue, la houle étant plus forte, un des enfants dégoupilla la lourde dérive pour stabiliser le bateau. Mais au retour, la quille touchant le sable, nos jeunes « sauveteurs en herbe » ne purent la remonter vu son poids et durent regagner la rive avec de l'eau jusqu'à la taille. Mon père, Jean THOMAS, me raconta cette petite anecdote. Agé alors de 6 ans, il vit toute la scène du haut de la grève, sans doute trop jeune pour faire partie de l'équipe d'aventuriers.

   Je n'ai pas trouvé la date exacte du transfert de l'ancien canot, mais il est probable que cela se soit passé avant l'inauguration du nouveau bateau de sauvetage qui eu lieu le Dimanche 15 novembre 1936.

CH12 - Bateau de sauvetage CV de Kerros - Remorquage du Paul Lemonnier à Bénodet

 Départ du Paul LEMONNIER pour Bénodet, remorqué par le nouveau bateau de sauvetage "CV de KERROS"

 

La dépêche de Brest du 03-11-1936 - Arrivée du Bateau de sauvetage CV de KERROS à Primelin

 

Logo HSB

 

 

 


 

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15 juin 2012

11 - Le bateau de sauvetage "Capitaine de Vaisseau de KERROS"


 

   Début 1935, il est décidé de remplacer le canot de sauvetage Paul LEMONNIER par un canot à moteur moderne. Rapidement des échanges techniques s'établissent entre Jean-Marie THOMAS (le fil de Daniel THOMAS) et l'ingénieur LEPELTIER, missionné par Léon BERTHAUT pour travailler sur le projet.

Courrier de Jean-Marie THOMAS à Léon BERTHAUT en février 1935

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 aCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 bCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas a l'ingenieur Lepeltier en fin 1935 c

   Les Chantiers Navals de Normandie de Fécamp furent choisis pour construire le canot, sous la direction de M. Henri LEMAISTRE. Début 1936 le cahier des charges est défini :
Caractéristique du Bateau de sauvetage CV de KERROS

Plan du Canot de sauvetage CV de Kerros

CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Construction du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4CH11 - Charpentiers du Chantier Naval de Normandie à Fécamp

   La construction du bateau sera réalisée durant le premier semestre 1936. ( Plan du canot de sauvetage )

   La réalisation d'un bateau moderne de ce type reste très onéreuse. En mai 1935, une souscription pour la construction d'un bateau à moteur et à voile pour le Loch Primelin est lancée.

 OE de 1935 - Souscription pour le bateau du Loch PrimelinOE de 1935 - Soucription du bateau du Loch PrimelinCH11 - Souscription pour le Nouveau Bateau de Sauvetage du Loch Primelin

   En juillet 1936, un article des Annales du Bien nous informe que la somme de 41.968 Francs est atteinte ; nous pouvons y retrouver les principaux donateurs. En octobre 1936, c'est la somme de 45.000 Francs qui sera récoltée.

Les Annales du Bien 1936 :

Souscription pour la construction du bateau à moteur et à voile destiné à la station des marins-pêcheurs du Loc’h en Primelin.

   Nous avons dit comment et pourquoi, dans la crise économique subie par notre Pays, nous avons cru devoir ouvrir, au début de l'année 1936, une souscription destinée à doter enfin la station du Loc’h d’un canot de toute sécurité pour remplacer le Paul LEMONNIER, arrivé à bout de bord.
   Immédiatement, nous avons été entendus déjà d’un certain nombre de personnes, gens d’esprit et gens de cœur, qui avaient pu lire notre appel. Nous voulions que l’entreprise pût être menée à bonne fin avec les seules ressources liquides de la Société de H.S.B., complétées par le produit de la souscription et sans avoir à toucher aux réserves de sécurité.
   Aujourd’hui, nous pensons que l’heure est venue :
   - 1er de remercier nos souscripteurs
   - 2ème de faire appel à d’autres.
   Toute notre fidèle gratitude va en effet aux Bienfaiteurs, Amis et Sociétaires dont nous publions la liste en vue de leur rendre hommage. Riches ou non, grands et petits souscripteurs méritent notre reconnaissance dans l’effort commun pour le développement régulier d’une œuvre qui, de toutes parts sollicitée, n’a qu’un défaut, celui de ne pas disposer de sommes correspondant à la sympathie qui l’entoure, non plus qu’aux besoins de son organisation, qui, actuellement, outre ses grandes stations, inévitablement coûteuses de création et d’entretien, comprend plus de 300 postes avec embarcations diverses de petit secours, lignes, bouées, lochs de Kerros, lignes flottantes, caisse de secours, appareils panis, etc. …
   Mais avec le temps et la suite dans les idées, nous touchons au but visé, raisonnable et de plein rendement : maintenir les stations utiles là ou les H.S.B. ont répondu aux besoins et au désir des populations ; remplacer, entretenir, perfectionner ces stations et celles-là seulement ; n’en établir aucune qui ne réponde à un besoin nouveau et indiscutable ; entretenir sur les plages, au long des cours d’eau, dans les ports et sur le littoral, les 300 postes divers fondés avec le concours de nos Sections et des populations régionales ; enfin accroître le nombre des postes et des engins selon qu’il en sera besoin et avec le souci d’un perfectionnement indéfini. Tout cela, sans cesser d’encourager l’enseignement de la natation et du sauvetage, en complète union de cœur et de pensée avec nos amis de la Fédération Nationale et des autres grandes Associations maritimes et de secours, sur terre et sur mer, selon la devise adoptée par notre fondateur NADAULT DE BUFFON.
    Aussi bien, ayant rendu hommage à nos Bienfaiteur, Amis et Sociétaires, aux Présidents des Sections dont l’excellente administration nous a permis d’augmenter considérablement le total de nos ressources liquides, les prions-nous de nous faire connaître davantage encore autour d’eux, par leurs amis personnels, par la Presse, par la journée des plages et par tous les moyens de raison et d’honneur qu’ils jugeront susceptibles de réussite. Dans le trouble qui agite et inquiète toutes les nations et désoriente les individus depuis cette immense catastrophe que fut la guerre mondiale, c’est aux tâches de vie et de fierté, de qualité indiscutable, qu’il convient de se consacrer pour « servir ». La nôtre, étant telle, efforçons-nous, non seulement de « tenir » malgré tout, mais de grandir et de justifier notre existence même, en dehors et au-dessus tout ce qui divise.

Le Capitaine de Vaisseau De KERROS sera le nom du bateau (hommage à Léon De KERROS - 1867-1930)

Le Capitaine de Vaisseau Léon de Kerros (1867-1930)
Un article de la revue SNSM n° 54 de 1995 retrace
l'histoire de la famille de KERROS avec la mer Revue SNSM n° 54

 La Revue Les annales du bien de juillet 1936

CH11 - Courrier des chantiers navals de Normandie a Jean Marie Thomas en sep 1936

 

 

Courrier des CNN
à Jean-Marie THOMAS
en septembre 1936

 

 
   

CH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin de l'abriCH11 - Courrier de Jean Marie Thomas au Chantier de Normandie - Dessin du Chariot

   Des échanges techniques auront lieu tout au long de l'année 1936 entre M. LEMAISTRE des Chantiers Navals de Normandie à Fécamp et Jean-Marie THOMAS du Loch Primelin pour l'adaptation du canot aux dimensions de l'abri existant, ainsi que pour les modifications à apporter au chariot de l'ancien canot de sauvetage Paul LEMONNIER.

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 2
Premier contact du canot avec l'eau au CNN de Fécamp

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 1CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 3CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 5

CH11 - Lancement du bateau de sauvetage CV de Kerros à Fécamp au CNN 4La première mise à l'eau du bateau CV de KERROS fut réalisée à la mi-septembre 1936 au CNN de Fécamp

Article sur le bateau de Kerros dans la revue Le Yacht n°2760 du 18 Avril 1936

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10 juin 2012

10 - La station de sauvetage HSB du Loch à Primelin dans les années 1930

 La plage du Loch Primelin dans les années 1930
La plage du Loch Primelin prise de Plogoff

 

   Au début des années 1930, les Hospitaliers Sauveteurs Bretons ont en projet de remplacer le canot de sauvetage Paul Lemonnier. Des échanges de courriers de 1933 entre Daniel THOMAS, Chef de la station du Loch Primelin et Léon BERTHAUT, Président des HSB, évoquent déjà ce que serait l'évolution de la station dans les années à venir.

Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 1Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 2Courrier de Daniel Thomas a Léon Berthaut 3

Courrier de Léon Berthaut a Daniel Thomas 1Courrier de Léon Berthaut a Daniel Thomas 2

Un inventaire de 1935 nous signale le mauvais état de la coque du Paul Lemonnier.

Inventaire de la station du Loch Primelin en 1935

Le Port du Loch Primelin dans les années 1930
Le port du Loch Primelin dans les années 1930
(photo Eugène Perrot)

Un hydravion au loch primelin

 
 
  En mai 1935, un détail peu banal au Loch Primelin :
  l'amerrissage en urgence d'un hydravion dans l'anse du Loc'h.
  Il semble que l'appareil sera finalement remorqué sur Audierne
  pour être réparé. Le passage du Raz de Sein pour Brest étant
  jugé trop dangereux pour le convoi.



   En juin 1939, M. Léon Berthaut, Président des H.S.B., donna son accord pour réaliser un film à but pédagogique pour une propagande utile sur un sauvetage en mer. La station du Loch fut choisie et M. Léon Berthaut écrivait :

    "Je verrais un grand avantage à simuler un appel de sauvetage, les sauveteurs arrivant en hâte, ouvrant la porte de l’abri, le patron dirigeant les opérations de descente, le départ, la montée sur la barre du Loc’h ….
    Cela serait tout à fait intéressant pour la foule des non initiés et certainement d’une propagande utile – on pourrait produire ce film d’abord à Quimper au bénéfice de la station, puis dans toutes les autres stations ....."

Ce film ne vit hélas jamais le jour.

   Un film similaire fut réalisé sur Audierne quelques années plus tôt en 1931. La Société Centrale de Sauvetage des Naufragés réalisa une reconstitution de sauvetage avec le Canot de Sauvetage Général-Béziat.


   Le guetteur, au mât pilote, repère le navire en difficulté, il donne l'alerte en tirant au canon d'alarme et en hissant le pavillon de  détresse. Deux pêcheurs voient le signal et se précipitent vers l'abri du canot de sauvetage. Un des pêcheurs court dans les rues d'Audierne en faisant retentir la trompe d'alerte. Tout le monde se dirige vers le port en courant. Les douaniers tirent leur charrette de matériel vers le port. Les canotiers s'équipent pour le sauvetage, sortent le canot de son abri et le mettent à l'eau. Le guetteur hisse le pavillon de la Société Centrale de Sauvetage et les canotiers rament jusqu'au bateau en difficulté pendant que la foule s'est amassée sur la jetée. Les douaniers installent la fusée lance-amarre et les sauveteurs approchent du bateau. Le canot de sauvetage recueille et repêche des naufragés.

 

CH10 - Le Port du Loch Primelin dans les années 1930b Le port du Loch Primelin dans les années 1930

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