19 février 2018

32 - Toponymie côtière de Primelin

Toponymie de la côte de Primelin

Ch32 - Toponymie côtière de Primelin
Il est préférable d'imprimer listing d’identification avant la visualisation des photos.
Il y a possibilité de zoomer via un clic de souris et de ce déplacer dans chaque photo avec les flèches de votre clavier.

Zone de Primelin 1 : (PRI-1)
Zone de Primelin 2 : (PRI-2)
Zone de Primelin 3 : (PRI-3)

 

    Côte de Primelin  
Zone Lieux Traduction ou explication
PRI-1 1 Penn ar pont (Penn a ponne) Le bout du Pont
PRI-1 2 Ar Yeun (Couer Goz) La rivière le Yun et le marais entre Plogoff et Primelin
PRI-1 3 Loc'h bras Le grande plage du Loch
PRI-1 4 An Dachen La passerelle (la chemin dans le champs)
PRI-1 5 ?  
PRI-1 6 ?  
PRI-1 7 ?  
PRI-1 8 Ar Boulen La marre (le port)
PRI-1 9 Karreg lost ar Boulen le rocher près du Boulen
PRI-1 10 Dour Salou La zone ou l'on remontait les bateaux dans le temps (a coté du ruisseau)
PRI-1 11 Ar Digne La digue
PRI-1 12 Lost ar Boulen La queue de la marre
PRI-1 13 Lenn ar Mororet La mare aux marsouins
PRI-1 14 Kougon an Digue Kougon de la digue
PRI-1 15 Beg ar Boulen La Pointe du Boulen
PRI-1 16 Karreg Bouedec Le rocher Bouedec
PRI-1 17 Porzh a Briec Le port de Briec
PRI-1 18 Runogot  
PRI-1 19 Beg Normandu Ressemble à l'avant du bateau Normandie
PRI-1 20 Lenn Runeguez La marre Runeguez
PRI-1 21 Ar Bladen La plate : Le rocher plat
PRI-1 22 Poull ar C'hastreget Le marre des Castrecs
PRI-1 23 Karreg Greur Le rocher Greur
PRI-1 24 Karreg Men Dalc'h Le rocher Men Dalc'h
PRI-1 25 Karreg su Porzh a Briec Le rocher du port de Briec
PRI-1 26 Penn Dern  
PRI-1 27 Penn dern Bihan Le petit Penn Dern
PRI-1 28 Porsbé  
       
PRI-2 29 Zan Porsbé Le chenal de Porsbé
PRI-2 30 Karreg su Porsbé Le rocher de Porsbé
PRI-2 31 Toull an Tranchar La marre an Tranchar
PRI-2 32 Karreg Kreiz Le rocher du milieux
PRI-2 33 Beg ar Baradoz (Beg Porsbé) La pointe du paradis ou pointe Porsbé
PRI-2 34 An Iliz L’Église – C'est une assez grande estivation dans la roche qui ce trouve dans la falaise
PRI-2 35 Ar Stolik  
PRI-2 36 Poull Eugène La marre d'un dénommé Eugène
PRI-2 37 Karreg Treuz Le rocher creux
PRI-2 38 Kougon Val Le kougon Val
PRI-2 39 Kougon Veur Le kougon Veur
PRI-2 40 Poull Ton Lan A confirmer car existe aussi à 1 mille dans la mer
PRI-2 41 Karreg Privel Le rocher Privel
PRI-2 42 Toull ar Brini Le trou ar Brini
PRI-2 43 Ar Stivel La fontaine jaillissante – c'est un petite source qui tombe de la falaise
PRI-2 44 Poull ar Zaout La marre aux vaches
PRI-2 45 Feunteunidiou  
PRI-2 46 Base Loc'h Bihan La petite base du Loch
PRI-2 47 Base Loc'h La base du Loch
PRI-2 48 Ar Sklocek  
PRI-2 49 Karreg beg ar C'hastell Le rocher de la pointe du Castel
PRI-2 50 Beg ar C'hastell Pointe du Castel
PRI-2 51 Lenn ar C'hastell La marre du Castel ( ou lavoir du Castel )
PRI-2 52 Beg Bihan C'hastell La petite pointe du castel
PRI-2 53 Ar Ravazenn La roche plate
PRI-2 51 Kougon Futel Le kongon qui siffle (la houle compresse l'air dans la grotte qui ressort en sifflant par les trous dans la roche)
PRI-2 55 Karreg Rounde Le rocher Rounde
PRI-2 56 Toull Coat  
PRI-2 57 Lenn ar Vesken La marre ar Vesken
PRI-2 58 Kougon Sable Le kougon ensablé
PRI-2 59 Porzh Bihan Le petit port
       
PRI-3 60 Kougon Bras Le grand kougon
PRI-3 61 Kepenik Braz Le grand Kepenik
PRI-3 62 Ar Platar +\- Le rocher plat
PRI-3 63 Kepenik Bihan Le petit Kepenik
PRI-3 64 Toull ar deved Le trous des moutons
PRI-3 65 Toull ar Louarned Le trou aux renards
PRI-3 66 Kougon Grouen Le kougon de gravier
PRI-3 67 Kougon ar Donvez Le kougon ar Donvez
PRI-3 68 Karreg su Porstarz les rochers de Porstarz
PRI-3 69 Toull ar Curé Le trou du curé
PRI-3 70 Kougon Morvaouti Le kougon Morvaouti
PRI-3 71 Karreg Morvaouti Le rocher Morvaouti
PRI-3 72 Kougon Lijinek Le kougon Lijinek
PRI-3 73 Beg Lijinek La pointe Lijink
PRI-3 74 Karreg an Enezour Le rocher Enzour
PRI-3 75 Poull Ton Choz Le trou à Joseph
PRI-3 76 Kougon Lijinek Le kougon Lijinek
PRI-3 77 Karreg ar Prefet Le rocher du préfet
PRI-3 78 Kougon Poulmouzeg Le kougon Poulmouzeg
PRI-3 79 Ar Fez  
PRI-3 80 Porstarz La crique de Porstarz
PRI-3 81 Beg Poulmouzeg La pointe Poulmouzeg
PRI-3 82 Koste an Taoc'h  
PRI-3 83 Ar cale Porstarz La cale de Porstarz
PRI-3 84 Toull Koc'h Le trous de merde
PRI-3 85 Ar Beg Du La pointe noire
PRI-3 86 An Dig Coz la vielle digue
PRI-3 87 An Dig Nevez La nouvelle digue
PRI-3 88 Beg Kerhas La pointe de Kerhas
PRI-3 89 Kougon ar Viviers Le kougon des Viviers
PRI-3 90 Kougon Jean Goardon Le kougon de Jean Goardon
PRI-3 91 An Arhic  
PRI-3 92 Skluz Bras Le grand Skluz
PRI-3 93 Beg ar Skluz La pointe Skluz
PRI-3 94 Skluz Bihan Le petit Skluz
PRI-3 95 Karreg Plad Le rocher plat
PRI-3 96 Kougon Chinterer Le kougon Chinterer
PRI-3 97 Toull ar deved le trou des moutons
PRI-3 98 Poull Tro  
PRI-3 99 An Tach Auarn Auarn = foire
PRI-3 100 An Ilizig  
PRI-3 101 Karreg Kotren Le rocher Kotren
PRI-3 102 Toull Madiou La mare Madiou
PRI-3 103 Toull Grouen Trous à gravier
       
       
       

   Je vous propose suivant vos différents souvenirs de commenter les numéros non identifiés ou mal identifiés. Je mettrai à jour le tableau au fur et à mesure des nouvelles indications ou corrections que vous pourriez être amené à faire


D'autres informations sur la toponymie de Primelin et du Cap-Sizun sont consultable : ici


Merci au usagé du port du Loch de Primelin ainsi qu'a Jean DONNARD pour leur aide précieuse

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21 janvier 2018

31 - Toponymie côtière du Cap-Sizun

Carte et toponymie côtière du Cap-Sizun

   Les noms des lieux, des terres et des côtes ne sont pas éternels : ils peuvent changer selon l’évolution de la langue du pays. Au Cap Sizun l'évolution de la langue du breton vers le français a changé bien des choses. Certaines dénominations de lieux ne sont plus compréhensibles ; d'autres ne le sont qu'à l'aide de dictionnaire écrit sur des textes du passé ; d'autres, enfin sont formés selon des règles aujourd'hui tombées en désuétude. La toponymie nautique est plus fluctuante que la toponymie terrestre ; elle subit des variations rapides dans le temps et dans l’espace.

- Dans le temps, il arrive que de nouveaux noms de lieux supplantent d'autre plus anciens : comme par exemple au Loch après le déménagement de la chapelle Saint-Yves en 1817, le Kougon Saint-Yves est maintenant appelé Kougon Anna.
- Dans l'espace, les variations sont infiniment plus grandes (la mer sculpte la roche continuellement). La côte est ouverte à tous (ce qui n'est pas le cas de la terre). Il arrive souvent de trouver, en toponymie côtière, autant de noms désignant un même lieu qu'il existe de groupes de gens de mer fréquentant le lieu en question. D'autre part nos anciens hydrographes on baptisé d'office une quantité de pointes et de roches qui étaient dénommées tout autrement par les gens du pays. Les cartes portent en général une forte majorité de noms locaux, plus ou moins bien reproduits ou traduits. La déformation phonétique et orale, retranscrite du breton en français n'a pas amélioré la chose.

   Pour la petite histoire, dans le passé, quand des marins bretons allaient pêcher hors de leurs zones habituelles , ils ne cherchaient généralement pas à se renseigner auprès des gens du pays ou sur les cartes. Ils « rebaptisaient » eux-mêmes les lieux qu'ils avaient besoin de nommer.

   Je vous propose maintenant de remonter le temps avant la Révolution française. Le service hydrographique de la marine réalise les premières cartes topographiques détaillées des côtes de la Bretagne. Les relevés ont été effectués dans le Cap Sizun en 1776, le minutieux travail a été réalisé par le lieutenant CHAUDARD, géographe des armées.

Ch31 - Carte de 1776 du Cap-Sizun
    Il y a 10 zones à découvrir ci-dessous (il y a possibilité de zoomer via un clic de la souris et de se déplacer dans chaque carte avec les flèches de votre clavier ).

Zone 01 - Ile de Sein Ouest
Zone 02 - Ile de Sein Est
Zone 03 - Raz de Sein
Zone 04 - Baie des Trépassés
Zone 05 - Goulien
Zone 06 - Primelin
Zone 07 - Beuzec
Zone 08 - Audierne
Zone 09 - Pointe du Millier
Zone 10 - Plouhinec - Plozevet

Lexique des termes géographiques côtiers répandus au Cap-Sizun

Aod et Trez : aod (côte), est employé concurremment avec trez (sable), voire même à sa place, pour désigner une plage. Dans le Cap, trez est utilisé fréquemment pour les côtes sablonneuses, tandis que le terme aod concerne davantage les côtes rocheuses.

Bae : désigne une identification beaucoup plus grande que porz

Baz, Bas : Ce terme celtique signifie peu profond. Basse désigne un haut-fond rocheux, couvrant à pleine mer, et découvrant ou non à basse mer, suivant les cas.

Beg (pluriel begoù) : désigne généralement une pointe, un cap, un promontoire, mais aussi un sommet d'une tête de roche, falaise ou de colline.

Biliog (féminin) : désigne une grève de galets.

Dour : eau, dans le sens source, ou de ruisseau d'eau douce.

Enez : qui signifie île, a pour diminutif inizig, îlot à Esquibien et Cléden-Cap-Sizun.

Ero, erv : sillon au sens de cordon de galets, de sable, ou parfois de pierre – An Erv Vili (le sillon de galets). L'Ero est le barrage qui donne naissance au Loc'h

Feunteun : désigne une fontaine

Goban à Sein, désigne un haut-fond ne découvrant pas ou découvrant très peu à basse mer.

Gorlé : est employé à la pointe du Raz pour désigner des îlots et des gros rochers qui ne couvrent pas.

Karreg (eur garreg) : roche ou rocher, désigne le plus généralement une grande roche isolée dans la mer.

Kastell (pluriel Kestell) : signifie châteaux, désigne, soit des rochers escarpés ruiniformes, soit des lieux fortifiés pré-romains.

Karn : désigne un tas de pierre (amas de roches), qui peut être naturel ou construit par l’homme

Korn : signifie coin, désigne, soit un angle brusque de la côte, soit un endroit où l'on contourne des roches en mer : Korn, ar Wrac'h (le coin de la vieille).

Kornog : est très utilisé à l’Ile de Sein. Cela désigne un haut-fond de forme pointue, découvrant ou non suivant les marées.

Kougon ou Cougon (eur c’hougon) : c'est un terme particulier du Cap Sizun, c'est une « espèce de grotte », l'inverse d'une pointe. Traduit ici par « gorge », faute de mieux. Comme porzs, un kougon désigne une entaille dans le trait de côte, mais la différence entre les deux n’est pas toujours évidente. En général, un kougon est une entaille profonde, étroite, au fond difficilement accessible même à marée basse, alors que le terme de porzs est plutôt réservé à des criques bien plus larges, comportant une grève accessible. Très souvent le kougon s’enfonce sous la roche ou la falaise.

Loc'h : qui dans les langues gaéliques, désigne un lac ou un bras de mer logé dans une vallée, est très répandu sur toute la côte sud de Bretagne où il désigne un étang littoral de barrage à l'embouchure d'un ruisseau vaseux peu profond.

Men : (pierre). S’applique très généralement à des roches de plus petite taille que le terme karreg. Contrairement à ce dernier il peut correspondre à de simples récifs.

Méné ou menez (eur méné) : Littéralement « montagne », mais aussi colline, falaise ou même lande sur le bord de mer où les sommets de falaises sont couverts de landes.

Penn ou Pen (pluriel pennoù) : signifie généralement une tête de roche, immergée ou non, ou extrémité de quelque chose

Poull : signifie mare, mais aussi un trou en mer où l'on fait bonne pêche. Comme ces « trous » de pêche sont souvent auprès de basses, il arrive à poull, par extension, de désigner également ces basses elles mêmes, qui sont cependant des saillies et non des trous.

Porz, Porzs ou Pors: désigne une crique, une petite baie, même non aménagée en port, qui sert d'abri aux canots.

Ravazenn : désigne une roche assez profonde à haute mer pouvant être visible par fort coefficient.

Plas, Plassen, Bladenn : désignent des roches plates généralement rattachées à la côte, couvrant ou non et constituant généralement un emplacement de pêche.

San ou Sann (eur zan), (ou aussi kouar) : traduit ici par « couloir », passage étroit entre un îlot rocheux et la falaise, ne séchant pas sauf exception. La plupart des roches isolées à proximité immédiate de la côte ont leur san.

Stivell : c'est une fontaine jaillissante

Tal (eun tal) : Littéralement « front ». Ce mot désigne l’extrême pointe d’un îlot ou d’un cap. Il n’est guère utilisé que dans l’expression war an tal désignant un coin de pêche et traduisible par « à l’extrémité » ou « vers le large ».

Toull : désigne un trou dans tous les sens du français, trou de pêche, grotte, gouffre y compris celui de chenal.

Trez : est en général utilisé pour désigner les côtes sablonneuses.

La toponymie côtière du Cap-Sizun aujourd'hui

   Les côtes sont de moins en moins fréquentées par les riverains. Ainsi se perd d’année en année les noms des pointes, des criques, des trous de pêche, des rochers et des sentiers. Il est maintenant trop tard pour faire un collectage de fond. Il y a 15 ans cela aurait été encore possible, mais depuis la disparition des derniers anciens « à savoir » cela sera maintenant beaucoup plus difficile, voir impossible d’identifier les noms précis de certains coins.

   Je ne suis pas le premier à essayer de sauver notre patrimoine toponymique côtier du Cap Sizun. Il existe dans le Cap, des personnes qui on déjà fait ce travail sans le partager sur internet pour le moment (à part sur Goulien, Jean-Yves MONNAT qui a réalisé un collectage remarquable qu'il a jugé bon de mettre en ligne) : visible ici

   Je suis originaire du Loch, il est donc logique que je commence ce travail par ce secteur. L’aide des usagers du port du Loch m'a été très utile. J'ai travaillé avec des vues aériennes car je pense que c'est visuellement mieux adapté que de travailler sur des cartes marines, mais mon blog reste assez limité pour mettre en valeur ce travail. J'ai réalisé deux zones pour le côté Primelin et deux zones pour le côté Plogoff. J'ai placé sur les quatre vues aériennes, des numéros en lien avec un listing d’identification qu'il est préférable d'imprimer avant la visualisation des photos. Il y a possibilité de zoomer via un clic de souris et de ce déplacer dans chaque photo avec les flèches de votre clavier.

Toponymie du côté Loch Primelin

   Je vous propose suivant vos différents souvenirs de commenter les numéros non identifiés ou mal identifiés. Je mettrai à jour le tableau au fur et à mesure des nouvelles indications ou corrections que vous pourriez être amenés à faire

Ch31 - Vue sur le Loch Primelin

ZONE 1 - Loch Primelin : (PRI-1)
ZONE 2 - Loch Primelin : (PRI-2)

    Côte du Loch Primelin  
Zone Lieux Traduction ou explication
PRI-1 1 Penn ar pont (Penn a ponne) Le bout du Pont
PRI-1 2 Ar Yeun (Couer Goz) La rivière le Yun et le marais entre Plogoff et Primelin
PRI-1 3 Loc'h bras Le grande plage du Loch
PRI-1 4 An Dachen La passerelle (la chemin dans le champs)
PRI-1 5 ?  
PRI-1 6 ?  
PRI-1 7 ?  
PRI-1 8 Ar Boulen La marre (le port)
PRI-1 9 Karreg lost ar Boulen le rocher près du Boulen
PRI-1 10 Dour Salou La zone ou l'on remontait les canots dans le temps à coté du ruisseau
PRI-1 11 Ar Digne La digue
PRI-1 12 Lost ar Boulen La queue de la marre
PRI-1 13 Lenn ar Mororet La mare aux marsouins
PRI-1 14 Kougon an Digue Kougon de la digue
PRI-1 15 Beg ar Boulen La Pointe du Boulen
PRI-1 16 Karreg Bouedec Le rocher Bouedec
PRI-1 17 Porzh a Briec Le port de Briec
PRI-1 18 Runogot  
PRI-1 19 Beg Normandu Ressemble à l'avant du bateau Normandie
PRI-1 20 Lenn Runeguez La marre Runeguez
PRI-1 21 Ar Bladen La plate : Le rocher plat
PRI-1 22 Poull ar C'hastreget Le marre des Castrecs
PRI-1 23 Karreg Greur Le rocher Greur
PRI-1 24 Karreg Men Dalc'h Le rocher Men Dalc'h
PRI-1 25 Karreg su Porzh a Briec Le rocher du port de Briec
PRI-1 26 Penn Dern  
PRI-1 27 Penn dern Bihan Le petit Penn Dern
PRI-1 28 Porsbé  
       
PRI-2 29 Zan Porsbé Le chenal de Porsbé
PRI-2 30 Karreg su Porsbé Le rocher de Porsbé
PRI-2 31 Toull an Tranchar La marre an Tranchar
PRI-2 32 Karreg Kreiz Le rocher du milieux
PRI-2 33 Beg ar Baradoz (Beg Porsbé) La pointe du paradis ou pointe Porsbé
PRI-2 34 An Iliz L’Église – C'est une estivation dans la roche qui ce trouve dans la falaise
PRI-2 35 Ar Stolik  
PRI-2 36 Poull Eugène La marre d'un dénommé Eugène
PRI-2 37 Karreg Treuz Le rocher creux
PRI-2 38 Kougon Val Le kougon Val
PRI-2 39 Kougon Veur Le kougon Veur
PRI-2 40 Poull Ton Lan A confirmer car existe aussi à 1 mille dans la mer
PRI-2 41 Karreg Privel Le rocher Privel
PRI-2 42 Toull ar Brini Le trou ar Brini
PRI-2 43 Ar Stivel La fontaine jaillissante – c'est un petite source qui tombe de la falaise
PRI-2 44 Poull ar Zaout La marre aux vaches
PRI-2 45 Feunteunidiou  
PRI-2 46 Base Loc'h Bihan La petite base du Loch
PRI-2 47 Base Loc'h La base du Loch
PRI-2 48 Ar Sklocek  
PRI-2 49 Karreg beg ar C'hastell Le rocher de la pointe du Castel
PRI-2 50 Beg ar C'hastell Pointe du Castel
PRI-2 51 Lenn ar C'hastell La marre du Castel ( ou lavoir du Castel )
PRI-2 52 Beg Bihan C'hastell La petite pointe du castel
PRI-2 53 Ar Ravazenn La roche plate
PRI-2 51 Kougon Futel Le kongon qui siffle (la houle compresse l'air dans la grotte qui ressort en sifflant par les trous dans la roche)
PRI-2 55 Karreg Rounde Le rocher Rounde
PRI-2 56 Toull Coat  
PRI-2 57 Lenn ar Vesken La marre ar Vesken
PRI-2 58 Kougon Sable Le kougon ensablé
PRI-2 59 Porzh Bihan Le petit port

Quelque zone du Loch Primelin en photo :

Ch31 - La pointe du paradis ou pointe Porsbé N° 33 - La pointe du Paradis ou pointe Porsbé

Ch31 - N°34 - Le trou de roche An Iliz N°34 - Le trou de roche An Iliz (de la pointe du Paradis)

Ch31 - La pointe du CastelN°50 - La pointe du Castel

N°51 - Le Kougon Futel (le Kougon qui siffle) du Castel

D'autre photos à suivre ...


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Toponymie du côté Loch Plogoff

Ch31 - Vue sur le Loch Plogoff

ZONE 1 - Loch Plogoff : (PLG-01)
ZONE 2 - Loch Plogoff : (PLG-02)  

    Côte du Loch Plogoff  
  Lieux Traduction ou explication
PLG-1 1 Penn ar pont (Penn a ponne) Le bout du Pont
PLG-1 2 Ar Yeun (Couer Goz) La rivière le Yun et le marais entre Plogoff et Primelin
PLG-1 3 Loc'h bras Le grande plage du Loch
PLG-1 4 Kongon Dom Le Kougon "chaud"
PLG-1 5 ?  
PLG-1 6 Kougon Laou Le kougon des poux
PLG-1 7 ?  
PLG-1 8 Karreg Fily Le rocher de la famille des Fily
PLG-1 9    
PLG-1 10 Kougon Anna Anciennement Kougou Sant Youenn
PLG-1 11 Beg sant Youenn Pointe saint Yves
PLG-1 12 Karreg Plat La roche plate
PLG-1 13 Beg ar Mez La pointe de roche ar Mez
PLG-1 14 Loc'h Bihan Le petit Loch
PLG-1 15 Beg ar Pesket La pointe des poissons
PLG-1 16 ?  
PLG-1 17 Beg Pen ar Guiz La pointe de Pen ar Guiz
PLG-1 18 Karreg Pen ar Guiz Le rocher de Pen ar Guiz
PLG-1 19 Plater Pen ar Guiz Les roches plate de Pen ar Guiz
PLG-1 20 Feunteun Yen La fontaine froide
PLG-1 21 Sent Pen ar Guiz Le chenal de Pen ar Guiz
PLG-1 22 Poullen ar Stivell Le trou du Stivell
PLG-1 23 Stivell La fontaine jaillissante – c'est un petite source « jaillissante »
PLG-1 24 Poullen ar Kirger Bihan La marre ou on tuaient les petits chats
PLG-1 25 ?  
PLG-1 26 Penn dern  
PLG-1 27 Penn dern Bihan Le petit Penn Dern
PLG-1 28 ?  
PLG-1 29 Bec Porszergard La pointe du Port Zergard
PLG-1 30 Porszergard Le Port Zergard
       
PLG-2 31 Ar Gerling  
PLG-2 32 Karreg an Amann Le dolmen au beurre
PLG-2 33 Karreg an Dienn Le menhir "obélisque" « crème »
PLG-2 34 Di an Nod Au dessus de la plage
PLG-2 35 ?  
PLG-2 36 ?  
PLG-2 37 Kougon Bigouli  
PLG-2 38 Anéo L'auge
PLG-2 39 Karreg Plat Beg Ty Deved La roche plate de la pointe des moutons
PLG-2 40 Beg Ty an Deved / Ti Deñved / Penanty-Due – Pointe des montons
PLG-2 41 ?  
PLG-2 42 ?  
PLG-2 43 ?  
PLG-2 44 Kongon an Dourgoun Les grottes de la loutre
PLG-2 45 Kougon ar Veach Vad Les grottes du bon voyage
PLG-2 46 Corspors (les moutons aimaient bien aller la)
PLG-2 47 ?  
PLG-2 48 Porzen (Pors ar Sent) Le port des Saints
PLG-2 49 Karreg an Hourmel ou peut etre karreg Aurno ? (a confirmer)
PLG-2 50 ? Beg Voch-Cam ? La pointe de Plogoff ?
PLG-2 51 ?  
PLG-2   Beg a Hi A situer
PLG-2 52 Karreg Rouz Le rocher marron (se découvre au très grande marée)
PLG-2 53 Poulic a Ber  
PLG-2 54 Ar Puñs Le puit
PLG-2 55 Karreg Plat Porzen Le rocher plat de Porzen
       

Quelque zone du Loch Plogoff en photo :

Il existe deux pierres vraiment étranges distantes de seulement 100 m sur le Loch Plogoff au N° 32 et 33 :
- Le Karreg an Amann ressemble à un dolmen (la pierre supérieure est maintenant à 90° de ses supports)
- Le Karreg an Dienn est un menhir de plus de 6 m maintenant couché. Il est étonnamment lisse !
Y-a-t'il eu dans un temps "préhistorique" une intervention humaine qui pourrait expliquer cela ?

Ch31 - N°32 - Karreg an AmannN°32 - Le dolmen Karreg an Amann (90 Dg entre les deux photos)

Ch31 - N°33 - Karreg an DiennN°33 - Le menhir Karreg an Dienn

Ch31 - Les Kougons de la pointe des moutonsLes Kougons de la pointe des moutons

D'autre photos à suivre ...

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   Les prochains chapitres reprendront l'intégralité des noms des côtes de certaines communes, mais cela pourrait être assez long à faire, tout dépendra des rencontres que je pourrais être amené à faire : c'est un travail d'équipe.

- La toponymie côtière de Primelin : ici
- La toponymie côtière de d'Esquibien : en préparation
- La toponymie côtière de Plogoff : en préparation
- La toponymie côtière de Cleden : en préparation
- La toponymie côtière de d'Audierne et Plouhinec : en projet
- La toponymie côtière de Goulien : en projet
- La toponymie côtière de Beuzec : en projet

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   Un peu plus loin de la côte, existe aussi des noms d’endroits sans repères apparents. Ce sont les lieux de pêche… les fameux « Poull » pour la pêche au filets, aux casiers, ou à la ligne. Les anciens gardaient secrètement tous ces lieux proches de certaines roches ou d'épaves oubliées (c'est un peu comme les coins aux champignons, cela doit rester secret).

   Le « Poull pêche » était souvent découverts par hasard et baptisés par le pêcheur qui y faisait une pêche miraculeuse. Le repérage du lieu se réalisait par « triangulation ». c'est l'alignement de points de côte remarquables suivant plusieurs directions (proches de 90°) qui permettaient de retrouver le lieu.

   J'ai retrouvé dans des carnets de mon père, jaunis par le temps et l'usage, des notes sur ses lieux de pêche du sud du Cap Sizun. Tous les lieux y sont notés avec précision. Je vous laisse découvrir un exemple de note pour retrouver le Poull à tacots Treac'h (aussi appelé Poull Lano)

Ch31 - Repérage du poull tacots Treac'hRepérage du Poull tacot Treac'h

Dans les carnets j'ai pu trouver des noms de lieux de pêche avec leur « coordonnées visuelles » comme :
- Poull tacots d 'Albert
- Poull Kerlavenan
- Poull tour Esquibien
- Poull Alain KERNINON
- Poull tacots Mathieux CHAPALAIN
- Poull to Chile (ou Ankel Chile)
- Poull Yvonnie
- Poull ton Lan
- Poull Lennou
- Poull ar Vogar Cam
- Poull Dauracles
- …...

  
Le dernier carnet est beaucoup plus mystérieux ! Il n'y a plus de dessin après les noms du « Poull pêche » mais une suite de deux numéros : ce sont des coordo
nnés GPS. Mon père fit l’acquisition en 1994 d'un GPS marine portatif. Il fut le premier du port du Loc'h à en faire usage.

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   Pour terminer ce chapitre, je vais vous partager un travail de collectage toponymique terrestre réalisé au début des années 2000 dans le Cap-Sizun : Ofis ar Brezhoneg (l'Office de la Langue Bretonne) réalisera ce travail par commune dans tout le département. Le service Patrimoine Linguistique de l'Office de la Langue Bretonne a travaillé à la conservation et à la mise en valeur, par sa normalisation, du patrimoine toponymique breton, trop souvent déformé par francisation ou ignorance des règles élémentaires de l'orthographe du breton.

    Les documents PDF des dix communes du Cap-Sizun : Cleden – Plogoff – Goulien – Primelin – Esquibien – Audierne – Beuzec – Pont-Croix – Confort-Meilar – Plouhinec – Mahalon, sont visibles par les liens ci-dessous. Je n'ai pas trouvé le travail concernant l’île de Sein pour le moment.

Ch31 - Communes du Cap-Sizun


Noms des lieux de Cleden
Noms des lieux de Plogoff
Noms des lieux de Goulien
Noms des lieux de Primelin
Noms des lieux d'Esquibien
Noms des lieux d'Audierne

Noms des lieux de Beuzec Cap-Sizun
Noms des lieux de Pont Croix
Noms des lieux de Confort-Meilar
Noms des lieux de Plouhinec
Noms des lieux de Mahalon

 
Merci à Noel PEUZIAT pour sont aide orthographique bretonnante pour la mise en forme de ce chapitre.

 

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01 novembre 2017

30 - Le port des Saints et l'anse Saint-Yves

Le port des Saints de Plogoff et l'anse Saint-Yves

   La plupart des Saints du Cap-Sizun ont une origine bretonne insulaire, mais leur biographie est souvent inconnue. Leurs pouvoirs sont variés : les uns sont invoqués comme guérisseurs, les autres passent pour accorder des grâces spéciales ou sont les protecteurs du pays.

    Dans ces pouvoirs différents trouverait-on le souvenir de ce qu’ils ont été, de ce qu’ils ont fait ?
Les Saints guérisseurs auraient-ils été des personnages dont la charité et le dévouement étaient la règle de vie ?
Les maux pour lesquels ils sont invoqués étaient-ils ceux qui affligeaient le plus fréquemment les populations parmi lesquelles ils vivaient ?
Les Saints invoqués pour des faveurs spéciales étaient-ils fortunés, détenteurs de biens fonciers ?
Les Saints protecteurs des paroisses, étaient-ils les puissants de leur époque ?
Les connaissances sont si obscures qu’il est difficile de répondre à toutes ces interrogations.

   La crique de Porzen de Plogoff (voir la flèche rouge de la carte ci-dessous) : Pors ar Sent (le port des Saints), située en contre-bas de la chapelle de Notre-Dame du Bon-Voyage et du Bon Port, est aujourd’hui impraticable. Il n’en était pas de même autrefois. La légende y fait, en effet, débarquer trois futurs Saints. La tradition semble avoir conservé le souvenir de l'arrivée de deux d'entre eux : Saint They ainsi que son frère malheureux Saint Trémeur. Le terrible comte CONOMORE du Poher, rencontra les deux enfants un jour de chasse, reconnaissant qu'ils étaient les fils de sa femme Tréphine, il les décapita. Alors les deux saints prirent leurs têtes entre leurs bras, gagnèrent la côte et montèrent dans un bateau. Saint They voulant avoir les mains libres pour hisser la voile et manœuvrer à son aise, remit sa tête sur son cou. Aussitôt celle-ci s'attacha, reprenant vie comme si elle n'avait jamais été détachée de son corps. Saint Trémeur, quant à lui, s'était assis à l'arrière de la barque, la tête posée sur ses genoux. Voyant le miracle, il voulut imiter son frère. Mais le vent s'étant levé, il ne put replacer sa tête dans la bonne position et dut la conserver entre ses mains. Saint They parvint à conduire la barque dans une crique du Cap Sizun qui a gardé depuis le nom de Pors ar Sent (le port des Saints). Bientôt ceux-ci établirent leurs ermitages sur la paroisse de Cléden et après leurs morts, des chapelles furent érigées aux lieux où ils avaient édifié le peuple fidèle.

Ch30 - Carte de l'anse de Saint Yves en 1776Carte de l'anse Saint-Yves en 1776 (les S ressemblent à des F)

   Pors ar Sent, (Porzen sur les cartes modernes), se situe dans l'anse du Loch (si l'on considère que l'anse s'étend de la pointe de Plogoff à la pointe du Castel). Il constitue donc un endroit important au tout début de l'évangélisation du Cap-Sizun. Même si l'histoire sur l'arrivée de Saint They et de Saint Trémeur semble être une légende, il n'en demeure pas moins que cette petite crique a été baptisée : le Port des Saints. Des édifices religieux y ont été construits dans différents matériaux depuis le début de l'évangélisation du Finistère au V ème siècle.

Ch30 - Porsen (Le port des Saints et la vallée Ar Stancou)Porzen (Le port des Saints) et la vallée "Ar-Stancou"

Ch30 - Porsen (Le port des Saints) Porzen (Le port des Saints)

   Pour la petite histoire, Il y a un autre lieu à Plogoff qui pourrait porter à confusion avec Porzen. Il est nommé sur les cartes modernes Porzan - sur les cartes anciennes : Portzan ou Porszann. Ce lieu est à l'est du petit port de Bestrée. Il y a souvent méprise entre les 2 endroits

Ch30 - La crique du Porzan (Portzan)La crique du Porzan et non du Porzen comme indiquée sur cette carte postale

   Entre cette petite crique et le port de Bestrée se trouve également une arche naturelle qui sera en 1909, le premier site classé dans le Cap-Sizun, avec la falaise du Castel-Coz en Beuzec-Cap-Sizun. Dans plusieurs documents cette arche est indiquée par erreur comme étant à Porzen (elle se situe à Porzan).

Ch30 - L'arche de PortzanL'arche naturel du Porzan

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La chapelle Saint-André "du Porzen"

   Bien avant 1600, une chapelle en pierre au nom de Sant Andro (Saint-André) est construite à Pors ar Sent en bord de mer dans le vallon de « Ar-Stancou » au plus bas de la crique, mais menacée de destruction par l’érosion qui grignote le fond de l'anse, son transfert fut envisagé à quelque 1200 mètres au village de Landrer dans les années 1625. Je ne sais pas si la reconstruction a été réalisée à l'identique car de cette époque il ne subsiste rien. Dans la chapelle de Landrer la date de 1626 est gravée dans la pierre en plusieurs endroits. Saint-André est invoqué pour la guérison de la coqueluche, an dreo en breton.

Ch30 - Chapelle Saint André à LandrerChapelle Saint-André de Landrer - Plogoff

Ch30 - Chapelle Saint André - Bénitier de 1626Ch30 - Chapelle Saint André - Autel

 

Ch30 - Chapelle Saint André de Landrer à Plogoff - Pardon en 2002Pardon de Saint-André à Landrer en 2002

    Il y a eu plusieurs missions dans le Cap-Sizun jusqu'à Plogoff.
En Juillet 1643, le Père MAUNOIR et ses collaborateurs, lors d'une mission, en font une description relativement intéressante (Tome 1 de l'Histoire du vénérable serviteur de Dieu : Julien MAUNOIR, pages 187-190)
(...) Peu éclairés au point de vue religieux, les habitants travaillaient le dimanche comme les autres jours. Des danses nocturnes avaient lieu dans les chapelles de la côte … Ils étaient victimes des superstitions les plus grossières : des femmes, par exemple, détachaient des murs des chapelles les images des Saints et les menaçaient des traitements les plus odieux, si leurs maris ou leurs enfants alors sur mer ne leur étaient promptement rendus. Ce retour se faisait-il attendre, les menaces étaient exécutées. Les saintes images étaient placées dans l'eau ou même flagellées au milieu des plus indignes outrages. D'autres balayaient avec soin la chapelle la plus voisine de leur demeure, en recueillaient la poussière et la jetaient en l'air, pour que le vent devint propice aux barques des pêcheurs. A la fin des exercices spirituels de la mission, la masse des fidèles était convertie ; seuls les débitants de boisson se montrèrent réfractaires à la grâce …

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La chapelle Saint-Yves de l'anse Saint-Yves

   En breton, Saint Yves est appelé Sant Erwan ou Ewan dans le Trégor : Eozen, Yoen, Yon dans le Léon : Youen, Yeun, Cheun, Noun, Ewon en Cornouaille : Izan, Izen, Iwen, Iven, Iwan, Ewan, Evan en Vannetais.

   Mais qui était Saint Yves ? Les avocats et les magistrats en ont fait leur saint patron. Yves HELORY de Kermartin voit le jour à Tréguier, en 1253. Il rejoint Paris pour ses études en 1267, et devient juge ecclésiastique à Rennes, puis à Tréguier. Il consacra sa vie à la justice, aux pauvres et opprimés, mais aussi aux lépreux et aux pestiférés, il fut aussi le défenseur des droits de la Bretagne. A sa mort, en 1303, son tombeau devint un lieu de pèlerinage à Tréguier. Ce fut l'un des rares Saints Bretons à être canonisé le 19 mai 1347 par le pape Clément VI. On dénombre en Bretagne 140 lieux de culte qui lui sont dédiés. A Plogoff son pardon se déroule lors du troisième week-end de mai.

   Il existait une petite chapelle nommée Saint-Yves dans l'anse du Loch (voir dans le rond rouge sur la carte au-dessus dans l'anse Saint-Yves), c'était un petit édifice de 10 mètres de long sur 6 mètres de large). Son petit clocheton carré se terminait par un petit dôme conique. Cette chapelle semble avoir été construite vers la première moitié du XVème siècle à l'Ouest de la base d'une petite avancée rocheuse du Loch côté Plogoff, à coté du kougon qui portera son nom : le Kougon Sant-Youen.

Kougon ou Cougon : Il s’agit là d’un terme particulier au vocabulaire du Cap-Sizun. Comme porz, un kougon désigne une entaille dans le trait de côte, mais la différence entre les deux n’est pas toujours évidente. Je reviendrai la dessus sur le prochain chapitre :  Toponymie marine du Loch et Cap-Sizun

Ch30 - Chapelle Saint Yves - Représentation de la chapelle au Loch-Reconstitution de l'emplacement de la chapelle Saint-Yves au Loch Plogoff

Ch30 - Chapelle Saint Yves - Emplacement initial de la chapelle au LochEmplacement de la chapelle sur son ancien promontoire, comme elle pouvait l'être il y a bientôt 400 ans

   Il est probable que le clocher de la chapelle était placé à l’Ouest et l'autel à l'Est, comme 90% des édifices religieux du Cap-Sizun. Je l'ai volontairement placé à l'est sur ma représentation, du fait de mon imaginaire débordant : j'ai pensé que la porte de la chapelle pouvait donner sur le gougon du même nom. Existait-il avant sa construction en dur une autre chapelle auparavant ? Mystère.

   Après la Révolution française, durant l'été 1795 les chapelles du Cap-Sizun sont vendues lors de ventes aux enchères. Au même moment, mobiliers et ornements sont également cédés. Saint-Yves, qui servait de caserne pour l'armée révolutionnaire, subira le même sort. Elle fut adjugée à Jean PRIOL pour 800 livres. En guise de comparaison voici ci-dessous les montants atteints des autres chapelles environnantes :
- Notre-Dame du Bon Voyage, vendue à Jean CARIOU, procureur de Plogoff pour 1100 livres.
- Saint-Molien, vendue à Mathieu THALAMOT pour 450 livres.
- Saint-André, vendue à Simon CARVAL pour 2025 livres.
- L'église monumentale de Saint-Tugen fut acquise par Simon DAGORN pour 20100 livres.
- Saint-Trémeur, qui servait d'écurie pendant la Révolution pour les chevaux des soldats gardes-côtes fut achetée par Yves ROZEN de Kerfeurguel pour 650 livres le 16 août 1795.

   Naturellement, les propriétaires légaux de ces édifices étaient libres d'en disposer à leur gré. Mais, il faut le dire, les acquéreurs de chapelles et d'églises les achetèrent presque toujours pour éviter leur profanation et avec l’intention de les rendre un jour. Après la Révolution, les chapelles furent rendues au culte et pourvues du mobilier nécessaire grâce à la générosité des fidèles. Certains d'entre eux rapportèrent les anciens meubles vendus quelques années auparavant. Quant aux statuts et aux ornements religieux la plupart ont été détruits.

   A l'issue de cette période tourmentée, la chapelle Saint-Yves était en mauvais état. La cloche n'existait plus, elle avait été descendue pour être fondue en canon ou en monnaie. La chapelle était le seul bâtiment visible sur la côte du Loch, il n'y avait aucune habitation aux alentours. Les premières maisons ont été construites sur les collines avoisinantes : villages de Keringar et Toramur sur la commune de Plogoff ainsi que Kerloc'h Isella et Kerloc'h Huella à Primelin.

Ch30 - Liste des édifices religieux de Plogoff sous l'Empire en 1806Inventaire des édifices religieux de Plogoff réalisé en 1806 par le clergé

   Sur des cartes très anciennes on discerne quelques erreurs. On identifie bien la chapelle Saint-Yves dans l'anse du Loch mais avec des noms différents comme par exemple «Saint-Yvon» ou «Saint-Nicolas». !!!

Ch30 - Ancienne carte du Cap-Sizun d'avant 1700

Ch30 - Ancienne carte du Cap-Sizun (Carte de Bellin)

Ch30 - Ancienne carte du Cap-Sizun

   L'érosion de la falaise arrivait au ras de la chapelle, elle risquait à terme d’être emportée avec les éboulis de la petite avancée rocheuse. En 1817, la décision est prise de la déplacer. Elle est donc transportée pierre par pierre juste à coté du lieu-dit « Kerguidy » sur la parcelle « Roz-Kergaouren ». En remerciement, le généreux donateur du terrain hôte bénéficia d’une place gratuite à vie à l’église paroissiale de Plogoff durant les offices.

   Ce nouvel emplacement situé à 3,2 km du précédent prendra naturellement le nom du lieu-dit Saint-Yves et l'anse du même nom tombera dans l'oubli. La chapelle est maintenant située à 72m de hauteur, au sommet d’un des endroits le plus élevé de la commune de Plogoff, histoire de ne plus jamais risquer un nouveau déplacement en raison de l’érosion côtière.

   Des années après le déplacement de la chapelle et la lente progression de la mer sur le promontoire rocheux délaissé des restes humains on été trouvés. C’était une histoire que se racontaient les anciens : des cercueils enterrés debout disaient ils. Même s’il n'y avait pas beaucoup de place autour de la chapelle, il est pourtant peu probable que l'inhumation des défunts ait été effectuée ainsi.

   Sur le cadastre napoléonien de 1836, la chapelle n'était donc déjà plus là, mais on retrouve des indications intéressantes : par exemple la parcelle 1550 (Section D2 de Bon-Voyage) se nomme "Keringar parc ar chapel". La parcelle 1549 se nomme "Keringar tal santeroan" : une traduction possible pourrait être "à côté de Saint Erwan". La parcelle1236 (Section C3 Bourg), le fameux petit éperon rocheux se nomme "Pen an od" : La pointe de la mer.

Ch30 - Cadaste napoléonien de 1936 de l'emplacement de l'ancienne chapelle Saint-YvesCadastre napoléonien de 1836 - Emplacement de l'ancienne chapelle Saint-Yves

   Juste après la seconde guerre mondiale (soit 130 ans après), il y avait encore quelques vieilles kapenn (nom des femmes capistes en breton et de la coiffe qu’elles portaient) qui se signaient en passant à coté du lieu où se situait la chapelle Saint-Yves autrefois. Même si la chapelle n'est plus là, elle reste présente dans les mémoires. Le petit chemin côtier qui relit le Kougon Saint-Yves jusqu'à l'autre côté du petit Loch, porte toujours le nom de "chemin de Parc ar chapel" pour les anciens.

    Le kougon Saint-Yves est maintenant appelé kougon Anna. C'est le prénom d'Anna YVEN, épouse de Clet CARIOU, qui habitait dans la maison à côté du kougon. Les jeunes nés après-guerre n'ont jamais connu l'existence de la chapelle, lorsqu'ils partaient à la plage, ils précisaient à leurs parents qu'ils allaient au Loch ou au petit Loch ou au kougon "Dom" ou encore au kougon "Anna". La petite plage près de la maison d’Anna c’est une petite crique toujours propre.

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   En bordure de la route, en 1817 au lieu-dit « Kerguidy », la chapelle a donc été reconstruite approximativement, certaines pierres gravées on été remontées à l'envers. En ce lieu existait déjà le calvaire que nous connaissons aujourd’hui. Il est relativement imposant par rapport à la chapelle. Sur un ensemble octogonal très élevé, se dresse une croix en pierre dont le fût porte la date de 1805. Sur le socle l’inscription y est plus difficilement déchiffrable : JEAN KERSAVDY : F. 1670.

Ch30 - Chapelle Saint Yves de Plogoff 0

Ch30 - Chapelle Staint Yves de Plogoff 1Ch30 - Chapelle Staint Yves de Plogoff 2

 

 

Ch30 - Chapelle Staint Yves de Plogoff 3Ch30 - Chapelle Staint Yves de Plogoff 4

 

 

 

 


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Ch30 - La chapelle St Yves - Pardon (avant 1910) a

Ch30 - La chapelle St Yves - Pardon (avant 1910) bChapelle Saint-Yves - Pardon dans les années 1905

   Au milieu du XXème siècle l'état de la chapelle se détériorait. A la fin des années 1950 il n'y a plus d'offices religieux dans la chapelle car l'édifice devient dangereux. Le pardon de Saint-Yves sera célébré à l’extérieur le 3ème dimanche de mai malgré tout. En début d'année 1966 est construit un imposant château d'eau à 30 m au Sud-Ouest.

Ch30 - Construction du chateau d'eau en 1966Construction du château d'eau en 1966

   A la fin des années 1960, une partie du mur nord s'écroule et la situation du toit n’est pas plus réjouissante. La chapelle est entourée de ronces et de végétations, c'est une ruine.

Ch30 - Restauration chapelle St Yves - Camp scout de Longwy 1970-08 b

Ch30 - Restauration chapelle St Yves - Camp scout de Longwy 1970-08 aEn 1970 la chapelle Saint-Yves est devenue une ruine

La renaissance de la chapelle Saint-Yves. Une providence inespérée.
   Durant l'été 1970, des Scouts de France de la Troupe des Pionniers de la 2éme Longwy en Meurthe-et-Moselle (54), avaient décidé de faire un camp en Bretagne. C’est un des responsables le chef scout Roger LAHAYE (†) qui avait repéré lors d’un séjour dans notre région la chapelle en ruine sur la route de la Pointe du Raz. Il a proposé l’idée de la restaurer lors d’un camp d’été. L'abbé Le FLOC'H, et le maire de Plogoff de l’époque furent ravis de soutenir cette démarche. Durant le mois d'août, les scouts composés d'une soixantaine de pionniers et de trente petits vont avec l'aide d'artisans bénévoles du Cap-Sizun travailler sur le projet.

   J'ai réussi à retrouver un membre de l'équipe des scouts : André BALLEREAU. Il témoigne, ci-dessous avec de nombreuses photos, de l'histoire du sauvetage de la chapelle Saint-Yves de Plogoff.

Ch30 - Camp de scouts au Trez

 (...) Notre camp de base était établi sur les dunes de Trez-Goarem à Esquibien près de Saint-Tugen au cours du mois d'août.
    A notre arrivée la chapelle était une ruine, son mur nord était complètement éventré, envahi par les ronces et les herbes. Le fronton complètement déscellé, avait perdu ses pierres, le clocher vacillait à chaque coup de vent. Un pan du toit était éventré et ses ardoises éparpillées, la poutre centrale menaçait de s’effondrer. Nous avions 20 jours, la durée du camp, pour remettre les choses en l’état.
   Tous les matins, les jeunes scouts partaient sur le chantier. Dans un premier temps, il a fallu dégager l’envahissement végétal, puis les scouts ont complètement déposé le toit mettant à nu les murs et le fronton, très délabré sur un côté.

Ch30 - 1970 - reconstruction chapelle Saint Yves 1   Le mur instable a ensuite été complètement démonté, les pierres triées et classées. Il y avait des pierres pour le mur intérieur (moellon) et des pierres pour le mur extérieur (pierres taillées). Les joints de l’époque étaient en argile.
   Puis a été entrepris le remontage du mur. J'étais responsable pour le mur et la taille de pierres. Ce mur à double épaisseur a été construit à l’identique avec une face extérieure et intérieure. Le jointage central a été refait au mortier.
   Les jeunes scouts se sont succédé, à la brouette au sable au ciment, et cela dans la bonne humeur. Le mur sud n’étant pas dégradé, nous a servi de modèle pour l’agencement et l’alignement des pierres.

Ch30 - 1970 - reconstruction chapelle Saint Yves 2De nombreuses pierres autour de la chapelle en ruine, avaient disparu au fil des années.
(...) En milieu de chantier il nous manquait de nombreuses pierres taillées : le père Le FLOC'H de Plogoff nous en a trouvé.Nous avons été les récupérer avec notre estafette dans la cour du presbytère où elles étaient stockées.

Ch30 - 1970-08 - Restauration chapelle St Yves - Gigi BARETTO et Roger LAHAYEGigi BARETTI (†) chef de camp et Roger LAHAYE (†) initiateur du projet

   Le fronton et la base du clocher re-stabilisé, les grosses pierres avec des inscriptions gravées, ont été montées à la force des bras via des planches inclinées. Trois jours seulement avant notre départ, Guillaume YYEN, le menuisier du village nous a livré la charpente du toit. Nous l’avons montée, cloué la volige, mais les ardoises n’étaient pas au rendez vous. Elles seront posées dans les semaines qui on suivi le départ des scouts.

Ch30 - 1970 - Restauration chapelle St Yves - Montage du toitMontage de la toiture - l'Abbé DEMANGE (en noir)

(...) A la fin du chantier, l’océan déchaîné n’a pas permis de récompenser les scouts méritants qui attendaient avec impatience leur balade promise en mer par les pêcheurs mais la vision de cette chapelle ressuscitée a été leur plus belle récompense.

   Durant les mois suivants, l'abbé Le FLOC'H, formé en menuiserie achèvera quelques éléments intérieurs de la chapelle. Il semblerait par exemple que les portes aient été réalisées avec des planches appartenant au dernier carrosse de l'évêque qui était entreposé dans un hangar. L’abbé, les avaient récupérées à Quimper.

   André BALLEREAU lors d'un échange téléphonique m'a indiqué avoir découvert avec l'équipe de bénévoles que la grande marche qui accédait à l’autel était tout simplement une vieille dalle d’autel reconnue comme telle par l'aumônier du camp des scouts. Cette pierre retournée devait être la vielle pierre d'autel d'origine lorsque la chapelle était encore au Loch. Lors du déplacement de l'édifice en 1817, une dalle de pierre plus grande a dû être réalisée pour le nouvel autel (celle que nous connaissons aujourd'hui). Après la restauration de 1970 l'ancienne dalle redécouverte a été placée devant la porte principale de la chapelle. On peut remarquer en son centre la zone carrée caractéristique d'environ 30 cm prévue pour la pose de la pierre d'autel consacrée.

 

Ch30 - L'ancienne dalle d'autel de la chapelle Saint-Yves L'ancienne dalle d'autel de la chapelle Saint-Yves

   Les reliques du Saint patron contenues dans le sépulcre de l’autel ou de la pierre d’autel on sans doute été détruites durant la Révolution.

   Dans toute église ou chapelle il y a au moins un autel. Avant d'y célébrer le Saint Sacrifice, le prêtre, procède à une longue et magnifique cérémonie qui rappelle le baptême et qu'on appelle "consécration". Sans autel une église n'a ni âme, ni centre de perspective.

   L'année suivante, le jour du pardon, le 23 mai 1971, aura lieu l'inauguration de la chapelle restaurée. La procession partit de l'église paroissiale à 10 h, pour se rendre à Saint-Yves pour la bénédiction de la chapelle avant la grand messe de 10 h 30. 

Ch30 - Inauguration Saint Yves - 23 mai 1971 bCh30 - Inauguration Saint Yves - 23 mai 1971 a

 

 

 

 

 

 

 

 

Ch30 - Inauguration Saint Yves - 23 mai 1971 cCh30 - Inauguration Saint Yves - 23 mai 1971 d

 

 

 

 

 

 

 

 

 


 



Inauguration de la chapelle Saint-Yves restaurée le 23 mai 1971

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Ch30 - Le calvaire de Saint Yves
Ch30 - Clocher de la chapelle Saint Yves en 2004 (avant la restauration)


Ch30 - La chapelle St Yves - Pardon en 2004

Ch30 - Coeur de la chapelle Saint Yves en 2004Chapelle Saint-Yves - Pardon en 2004 

   Jadis les chapelles étaient gérées par un conseil de fabrique pour les plus importantes et par un fabricien pour les plus petites. Le fabricien était surtout un homme de confiance auprès du clergé. Ce n'était pas obligatoirement un notable, mais il devait quand même pouvoir tenir les comptes de la fabrique. Sur la chapelle Saint-Yves on retrouve des pierres sculptées aux noms de différents fabriciens avec un F avant le nom. Elles ont été taillées aux dates importantes de la réalisation ou restauration de la chapelle.

   Au chevet oriental de la chapelle, il y a plusieurs inscriptions visibles en lumière rasante plus ou moins lisibles. Sur une pierre à l’envers, une inscription indique : J. KERLOCH Fab 16?2 surmontée par une caravelle sculptée dans le granit. On peut lire également sur une autre pierre PPM (PPM ? peut être PPN : Priez Pour Nous ?).

Ch30___Chapelle_Saint_Yves___Pignon_EstInscription coté Est de la Chapelle Saint-Yves

   Concernant la date sur la pierre inversée. Dans les documents de l’évêché il est indiqué 1652, moi personnellement je lis sur la pierre 1612.

Ch30 - Chapelle Saint Yves - Pierre de 1612 coté EstCh30 - Chapelle Saint Yves - La caravelle de pierre

 

 

 


        
La pierre de "1612" inversée remise à l'endroit pour la photo   ----   La caravelle de pierre

   Sur le fronton occidental se trouve une autre inscription : Mre GUILLOU recteur 1648 - Clet CARNN F. 1817. Au dessus de la fenêtre coté sud cette autre inscription : M. P. CARNN R. 1817

Ch30 - Chapelle Saint Yves 1

Ch30 - Chapelle Saint Yves 2

   La chapelle Saint-Yves n'est ni classée, ni même inscrite aux monuments historiques, malgré tout, des subventions inespérées vont permettre de la restaurer en respectant son aspect initial. En 2005, l'architecte des Bâtiments de France indiquait que les gros travaux de 1970 « étaient une restauration efficace, mais rustique et maladroite, qui ne répondait guère aux critères architecturaux d'un édifice si ancien ».

   De 2006 à 2012, plusieurs vagues de travaux seront réalisées : drainage autour de la chapelle, travaux de maçonnerie, jointements des murs extérieurs à la chaux, consolidation du clocher ainsi que l'ajout d'une croix en métal en 2009. La toiture sera également revue en 2010, les deux puits de lumière dans la toiture ne seront pas remis.

   Les travaux s’achèveront à l'intérieur de l'édifice par la réalisation d'un dallage au sol, la peinture de tous les murs intérieurs en blanc et de la voûte en bleu. La réalisation de tous ces travaux a pu se faire grâce aux subventions de la région, du département, de la mairie de Plogoff ; aux soutiens de l'organisme de Conservation départementale du patrimoine et des musées, de l'association de sauvegarde du patrimoine de Plogoff ; à l'engagement de tous les bénévoles de l'association qui ont permis de récolter les fonds complémentaires nécessaires.

Ch30 - Intérieur de la chapelle Saint Yves 1

Ch30 - Intérieur de la chapelle Saint Yves 2Intérieur de la chapelle Saint-Yves

   A l’intérieur de la chapelle, deux statues : Saint-Yves et la Piéta du XVIème siècle ainsi que le christ en croix ont été restaurées dans le Morbihan en 2008.

Ch30 - Statue de Saint YvesCh30 - Statue de la Piéta de Saint Yves

   Un vitrail sobre mais lumineux, représentant Saint-Yves a également été réalisé en 2008. Il a été créé par le jeune artiste de Pont-Croix, Steven PENNANEAC'H et façonné par l'entreprise de maîtres-verriers Le BIHAN à Quimper.

Ch30 - Le vitrail de Saint YvesLe vitrail Saint-Yves

   L'inauguration de la chapelle remise à neuf a été célébrée le Dimanche 13 mai 2012 lors d’une messe présidée par le père, originaire de Plogoff, Armand GUEZENGAR assisté par les prêtres Jean-François GOURLAOUEN et Désiré LARNICOL. Un banquet organisé à la salle polyvalente a clôturé cette belle journée.

Ch30 - St Yves - Inauguration rénovation 2012L'ancienne chapelle Saint-Yves du Loch est maintenant prête à affronter les siècles à venir

Ch30 - Chapelle saint Yves 2017La chapelle Saint-Yves - 2017

   Pour terminer sur l'histoire de la chapelle Saint-Yves, je voudrais vous parler de la cloche de l'édifice où est inscrit : RED ROSE 1880.
   Cette cloche appartenait à un cargo à vapeur anglais de 73 m qui s'est échoué sur les roches de Kornog-Bras de la chaussée de Sein, à 4 Km à l'ouest du phare d'Armen le 10 août 1884. Il transportait du minerai de fer vers Newport au Pays de Galles. Il y a très peu d'informations sur le naufrage de ce navire qui git maintenant à 60 m de profondeur (48.06063, -5.052015) mais il semblerait qu'il y ait eu de nombreux objets récupérés sur le navire avant qu'il ne disparaisse. Une pièce particulière du vapeur se retrouvera dans une vente aux enchères à Audierne très peu de temps après : la cloche de pont du RED ROSE. La chapelle n'ayant pas de cloche, un certain Noël André COUILLANDRE charpentier à Saint-Yves perçoit immédiatement l’intérêt de l'acheter pour elle.

   L'histoire de cette cloche retrouvée a une autre histoire dans la mémoire collective. En effet, toutes les personnes que j'ai croisées, m’ont indiqué que la cloche avait été récupérée dans un filet dans le Raz de Sein par un certain Noël COUILLANDRE. J’y ai cru, car même les journaux de la fin du XX ème siècle ont relaté à plusieurs reprises cette information. En fait le Noël COUILLANDRE (1887-1965), en question, pêcheur de son métier était le fils de Noël André COUILLANDRE (1849-1942) charpentier, et cette cloche n’a jamais été récupérée en mer par le fils, mais bien achetée aux enchères par le père. Bien originale cette petite histoire de cloche récupérée dans un filet mais c'était une légende contemporaine.

   Cette cloche était rangée dans une caisse en bois durant la première moitié du XXème siècle dans la chapelle. Elle était montée au clocher seulement le jour du pardon. Au milieu du XXème siècle, lorsque la chapelle tombera en ruine, la cloche sera rangée dans la maison des descendants de Noël COUILLANDRE, ainsi que dans celle des voisins proche de la chapelle sauf le jour du pardon où elle reprenait sa place dans le clocher. Cette cloche se retrouvera également pendant plusieurs années à l'école du Christ Roi de Plogoff. Elle ponctuait les moments de pauses et de reprises des cours. En 2000, la cloche sera restaurée et vernie pour le jour du pardon, mais il faudra attendre la fin des années 2005 pour quelle soit scellée définitivement en haut du clocher de la chapelle pour y rester définitivement.

Ch30 - La cloche Red Rose de la chapelle Saint YvesLa cloche RED ROSE de la chapelle Saint-Yves en 2017 (le vernis a presque disparu)

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La chapelle Saint-Molien de Pennéac'h

   A l'ouest de Porzen il y avait une autre petite chapelle construite en 1662 à Pennéac'h (au dessus de Pors-Loubous) que l'on retrouve avec plusieurs orthographes : la chapelle Saint-Volien, Voulien, Molien, Moëllien, Maudez, Tramoelian (voir dans le rectangle rouge sur la carte au début du chapitre). Le sanctuaire se trouvait sur la parcelle portant le n° 1521 du cadastre napoléonien de 1836 (section E2 de Pennéac'h). Un petit cimetière entourait la chapelle (parcelle n° 1522).

Ch30 - Ancienne chapelle de St MolienA partir de 1830 aucune messe n’y sera célébrée, elle sera détruite en 1852. Bien que cette chapelle "ne soit pas du Loch" mais sans doute liée au port des Saints car proche du lieu, ses pierres serviront à restaurer le clocher de la chapelle de Notre-Dame du Bon-Voyage la même année. Ce Saint était invoqué par les marins pour obtenir du vent.

Ch30 - St Molien - position de l'ancienne chapelleEmplacement de l'ancienne chapelle Saint-Molien

Ch30 - St Moilien - l'ancienne chapelle   Aujourd'hui nous retrouvons dans ce lieu un lavoir réalisé avec de belles pierres, certaines de grandes dimensions. A droite du chemin, un dense bosquet d'aubépines cache les restes d'un mur difficile d'accès. Une des pierres recouverte de mousse attire le regard. Il semblait y avoir une croix gravée que l’on peut discerner en touchant avec la main les zones de creux. Légèrement à droite sous la croix principale il semblerait y avoir une autre plus petite. Probablement une ancienne pierre funéraire.

Ch30 - St Moilien - La pierre 1

 

Ch30 - St Moilien - La pierre 2La pierre mystérieuse de Saint-Molien

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La chapelle Notre-Dame du Bon-Voyage

   Cette chapelle n'est pas une chapelle oubliée. Elle a été construite au début des années 1700 et n'a jamais été déplacée. J’ai déjà réalisé un chapitre relativement bien documenté sur cette chapelle consultable ici : Notre-Dame du Bon-Voyage. Elle surplombe à gauche l'ancienne anse de Saint-Yves maintenant appelé l'anse du Loc'h et à droite le Porzen (le port des Saints).

Ch30 - Chapelle Notre Dame du Bon VoyageLa chapelle de Notre-Dame du Bon-Voyage

   Pour terminer ce chapitre, je souhaite avec l'aide de Noel PEUZIAT, vous parler d'un tableau réalisé dans les années 1925-1930 par Odette PAUVERT. Ce tableau a été "re-découvert" dans la mairie de Locronan en 2012.
Un article de journal de novembre 2015 explique cela :
http://www.letelegramme.fr/bretagne/locronan-un-tresor-dans-le-grenier-16-11-2015-10850914.php

Ch30 - Toile de Odette Pauvert - Invocation à Notre Dame des Flots   Le tableau intitulé " L'invocation à Notre Dame des Flots" représente des Kapenns devant la Vierge et l'enfant. Bien que l'imaginaire de l'artiste ait pu déformer la réalité, il y a des ressemblances troublante avec le Porzen vue de la pointe de Plogoff. En effet, la chapelle de Notre-dame du Bon-Voyage et du Bon Port, est la seul chapelle du Cap-Sizun qui ce rapproche le plus de ce tableau. (Même si la chapelle est en réalité un peut plus dans les terres).

   Mme LEMONNIER née TOULMOUCHE de Nantes, généreuse donatrice de l’abri de sauvetage et de la digue du Loch au début du XX siècle possédait également une maison à Locronan. Elle fit dans cette commune aussi de très nombreuses donations. Elle était l’amie de Charles DANIELOU et de son épouse. A son décès, en 1924, Mme LEMONNIER nommera Charles DANIELOU exécuteur testamentaire. Celui-ci, Député-maire de Locronan, plusieurs fois Ministre, y crée un musée en 1934. C'est à ce musée qu'Odette PAUVERT offrira ce fameux tableau de « Notre-Dame-des-flots ». Y avait-il un lien entre Mme Marie-Louise LEMONNIER (1840-1924) et Mme Odette PAUVERT (1903-1966) : mystère !
Il y avait également un peintre dans la famille de Mme LEMONNIER : elle était cousines du peintre Auguste TOULMOUCHE
  
   Antoine GABRIELE, actuel maire de Locronan indiquait en 2015 que le tableau. «L'Invocation à Notre-Dame-des-Flots » sera alors la pièce maîtresse du nouveau pôle muséal de Locronan. Le tableau n'est pour le moment pas encore visible pour le public. Il semblerait que la restauration du tableau serait réalisée en 2018.

 

24 octobre 2016

29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin


   La première usine de conserverie semble avoir été créée en 1850 à Douarnenez. L’alternance entre poissons et légumes se complètent dans le calendrier saisonnier des usines de sorte que les entreprises se multiplièrent dans tout le Sud-Finistère. A la fin du printemps, les camions chargés de légumes en vrac circulent sans arrêt vers les usines, d'autres charrient les cosses, et l'odeur caractéristique du légume épluché flotte le long des routes.

  Ce n'est qu’aux environs de 1922, sous l'impulsion de la famille HELIAS-GLOAGUEN, qu'une usine du même type est conscruite dans le Cap-Sizun au Loc'h à Primelin par l'entreprise Navarre de Nantes. Une chaudière faisant marcher une machine à vapeur est installé par les établissements Sudry également de Nantes. L'enregistrement de l'entreprise au registre du commerce de Quimper date de 1924 sous le n° 5747

Ch29 - Plan de la machine à vapeur de la conserverie du LochPlan de la chaudière (Longueur 4.2m - Largeur 1.5m - Hauteur 2m)


   Dans la mémoire collective tout le monde se souviendra de l'usine de petit pois, mais en fait le projet initial misait sur les conserves de crabe. La proximité du port du Loc'h et du vivier de Pors Tarz devait pouvoir alimenter la conserverie. La première année d’exploitation en 1925 fut un fiasco. Des entreprises du même type du pays Bigouden essayèrent également sans y parvenir. Malgré les précautions de préparation la marchandise s'oxydait et devenait toute noire et ce malgré les études préalables demandées au laboratoire BELIN de Paris garantissant pourtant le procédé de conservation. Les boîtes de conserves étaient retournées par les acheteurs, il a fallu rembourser les clients et la faillite a été évitée de justesse. La conserverie du Loc'h se tourna par la suite vers la mise en boîte de légumes.
Le commercial de l'entreprise à ses bébut était Mr Georges De La VILLEFROMOY.

Ch29 - Boite de conserve de l'usine de Primelin 1Boite de petits pois de la conserverie du Loch Primelin

Ch30 - Les conserves sur l'étagère
   En 1927, la marque « Petit Pois du Château du Paradis » est déposée. Les moteurs à essence font leur apparition et remplacent les machines à vapeur. Assez rapidement l’usine se diversifie avec une production de petit pois et de haricots verts. Une tentative avec des épinards cultivés à la ferme familiale HELIAS de Kerloc'h Huella n’a pas le succès escompté : elle est abandonnée. L’entreprise ne disposant pas de beaucoup de capitaux, les banques avancent souvent l’argent. L’usine travaille aussi à faire du remplissage pour d’autres fabricants de conserves notamment dans la région du Sud-Ouest (Bordeaux, Brive-la-Gaillarde) qui envoyaient à l’usine leur chef de fabrication pour diriger et imposer la qualité du produit.

   En 1933 l'usine est agrandie grâce à la construction d'un entrepôt. Un an plus tard, grâce à une intervention de la banque, elle trouve un client à Puy-en-Velay qui commande plusieurs wagons de petits pois mais quelques jours après le départ du train, l’acheteur, Monsieur BADENES disparaît avec la livraison et part pour le Portugal. Il ne sera jamais retrouvé. La faillite est encore une fois évitée de justesse.

Ch29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin - Papier à en-tête Jy Hélias
   En pleine saison, c'est-à-dire de mai à septembre, le personnel est sollicité au gré des arrivages. La durée des campagnes de fabrication est courte. Ainsi pour les petits pois elle s'échelonne sur une période d'un mois et demi uniquement. Le personnel requis était surtout féminin, les hommes eux, s'occupaient de la grosse manutention : camionnage, sertisseuses et autoclaves. L'usine employait donc principalement la jeunesse de Primelin et de Plogoff, mais aussi des femmes et des hommes ayant déjà travaillé dans des usines d’Audierne. Mon grand-père Jean-Marie THOMAS, mécanicien cycles et automobiles, installé en face de l'entreprise, s'occupa de la partie mécanique et entretien de l'usine durant toute son activité.

Ch29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin 1L'usine de petit pois du Loch


   Juste avant la guerre le contremaître était Mr URCUN de Kerandraon, (maire de Primelin de 1944 à 1963). Il dirigeait les jeunes filles durant la tâche de remplissage des boîte de conserves. Certains jeunes de 14 ans montaient sur des caisses en bois pour travailler correctement à la trieuse des petits pois. Il fallait faire attention que l'entonnoir où passaient les pois ne s'engorge pas sinon la machine se bloquait. Le remplissage des boîtes se faisait à la main par d'autres jeunes, le convoyage manuel était effectué dans des paniers, entre le pesage et la sertisseuse. Cette machine était toujours utilisée par des adultes. Il fallait poser chaque couvercle à la main et glisser la boîte sous la sertisseuse pour le sceller. C'était un travail dangereux, le personnel se coupait souvent.

   La cuisson par étuvage était l'étape suivante. Le travail autour de l'autoclave était très pénible et nécessitait des réglages constamment entre l’admission d’eau et l’alimentation en charbon. Tout cela pour avoir une pression de vapeur à 15 bars la plus régulière possible. Ce travail était dévolu uniquement à des hommes, les 2 cuves étuveuses laissaient échapper beaucoup de vapeur à environ 70 degrés et il faisait très chaud à ce moment-là dans toute l'usine. Une fois refroidies durant la nuit, le lendemain matin les hommes les vidaient et mettaient les boîtes dans des caisses en bois pouvant contenir 24 d'entre elles.

   Toutes ces opérations nécessitaient une grande quantité d’eau, pour le nettoyage des légumes, la mise en boîte et l’étuvage. Un puits se trouvait dans l’usine même, mais son débit se révéla très vite insuffisant. Rapidement une petite station de pompage est construite en contre-bas de l’usine dans la petite prairie nommée « Foenneg braz ». Des vestiges de l’installation sont toujours visibles au plus bas de la vallée au niveau du petit cours d’eau à coté de la route, face à l’actuel parking du port. L’eau était pompée et acheminée jusqu'à un réservoir qui se trouvait en hauteur sur le pignon ouest.

Ch29 - L'usine de petit pois du Loch PrimelinLa station de Pompage en contrebas de la route

Ch29 - Réservoir d'eau de la conserverie du LochRéservoir d'eau du pignon ouest


   Ce sont les cultivateurs locaux qui fournissaient l'usine en légumes mais aussi ceux de la baie d'Audierne et une partie du Pays bigouden. La récolte manuelle des petits pois était très longue et nécessitait une nombreuse main d'œuvre. Le travail était généralement réalisé par tous les membres d’une même famille, jeunes et anciens y participaient. Les petits pois étaient cueillis à la main, mis en sacs et apportés chez le courtier qui s’occupait du transport jusqu’à l'usine où les pois étaient battus. Dans les années 1945 apparaissent les premières batteuses dans le Finistère, elles sont transportées par route près des champs au gré des récoltes.

 

Ch29 - batteuse à petit poisBatteuse à petit pois en 1950


  Après la période des petit pois venait celle des haricots verts, fournis également par les gens du coin, le travail était presque le même, au point prêt qu'il y avait d'abord l'équeutage qu'il fallait réaliser avec le minimum de perte pour éviter les réprimandes du contremaître. Les sacs étaient versés sur les tables pour le triage. Les plus fins étaient séparés des plus gros. L'empotage était toujours réalisé à la main et il y avait une belle finition sur le dessus qui consistait à le conclure par une belle rangée, taillée et bien mise en place. Les ouvrières plaisantaient sur le sujet « si les gens ouvrent la boîte par l'autre bout, à quoi sert ce travail de finition ? » Ensuite, il y avait l'envoi vers le sertissage et l'étuveuse. La dernière opération consistait à coller l'étiquette du produit. Malgré le sérieux imposé par les opérations de mise en boîte, les jeunes chantaient pendant le travail sur des airs connus et des paroles inventées pour l’occasion.

   La campagne de conserve s’annonçait bonne à l’arrivée des Allemands au Loc’h en juin 1940. La totalité de la production fut réquisitionnée et l’usine contrainte de s’arrêter.

   En 1943 l'entreprise familiale est cédée à Jean HELIAS par son père Jean-Yves. En 1945 l'activité redémarre avec une nouvelle immatriculation au registre du commerce : 12.434.

Ch29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin - Papier à en-tête J Hélias

  Après la guerre le Finistère deviendra le premier département de France pour la culture des petits pois. En 1947, les moteurs à essence sont remplacés par des moteurs électriques les locaux sont agrandis. Un an plus tard, le Comptoir d’Achats Groupés de Marseille représenté par Mr ROSINE pour lequel l’usine du Loc’h travaillait à façon* laisse un impayé de 1,6 Millions de francs (équivalent à environ 88.000 € de 2014). Pratiquement toute la production de l'année était destinée à ce client. Le client marseillais dépose le bilan en 1952.
*Le travail à façon est une relation de travail qui voit un artisan, propriétaire de son outil de production, produire des marchandises sur les ordres d'un marchand qui se charge de leur commercialisation. Cette relation de travail inégale se développe au XVIII ème siècle en Europe Occidentale, essentiellement dans le monde urbain, et constitue une des étapes de la proto-industrialisation. Aujourd'hui, il est souvent réalisé pour le compte d'entreprises externalisant une partie de leurs activités.

   En 1948 l'usine avait comme contremaître Mr RANNOU pour l'atelier et Mr CAPEL pour les bureaux.

   L'année 1954 sera une année calamiteuse car la météo est exécrable. Conséquence, ce sera la dernière année de production. En 1956 l'entreprise sera liquidée.

Ch29 - Les conserveries dans le Finistère sudLes conserveries et nombres d'employés dans le Finistère sud dans les années 1950

 

Ch29 - L'usine de petit pois en 1967L'usine en 1967

Ch29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin 22L'usine en 1970


   Dans les années 1980 les bâtiments seront utilisés par Mr Jean JAFFRY (maire de Primelin de 1983 à 1989). Il y installera une petite entreprise de mécanique et chaudronnerie.

   De nos jours, les bâtiments principaux avec leur toiture en tuiles rouges très particulière pour la région, ont souffert depuis quelques années en raison des violentes tempêtes d’hiver. il reste encore dans la mémoire des plus anciens, les souvenirs d’une époque révolue.

Ch 29 - L'usine de petit pois du Loch Primelin en 2015L'usine de petit pois du Loch en 2015


   Je remercie les descendants de la famille HELIAS qui m’ont aidé et fourni des documents me permettant de retracer l’histoire de la plus grosse entreprise que Primelin ait connue au XX ème siècle. En pleine saison il y avait plus de 50 personnes qui y travaillaient. Nous n’avons trouvé hélas aucune photo de l’entreprise en activité. Un grand merci également à Blandine Meil, pour ses anecdotes, elle y a travaillé seulement une saison dans l'année de ses 14 ans en 1939. Elle ne manquera pas prochainement dans son blog de nous en parler avec des mots dont elle a le secret.

Ch29 - Boite de conserve de l'usine de Primelin 2Ce qu'aurait pu être une conserve made in Loch Primelin en 2016 si l'entreprise existait toujours   :-)

22 février 2016

28 - La route du Loch D784 et l'océan

Contre vents et marées : La route D784 du Loc'h.

   Un Parisien (terme générique, utilisé localement pour désigner un touriste, d’où qu’il soit.) décidant d’aller voir la mer et son immensité jusqu'à la Pointe du Raz passera impérativement par l’anse du Loch… Là seulement, il assistera au spectacle grandiose et inégalé de l’océan changeant venant battre la côte.
   Dans les temps anciens, pour atteindre Plogoff en passant par le Loch, il n'y avait pas de route : on franchissait à gué la petite rivière nommée le Yun qui se jette dans la mer. En 1831 le Préfet imposa la construction d'une voie de communication praticable.
   Voici un courrier adressé au Préfet qui nous informe de la topologie du lieu.
   "Le passage du Loch situé dans l'anse de ce nom, est la seule communication entre Primelin et Plogoff ; c'est une grève que la mer couvre pendant son flux et qu'on traverse à marée basse, sur le sable dur ; mais on est arrêté en toutes saisons par un chenal qui traverse la grève et qui porte ses eaux douces à la mer. Il a cinq mètres de largeur et un mètre de profondeur, et c'est à l'aide de quelques planches mal assujetties sur deux mâts que l'on traverse ce chenal à toute heure du jour et de la nuit. On a aussi remarqué qu'en hiver, des rochers et du sable viennent remplir le chenal et couvrent même l’espèce de pont existant. Dès lors la communication est interrompue et cela porte préjudice aux habitants des communes qui n’ont point d'autres routes à suivre. Il y a donc urgence de construire un pont et une chaussée d'une hauteur au-dessus des plus grandes marées pour prévenir le renouvellement des accidents qui y sont arrivés."

Ch26 - L'anse Loch vers 1830L'anse du Loc'h à l'avant projet

   Le petit pont de fortune existait au plus bas de l'anse du Loc'h, au milieu de la plage et se confondait avec le marais. Le nouveau projet prévoit donc la construction d’un nouveau pont d'une seule arche en pierres dont le rayon atteint 2m un peu plus en amont sur la commune de Plogoff. Ses fondations seront ainsi ancrées dans une zone moins marécageuse.

Ch26 - Plan de 1831 du pont en pierre du LochPlan du futur pont en pierre de 1831

Ch26 - Anse du Loch - Plan de 1831 - avant projetPhoto d'un plan de 1831

   De part et d'autre du pont on prévoit une chaussée de 220 m de longueur sur 6m de largeur à la base et 2 mètres de hauteur. Quant aux chemins menant à l’anse du Loch on prévoit de les passer de 2 mètres à 4 mètres de large. On peut remarquer sur le plan de 1831, que la future route va être construite en plein milieu de la grève. Elle se trouvera donc un peu trop proche de la mer et des tempêtes à venir…

   Durant la 2ème partie du 18ème siècle d'autres modifications seront réalisées

Ch26 - Plan de 1875 du nouveau pont du LochPhoto d'un plan de 1875 du pont actuel

Ch26 - Plage du Loch en 1900Plage du Loc'h en 1900

Ch26 - Plan de L'anse du Loc'h en 1903Plan de L'anse du Loc'h en 1903

   Et c’est ainsi que durant près de 150 ans la route D784 a longé la plage, ce qui eut pour conséquence de la rendre impraticable par grandes marées conjuguées aux tempêtes. Dans ce cas, sable, galets et goémon se chargeaient de reprendre leurs droits en recouvrant la chaussée. Au plus fort des tempêtes, la route se retrouvait sous un mètre de sable ou de goémon.

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1950b

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1950cCh26 - La route du Loch Primelin en 1950d

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1950aTempète au Loc'h en 1950

   Les badauds des villages alentours attirés par le spectacle de la mer en furie, convenaient qu’il était impossible d’emprunter la route, fermée pour l’occasion mais il en était toujours quelques uns à vouloir braver l’évidence, se disant  « ça va passer ! ».

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1951La route du Loc'h en 1951
Ch26 - La route du Loch Primelin en 1960+La route du Loc'h Primelin en aout 1959

Parfois la départementale disparaissait complètement, au point que les parapets de chaque côté n’étaient plus visibles sous le mètre de sable accumulé

Ch26 - Le car bloqué sur la route du Loch Primelin en 1964a

Ch26 - Le car bloqué sur la route du Loch Primelin en 1964bLe car est bloqué et ensablé. Tous les passagers du véhicule vont être sollicités (1964)

    C’est alors que la dure leçon de la nature s’exerçait : mais non, « ça n’est pas passé ! » et ceux là se trouvaient coincés au milieu de la route face au danger d’être emportés par les flots. Vite, il fallait sortir du véhicule, se sauver et espérer qu’un providentiel tracteur du voisinage vienne rapidement enlever la pauvre voiture ballottée. L’attente était parfois longue et l’intervention même réussie n’était pas sans risque : le sel pouvait ronger en quelques semaines les câbles électriques, puis plus lentement les carrosseries des véhicules.

Ch26 - La route du Loch Primelin en bébut 1970aCh26 - La route du Loch Primelin en bébut 1970b

La route du Loc'h Primelin en bébut 1970

Ch26 - Voiture bloquée sur la route du Loch Primelin en 1978Voitures en mauvaises postures

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1978aCh26 - La route du Loch Primelin en 1978b

Ch26 - La route du Loch Primelin en 1978cLa route du Loc'h Primelin en 1978

Ch26 - La route du LochPassera,  passera pas ...

   C’est en 1977 que le projet de désensablement du port du Loch fut lancé, prévoyant d’utiliser l'ensemble du sable extrait pour les  « fondations » d'une nouvelle route. Un détour, inauguré au printemps 1980, fut tracé au niveau de l'actuel Intermarché jusqu'à l'hotel Kermoor.

Ch26 - Construction de la nouvelle route du Loc'h en 1979

Ch26 - Construction de la nouvelle route du Loc'h en 1979aCh26 - Construction de la nouvelle route du Loc'h en 1979b

Construction de la nouvelle route du Loc'h en 1979

Ch26 - Tempête au Loch en fin 1979Tempête au Loch en fin 1979

Ch26 - Tempête sur la nouvelle route du Loch en 1981a

Ch26 - Tempête sur la nouvelle route du Loch en 1981bCh26 - Tempête sur la nouvelle route du Loch en 1981c

Ch26 - Tempête sur la nouvelle route du Loch en 1981dTempête sur la nouvelle route du Loc'h en 1981

   Au fil des années les tempêtes successives ont fini par recouvrir sous près de 4 mètres de hauteur l'ancienne route. Celle-ci est cependant encore dans toutes les mémoires : c’était l'époque  « héroïque » où des automobilistes obstinés bravaient les vagues déchaînées des grosses tempêtes de l'hiver.

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   Photo aérienne de l'anse du Loc'h (1950-1978-2007)

Ch26 - Le Loch - vue aerienne 1950Photo de 1950

Ch26 - Le Loch - vue aerienne 1978Photo de 1978 : on voit sur ce cliché le sable issu du port qui servira de fondation de la future route

Ch26 - Le Loch - vue aerienne 2007Photo de 2007 : l'ancienne route n'existe plus et beaucoup de maisons ont été construites

 

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29 janvier 2016

27 - Un nouveau canot de sauvetage à l'Ile de Sein

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 1 Le Canot Yves et François OLIVAUX est arrivé à Sein le vendredi 5 février 2016 à 17H00

Baptême et bénédiction du canot Y&F Olivaux - Grande parade nautique le vendredi 29 avril 2016

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   La station de Sauvetage de l'île de Sein est créée le 9 décembre 1866 par la SCSN (Société Centrale de Sauvetage des Naufragés). Cette année-là, le syndic des gens de mer de Sein, Tymeur, mettra le pied sur la roche Ar Men sur laquelle commenceront l'année suivante les travaux de construction du célèbre phare. Cette station s'imposait car les parages de l'île avec ses écueils sont dangereux, et d'autre part la navigation de commerce y est importante.

   Le bateau Sainte MARIE est le premier canot de la station et sera en service durant 30 ans. Il est remplacé en 1898 par l'Amiral LALANDE.

Ch27 - Canot de sauvetage Amiral LalandeInauguration du canot Amiral LALANDE


   En 1904 est inauguré l'Amiral BARRERA. Il restera en activité jusqu'en 1931.

Ch27 - Baptême de l'Amiral BarreraBaptême de l'Amiral BARRERA

   Un nouvel abri est également construit en cette année 1904 permettant la mise à l'eau du canot par rails et ce quel que soit l'état de la marée.
Un premier abri avait été construit en 1867 à Porzh Dever au centre de l'île et à l'endroit le plus étroit. Cet abri permettait une mise à l'eau dans le nord ou dans le sud de l'île. Mais à marée basse l'opération s'avérait particulièrement délicate. Un second abri fut construit à Aod Simon au fond du port en 1878. Si l'abri était mieux protégé la mise à l'eau du canot à marée basse restait aussi difficile.

Ch27 - Le port de l'Ile de SeinLe port de l'ile de Sein dans les années 1950

   Les premiers bateaux sont des canots à avirons et voiles d'une longueur d'environ 10 mètres. Au fil des générations ils sont progressivement améliorés, les canots deviennent insubmersibles et autoredressables.

   Le Vice-Amiral TOUCHARD 1 arrive en 1931, c'est le premier canot de sauvetage à moteur du Cap-Sizun.

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard ICanot de sauvetage Vice Amiral TOUCHARD 1


   Il sera suivi par le Vice Amiral TOUCHARD 2 (1950-1961).

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II a

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II bCh27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II c

 

Ch27 - Canot de sauvetage Vice Amiral Touchard II Baptême et lancement du canot de sauvetage Vice Amiral TOUCHARD 2


   En 1961 est livré le Patron François HERVIS . Il sera sérieusement endommagé le 13 janvier 1978 en portant assistance aux marins de l'escorteur d'escadre DUPERRE. Celui-ci, à la suite d'une erreur de navigation, s'est échoué sur la roche de la Plate en franchissant le raz de Sein.

Ch27 - Canot de sauvetage François Hervis

Ch27 - Canot François Hervis endommagé par le Duperré 1Le canot Patron François HERVIS endommagé

   Ces canots auront sensiblement les mêmes caractéristiques : coques de 13 mètres, avec abri, il bénéficieront des améliorations en rapport avec les progrès techniques. Le premier Vice-Amiral TOUCHARD est doté d'un moteur unique de 38 chevaux. Le second Vice-Amiral TOUCHARD est mu par 2 moteurs de 38 chevaux qui passent à 45 puis 75 chevaux. Le Patron François HERVIS a quant à lui 2 moteurs de 140 chevaux pour enfin atteindre 2 moteurs de 280 chevaux lors de sa dernière refonte. Les bateaux seront au fil du temps dotés d'équipements performants du type : canon porte-amarre, appareils de radiophonie, barre hydraulique, radar, etc...

   Le Ville de PARIS arrive à la station SNSM de l'île de Sein en janvier 1980. C'est le premier canot tous temps mis en service en France par la SNSM. Il est toujours au corps mort dans le port. En effet l'abri est trop petit pour le recevoir (l'abri a été transformé en musée du sauvetage, on peut y trouver toute l'histoire des événements forts de la station ainsi qu'une exposition d'objets et de photos relatant les sauvetages effectués autour de Sein).

Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 3

Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 1Ch27 - Canot de sauvetage Ville de Paris 2

 

 

 

 

 

 


Le canot de Sauvetage Ville de PARIS au corps mort dans le port de Sein

Ch27 - médaille d'honneur du musée du sauvetage de l'ile de SeinMédaille d'honneur du musée du sauvetage de l'ile de Sein

Ch27 - Inauguration du musé du sauvetage de l'ile de SeinInauguration en juin 2000 du musé de sauvetage avec toutes les stations SNSM du sud Finistère.

   Le devenir du canot Ville de PARIS, et ses 35 ans de service, est à ce jour incertain. Seule certitude, le vieux canot tous temps est trop ancien et en mauvais état pour poursuivre son service opérationnel. Les travaux, qui nécessiteraient notamment une remotorisation, seraient en effet trop lourds et coûteux. Mais le célèbre canot de l'île de Sein pourrait être conservé afin d'être transformé en musée. Différents projets sont à l'étude, aucune décision n'ayant encore été prise... Il a quitté la station de Sein le jeudi 4 février (la veille de l'arrivée du nouveau canot) pour Audierne temporairement, puis le jeudi 4 mars, il a rejoint pour peut être sont dernier voyage, le port musé de Douarnenez

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   Un nouveau canot pour la station SNSM de Sein est arriveré à l'ile de Sein le vendredi 5 février.
   Le Yves et François OLIVAUX remplace le Ville de Paris, affecté depuis trente-cinq ans sur l'île bretonne. Son coût, 1,2 million d'euros, est entièrement couvert par le don de Mme OLIVAUX. Après son passage sur l'île, cette Niçoise avait souhaité apporter sa contribution, séduite par cette formidable solidarité des gens de mer.

   Le Canot Tous Temps de Nouvelle Génération (CTTNG) de la Société Nationale de Sauvetage en Mer est le premier prototype construit par le chantier Sibiril à Carantec. En tout, quelques 40 vedettes devront être remplacées dans les 30 ans à venir.

Ch27 - Plan du nouveau canot CTTNG (orc178r) de la SNSMPlan du nouveau canot CTTNG (orc178r) de la SNSM

   Le moule qui a servi à construire le premier bateau, est la propriété de la SNSM, il permettra ensuite de fabriquer des canots en série, une bonne façon de tenir les prix.

Ch27 - Le moule du canot SNSM Yves et François OLIVAUX Le moule du canot Yves et François OLIVAUX

Ch27 - Construction du Yves et François OLIVAUX au chantier Sibiril Construction du Yves et François OLIVAUX au chantier Sibiril

   Le nouveau canot tous temps est conçu par Pantocarène (par Didier MARCHAND, le cabinet d'architecture navale, basé à Port Navalo – Morbihan). Il a des performances accrues grâce aux progrès technologiques de ces dernières années, il est également plus respectueux de l'environnement. D'une longueur de 17,80 mètres (hors tout) et une largeur de 5,10 mètres, son déplacement atteindra 28 tonnes, contre 22 pour les embarcations actuelles. Équipé de deux moteurs de 650 CV, il pourra atteindre la vitesse de 25 nœuds, contre 20 aujourd'hui. Le chantier Sibiril Technologies de Carantec a procédé le 12 novembre 2015 à la mise à l'eau du canot.

Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUX a

Vidéo de test à Roscoff du nouveau Canot

Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUXCh27 - Le poste de pilotage du canot Yves et François OLIVAUX

 

 

 

 

 



Ch27 - Canot SNSM de ile de Sein - Yves et François OLIVAUX -

Ch27 - Canot Yves et François OLIVAUX en essai à Roscoff - Canot Yves et François OLIVAUX en essai à Roscoff en janvier 2016
(Photo Guy Keromnes)

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Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 01

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 02

Ch27 - Canot SNSM Yves et François OLIVAUX arrive à l'ile de Sein 03
Arrivée du canot à l'ile de sein  le vendredi 5 février 2016 (Photos Marc Arzel)
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Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 01Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 02

 

 

 

 

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 03Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 04Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 05Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 06

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 07

Ch27 - Le canot SNSM Yves et François OLIVAUX - Arrivée à l'ile de sein 08Arrivée du canot à l'ile de sein (Photos Thomas CHARMETANT)

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N° SNS 001 Canot de sauvetage Yves et François Olivaux

Vidéo de Jean Marie Rohou

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   Première sortie en exercice le samedi 6 février (entre Sein et Douarnenez)

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Intérieur du poste de pilotagePoste de pilotage

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Poste des machinesSalle des machines

Ch27 - Le canot Y et F Olivaux - Le Patron Francois Spinec au commande Le Patron Francois Spinec au commande du canot

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux à Douarnenez Le Canot SNSM Yves et François OLIVAUX à Douarnenez

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 2Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 3

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 1

Ch27 - Le Canot SNSM Yves et François Olivaux retour à l'ile de Sein 4Retour du canot à Sein
(Photos Marc Arzel)

 

Premier test dans une mer formée pour le nouveau canot de l'ile de Sein

Posté par Loisirs en Cap Sizun

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  L'équipe SNSM de sein est venue présenter le canot OLIVAUX à l'équipe d'Audierne le Mardi 23 février 2016

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 01

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 02

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 03

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 05

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 06Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 07

 

Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 08Ch27 - Canot Y & F Olivaux à audierne 09

Ch27 - Canot Y & F Olivaux Sns001 à audierne 10 L'équipe SNSM de Sein présente le canot OLIVAUX Sns001 à l'équipe d'Audierne (Photos Marc Arzel)
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Ch27 - Y&F Olivaux et le Ville de Paris a Douarnenez 2Ch27 - Y&F Olivaux et le Ville de Paris a Douarnenez 1

 

 

 

 

 


Les 2 canots ensembles à Douarnenez, le mardi 8 mars 2016 : le Ville de Paris et le Y&F OLIVAUX

(Photos Christophe Chevert)
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Nolwenn KORBELL sera la marraine du canot de sauvetage de l'ile de Sein : Y et F OLIVAUX.
Baptême prévu le 29 avril en présence de l’Evêque Mgr Laurent DOGNIN

Nolwenn KORBELL

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Baptême et bénédiction du canot Yves et François OLIVAUX  (SNS 001)
Grande parade nautique le vendredi 29 avril 2016 à l'ile de Sein
Accompagné :

canot pilote Trémintin 2 (SNS 088) - Station de l'ile de Batzdu canot pilote Trémintin 2 (SNS 088) - Station de l'ile de Batz

canot la Portsallaise (SNS 093) - Station de Portsalldu canot la Portsallaise (SNS 093)  - Station de Portsall

canot Colonel Picot 2 (SNS 284) - Station d'Argentondu canot Colonel Picot 2 (SNS 284) - Station d'Argenton

canot Ouessant (SNS 081) - Station l'ile d'Ouessantdu canot Ouessant (SNS 081) - Station l'ile d'Ouessant

canot Jean Cam (SNS 065) - Station l'ile Molènedu canot Jean Cam (SNS 065) - Station l'ile Molène

canot La Louve (SNS 151) - Station le Conquetdu canot La Louve (SNS 151) - Station le Conquet

canot Notre-Dame de Rocamadour (SNS 097) - Station de Camaretdu canot Notre-Dame de Rocamadour (SNS 097) - Station de Camaret

canot Penn Sardin (SNS 153) - Station de Douarnenezdu canot Penn Sardin (SNS 153) - Station de Douarnenez

canot Amiral Amman (SNS 068) - Station baie d'Audiernedu canot Amiral Amman (SNS 068) - Station baie d'Audierne

canot Jeanne Pierre 2 (SNS 330) - Station baie d'Audiernedu canot Jeanne Pierre 2 (SNS 330)  - Station baie d'Audierne

canot Men Meur (SNS 099) - Station du Guilvinecdu canot Men Meur (SNS 099) - Station du Guilvinec

canot Margodig (SNS 140) - Station de Loctudydu canot Margodig (SNS 140) - Station de Loctudy

canot Ar Beg (SNS 127) - Station de Trévignondu canot Ar Beg (SNS 127) - Station de Trévignon

Bateau Enez Sun et le remorqueur Abeille Bourbondu bateau Enez Sun et du  remorqueur d'intervention Abeille Bourbon
et de très nombreux bateaux ...

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Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 01

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 02

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 03

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 04

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 05

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 06

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 07

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 08

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 09

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 11

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 12

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 13

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 14

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 15

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 16

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 17

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 18

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 19

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 20

Baptême et bénédiction du canot Olivaux - parade nautique du 29 avril 2016 - 21

Nolwenn KORBELL marraine du canot de sauvetage Y et F OLIVAUX

Nolwenn KORBELL  marraine du canot de sauvetage  Y et F OLIVAUX




04 décembre 2015

26 - Les 150 ans de la station de sauvetage d'Audierne

1865-2015 – Les 150 ans de la Station de Sauvetage d'Audierne

Sortie du canot de sauvetage (SNS 068) Amiral AMMAN de la station SNSM de la baie d'Audierne.

   Cette année nous avons célébré les 150 ans de la station de sauvetage d'Audierne. Cette station est ainsi une des plus anciennes en France. Créé en décembre 1865, la station de sauvetage d'Audierne a été la 4ème station ouverte en France par la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés. Audierne fait suite chronologiquement à Barfleur, Saint-Jean de Luz et Saint-Malo.

Ch26 - Les 5 batesux de sauvetage venu pour les 150 ans le la station SNSM d'AudierneLes 5 bateaux de sauvetage présents le 2 août 2015

  • Prince d'Eckmühl de Saint Guenolé Penmarc'h
  • Ville de Paris de l'Ile de Sein
  • Amiral Amman d'Audierne
  • Margodig de Loctudy
  • Penn Sardin de Douarnenez

La station d'Audierne renommée Baie d'Audierne présente deux particularismes :

   - Pendant 85 ans la station a concentré ses activités et ses moyens sur le port d'Audierne, depuis maintenant 65 années les proches communes d'Audierne sont étroitement impactées par son rayonnement. Le siège social de la station se situe à Plouhinec (Poulgoazec), l'abri du canot est à Esquibien et la Jeanne-Pierre II, le second canot de la station, a régulièrement son mouillage dans le port d'Audierne. Les canotiers depuis de nombreuses années habitent dans l'ensemble du Cap-Sizun. Les sauveteurs du Cap-Sizun ont ainsi peut-être amorcé la tendance qui se dessine au plan national de regroupement, de mise en commun de moyens et de compétences, en oubliant les frontières des paroisses et les esprits de clochers.

   - Au sortir de la guerre 39-45 les sociétés de sauvetage sont exsangues (canots et abris détruits partiellement). Les moyens pour reconstruire manquent cruellement et on envisage un instant de fusionner la SCSN et les HSB (Hospitaliers Sauveteurs Bretons). Mais c'est encore trop tôt pour l'ensemble des stations des côtes françaises.

   Le seul canot à moteur des HSB qui ait survécu au conflit est le Capitaine de Vaisseau de KERROS de la station du Loch en Primelin, mais le port s'est ensablé en 5 ans et la station n'est plus opérationnelle. A Audierne c'est toujours le Général BEZIAT à voiles et avirons qui est en service et pour intervenir au delà du môle du Raoulic, un canot motorisé serait d'une grande utilité.

   Au sein des deux sociétés de sauvetage SCSN et HSB la décision de transférer le canot du Loch à Audierne est prise et la station d'Audierne sera administrée par les HSB. Avec sa double culture, la station d'Audierne est déjà prête à assimiler la fusion des deux sociétés de sauvetage qui deviendra effective en 1967 avec la création de l'actuelle SNSM

   Mais revenons à l'histoire … En 1865 la Société Centrale de Sauvetage des Naufragés (SCSN) créée une station de sauvetage sur Audierne – Le petit cabotage et la pêche sont très actifs, l’endroit est l’un des plus dangereux des côtes de France. En effet, une barre se forme à l’entrée de la rivière dès que souffle le vent du sud. Les différents bateaux de sauvetage furent donc très souvent mis à l’eau pour protéger la rentrée des bateaux de pêche … ces sorties préventives ont maintes fois sauvé des vies.

Du temps de la SCSN, il y eut 3 différents bateaux à voiles et avirons à Audierne

- A l'instar des premiers canots de la SCSN le premier canot en bois d'Audierne n’aura pas de nom (on le connaîtra sous son matricule: 7) : C’est un 9 mètres 78 à redressement d’origine anglaise (chantier Forrest and Son) – il sera en service de 1865 à 1891.

- Le 2ème canot sera l'Amiral ROZE, 10 mètres 10 à redressement fabriqué en bois au chantier Augustin Normand du Havre : il sera en service de juillet 1891 à 1903.

Ch26 - Canot de sauvetage Amiral RozeCanot Amiral ROSE : Bénédiction de la mer


- Le 3ème canot, le Général BEZIAT, aura les même caractéristique que son prédécesseur, inauguré le 21 juin 1903, il restera en service jusqu’en 1949. C’est un canot pour 12 hommes dont 10 nageurs. Son poids est de 2,6 tonnes.


Vidéo remarquable de 1931 - Reconstitution d'un sauvetage avec le canot Général BEZIAT

Ch26 - Canot Général Béziat - 24 août 1931aCh26 - Canot Général Béziat - 24 août 1931b

 

 

 

 

 



Le Général BEZIAT mouillé sous la barre en 1931, prêt a intervenir

   En 1949 il est vendu à l'entreprise Limousin qui est en charge de la construction de la digue de Sainte-Evette. Il sera équipé en 1950 d'une station de pompage pour scaphandrier.

Ch26 - Ancien Canot de sauvetage Général BéziatL'ancien canot de sauvetage Général BEZIAT transformé en station de pompage
(Cliché issu du film Retour vers Audierne de hervé PERNOT)

   Au cours de cette longue période (1865-1954) Audierne sera en France la station qui effectuera le plus de sorties de sauvetage. Molène est en seconde position et Sein au troisième rang, ces 3 stations distançant très largement les autres stations du littoral français.

   En février 1949, le Capitaine de Vaisseau de KERROS est donc transféré du Loc'h sur Audierne, mais comme l’abri n'est pas encore été construit le canot est « garé » au font du port d'Audierne.

Ch26 - Canot CV de Kerros au font du port d'AudierneLe canot Capitaine de Vaisseau de KERROS au font du port d'Audierne

   En septembre 1949 les H.S.B décideront d’équiper la station de Sainte-Evette d'un nouveau grand canot.
   Article de presse du OF de 1949 qui présente le futur canot pour Audierne

Ch26 - Construction en mai 1950 de l'abri de sauvetage de st Evette Construction de l'abri de sauvetage de St Evette en mai 1950

Ch26 - Fin des traveaux du port de St EvetteFin des traveaux du nouveau port

   Le nouveau bateau construit par les chantiers navals de Fécamp arrive à Audierne le mercredi 18 avril 1951 et c’est le 20 mai que sont inaugurés la station et le bateau de sauvetage NADAULT DE BUFFON (en l'honneur du président-fondateur des H.S.B en 1873). Ce canot de grande navigation en bois a une longueur de 14,50 mètres et un poids de 22 tonnes. Il navigue à une vitesse de croisière de 9 nœuds. Il inaugure réellement l’ère du sauvetage moderne dans le Cap-Sizun. Ses deux moteurs de 140 CV lui donnent une grande autonomie.

Ch26 - Le Nadault de Buffon à la fête de la mer le 11 août 1957 Le NADAULT DE BUFFON à la fête de la mer le 11 août 1957

Ch26 - Nadault de Buffon - retour à l'abri apres la fête de la mer de 1957 Le NADAULT DE BUFFON - retour à l'abri apres la fête de la mer de 1957

Ch26 - Le Nadault de Buffon retour à l'abri - années 1960Le NADAULT DE BUFFON des HSB : retour à l'abri en 1965

En 1974 la vedette de 1ère classe « Jeanne-Pierre » lui succède. Elle ne donne pas entière satisfaction.

Ch26 - Le Canot de sauvetage Jeanne Pierre 1Canot de Sauvetage Jeanne-Pierre

   Le NADAULT DE BUFFON alors affecté à Bréhat est, suite à une refonte complète effectuée à Saint- Malo en 1975 (ajout d’un habitacle tous temps..), réaffecté à Audierne à la demande de l’équipage capiste.

Ch26 - Mise a l'eau du Nadault de BuffonLe NADAULT DE BUFFON recaréné sur sa cale de lancement

   Une deuxième carrière commence alors. Bon nombre d’équipages se sont succédé à bord du NADAULT DE BUFFON durant sa longue carrière à Audierne.
   Maurice Yven du Loc’h en Primelin à été patron sur ces différents canots, et c’est en novembre 1989 qu’il réceptionne le nouveau canot tous temps « Amiral AMMAN » (du nom du président fondateur de la S.N.S.M résultant de la fusion des H.S.B et de la S.C.S.N en octobre 1967). Ce bateau de 17 mètres 60 vaut à l'époque environ 4MF et grâce à ses deux moteurs de 350 CV il file 18 nœuds. Ce n’est pas la vitesse qui prime mais davantage son comportement et sa navigabilité dans le gros temps.

   Le baptême du canot a lieu le 5 mai 1990 en présence de Monseigneur GUILLON, évêque de Quimper. Les bateaux de Sein, Molène, Douarnenez, St Guénolé, sont présents.

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman avec Mgr GuillonMrg GUILLON devant les personnalités

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - La marraine baptise le canotLa marraine Mme LEBRET baptise le canot au champagne

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - Mise à l'eau

Ch26 - Baptême de l'Amiral Amman - Bénédection avec les personnalitésMise à l’eau du canotAmiral AMMAN avec à son bord les personnalités

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Ch26 - Canot SNSM Amiral AmmanLe canot SNSM Amiral AMMAN à la messe des naufragés de 2009

Ch26 - Messe des naufragés et péri en mer 2009Messe des naufragés et péri en mer en 2009

Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 1Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 2Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 3Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman 4

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Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 1

Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 2Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 3Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 4Ch26 - Canot SNSM Amiral Amman - retour à l'abri 5
Canot SNSM Amiral Amman - retour de mission en 2011

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Les 150 ans de la station mais aussi le 150ème anniversaire de la création du sauvetage organisé en France.

   Des quatre stations pionnières crées en 1865 Audierne est la seule en France à commémorer l'événement. Ces festivités se sont déroulées en présence du Président national de la S.N.S.M, Monsieur Xavier de la GORCE, André Le BERRE vice-président national ainsi que le Président de la station SNSM de la Baie d’Audierne, Monsieur Louis ARHAN et de très nombreux élus et bénévoles, dont certains venus de toute la Bretagne.

Ch26 - Xavier de la GORCE - Louis ARHAN - Bruno CLAQUINXavier de la GORCE - Louis ARHAN - Bruno CLAQUIN 

   C'est aussi l'occasion de faire le point, sur la SNSM bien sûr, et Xavier de la Gorce le fera remarquablement, précisant que la réalisation des missions de la SNSM dépend essentiellement de la générosité du public et de partenaires privés : 76 % des ressources annuelles de la SNSM sont d’origine privée et 24 % proviennent de financements publics (État et collectivités territoriales).

   Louis ARHAN le président de la station de la Baie d'Audierne et ancien patron du canot Amiral AMMAN précise que la station est à ce jour composée de 25 membres dont 2 femmes:

  • Le président: Louis ARHAN
  • Le Patron Jean-Yves KEROUEDAN
  • Des sous patrons: Didier GLOAGUEN, Didier HELOU, Dominique LAPART
  • 2 mécaniciens
  • 2 radio
  • 3 nageurs de bord
  • 1 infirmière
  • des canotiers

   Tous sont bénévoles et disponibles 24h/24. Ils peuvent appareiller dans un délai de 15 minutes. La station fait en moyenne une vingtaine d'interventions par an.

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage - Dépot de gerbes en mémoire des marins disparusdépot de gerbes en mémoire des marins disparus

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage - Grande parade nautiqueGrande parade nautique

Ch26 - Les 5 bateaux de sauvetage venu pour les 150 ans le la station SNSM d'Audierne 2Les 5 canots au retour de la parade nautique

 Vidéo de la grande parade nautique du 2 août 2015 avec dépôt de gerbes en mémoire des marins disparus

Vidéo de Tébéo sur la sation SNSM d'Audierne

Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 01Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 02Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 03Ch26 - 150 ans de la Station SNSM de la baie d'Audierne 04

Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 05Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 06Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 07Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 08

Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 09Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 10Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 11Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 12

Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 13Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 14Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 15Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 16

Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 17Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 18Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 19Ch26 - 150 ans de Station SNSM de la baie d'Audierne 20


    Je ne sais qui avait invité les dauphins. Toujours est-il qu'un de leurs représentants était présent au plus près des canots de la SNSM à Sainte-Evette ce 2 août 2015.

 

Ch26 - Le dauphin de la parade nautiqueUn dauphin a suivi les bateaux de sauvetage au port après la parade nautique

Ch26 - Michel Bescou

   Un grand merci à Michel BESCOU qui m'a aidé dans la réalisation de ce chapitre et du suivant qui parlera de la station de sauvetage de l'ile de Sien.
Il est l'auteur de 2 livres qu'il faut absolument posséder pour tout connaître sur le sujet :
- Sauvetage en Cap-Sizun
- Coups de vents en Cap-Sizun

Ch26 - logo HSB

 

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23 mars 2015

25 - L'ancre du parking du port du Loch

 

L'ancre de marine du port du Loc'h Primelin ...
   Elle semble avoir été déposée là pour nous raconter son histoire ; de ses courbes puissantes abîmées par la rouille reste la silhouette familière d'une ancre de marine. Vous la trouverez sur le terre-plein du port du Loch en la commune de Primelin.

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 0

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 3Ch25 - l'ancre du parking du Loch 2

 


  

 

 

 

 

   Alors qu'elle aurait pu ne jamais voir le jour, s'altérant irrémédiablement au fond de la mer où elle s'était perdue, voici que dans les années 1975, elle fut sortie de sa torpeur et de sa lente décomposition : Un plaisancier du Loch qui pêchait des crustacés fut intrigué par la difficulté à remonter un casier. Par chance, celui ci était plongeur et quelle ne fut pas sa surprise de découvrir au fond de l'eau que c'était une grosse ancre qui bloquait la remontée du casier ! Etonné, il fit part de sa découverte à un vieux pêcheur qui lui rapporta qu'à cet endroit précis, en 1926 s'était produit le naufrage de la goélette « La Surprise ». La découverte fut signalée aux Affaires Maritimes qui procédèrent à la remontée de l'ancre.

La goélette « La Surprise »
   La goélette à deux mats construite en 1904 à Nantes et dont le port d'attache était Paimpol (immatriculé initialement à Binic), se destinait initialement aux campagnes de Terre-Neuve et en Islande et participa ainsi à une quinzaine de ces campagnes. En 1924, des travaux furent entrepris pour augmenter son volume lequel passa de 130 à 175 tonneaux dans le but de réaliser des voyages au long cours. (Longueur 32 mètres - Largeur 8 mètres).

Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 1 Goélette morutiere de Paimpol du type "La Surprise"

Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 3Ch25 - Goelette morutiere du type La Surprise 2

 

 

 

 

 



Goélette morutiere du type "La Surprise"
(dessin : Henry Kérisit)

La nuit tragique du 18 au 19 février 1926
   Venant de Lisbonne avec un chargement de sel et faisant route vers St Malo, la goélette s'apprête à franchir le Raz de Sein mais n'observe semble-t-il aucun feu allumé dans ces terribles parages. Que se passe t-il alors? Des témoins affirment que le phare de la Vieille n'était pas allumé cette nuit là et que sa corne de brume avait fonctionné par intermittence.
   C'est entre Pors-Loubous (en Plogoff) et Le Loch (en Primelin) au niveau de Porzen : Pors ar Sent (le port des Saints), à peu près à la hauteur de la chapelle ND de Bon Voyage que la goélette vient s'abîmer sur les brisants, se perdant corps et biens. Un mois plus tôt, le sloop "Marie-Thérèse d'Audierne" avait également fait naufrage exactement au même endroit.
   Les dix hommes d'équipage du navire vont trouver la mort dans le naufrage ! C'est au petit matin que les riverains aperçoivent des restes de l'épave dispersés sur toute la côte et parmi ceux-ci, ils recueillent la dépouille du capitaine LIBOUBAN ainsi que celle de son second GUEGUEN. La mer rendra peu à peu les corps des marins mais ce n'est qu'au bout de quinze jours que le dernier corps échouera sur la côte de Beuzec Cap Sizun.

Ch25 - Article de presse - Naufrage de la Surprise

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 5

Voici quelques noms des membres de l’équipage qui se trouvaient à bord de la goélette
   - Guillaume LIBOUBAN : Capitaine de Lézardrieux
   - Edouard GUEGUEN : Maître d’équipage de Ploubazlanec
   - Léon LEGUEN : Matelot de Ploubazlanec
   - Louis LE TROCQUER : Matelot de Plouézec
   - Emmanuel JOUANNET : Novice de Plouézec
   - BEVER : Matelot de Plouézec
   - Pierre LE CHEVERT : Matelot de Paimpol
   - Jean FICHOU : Novice de Plouha

   C’est l’armateur Le BOLLCH et le frère du capitaine, Alexis LIBOUBAN, commerçant à Tournebride, qui se sont rendus sur les lieux du sinistre. Le commerçant, a reconnu un pardessus noir qu’il avait vendu au matelot BEVER. Le samedi qui a suivi le naufrage, toutes les goélettes du port de Paimpol ont mis leur pavillon en berne, en signe de deuil.
   D'après le rapport du garde-maritime de Plogoff, 30 marins-pêcheurs du village de Pennéac'h ont travaillé du 22 au 28 février, à hisser les débris de la "Surprise" sur la cote de Porzen. Cela représentait une quantité non négligeable de bois, mais sans grande valeur marchande. Il y a d'autres débris plus encombrants qui sont arrivés dans l'anse du Loc'h, un tronçon du grand mât long de 10m, et des parties de hunes des mâts. Le garde propose à l'administrateur de laisser le bois aux sauveteurs, qui ne seront ainsi "qu'a moitié récompensés pour le mal qu'ils se sont donnés".

90 après le naufrage de la "surprise" sur les rochers de Porzen, la 2ème ancre du navire dort toujours au fond de l'eau

Une des causes possible de ce naufrage
   Autrefois et jusqu'à leur automatisation, les phares hébergeaient des gardiens chargés de veiller à leur bon fonctionnement ; de leur vigilance dépendait la sécurité des marins. En application d'une loi de 1924, l'emploi de gardien de phare en mer fut un temps réservé aux mutilés de la guerre 14-18 : c'était le cas des deux gardiens corses affectés alors au phare de La Vieille. Charles MONDOLONI avait été blessé au poumon et avait eu les muscles du bras droit sectionnés, Georges FERRACCI, lui aussi blessé au poumon, conservait une balle non extraite dans le corps. Il faut imaginer les efforts quotidiens de ces deux gardiens pour monter depuis le bas de la tour jusqu'en haut de celle-ci, les bidons de pétrole nécessaires au fonctionnement du brûleur de la lanterne ; il faut réaliser l'effort harassant et constant de ces hommes gravissant sans relâche les 120 marches de la tour ainsi que la pénibilité et les risques encourus au moment de leur transfert par le moyen d'un filin depuis un bateau faisant la navette jusqu'au phare et vice-versa. C'est en vain que ces deux malheureux écrivirent maintes fois à l'administration dans le but d'obtenir une affectation plus adaptée à leur condition.
   L'hiver 1925-1926 connut un épisode climatique particulièrement redoutable avec des tempêtes interminables : pas de relève assurée au phare de La Vieille pendant plus d'un mois car les moyens de l'époque ne le permettaient pas ! Certains avaient pu apercevoir les deux hommes dont l'état s'était passablement dégradé.
   Le 19 février, le feu s'éteignit alors que la sirène, elle ne fonctionnait déjà plus. Ceci explique peut-être pourquoi la goélette « La Surprise » alla se fracasser sur les rochers de la côte de Plogoff.

Ch25 - Article de presse - Le phare de la Vieille
   Ce n'est que le 28 février qu'une tentative menée par trois courageux Capistes permit de reprendre le contrôle de la situation et de rétablir le feu dans le Raz de Sein : Un patron pêcheur de Plogoff, Clet COQUET, son fils Pierre et le gardien-chef d'Armen, Nicolas KERNINON, parviennent non sans mal et malgré le gros temps, à s'approcher suffisamment de la tour pour lancer le « cartahu » (filin utilisé sur les bateaux pour manœuvrer de lourdes charges), malheureusement, les deux mutilés de guerre, affaiblis par les conditions de leur séjour ne parviennent pas à s'extraire de la tour : C'est alors que les jeunes marins bretons se jettent dans l'eau glacée et après avoir nagé en tenant un filin, se hissent sur l'îlot, d'où ils évacuent les deux gardiens. Nicolas KERNINON et le jeune COQUET remplaceront temporairement ces derniers sur le phare. C'est au petit port de Bestrée que Charles MONDOLONI et Georges TERRACCI virent la fin de leur cauchemar en posant le pied sur la terre ferme. Leur reconnaissance aux sauveteurs se manifesta par de chaleureux remerciements.

Ch25 - Le phare de la Vieille

Ch25 - Le phare de la Vieille (Pointe du Raz)


Epilogue

   Ce double drame, le naufrage de la goélette et la réclusion des gardiens aux prises avec les éléments déchaînés fit grand bruit sans que l'on imputât à ces derniers une quelconque responsabilité dans l'accident survenu. Paris s'en émut et l'administration promulgua un décret en date du 1er septembre 1927 : celui-ci supprimait de la liste des emplois réservés, le métier de gardien de phare en mer pour les mutilés de guerre.
   Charles MONDOLONI et Georges TERRACCI trouvèrent un autre emploi de gardien de phare mais s'agissant cette fois de phares continentaux! Puis ils poursuivirent leur carrière comme facteur et gardien de musée. Ils racontaient dit-on, à qui voulait bien les entendre, des histoires de naufrages et de vagues monstrueuses ; des histoires qui faisaient frémir les plus braves ! Mais s'agissait-il vraiment d'histoires ou bien seulement de souvenirs que l'imagination n'avait pas besoin d'amplifier ? car nous le savons bien : dans le Raz de Sein, la réalité dépasse souvent la fiction et ces hommes là ont vu des choses que peu d'entre nous pourraient voir sans frémir...

Ch25 - l'ancre du parking du Loch 4   En fin 2014 l'ancre à été déplacée sur un socle en béton. Le nouveau présentoir ne semble pas pour le moment totalement terminé.

 

Ch25 - Logo HSB

07 février 2015

24 - La Chapelle Notre Dame du Bon Voyage

 

Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port

Ch24 - La chapelle au bout de la digue
   Emergeant de l’eau comme un doigt pointé à l’horizontale, la digue de la Baie du Loch Primelin désigne à son extrémité, un imposant promontoire rocheux dominé par la chapelle Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port. Ainsi juchée dans une majestueuse solitude, la chapelle semble assister, aux rendez-vous sans fin que se donnent le ciel et la mer : “ noces de joie ” dans le calme de ses eaux claires, “ étreintes de larmes ” dans l’effroi de ses tempêtes tant redoutées par les équipages ! Aussi était-il d’usage autrefois que les marins se signent en apercevant la chapelle tandis que les femmes, hantées par la peur des naufrages, s’y rendaient en prières. Traditionnellement, on faisait le tour de la chapelle à genoux en expiation de ses péchés...

Ch24 - La chapelle de Notre Dame du Bon Voyage 1
   Le pardon de Notre Dame du Bon Voyage a lieu tous les ans le deuxième dimanche de juillet. Le succès du pardon, drainant des fidèles venus des communes voisines mais aussi de la région de Douarnenez ainsi que du pays bigouden, s’explique sans doute par la beauté du site et la vocation de la chapelle sollicitée pour sa protection. Pendant longtemps des cortèges de pèlerins, partis de bonne heure de tout le sud de la Cornouaille cheminaient avec l’idée qu’il ne fallait surtout pas manquer la grand messe, suivie du traditionnel pique nique sur place ainsi que des vêpres. A l’issue de l’office, la procession se mettait en marche vers le calvaire, sa destination finale, conduite fièrement par la Grande Croix, portée à tour de rôle par deux hommes et tout juste escortée par la lourde statue de la Vierge dont la charge incombait à quatre solides gaillards qui n’auraient, pour rien au monde, cédé leur place à quelqu’un d’autre. Aujourd’hui, on ne déplace plus l’imposante statue de la Vierge installée dans le chœur de la chapelle au dessus de l’autel ; c’est une plus petite, portée par des femmes qui est utilisée le jour du pardon.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 02Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 01

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Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 09Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage 10

 










Pardon de Notre Dame du Bon Voyage (années 1910)
 

   Il fallait voir, aux grandes heures de ce pardon, la foule des fidèles en costume du dimanche se pressant le long d’un cortège qui serpentait sur la crête de la colline avec les bannières flottant au vent, lequel malmenait la lourde étoffe brodée tenue par des porteurs expérimentés, puis, chose remarquable en ces contrées maritimes, les maquettes de bateaux hissées sur les brancards des ex-votos; il fallait entendre la ferveur des prières, scandées par le chant lancinant " d’Itron Varia ar veaj vad " dont les paroles reprises par des générations successives de pèlerins imploraient dans un même élan la pitié divine et la clémence des flots ! C’est ainsi que, massés au pied du calvaire les nombreux croyants écoutaient les paroles du prêtre ou du prédicateur et dont l’écho se perdait au loin, vers l’horizon marin.

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) aCh24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) c

 

 

 

 

 

 

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - Plogoff (environ 1937) d Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - 1937

Ch24 - Pardon de ND de Bon voyage 1953 aCh24 - Pardon de ND de Bon voyage 1953 b

 

 

 

 



Pardon de Notre Dame du Bon Voyage - 1953

   Il est certain qu’en ce lieu coupé du monde, sur les hauteurs silencieuses d’une terre aride gagnée par la lande et la bruyère, une telle cérémonie chargée de spiritualité et de méditation, revêtait en des temps difficiles, une solennité particulière. C’est le cas aujourd’hui encore même si la foule se fait  moins dense ; la chapelle exerce toujours son attraction auprès des fidèles pleins de dévotion comme auprès des promeneurs solitaires ou non, venus se recueillir, flâner, goûter à la beauté exceptionnelle du point de vue…

Ch24 - Pardon ND du Bon Voyage 2002 - Bénédiction cloche Saint André 1Pardon ND du Bon Voyage - 2002 - Bénédiction de la cloche de la chapelle Saint André

Ch24 - Pardon de Notre Dame du Bon Voyage 2011 bPardon de Notre Dame du Bon Voyage - 2011

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession 1
   L’histoire de la chapelle est liée à celle du manoir de KERAZAN en Cléden. A l’origine, le manoir de KERAZAN dépendait du marquisat de KERHARO, appartenant à la famille Saluden venue de Scandinavie. On y trouve trace dans les archives du prieuré de Quimperlé dès 1420.

   Construite à partir de 1699 sur une colline vide d’habitants, la chapelle est en fait un ex-voto, c'est-à-dire la concrétisation d’une promesse faite par un chrétien se trouvant en grand péril : c’est au seigneur Jean De TREANA que revient l’édification de cette dernière : Après avoir échappé à la noyade du côté de l’étang de Laoual, là où se trouvait la réserve d’eau d’un moulin, tout près de la Baie des Trépassés, le dit-seigneur promet à la mère de Dieu de lui élever une chapelle qui serait vue d’aussi loin que possible, de la terre comme de la mer !

Ch24 - Promesse de Jean De TREANA

Promesse de Jean DE TREANA


 Esquisse papier de Jean DE TREANA pour le projet de la statue

Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage 2

 
   La légende dit que c’est monté sur son âne que Monsieur de TREANA décida d’édifier la chapelle là où l’âne le conduirait et s’arrêterait. En fait, de manière plus prosaïque disons que les hauteurs de Kerven, non loin de son domaine de Kerstrat lui convenaient bien car ces terres lui appartenaient.

   Ainsi perchée sans voisinage aucun car exposée aux rigueurs du temps,  la chapelle rayonne et se voit de loin ; elle coiffe l’entrée de la commune de Plogoff et marque ce territoire extrême, semblable à une sentinelle veillant sur le destin des marins.

   Beuzec Cap Sizun, Pont Croix, Plouhinec, le fond de la Baie d’Audierne, Penmarc’h et même le Menez Hom sont par temps clair, dans son champ de vision à l’Est. Vers l’Ouest c’est L’Île de Sein et  Cléden qui peuvent jouir en toute quiétude de son regard bienveillant.

   Le 28 juin 1698, l’évêque de Quimper accorde une permission spéciale pour chanter une première messe sur l’emplacement arrêté de la future chapelle : elle aura lieu le 13 juillet 1698 et sera présidée par Messire De KERGUELEN, docteur en théologie, recteur de Meilars et originaire de Landudec.

Ch24 - La chapelle de Notre Dame du Bon Voyage 2

   Les travaux, sous la direction de M FAVENNEC, architecte à Pleyben, débutent à la fin de 1698 par la construction de la partie Est, la sacristie. Les ouvriers sont des bénévoles tous originaires du Cap : menuisiers, charpentiers, maçons travaillent jour et nuit, éclairés par des lampes à huile de poisson (Goulou Malaouen) fabriquées dans les ports du coin et que viennent leur porter des femmes ; on dit même que ces femmes chantaient des cantiques en gravissant la colline. La chapelle est en forme de croix latine, elle mesure 32 mètres de long, 9 de large et 15 au transept.

Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage1Ch24 - L'autel de Notre Dame du Bon Voyage2

 

 

 

 

 

 

 


   Achevée en 1703, la chapelle révèle un intérieur aux retables finement ouvragés de boiseries sculptées, rehaussés de couleurs vives et de dorures. Deux autels se font face : au Nord, celui dédié à St JOSEPH  et au Sud, celui dédié à Ste ANNE. Le retable principal comporte lui, deux œuvres en bois sculpté sur les thèmes de la Nativité et de la Fuite en Egypte. Coiffant l’ensemble, on découvre une belle la voute en bois, peinte de motifs d’ancres de marine et de roses des vents sur fond bleu. Au dessus des bénitiers, les blasons des seigneurs de KERAZAN sont taillés dans la pierre. Le placitre, qui est l’espace entourant la chapelle est matérialisé par un mur d’enceinte. Les pierres utilisées pour celui-ci proviendraient d’une ancienne chapelle, détruite en 1852, autrefois située à Pennéac’h (petit village à l'ouest de Bon Voyage) et dédiée à Saint Moëllien  (on la retrouve sous d'autre nom : Volien ; Molien ; Tramoelian ; Maudez)

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - L'autel de Saint JosephCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - L'autel de Sainte Anne

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Autel de Saint Joseph et de Sainte Anne

  

   Le 28 septembre 1711 Jean De TREANA décède à l’âge de 75 ans ; son corps sera inhumé dans la chapelle qu’il a fait construire avec tant de zèle.
   Le 28 juin 1712 a lieu la bénédiction de la première cloche ; elle a pour nom : René-Marguerite.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage

   Des réfections ont lieu au XIXe siècle ; tout d’abord celle du clocher en 1835 (sans doute avec les pierre de l'ancienne chapelle de Saint Moëllien), réalisée par Clet MARZIN, maitre masson de Landrer puis c’est à l’intérieur de subir en 1892-93 un ensemble de réparations dues aux dégradations du temps mais après cela, la chapelle ne reçoit pas de soins particuliers si ce n’est durant le siècle écoulé quelques aménagements au niveau des vitraux et de la toiture.


   Cependant, la chapelle souffre et nécessite une intervention d’envergure : c’est alors que se créée en 1986, une mobilisation des habitants de Plogoff, conscients de la situation critique de leur patrimoine : l’association “ Les amis de la chapelle Notre Dame du Bon Voyage ” est née et se met aussitôt à l’ouvrage. Les travaux de restauration vont durer de 1986 à 1991, s’attachant à restaurer les lambris de la voute ainsi que ses motifs peints, recomposant  le texte en breton du cantique de la chapelle qui ceinture la partie haute de la nef et donnant à ce joyau du patrimoine ses couleurs vives et fraîches.


   La puissance publique aussi s’est mobilisée (Conseil Général), finançant un quart du coût des travaux mais tout le reste provient des campagnes de sensibilisation organisées par l’association porteuse du projet : fêtes, ventes, collecte de dons…Ainsi, la population, trois siècles après la pose de la première pierre est-elle au rendez-vous d’une histoire qui continue de vivre : la chapelle, toujours debout a su rassembler dans un même élan les enfants de ceux là même qui l’édifièrent ; un fil rouge en somme entre les générations.

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession grande statueLa procession de la grande statue fin des années 1960

La procession de la grande statue en 1975

Ch24 - Pardon de Notre dame du bon voyage - procession 2
La procession de la petite statue de nos jours

 
   Une collection exceptionnelle de navires a trouvé place dans la chapelle qui leur sert d’écrin : ils portent la mémoire des marins qui en firent don au titre d’ex-voto : le Paquebot France, illustre ambassadeur navigua lui, sur toutes les mers du globe ; Le Richelieu, cuirassé de la Marine nationale, retiré du service en 1967  ; une maquette de thonier équipé de ses tangons et tape-cul. Enfin,  deux navires plus anciens, fin XIXe et début XXe : la frégate Melpomène appartenait à la flotte française et finira dignement ses jours comme vaisseau-école pour jeunes mousses. Et c’est avec La Seine, une belle goélette à quatre-mâts de la Compagnie Bordes (compagnie créée par Antoine-Dominique BORDES en 1849) que nous achevons ce tour d’horizon marin.

Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto La MelpomèneCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto La SeineCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto Le RichelieuCh24 - Notre Dame du Bon Voyage - Ex-voto


   D’autres œuvres votives sont visibles dans la chapelle et rappellent ses liens étroits avec un peuple de marins souvent éprouvé : voici un autel orné d’ancres et de cordages, un autre affiche une nef portée par des angelots, plus loin c’est un crucifix dont le socle est une ancre et là, une bouée-couronne portant l’inscription “ Notre Dame du Bon Voyage, protégez-nous ! ” Les bannières sont tissées en l’honneur de la Vierge et de nombreuses plaques apposées sur les murs intérieurs témoignent de la reconnaissance des marins. Combien de destins singuliers sont ici rassemblés, combien de prières se sont élevées dans ces murs, combien d’êtres chers furent confiés à la protection de cet édifice tourné vers l’océan! La mer est immense et le Raz de Sein si terrible …

Ch24 - Banniere de Notre Dame du Bon Voyage 1


Histoire de famille :
   Dans les années 1950, le jour du pardon de N D de Bon Voyage, pendant les vêpres, on vit arriver trois marins de la commune de Plouhinec ; quelle ne fut pas la stupéfaction de l’assistance en prières ! En effet, ces derniers étaient “ communistes, purs et durs ” aux dires de mon grand oncle Jean ALANOU, pêcheur à Ste Evette et qui les connaissait bien. Intrigué, il leur demanda explication : en partant ce matin sur les lieux de pêche, l’un d’entre eux, évoquant le pardon de ND de Bon Voyage, jura de se rendre aux vêpres si la pêche était bonne ; pour cela il fixa le total de homards à pêcher au nombre de 50 ; tout en sachant que ceci était fort improbable. Et c’est une pêche exceptionnelle qui les attendait : 51 homards en tout ! Mais voilà qu’un tomba à l’eau, le compte était bon néanmoins… Chose promise, chose due et notre équipage dut venir rendre grâce à la Vierge qui les avait exaucés.  “ Les voies du Seigneur sont impénétrables ” comme on dit !
 

La Chapelle Notre Dame du Bon Voyage et du Bon Port  (vue du Ciel)

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Cantique de Notre Dame du Bon Voyage

 

Refrain
Notre dame du Bon voyage, guidez-nous sur la mer immense
Intron varia ar veach vad Hon hentchit war ar mor braz
Surtout protégez notre barque quand nous traversons le Raz.
Dreist pep tra mirit hor bagig pa vimp o tremen ar Raz

Couplet
Si vous êtes pour nous, Vierge sainte, une mère douce, bienveillante
M'ar bezit deomp, gwerc'hez santel eur Vamm dous, madelezus
Nous regardons votre chapelle toujours belle, resplendissante.
Ni zalc'ho ive ho chapel Bepred kaer, ato skedus

Quand le vent se déchaînera capable de nous jeter sur roc
Pa ve dirollet an avel goest d'hor skei ouz ar herreg
Nous regarderons votre chapelle en vous invoquant de tous cœur
Ni a zell warzu ho chapel ouz ho pedi, kalonek

Comme un phare béni, Vous nous procurez la lumière
Evel eun tour-tan bebbiget, Houi a ro deomp sklerigenn
Vous défendez le marin, de la menace des rouleaux écumants
Houi zifenn ar vartolodet, ouz kounnar an tarzion gwen

 Ch24 - Notre Dame du Bon Voyage - Intro Vria ar Veaj vad

 


01 février 2014

23 - La petite maison, la haut, à la pointe des moutons

 

   Une vue extraordinaire attire le regard du promeneur dans l’anse du Loch. Une petite maison perchée sur les hauteurs de la pointe des moutons (Beg Ty an Deved / Ti Deñved / Penanty-Duet) semble défier les éléments. La présence de ce surprenant ouvrage en ces lieux encourage l’imagination vagabonde souvent fertile des Capistes, qui inventent des scénarios de construction,  et s’interrogent de mille et une question, qui, pourquoi, comment…

Ch23 - Panoramique le l'ance du Loch

 

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 11

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 5Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 2Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 1Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 3

 

 

 

 

L’histoire de la petite maison de la Pointe des montons au Loch Plogoff (Raconté par son propriétaire : Ambroise L’HENORET)

   Il faut remonter à l’aube de ma vie. C’était « à la Libération ». En 1945, les armées d’Hitler qui contrôlaient les rivages venaient d’être chassées. Les habitants récupéraient leurs territoires.
   Ma mère, qui habitait au Havre avant la guerre, avait été évacuée, enceinte, pendant le Blitz Krieg, ce qui m’a permis de naître à Plogoff, deux semaines après l’arrivée.
   Après avoir habité Kervit, puis Kergroas, tout près de la chapelle, nous avons loué une maison à Audierne, où j’ai vécu de 1945 à 1949, toute la scolarité primaire.
   Et il y avait le jeudi ! C’était, en ces temps lointains, « le jour sans école ». Le mercredi soir je prenais « la Satos » pour atterrir au Loch, devant le merveilleux café de Chan Gust et de Mary. Là, mon grand-père, Chan Laurent Cariou, m’attendait avec impatience. A l’arrivée, ma grand-mère, Ty Live à Rouzic, faisait des crêpes.
   Le lendemain matin, c’était les moutons. Vers huit ou neuf heures, on rassemblait tous les moutons du petit village (peut-être une vingtaine) et il fallait les conduire « au Roz » d’où ils redescendaient tranquillement tout au long de la journée. Chacun récupérait les siens dans la soirée. En ce temps là, le « Feunten Yen » et « Le Roz » ne ressemblaient pas à ce qu’ils sont devenus. Pas d’arbres, pas même de buissons, une herbe très rase, incessamment tondue par des générations de moutons, couvrait le sol.

Ch23___Les_moutons

Ch23 - Les moutons de la pointe des moutons 1

Ch23 - Les moutons de la pointe des moutons 2les moutons de la pointe des moutons en 1964

   Souvent Chan-Marie Deuffic se chargeait de conduire les moutons à la pointe et il en profitait pour guetter l’arrivée providentielle, de Tamov coat » (le bois était très précieux à cette époque). Chaque fois que je pouvais, je l’accompagnais. Il ne me parlait qu’en breton et je ne comprenais pas tout, mais ce qui me plaisait chez lui c’était sa passion pour les épaves. Epaves, un bien grand mot, la plupart du temps, une planche, un morceau de poutre, que la providence marine faisait échouer sur nos côtes.
   Et.... précisément, le coin qu’il avait choisi pour scruter l’horizon et s’approprier le butin, c’était à la Pointe du Mouton, un endroit particulier : des débris des carrières voisines avaient été déversés là, formant un espèce d’éboulis qui surplombait la côte. Une petite élévation, devant, nous protégeait du vent marin qui passait au dessus de nos têtes.
   Nous nous allongions là pour guetter les arrivages ! C’était pour moi des moments merveilleux : je contemplais la mer. Quand je plongeais mon regard vers la terre, le Loch, toutes les petites maisons des villages (elles étaient en tout petit nombre comparées à celles d’aujourd’hui) apparaissaient lointaines....
   J’étais ailleurs...
   C’est à ces moments bénis que s’est infiltré en moi, comme une évidence, les puissantes évidences enfantines, le projet de construire un jour ma maison sur la pointe. Dans ma tête, la grande quantité de pierres était là comme une invitation. J’avais six, sept, huit ans, je n’en parlais à personne mais le projet était là, puissant, indestructible...
   En 1949, après des années d’attente d’un logement, nous avons émigré à Bordeaux, ce qui permettait de voir le père tous les 45 jours, au lieu de six, sept mois auparavant. Il y a quelques années, un copain bordelais que je n’avais pas revu depuis les années cinquante, est venu s’installer à Plouhinec. Je lui ai demandé comment il me voyait à cette époque.(J’avais une douzaine d’années). Voilà sa réponse : « Ce qui nous étonnait, c’est que tu répétais souvent, « j’ai deux projets : je vais devenir journaliste à l’Humanité et je vais construire une maison à la Pointe du Mouton ... »
   Le premier objectif a été abandonné assez vite avec l’évolution de ma pensée, mais le second a tenu bon.
   Encore fallait-il posséder une parcelle là-haut, chose à laquelle je n’avais pensé dans mon enfance. Le terrain me semblait être à tous, donc aussi à moi. J’ai donc réussi à acheter à Simone Lozach un tout petit carré (100 M2 !!) pour la modique somme de 25000 F. Attention, c’était en anciens francs. En nouveaux, ce serait 250 NF et en euros environ 40 euros. !  J’étais assez pauvre à cette époque...

Ch23 - La pointe des moutons en aout 1958La pointe des moutons en aout 1958

   La « mise en chantier », retardée par les difficultés d’achat, commença à la fin des années cinquante. Ensuite, je me suis heurté à diverses complications administratives (tout à fait normales d’ailleurs).
   Cependant, après plusieurs démarches et dialogues aux services de l’Equipement à Brest, les gens qui m’ont reçu dans les bureaux ont sans doute décidé de laisser courir. Peut être m’ont-ils trouvé un peu fou, ou ne croyaient-ils pas à la réalisation du projet...
   Pourtant, sur le terrain, les choses avançaient, laborieusement. A chaque vacances scolaires, le niveau montait, malgré les quolibets de certains, les réticences de la famille, les difficultés de transport des matériaux.
   Après deux années de transport du sable, du ciment et de l’eau à la brouette, une véritable « révolution technique » intervint ! C’est ici que je dois rendre un hommage appuyé à ma Vespa que les témoins de l’époque ont vu si souvent escalader la colline, chargée au maximum.
   Enfin, à mi-chemin des travaux, un agriculteur de Kerstrat, Lom a Mevel, dont je remercie la mémoire infiniment, a accepté (ce qui n’était pas très facile car le chemin du bas «le n’hen dour » était difficilement praticable), de transporter un chargement de parpaings, puis un chargement de sable.

Ch23 - La maison de la pointe des moutons en construction
   Là, les choses ont avancé beaucoup plus vite, avec enthousiasme. En 1963, le plus gros était fait et nous avons posé le toit à quatre : mon père, Chan Marie Deuffic et Jackez Moguen.
   En 1964, je n’ai pu continuer les travaux intérieurs, éloigné de France par le service militaire. (J’étais professeur en Algérie, à Sétif). Je suis reconnaissant à mon père, qui venait de prendre sa retraite d’avoir terminé l’intérieur : le sol, le crépi et le plancher.
   En 1966, à mon retour d’Algérie, nous avons pu nous y installer, pour les vacances d’été. Je venais d’être papa d’une petite fille et la vie était belle...

Ch23 - Vu de l'ance du Loch de la petite maison de la pointe des moutons

Vue Panoramique de l'anse du Loc'h prise de la petite maison de la pointe des moutons.

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 13GrandeCh23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 12
La petite maison sur la colline

ch23 - LA petite maison sur la colline -

Ch23 - La petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 14

Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 2Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 1

 

 

 

 

 

 

 


   La maison reste ouverte à qui veux bien y passer un peut de temps, voir même la nuit ! C'est un peut comme dans un gite de montagne, il faut laisser le lieu aussi propre que vous l'avez trouvé. Sur la table on peut y trouver une Bible ainsi qu'un livre de Victor HUGO ...

Ch23 - interieur de la petite maison de la pointe des moutons au Loch Plogoff 3